LINSTRUCTION POPULAIRE AVANT LA REVOLUTION
droit de suivre les leçons » ; or, eu 1789, il avait sur 486 élèves, 116 externes; il en comptait 250 en 1761 et jusqu'à 800 en 1626. La ville du Mans avait un collège qui était largement ouvert aux enfants du peuple puisque, en 1668, sur 639 élèves, 47, soit environ 8^0. appartenaient à des familles d'artisans « proportion bien supérieure à celle qui existe maintenant dans le personnel scolaire des lycées et collèges^ ». La ville avait en outre, en 1789, des écoles gratuites pour les garçons et pour les tilles. M Bellée conclut ses minutieuses études, comme l'ont fait la plupart des auteurs qui ont étudié l'enseignement populaire, avant 1789, dans les différentes régions de la France : <( Sans que l'Etat intervînt d'aucune façon, plus de la moitié des paroisses composant le département de la Sarthe étaient pourvues d'écoles primaires et collèges largement dotés pour la plupart. Dans les autres localités, le clergé, secondé par les instituteurs privés, dispensait également l'instruction et obtenait les meilleurs résultats. » Nous sommes moins renseignés sur la partie de la province du Maine qui a formé le département de la Mayenne.
Bretagne. — Les recherches de M. Maître sur l'instruction dans le Comté nantais, avant 1789, l'ont conduit aux mêmes conclusions pour la région qui correspond au département actuel de la Loire-Inférieure. « De ce travail de compilation, écrit-il, il m'est resté une conclusion dans l'esprit, c'est que les populations du Comté nantais ont toujours possédé, comme la plupart des provinces de France, des instituteurs tantôt laïques, tantôt ecclésiastiques, qui suivant les ressources de chaque époque, ont livré une guerre acharnée à l'ignorance... Comment expliquer cette ascension continuelle des classes inférieures vers les sommets et les carrières libérales, la persistance des goûts littéraires, le recrutement ininterrompu des