I. BrLT.ÉE, op. cit., p. i^ia
officiers ministériels et des professeurs, si nous n'admettons pas que le feu sacré de la science était entretenu partout par uue légion d'instituteurs publics on privés, salaries ou désintéressés^ ? »
Ce raisonnement a priori est vérifié par les nombreux documents analysés par M. Maitre. Ils nous montrent tout d'abord la sollicitude des évêques de Nantes pour l'instruction populaire et leur zèle pour multiplier les écoles de filles afin de faire cesser la coéducation des sexes dans des écoles mixtes 2. Ils nous signalent de nombreuses congrégations religieuses se vouant à l'éducation de la jeunesse dans les villes et les campagnes du Comté nantais. Les disciples de saint Jean-Baptiste de la Salle avaient des écoles à Nantes et au Croisic. « Les Ursulines étaient établies à Ancenis, Châteaubriant, Guérande, Nantes ; les Sœurs du Saint-Esprit du Plérin à Blain et à Saint-Herblon ; les Sœurs de la Sagesse à Derval et à Pont-Rousseau, et les Dames de Saint-Charles à Nantes, à la Boissière et à la Bruflière^, » En beaucoup d'autres endroits, le clergé entretenait des écoles publiques « en accordant des réunions de bénéfices ecclésiastiques (avec leurs rentes) aux paroisses qui manquaient de revenus pour entretenir un maître clerc ou laïque ; à l'occasion, le clergé savait se dépouiller d'une partie de son patrimoine au profit des pauvres et des ignorants ». M. Maitre consacre 80 pages à l'énumération des écoles primaires ou « petites écoles » qui existaient, au xvii® et au xviii» siècle, dans le pays nantais et dont il a retrouvé les traces dans les archives.
A Nantes, chaque paroisse était pourvue d'une et
I . Maître, L' Instruction publique dans les villes et les campagnes du Comté Nantais avant i789. (édité par la Société Académique de la Loire-Inférieure) p. 8.
a. Ibid.j p. 16. Citation d'ordonnances de Gabriel de Beauvau et de Turpin de Crissé, évêques de Nantes.