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tuteur de Coutras, en 1741, celui d'Arbis, en 1784, ne demandaient rien à leurs élèves pauvres ; le curé de Gaillan, vers 1768, payait pour eux; à Gensac, la même année, le régent s'engageait à instruire gratis « six enfants des pauvres de ce lieu et juridiction qui lui seraient choisis et à lui indiqués par les jurais ^. » Celui de Macau prenait, en 1744, rengagement de recevoir gratuitement les pauvres.

Comme leurs collègues des provinces de Narbonne et de Toulouse, les archevêques de Bordeaux et leurs suffragants combattirent la coéducation des sexes; ils exigèrent que les filles fussent instruites à d'autres heures que les garçons là où il n'y avait qu'une école ; et partout où cela leur parut possible, ils favorisèrent la création d'écoles particulières pour elles. Ce fut donc sous leur impulsion que, longtemps négligé, l'enseignement féminin fit, au xviii« siècle, de grands progrès. Sur les 346 communes qu'il a étudiées, M. Allain en signale 46 qui avaient des écoles distinctes pour les deux sexes^.

Dans le tableau qu'il nous a retracé de l'enseignement dans les anciens diocèses de Bordeaux et de Bazas, il n'a pas dissimulé la tache que faisaient les landes de Gascogne terminant le département de la Gironde, au Sud et à l'Ouest. Là, comme dans la région du Marsan, la misère avait retardé les progrès de l'instruction. « Là les écoles étaient fort rares, nous n'en disconvenons pas. Cependant, dans la seconde moitié du xviii® siècle, un progrès sensible se manifestait dans l'archiprêtré de Buch et Born, entièrement formé de landes stériles : en 1731-1734, sur 24 paroisses visitées une seule possédait une école, tandis qu'en 1787, on en trouvait 8 pour 18 paroisses^. »

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