CocHi.t, op. cit., p. ïlt
U. Ibid.
5, Ibid.j p. i5a.
protestants français. En août 1654, l'ambassadeur de France à Londres crut le moment venu de signer avec l'Angleterre le traité d'alliance contre l'Espagne dont il préparait la conclusion depuis plusieurs années. Mais Cromwell lui déclara que « la Religion étant son principal motif, il fallait, auparavant que d'entrer dans les autres conditions de cette alliance, convenir de ce qui la regardait ^ » Mazarin se trouva alors fort embarrassé entre les catholiques qui se plaignaient d'être sacrifiés aux iiuguenots,les protestants qui ne profitaient de sa faiblesse que pour devenir plus exigeants et plus redoutables, et Olivier Cromwell qui mettait comme condition de son alliance la reconnaissance par Louis XIV de son alliance avec les Réformés.
Heureusement pour lui, les protestants se divisèrent. Tandis que les ministres tels que Baudan de Vestric, raûs par le fanatisme huguenot, essayaient toujours de déchaîner la guerre civile qui libérerait de la France les pays protestants, en les érigeant en villes libres ou républiques autonomes, séparées du royaume, les seigneurs, tels que Montbrun etRuvigny, faisaient passer avant les intérêts de leur parti les faveurs considérables dont Mazarin payait leur fidélité ; et ils ne bougeaient plus. D'autre part, faisant une part plus grande à sa politique coloniale qu'à sa politique religieuse, Cromwell mettait, en 1655, au premier plan la guerre contre l'Espagne dont il convoitait les colonies des Antilles et, en novembre, il signait avec Mazarin le traité de Westminster qui consacrait l'abandon du parti huguenot par l'Angleterre devenue l'alliée de la France.
Malgré cette déception, les protestants n'en continuèrent pas moins à préparer des soulèvements appuyés par l'intervention étrangère. Dès 1651, ceux de Guyenne avaient voulu profiter de la Fronde pour séparer le Sud-Ouest de la France de la mère-patrie et en faire une république auto-