I. C'était le sieur Blarie. CocHiif, op. cif.,p. i
a. Cocaiff, op. cit., pp. i35-i36.
3. Arch. riat., II, i3f). Actes du synode de Castres, sept. i65i.
U. Thurloe. Slate Papers, II, 48 ; I, 687.
l'étraiif'er leur donnant confiance. Montbrun, écrivant à Thurloe, demandait aux Anglais de prendre La Rochelle pour en faire une république protestante; alors, disait-il, à Baudan de Vestric, les protestants « tireraient l'épée et en jetteraient le fourreau si loin qu'ils ne le retrouveraient plus * ».
Mazarin était au courant de ces intrigues ourdies entre les protestants français et Cromwell par Finterraédiaire de Thurloe. Le 8 mai 1654 il écrivait à son envoyé à Londres le baron de Baas : « Le Protecteur envoie ici des ministres delà Religion Prétendue Réformée pour sonder les huguenots et je vous dirai confidemment que depuis peu, il a tâché à les porter à recourir à lui, les assurant par avance qu'en ce cas, il les assistera puissamment 2. »
Pour rompre cette entente, qui pouvait devenir si dangereuse, de Cromwell et des Réformés français, Mazarin eut recours à sa prudence et à son habileté accoutumées. Il commença par flatter les Réformés essayant de gagner leurs chefs par des faveurs, faisant de nouvelles concessions à leur parti, enfin affectant de croire à une fidélité sur laquelle il était fixé puisqu'il avait dû l'acheter chèrement. Montbrun, l'un des chefs réformés, étant passé à Fontainebleau pour se rendre à son gouvernement du Nivernais, a le cardinal le fait appeler dans sa chambre, le comble de caresses, refusant de lui parler qu'il ne fût assis et couvert... lui promettant le premier bâton de maréchal, le priant de désigner celui qui aurait la survivance des provinces^. » Le cardinal s'imaginait l'avoir gagné, alors que Montbrun s'empressait de raconter cette entrevue à Thurloe*.
Le lendemain, les députés des synodes lui furent pré-
• . lhid.,\, 378.
a. Lettres du cardinal Mazarin (éd. Chéruel), dans la Collection des documents inédits pour l'histoire de France, VI, p. i58. 3. CocHiy, op. cit. y p. lit It.
U. Thlrloe, State papers, II, a6a.
sentes par Ruvigny. Ils se montrèrent d'une grande arrogance, allant jusqu'à déclarer que si on ne faisait pas droit à leurs réclamations, « ils mettraient le feu au royaume ». Mazarin se montra aussi doux qu'ils étaient violents et leur assura « qu'il leur avait été si favorable qu'on l'avait traité d'hérétique dans un conclave à Rome^ ». A la suite de cette entrevue, il leur fit les plus grandes concessions. Il envoya des lettres de reproches aux Parlements de Toulouse", d'Aix, de Rennes, de Bordeaux sur leur attitude à l'égard des huguenots, affectant de les rendre responsables des révoltes précédentes^. Il s'imaginait faire ainsi la conquête des Réformés et dans ses lettres à Baas, il escomptait déjà leur fidélité. Ceux-ci en réalité expliquaient par la peur de Cromwell la condescendance du ministre : « Toutes ces faveurs viennent, après Dieu, de Mylord Protecteur, disait Montbrun, et ceux de l'Eglise réformée ont grandes raisons de faire de continuelles prières pour sa prospérité^. »
Ils étaient si peu gagnés, qu'au lendemain de ces concessions, ils décidaient la réunion d'une grande assemblée à Alais, pour juillet 1654, afin d'organiser en une puissante fédération les églises réformées des Cévennes, de Montpellier, du Dauphiné, du comté de Foix, de la Haute-Guyenne et du Languedoc sous la présidence de Nîmes*. La faiblesse de Mazarin n'avait sur eux qu'un effet : elle les excitait à reconstituer la formidable organisation qu'ils avaient créée pendant les troubles de la régence de Marie de Médicis et qu'avait brisée Richelieu.
De son côté, Cromwell prétendait se faire reconnaître par le cardinal une sorte de protectorat oflBciel sur les
I. Entrevue aussitôt racontée à Thurloe par les protestants. State pnpers, II, p. 3^6.
a. Maz\rix. Lettres, op. cit., p. i6o.