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I. Dlcange. Chronicon pascale, épître dcdicatoire

a. Il fait cette déclaration dans le Mémoire qu'il présenta à Louvois, en décembre 1689, pour le rappel des huguenots.

3. Voici le jugement que porte sur lui Saint-Simon : «Chamiay était un fort gros homme, blond et court, l'air grossier et paysan* même rustre; et l'était de naissance ; avec de l'esprit, de la politesse, un grand et respectueux savoir-vivre avec tout le monde ; bon, doux, affable, obligeant, désintéressé, avec un grand sens et un talent unique à connaître les pays... Cette capacité jointe à sa probité et à la facilité de son travail, de ses expédients, de ses ressources, le mirent de tout avec le roi qui l'employa même en des négociations secrètes et en des voyages inconnus. Sa modestie uo se démentit jamais, d

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tirper entièrement le calvinisme en France, persuadé qu'il était que la multiplicité des religions dans un même Etat n'était propre qu'à y fomenter des guerres civiles et à le mettre en proie aux étrangers ; et il n'y a pas lieu de douter que, par la supériorité de son génie, il ne fût venu i\ bout de ce grand projet ^. »

C'était donc l'unité nationale à jamais consolidée par la destruction de cet élément protestant que la France n'avait pas pu s'assimiler, c'étaient les guerres civiles à jamais éteintes, c'était la fin de ces ententes sans cesse nouées avec l'étranger par une fraction irréductible de Français, que l'opinion publique célébrait, en 1685, en acclamant la Révocatiou de l'Edit de Nantes. Cela peut nous étonner aujourd'hui et nous sommes tentés d'accuser Louis XIV d'avoir recherché une unification excessive pour mieux asseoir son absolutisme ; mais les Français de 1685 comprenaient fort bien le péril protestant moins d'un siècle après les guerres de religion du xvi® siècle, cinquante ans après les révoltes de La Rochelle, de Montauban et du Languedoc, les traités de Rohan avec l'Angleterre et l'Espagne et trente ans à peine après les accords des huguenots français avec Cromwell. On peut donc affirmer que l'opinion publique vit dans la Révocation une œuvre nationale, encore plus que religieuse, et qu'elle la salua avec enthousiasme comme une œuvre de salut public et de défense nationale.

Ce fut une erreur de Louis XIV, si l'on veut ; mais cette erreur fut partagée par la nation tout entière, et les premiers qui en furent responsables furent les protestants eux-mêmes qui, en se dressant pendant plus d'un siècle contre la nation, par leurs révoltes continuelles et leurs appels incessants à l'étranger, se donnèrent toutes les apparences d'ennemis du pays.

1. Mémoire sur leaévénements de 1678 à 1688. cité par Rousset. Histoire de Louvois, III, p. 433.

l.A RÉVOCATION DE l'ÉDIT DE NANTES 87

L'erreur consista surtout dans la conviction où étaient le roi et son entourage que la Révocation de l'Edit de Nantes ne faisait que consacrer une situation de fait en constatant la mort du protestantisme et en empêchant pour l'avenir sa résurrection. Louis XIV croyait sincèrement qu'il n'y avait presque plus de protestants en France et que son ordonnance d'octobre 1685 ne faisait que liquider définitivement leur religion. « Le roi, disait Madame de Maintenon, est fortcontent d'avoir mis la dernière main au grand ouvrage de la réunion des hérétiques à l'Eglise, Le P. de la Chaise a promis qu'il n'en coûterait pas une goutte de sang et M. de Louvois dit la même chose ^. w La résistance que les protestants opposèrent à la Révocation, la ténacité et l'héroïsme avec lesquels beaucoup d'entre eux conservèrent leur foi, bravant les peines les plus cruelles, suscitantd'importantes révoltes ou émigrant en foule, montrèrent au roi qu'il s'était fait des illusions sur la faiblesse des églises protestantes. Pour réprimer les réformés et faire observer son édit, il fut amené à prendre des mesures rigoureuses qu'il n'avait pas prévues ; la Révocation devint une lamentable aventure.

Les auteurs responsables de cette erreur funeste furent les intendants qui, pour faire la cour au roi et obtenir ses faveurs, lui avaient envoyé, pendant plusieurs années, comme des bulletins de victoire, de longues listes ue conversions de huguenots au catholicisme.^ En septembre 1685, l'intendant de Bordeaux annonçait 60.000 conversions opérées en trois semaines, celui de Montauban 20.000 dans le même temps*. Le mois suivant, l'intendant du Dauphiné annonçait le retour au catholicisme des trois quarts des religionnaires de cette province et en le notifiant à son frère Le Tellier, archevêque de Reims/Louvois ajoutait : « Par les lettres du Languedoc il parait que

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