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l'instruction populaire avant la révolution 415
parfois de plusieurs écoles pour l'un et l'autre sexe ; presque toutes étaient gratuites. « Chaque quartier comptait, en 1789, deux ou trois écoles de filles, quelquefois plus, comme la paroisse Saint-Saturnin qui en déclare cinq en 1780... A l'égard des petites écoles de garçons et de filles, disait le curé de Saint-Nicolas, en 1780, il y en a un si grand nombre, qu'il serait comme impossible d'en faire le détail exact ^. » M. Maitre porte à un minimum de 18 le nombre des écoles de garçons; il est considérable puisque la ville de Nantes comptait alors 80.000 habitants.
A Saint-Nazaire, ville alors de petite importance, « le curé, non content des écoles du bourg, voulait encore entretenir des écoles dans les villages. Il demanda à son évéque un septième prêtre pour régenter la jeunesse dans l'une des frairies de sa paroisse; le bourg était muni d'une école pour les garçons et d'une autre pour les filles^. Machecoul possédait, en 1685, quatre maître et quatre maîtresses^. Le Croisic avait trois écoles de garçons, en 1 775 . Outre ces petites écoles, un grand nombre de collèges avaient été fondés dans le pays de Nantes : à Ancenis, Châteaubriant, Fougeray, Guérande, Loroux, Machecoul, Saint-Philbert, Savenay, V^allet. Nantes en eut deux, ceux de Saint-Jean et de Saint-Clément. Les fondateurs et les bienfaileurs de ces maisons d'éducation, en les dotant, y avaient établi un grand nombre de bourses pour les enfants du peuple.
Dans le reste delà Bretagne, l'instruction populaire semble avoir été moins développée. L'un des correspondants de Grégoire lui écrivait du Finistère, en 1798 : « Les écoles des villes qui jadis étaient peu suivies se multiplient. Peu de villages sont fournis en maîtres et maîtresses ; quelques ambulants en font métier; mais la distance qui sépare les villages est si grande en Bretagne, que les