‹ Histoire partialeChapitre 24 sur 214 · CocHi.N, op. cit., p. ii · texte numérisé non relu

CocHi.N, op. cit., p. ii

a. Marchin ou plutôt le comte de Marsin, commandant des armées royales en Catalogne, avait passé aux Espagnols en i65i, en se déclarant pourConJé alors en révolte contre Mazarin. Par

pays de Foix pour entrer dans la Guyenne*. » Les appréhensions du premier président étaient fondées; alléguant que Léran aurait dû être jugé par la Chambre de l'Edit de Castres, comme il l'avait lui-même demandé avec raison, les Réformés furent tellement irrités de son exécution que selon l'expression d'un émissaire de Cromwell, « une seule étincelle aurait pu tout embraser » et rallumer la guerre civile.

£n même temps qu'il déchaînait ou préparait la guerre civile à l'intérieur, le parti protestant était en communication constante avec les gouvernements étrangers, même avec ceux qui se trouvaient en guerre avec la France. Par rintermédiaire de Marsin, Léran avait eu des intelligences avec l'Espagne, à l'exemple de son ancien chef Rohan. Mais c'est surtout sur l'Angleterre que comptaient les réformés en un temps où Olivier Cromwell se présentait comme le protecteur attitré de tous les protestants d'Europe. Un mémoire sur les entreprises des huguenots en 1652 dit qu'il existait « union et correspondance non seulement entre eux en Languedoc, Guyenne, Provence et Dauphiné, mais aussi avec l'Angleterre. « Il y a un habitant de cette ville (Nîmes) qui aune correspondance si particulière avec quelques Anglais qu'il écrit les nouvelles les plus particulières de cette infâme république et les réformés s'en vont le consulter pour savoir ces nouvelles et se réjouissent manifestement des avantages qu'elle reçoit 2. » Les

.Marsin, le chef des huguenots des Pyrénées, Léran, donnait la main à l'Espagne alors en guerre avec la France.

I. Histoire du Languedoc, (éd. Vaissète-Molinier), XIII, pp. 35i- 35a. Dom Vaissète, en général indulgent pour les protestants — par désir d'impartialité —oublie de dire que Léran n'était pas un vulgaire brigand ; mais, comme le faisait remarquer le premier président du Parlement de Toulouse, l'un des chefs les plus faclieui du parti huguenot, terrorisant les catholiques des pays de lAriège, de l'Aude et de la Haute Garonne.

Archiver desarrairesétrangères, France i636,fo26i,cité par Gochin.

a. Arcljïves du consistoire de Nîmes, B, I, 85,

LA RÉVOCATION DE L*ÉDIT DE NANTES Çl

calvinistes de Bordeaux entretenaient un des leurs à Londres pour leur servir de représentant attitré auprès de CromwelP

Les protestants avaient organisé à Paris un Conseil central^ chargé de présenter leurs doléances au gouvernement et composé de Baudan de Vestric, délégué du Consistcrire de Nîmes, de Ruvigny, député général à Paris des églises réfoimées, du marquis de Malauze, mari d'une nièce de Turenne, du comte d'Entraigues, député du Vivarais, et du marquis de Montbrun, l'un des chefs militaires des protestants de cette même province. Ce comité était en communication constante avec Cromwell et son confident Thurloe, par un certain Petit et son oncle Ogier, Cromwell, de son côté, envoyait aux églises réformées de France des émissaires. C'étaient le pasteur Morus qui fut écarté par le commissaire du roi des fonctions de professeur de théologie à Montauban parce que « il était accusé auprès du roi d'avoir intelligence avec les étrangers, ennemis de l'Etat^ » ; et encore Stouppe, pasteur de l'église française réformée de Londres. Emissaires anglais en France, émissaires français en Angleterre, tous correspondaient avec le confident du Protecteur, Thurloe, qui tenait les fils de ces intrigues. Dans ces lettres, les Réformés français formaient des vœux pour le rétablissement de la paix entre les deux puissances protestantes, l'Angleterre et la Hollande, afin que, libre du côté de la Hollande, Cromwell pût intervenir en France contrôle gouvernement de Louis XIV' et en faveur de leur parti. Ils n'attendaient que cette paix pour se révolter en France et appeler le Protecteur; c'est ce qu'ils écrivaient de tous côtés à Thurloe*. En même temps, ils présentaient sur un ton déplus en plus arrogant leurs réclamations à Mazarin, l'appui de

Page 1