‹ Histoire partialeChapitre 212 sur 214 · I . Lettres à Grégoire, p · texte numérisé non relu

I . Lettres à Grégoire, p

3. lievue de Bretagne (avril-octobre 1877), p. 217. 3. DE Beaurepaire. Recherches sur l'instruction publique dans le diocèse de Rouen avant 1789. tome II, pp. 3o4-3r3.

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1669, se créèrent des écoles de quartier, à Saint-Maclou, Saint- Vivien, Beaudoisme, Saint-Eloi, Saint- Sever, Saint- Gervais, qu furent tenues, dès les premières années du xviiiS siècle par les Frères des Ecoles chrétiennes. Les autres villes du diocèse, Les Andelys, Aumale, Harfleur, Montvilliers, Gournay, Pontoise, Le Havre étaient pourvues de plusieurs écoles, la 'plupart gratuites . M. de Beaurepaire a essayé de dresser la statistique de celles qui existaient dans les campagnes et il a relevé les mentions qu'en portent les enquêtes archiépiscopales. Les renseignements qu'elles donnent sont incomplets ; car « la plupart des réponses envoyées par les curés ont été perdues. » Néanmoins voici, quoique approximatives, les statistiques de M. de Beaurepaire qui ne manquent pas d'intérêt : doyenné de Foucarmont en 1683, 22 paroisses sur 34 ont des écoles (8 sont tenues par les curés, 6 par les vicaires, 12 par des maîtres) ; doyennés du Havre, des Loges et de Saint-Romain, 42 paroisses sur 57 ont des écoles ; grâce aux efforts des archevêques, les proportions deviennent plus fortes au xviii® siècle. En 1717, dans le doyenné d'Aumale, sur 23 paroisses visitées par l'archevêque, 22 avaient des écoles ; dans le doyenné de Bracqueville, sur 49 paroisses, 37 écoles ; dans le doyenné de Bourgtheroulde, sur 44 paroisses, 33 écoles ; dans le doyenné de Brachy, sur 49 paroisses, 37 écoles dans le doyenné de Bray, sur 34 paroisses, 25 écoles dans le doyenné de Cuilly, sur 49 paroisses, 30 écoles dans le doyenné de Cauville, sur 50 paroisses, 49 écoles dans le doyenné de Chaumont, sur 55 paroisses, 37 écoles dans le doyenné d'Envermon, sur 46 paroisses, 31 écoles dans le doyenné d'Eu, sur 4 paroisses, 33 écoles ; dans le doyenné de Foville, sur 33 paroisses, 24 écoles ; dans le doyeunéde Foucarmont, sur 57 paroisses (1716), 42 écoles ; dans le doyenné de Gisors, sur 47 paroisses, 42 écoles; dans le doyenné du Havre, sur 37 paroisses, 26 écoles; dans le doyenné des Loges, sur 34 paroisses, 25 écoles;

dans le doyenné de Longueville, sur 46 paroisses, 30 écoles; dans le doyenné de Magny, sur 58 paroisses,

41 écoles ; dans le doyenné de Pavilly, sur 52 paroisses,

42 écoles ; dans le doyenné de Pont-Audemer, sur 52 paroisses, 38 écoles; dans le doyenné de Ry, sur 53 paroisses, 34 écoles; dans le doyenné de Saint-Georges, sur 55 paroisses, 37 écoles ; dans le doyenné de Saint- Romain, sur 43 paroisses, 29 écoles ; dans le doyenné de Valmont, sur 41 paroisses, 28 écoles ; ce qui donne un total, pour tout le diocèse de Rouen, dans le premier quart du xviii® siècle, de 855 écoles de garçons dans 1159 paroisses ^ A cela, il faut ajouter 306 écoles de filles ; ce qui élève le total général à 1161 écoles dans 1159 paparoisses visitées. Au cours du xviii® siècle, le nombre s'accrut considérablement encore ; ainsi, le doyenné du Havre qui avait 26 écoles en 1713, en possédait 32 en 1750. « A rapproche de la Révolution, la situation de l'enseignement était la même dans le diocèse de Coutances. « M. l'abbé Tronchon a étudié, aux archives de l'évêché de Coutances, les procès-verbaux de visite de l'un des quatre archidiaconés du diocèse et il a pu constater que presque toutes les paroisses étaient pourvues d'écoles 2. » lien était de même dans le diocèse d'Avranches. Aussi ne sommes-nous pas étonnés qu'en 1786-1789 sur 100 époux 82 aient su écrire. La même proportion d'époux sachant écrire, avant 1789, se retrouve dans le Calvados, et un peu diminuée dans l'Orne : ce qui nous est un indice de la multiplication des écoles dans ces deux régions de la Normandie *.

Paris. — L'enseignement populaire a été organisé à Paris dès le moyen âge. Il existe un statut des petites écoles daté de 1357 ; il fut rédigé par le grand chantre du

1. De Beaurepaike. op. ciL, II, pp. 386-/i07. a. Aï^hAiv. L'Instruction primaire en France avant /789, p. 58. . Ibidem.

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chapitre de Paris, duquel dépendaient les maîtres et maîtresses ; il y prescrivait la séparation des garçons et des filles dans des écoles distinctes. Un; article établissait, que dans les quartiers moins peuplés, il y aurait au moins vingt maisons entre chaque école et dix dans les quartiers plus peuplés : « ce qui est un indice de la grande multiplication des écoles en ce temps-là^. » Le 6raai 1380. Guillaume de Sauvarville, chantre de Notre-Dame, tint une assemblée générale des maîtres et des maîtresses de grammaire des petites écoles de Paris ; il s'y trouva 41 maîtres, dont quelquHS-uns étaient bacheliers en droit canon et d'autres maîtres es arts, et 22 maîtresses^. Les écoles devinrent beaucoup plus nombreuses, au xvi« et au commencement du xvii« siècle; car un règlement du chantre de Notre- Dame du 6 juillet 1633 prévoit le cas où il y aurait plusieurs écoles dans une même maison et ordonne que chacune aura sa porte et sa montée dififérentes, afin qu'il n'y ait aucune discussion entre leurs maîtres et leurs élèves'. « Ces écoles, dit un Avis imprimé du xvii® siècle conservé à la Bibliothèque Nationale (fonds Thoisy), sont appelées petites <» tant respectivement à ce qui s'y enseigne qu'aux personnes qui y vont, parce qu'on n'y enseigne qu'à lire et les premières teintures de la grammaire à ceux qui veulent apprendre du latin et quelquefois à écrire passablement et il n'y va que des enfants. Ces écoles étant publiques et destinées pour tout le public qui y veut aller et y va, les maîtres de la police ont pris soin de leur assigner des lieux et quartiers propres et commodes pour le public, auxquels les maîtres doivent demeurer '. »

Le 6 mai 1C72, le chantre de Notre-Dame, Joly, rédigea

1, Ce règlement a été public par dom Félibieu dans les Preuves de son Histoire de la ville de Paris, partie I, pp. 4^7 etsuiv. a. FÉLiBiEji. Histoire de la ville de Paris, I, p. Gih. 3. Ibid., p. 6r5, à. Bibliothèque nationale , tonds Thoisy. do, p. ao3.

un nouveau règlement pour les petites écoles ; nous y relevons la recommandation suivante adressée aux maîtres et maîtresses. « Souvenez-vous que vous devez avoir la charité et aussi vous devez enseigner les pauvres gratuitement aussi bien que les autres. » Joly rappelle que les grands chantres, ses prédécesseurs, ont voulu que chaque quartier de la ville eût son école de filles et son école de garçons « pour la plus grande commodité du public, afin que les dits maîtres et maîtresses, en certains endroits, ne fussent pas les uns contre les autres et qu'en d'autres endroits, il n'y eût ni maîtres ni maîtresses ; mais qu'en tous les quartiers, le public trouvât des maîtres et des maîtresses logés en égale distance ou à peu près. » Suit la division de la ville en quartier : a II y a 17 paroisses dans la ville et dans icelle 104 quartiers ; dans la Cité, il y en a 14 et dans icelles 11 quartiers ; enfin dans l'Université, il se trouve 12 paroisses et dans icelles sont contenus 51 quartiers ; et cela fait le nombre de 166 quartiers dans 43 paroisses, lesquels doublés pour les maîtresses font 332 tant maîtres que maîtresses. » Comme un autre article du règlement parle du droit qu'ont les maîtres et maîtresses de se choisir des sous-maîtres et sous-maîtresses, ce total 332 ne désigne que des directeurs et directrices d'écoles. Dès lors, le règlement de 1672 nous prouve qu'à cette date Paris avait 166 écoles de garçons et 166 écoles de filles, pour une population d'environ 500.000 habitants \

Comme ces petites écoles étaient sous la dépendance du grand chantre de Notre-Dame, les curés voulurent en avoir sous leui- propre direction et ils établirent, au XVII" siècle et au xviii®, des écoles paroissiales de charité

I, Un exemplaire de ce règlement du grand chantre Joly est conservé à li Bibliothèque nationale, fonds Thoisy no 42. Un autre exemplaire, qui se trouve au Musée pédagogique, porte écrits à la main, à côté du nom de la plupart des quartiers, les noms des maîtres qui y exerçaient en 1672.

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« où les pauvres pussent être instruits de leur catéchisme et, en même temps, y apprendre à lire et à écrire gratuitement, soit par les curés, soit par les ecclésiastiques par eux préposés, » comme le dit un plaidoyer de 1680 en faveur de ces écoles. Ainsi se fondèrent, dès le xvn« siècle, les écoles de Saint-Laurent, de Saint-Eustache (1639), de Saint-Roch, de Saint-Paul, de Saint-Louis-en-l'lle, de Saint-Etienne-du-Mont, de Saint-Jean en Grève. M. Olier, à lui seul, en créa sept dans la seule paroisse de Saint- Sulpice ^.

Les Confréries de charité fondées par saint Vincent de Paul et surtout la Compagnie du Saint-Sacrement favorisaient ce nouveau mouvement en faveur de l'instruction populaire. L'école établie par Madame Tronson du Coudray sur la paroisse Saint-Eustache se développa [grâce aux secours de cette Compagnie ^ ; son influence les protégea contre le grand chantre de Notre-Dame qui prétendait réserver pour ses petites écoles le monopole de l'enseignement primaire. De nombreuses fondations assurèrent l'avenir de ces écoles. « Tantôt le bienfaiteur lègue un immeuble à destination d'école ; tantôt il lègue une rente pour l'entretien du maître ou de la maîtresse. Parmi les donateurs se trouvent beaucoup de curés et de vicaires : Duhamel à Saint-Merry, Cl.-Fr. Talon à Saint- Gervais, Mercier et La Bruc à Saint-Germain-l'Auxerrois, J.-B. Goy à Sainte-Marguerite, M. Bonnet à Saint-Nicolasdes-Champs, Pierre Martin à Saint-Eustache.

Les Congrégations enseignantes^ qui existaient à Paris ou ailleurs prêtèrent leur concours à ces écoles en leur fournissant des maîtres et des maîtresses. Les Sœurs de l'Enfant Jésus ou de Saint-Maur, que le P. Barré minime avait établies à Rouen, pour l'instruction populaire,

1. GtiBERT. Histoire de saint Jean-Baptiste de la Salle, p. 173. a, FossETELX. Les Écoles de Charité à Paris sous l'Ancien Ré' gime et duns la première moitié du A7A'« siècle, p. 29. . Ibid.j pp. 43 et suivantes.

furent appelées par lui à Paris, en 1677 ; dans la seule paroisse Saint-Sulpice, elles avaient huit écoles, elles dirigeaient aussi celles de ^ Saint- Jean-en-Grève et de Saint-Gervais.

Les Filles de Saint- Vincent de Paul, ou Sœurs grises, rivalisèrent de zèle avec elles ; au xviii® siècle, 217 d'entre elles enseignaient et soignaient les malades à domicile, dans la seule ville de Paris. Signalons encore, à la tête des écoles paroissiales de filles, les Sœurs de Sainte- Marthe (Saint-Sévérin), de Sainte-Marguerite ou Notre- Dame des Vertus (faubourg Saint- Antoine), de la Trinité ou Mathurines (faubourg Saint- Antoine), de Sainte-Agathe (Saint-Médard), de Sainte- Anne (Saint-Roch), de Sainte- Geneviève (Saint-Etienne-du-Mont). Les Frères des écoles chrétiennes, de leur côté, s'établirent, du vivant même de Saint-Jean-Baptiste de la Salle, leur fondateur, sur la paroisse Saint-Sulpice et créèrent plusieurs autres écoles dans d'autres quartiers. Enfin, à côté des maîtres et des maîtresses congréganistes, des laïques dirigeaient certaines écoles de charité paroissiales.

Le Tableau de Paris, publié en 1765, nous donne la liste des écoles de charité qui fonctionnaient alors ; dans les vingt quartiers de Paris, il y en avait 45 pour les garçons et 29 pour les filles ^.

Certaines communautés avaient annexé aux pensionnats qu'elles avaient établis pour[Ies enfants de la noblesse et la bourgeoisie, des externats où elles donnaient gratuitement l'instruction'aux enfants'du peuple. C'étaient, par exemple, les Ursulines du faubourg Saint-Jacques, les Miramiones du quartier Saint- Victor qui élevaient gratuitement 150 enfants, les Filles de' l'Adoration perpétuelle à Charonne, les Filles de lai Sainte-Famille à la Villette (100 enfants élevés gratuitement), les Filles de Notre- Dame auxquelles une de leurs anciennes élèves, Madame

i. FossETEUi, îbid.f p. 53.

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Roland, rend ce témoignage dans ses Mémoires ^ : « Elles tenaient des écoles d'externes ou d'enfants du peuple, qu'elles enseignaient gratis pour accomplir leurs vœux; » les Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve qui possédaient plusieurs orphelinats, et une école gratuite dans la rue de Sèvres*.

Enfin certains hôpitaux avaient des écoles gratuites. Aux Enfants-Rouges, on instruisait les enfants dont les parents étaient en traitement à l'Hôtel-Dieu ; vers 1760, ils y étaient au nombre de 80. La Pitié recevait gratuitement des enfants de cinq à douze ans. Ainsi, en moins de 150 ans, près de cent écoles de charité s'étaient ouvertes dans la ville de Paris. Elles n'avaient pas supprimé les petites écoles du grand chantre qui, en 1736, étaient au nombre « de 191 pour les garçons et de 170 pour les filles avec un personnel de 600 maîtres ou maîtresses, chaque école comprenant un ou deux auxiliaires ». Si nous additionnons les écoles de toute nature (petites écoles, écoles paroissiales de charité, écoles hospitalières^ qui donnaient à peu près gratuitement l'enseignement au peuple de Paris, au xviii»^ siècle, nous arrivons à un total approximatif de près de 500. Comme Paris avait alors une population d'environ 500.000 habitants, il y avait une proportion de une école par mille habitants, proportion vraiment considérable '.

L'enquête que nous venons de poursuivre dans toutes les provinces de l'ancienne France, nous fait comprendre cette affirmation de M. le pasteur Schmidt, parlant de la Lorraine : « Là où s'élevait un clocher, on pouvait être

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