‹ Histoire partialeChapitre 38 sur 214 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

HISTOIRE PABTIATl,[aiSTOIRE \ RAIE. — III.

crites.... En France, on a vu, dans le siècle passé, Icf/, mauvais effets des supplices et des guerres. Les rigueurs n'ont fait qu'établir l'hérésie, et elle n'a commencé de diminuer que sous Henri IV, après l'Édit de Nantes, lv)rsqu'on les laissait vivre en paix et qu'on les instruisait doucement. » Madame de Maintenon résumait exactement le sentiment du cardinal de Noailles quand elle lui écrivait : « Il me semble que votre avis est une condamnation de tout ce qu'on a fait contre ces pauvres gens (les protestants)^. »

D'autres évoques, il est vrai, furent d'un avis opposé et conseillèrent le maintien des mesures de rigueur. C'étaient en général les chefs des diocèses où les protestants avaient été le plus puissants et avaient le plus excité, par leurs excès passés, les rancunes des catholiques et de leurs évêques : Henri de Barillon, évêque de Luçon ; Frézeau de la Frézelière, évêque de La Rochelle; Guillaume de la Brunelière, évêque de Saintes ; Mascaron, évêque d'Agen; Henri de JXesmond, évêque de Montauban; Le Goux de la Berchère, archevêque d'Albi; Milon, évêque de Condom ; Fléchier, évêque de Nîmes; Chevalier de Saulx, évêque d'Alais ; de La Garde-Chambonas, évêque de Viviers. D'autres, tels que Etienne Le Camus, évêque de Grenoble et Hardouin Fortin de la Hoguette, archevêque de Sens, oscillaient entre les deux avis contraires^.

En résumé, tandis que l'ensembJedupays était à peu prés unanime contre les protestants, l'Eglise de France, plus consciente de ses responsabilités, était très perplexe à leur endroit. Ses prélats étîiient divisés. Si les uns cédaient à l'entraînement général et s'ils se laissaient éblouir par le mirage trompeur de l'unité de la foi rétablie par Louis XIV, d'autres — et non des moindres — répugnaient à la violence, et sans oser demander ouvertement la

a. Voir les réponses de ces divers prélats dans Lemoine, op. cit.

révocation de l'Edit de Nantes, — ce qui eût été condamner le roi — ils insinuaient plus ou moins ouvertement qu'elle n'avait pas produit tous les bons effets qu'on en attendait et ils demandaient que Ton atténuât ou que même l'on supprimât les mesures de contrainte. Madame de Maintenon constatait cette divergence de vues des évéques, lorsqu'elle écrivait au cardinal de Noailles : « Le roi se trouve dans un grand embarras sur la dill'érence des avis de MM. les évéques^. v Comment peut-on affirmer, après cela, que c'est l'Eglise de France qui. par fanatisme religieux, a engagé Louis XIV dans sa politique de persécution contre les protestants?

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