Ordonnances du diocèse d'>i/e<, publiées en i6/io
3, GuiRAUDEN. Le Clergé du Languedoc et l'enseignement primaire, p. 4o. Nous avons emprunté à ce bon travail les citations précédentes (les Ordonnances épiscopales.
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régenles sous la direction d'une veuve M'"® de Bonnecaire, et, comme les régents, il les formait lui-même aux bonnes méthodes, dans sa ville épiscopale. c Pendant Thiver et la morte-saison, il les envoyait deux à deux dans les villages et là, elles étaient à la fois institutrices et sœurs de charité, rétribuées par les paysans lorsqu'ils le pouvaient, pour intéresser plus intimement ceux-ci à l'œuvre éducatrice et charitable, instruisant chaque jour les filles les moins âgées, le dimanche les plus grandes, ne leur enseignant pas seulement la lecture et le catéchisme, mais leur apprenant à coudre et à filer; chargées principalement du soin des pauvres et des malades, distribuant, selon les besoins, les aumônes de l'évêque; à la l'ois par conséquent maîtresses d'école et missionnaires de l'assistance rurale ^ » Ces régentes établirent un pensionnat à Alet, et en 1752, elles étaient établies a Alet, Belcaire, Belvis, Couiza, Candies, Escouloubre, Espéraza, La Tour, Quillan, Puylaurens, Roquefeuil, Rouze, Saint- Félix, Saint-Paul de Fenouillel, Sournia^. « La réputation du bien que faisaient les régentes se répandit et M. d'Alet fut étonné qu'on lui en demandât de tous les côtés. M. de Ciron fut le premier qui lui en demanda pour Toulouse et M. d'Alet lui envoya M''^ de Montazels pour les établir et M™* de Mondonville s'élant jointe à elle, cela com' men(^d k tormer VÏTistitution de l'Enfance*. »
Ce fut une pensée analogue à celle de Nicolas Pavillon qui fit créer, vers le même temps, dans le diocèse du Puy, par le sulpicien Tronson et M"« Martel, la Congrégation des Demoiselles de l'Instruction. Celles-ci, à leur tour, formèrent des institutrices et se les donnèrent comme auxiliaires. « On vit peu à peu sortir de leur maison un essaim de jeunes institutrices qui allèrent s'établir, sous la surveil-
I . Dejba.^. Nicolas Pavillon évéque d'Alet, p. 67. •j. Lasserre. Recherches historiques sur la ville et le diocèse d'Alet ■ 3. Vie manuscrite do Pavillon, I, p. nj'i. dans .Arch. r.a/ier P. R. lao, Cité par Dejean, op. cit., p. 67.
lance des curés, dans les villages ou hameaux dépourvus d'écoles. Le pays les appela Béates. Elles se répandirent rapidement dans les montagnes du Velay, de l'Auvergne, du Forez, distribuant à la fois l'instruction et les secours matériels aux populations pauvres ^
Grâce aux Frères des Ecoles chrétiennes et à ces fondations qui servirent de modèles à plusieurs autres, l'instruction populaire se développa en Languedoc, au xvii® et au xviii^ siècle. VAlmanach du Languedoc de 1751 signalait l'existence d'écoles dans chacune des villes de la province. Le diocèse d'Agde ne comptait pas de commune dépourvue de régent et de régentes. « L'instruction était tout aussi répandue dans le diocèse de Montpellier. Dans une petite ville comme Lunel, l'on n'est pas étonné de rencontrer deux maîtres et quatre maîtresses; que Bussac, village de 563 habitants, ait eu trois écoles, que Saint-Brézery, Saint-Jean de Buèges, Laroque, Saint- Georges, Mauguio, qui n'en comptaient pas moins de 200, en aient eu deux, l'une pour les garçons, l'autre pour les tilles, rien encore de trop surprenant. Mais comment ne pas être heureusement surpris en voyant des hameaux tels que Garrigues et Restinclières, dont le premier se composait de 65 âmes et le second de 76, en possession d'une école ^? »
Continuant ses recherches, M. Guirauden fait la même constatation pour les diocèses de Lodève et de Béziers où il mentionne, avant 1789, des écoles dans des hameaux de 121 et de 155 habitants. Les visites pastorales des évêques de Montpellier, au xviii« siècle, mentionnent deux régents et une régente à Aniane, deux régents et 4 régentes à Lunel, un régent et 2 régentes à Balaruc, deux régents et une régente à Bussac, un régent et une
I . Notices sur les Béates de la Haute-Loire, par M. Dunglas, recteur de rAradémie de la Haute-Loire.
a. GuiRA.UDE.\. Le Clergé du Languedoc et l'enseignement primaire aux deux derniers siècles, pp. ^i-Zia.
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régente à Cournonterral, Castelnau, Cournonsec, Fabrègue, Gigean, Lunel-Viel, Montbazin, Mauguio, Poussan,Pigiian, Perds, Saint-Christol, Saint-Georges, Saint- Jean de Vedas, Saussan, Saint-Clément, Saint-Bauzille, Boisseron, Castries, Lansargues. Mudaison, La Roque, Saint-Brès, Saint- Jean de Buèges, Saint-Drézery, Valergues, un régent seul à Clapiers, Saint-Serrés, Lavérune. Beaulieu, Saint-Jean de Cuculles, Crès, Cazillac, Garrigues, Restinclières, Sussargues^. « A la veille de 1789. écrit M. Maggiolo, dans les Hautes-Cévennes, chaque paroisse a, au moins, une école primaire ; les maîtres et les régentes d'écoles, choisis par les communautés, jouissent d'un traitement suffisant et d'une maison dont le loyer s'élève à 20, 30 ou même 50 francs, là où elle n'est pas la propriété de la commune. On sait lire, écrire et compter, on a étudié le catéchisme catholique ou protestant, on chante des psaumes et des prières. Ainsi, je ne crains pas de le dire, la situation de l'instruction publique dans les Hautes-Cèvennes, sous l'Ancien Régime, était généralement satisfaisant 2. »
Dans l'Ardèche, le fondateur de la Compagnie de Saint- Sulpice, Olier, avait fondé des écoles populaires, au cours de ses missions, vers 1625'. « A partir de cette époque, dans la plupart des paroisses de quelque importance, on trouve, chaque année, sauf un certain nombre d'interruptions, une quittance jointe au rôle du collecteur comme pièce justificative d'un article de son rôle ainsi libellé : « plus, tant de livres (à un tel) pour avoir fait les petites escoles pendant cette année, imposition permise par les commissaires*. » Dans l'Albigeois, comme dans le Dauphiné, le gouvernementroyalet le clergé donnèrent, au xvii" siècle, une attention toute particulière aux écoles dont ils se servirent