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Ibid., passim

l'instruction populaire avant la révolution 403

les gens de La Mothe faisaient grand cas de l'instruction et que la volonté des contractants l'imposait comme une obligation du tuteur à l'égard de son pupille, du patron envers son apprenti, parfois du maître envers son serviteur ^ ». A Niort, il y avait, dès 1599, plusieurs « instructeurs de la jeunesse », donnant leur enseignement dans plusieurs écoles de garçons. En 1788, une école gratuite de garçons était établie sur la paroisse Notre-Dame. Les filles étaient instruites par les Ursulines et dans plusieurs écoles paroissiales tenues par des laïques que l'évêque de Poitiers avait approuvées ^. Par son testament du 3 juillet 1704, M™' de Montespan avait créé des écoles de garçons et de filles à Oiron dont elle était châtelaine. A Parthenay, « il existait, avant la Révolution, un collège pour l'instruction de la jeunesse du sexe masculin, de plus, deux communautés religieuses pour l'éducation du sexe féminin. » Ainsi s'exprime la municipalité dans une enquête ordonnée, en l'an IX, par les Consuls. Des écoles existaient encore à Pirignè, Puy-Saint-Bonnet, Romans, Saint-Aubin-le-Cloud, Saint-Léger de Montbrun dont le régent devait instruire gratis dix enfants au choix du seigneur et du curé, Saint-Loup où l'instruction devait être gratuite, Saint-Maurice, Saint-Symphorien, Saint- Urienne, Secondigné, Thouars, où l'enseignement était donné au collège et dans les écoles de plusieurs maîtres, enfin à Vanneau.

L'évêque de Poitiers, Jean Claude de la Poype, avait voulu organiser les écoles de sa cité épiscopale sur le modèle de celles de Lyon, comme il l'exposait dans une requête à Louis XIV, en 1707. Il créa des écoles gratuites comme celles de Démia et les plaça sous l'autorité d'un Bureau ; en février 1708, un arrêt du roi confirma ces fondations. Ces petites écoles, groupées autour de leur

I. Dauthuile (op. cj7, p, i6.) Cite plusieurs contrats où la liberté pour le pupille et l'apprenti d'aller à l'école est stipulée, a. Ibid., pp. 31-33.

Bureau charitable, donnèrent gratuitement l'instruction aux tilles et aux garçons de Poitiers jusqu'en 1789. Soutenue par les intendants, la sollicitude des évoques s'étendit à toute la région et y multiplia les écoles. « Bien que les renseignements soient plus difficiles à recueillir pour le reste du diocèse, les indications puisées à diverses sources permettent d'affirmer que de petites écoles existaient (au xviii® siècle) dans un grand nombre de localités. » Le Dictionnaire de pédagogie qui s'exprime ainsi, en signale à Brux, Contré,Payré, Romagne, Vendeuvre, Avanton, Charrais, Mirebeau où, « outre le collège, on trouve de nombreux maîtres et maîtresses d'écoles, de 1660 à 1780, à Amberre, Veuille, Ligugé, Croutelle, Charroux, Chasseneuil,Dissay, Jaulnay, Coulombiers, Curzay, Jazeneuil, Lusignan qui avait des écoles dans chacune de sestrois paroisses, à Saint-Sauvant, Sanxay, Lizant, Saint-Macoux, Saint-Saviol, Civray, Champagne, L'Isle-Jourdain, Jardres. La liste est déjà longue et cependant elle n'a porté, faute de documents, que sur un nombre fort restreint de localités de la Vienne *.

Limousin. — Cette province avait un grand nombre de collèges. A la suite de M. Leroux {Documents historiques II, p. 263 et suiv.), M. Guibert en a dressé la liste ; il y en avait à Auzances, Beaulieu, Bellac, trois à Brive, La Courtine, deux au Dorât, Eymoutiers, Egletons, Felletin, deux à Guéret, trois à Limoges, deux à Magnac-Laval, Mortemar, Rochechouart, Saint-Junien, Treignac, deux à Tulle, Ussel, Ventadour. Pour vivre, ces 27 collèges devaient largement s'ouvrir au peuple et imposer une minime rétribution à leurs élèves, même pensionnaires. D'ailleurs, leur existence n'empêchait pas les villes qui les possédaient d'ouvrir des écoles primaires. Dès la fin du XV II" siècle, on signale sept « petites écoles » à

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