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Lultre du 7 septembre i685 de Louvois à Colbert

Castres, Montpellier, Lunel, Aigues-Mortes, Sommières, Bagnols et pour le moins trente autres petites villes du nom desquelles je ne me souviens pas, se sont converties en quatre jours de temps, que Nîmes avait aussi résolu de se convertir et que cela devait s'exécuter le lendemain. Les dernières lettres de Saintonge et d'Angoumois portent que tout est catholique^ ! » Louis XIV avait un tel désir de réduire les huguenots à l'unité qu'il acceptait toutes ces nouvelles sans les contrôler, ne voyant pas que ces conversions en masse étaient ou simulées par les prêtes, tants ou exagérées par les intendants. Et c'est ainsi qu'il en vint à cette persuasion que « les non convertis demeuraient en si petit nombre que l'Edit de Nantes n'avait plus sa raison d'être^ ». Erreur funeste que l'on doit avant tout imputer à la courtisanerie des intendants et qui atténue, dans une large mesure la responsabilité de Louis XIV dans l'œuvre delà Révocation.

Les autem's de manuels scolaires ont voulu imputer à l'Eglise catholique les excès de la Révocation. Ils ont fait écho aux historiens libres-penseurs, qui nous montrent Madame de Maintenon et le confesseur du roi, le P. La Chaise, présentant à Louis XIV la persécution des protestants comme une œuvre pie qui lui vaudrait auprès de Dieu le pardon de son inconduite. Nous avons déjà répondu à cette accusation en montrant que Louis XIV avait décidé la « réduction » des religionnaires dès 1661, en un temps où ses mœurs l'enlevaient à l'influence de l'Eglise. Qu'il nous suffise d'ajouter que Madame de Maintenon fut étrangère à l'ordonnance de 1685 et à celles qui la suivirent et qu'au fond, elle les blâmait. Dans une de ses lettres eUe se plaignait des gens maladroits qui rappelaient au roi qu'elle avait été jadis calviniste et elle ajoutait : « Cela m'empêche de dire et de faire bien des choses. On est

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