‹ Histoire partialeChapitre 39 sur 214 · I. LeMOINF, op. cit., p. XLIV · texte numérisé non relu

I. LeMOINF, op. cit., p. XLIV

Les conséquences.

AuLARD et Debidour. Cours élémentaire, 2© partie, p. a/i.

« Les protestants qui refusaient de changer de religion furent envoyés aux galères. 200.000 passèrent à l'étranger, avec leur industrie et leur fortune et se fixèrent en grand nombre à Berlin et à Londres. Cela fit beaucoup de tort à la France. »

Cours moyen, p. no.

« Plus de 200.000 {protestants) émigrèrent, quoique cela Jât défendu sous les peines les plus rigoureuses^ et portèrent à l'étranger leur industrie et leur fortune. C'est à une colonie de ces vietimes de Louis XIV que la ville de Berlin dut le commencement de sa prospérité. Un faubourg de Londres se peupla de nos ouvriers en soie, tourangeaux et lyonnais. La France perdit la suprématie industrielle que lui avait acquise Colbert. » Calvet. Cours préparatoire, p. 68.

0 Cette mesure Jut funeste à notre pays qu'elle priva de citoyens, honnêtes et laborieux. Elle profita aux pays voisins dans lesquels les protestants allèrent porter les secrets de notre industrie. »

Cours élémentaire, p. ii3.

Ce fut une perte énorme pour notre pays; car plus de 300.000 protestants, tous riches et laborieux, s'exilèrent et allèrent porter à l'étranger, avec leur argent, les secrets de l'industrie française.

Cours moyen, p. 119.

0 Le* protestants à qui (Louis XIV) avait défendu de quitter la France, émigrèrent néanmoins et le pays perdit ainsi plus de 500.000 de ses meilleurs enfants. »

Cours supérieur, p. ii3. Comme dans le cours moyen. Devisât. Cours élémenlaire, p. 112,

2fj0.000 prolestants s'enfuirent à l'étranger, pleins de haine pour le roi Louis XIV.

Cours moyen, p. 90.

« Certaines provinces furent du coup dépeuplées et ruinées. Ce

LA RÉVOtiAIlON UE LÉUIT DE NANTES 101

fut Vennemi qui bénéficia de ces parles... plus de 200.000 protestants quittèrent une patrie inhospitalière et cruelle.... Les armées étrangères furent grossies de soldats et d'officiers émigrés. Avec iturs richesses, leur travail, leur courage, les secrets de nos industries, les persécutés apportèrent à nos ennemis la haine qu'ils avaient nu cœur contre leur persécuteur Louis XIV. ("lALTiiiER et Deschamps. Cours moyen, p. 73.

o Plus de 300.000 protestants, plutôt que d'abjurer, quittèrent la France et portèrent à l'étranger leurs richesses^ leur activité, nos arts, les secrets de nos manufactures et... la haine du roi. Une guerre terrible, celle de la Ligue d'Augsbourg, eut pour cause principale la Juneste Révocation. »

Cours supérieur, p. ia6. Comme dans le cours moyen. (•LiOT et Mane. Cours moyen, p, 127.

o 300.000 protestants, nos plus actifs commerçants et industriels, quittent la France ! C'est la ruine de notre patrie I Ils vont en Suède, en Angleterre, en Hollande, en Allemagne; à la vue des fugitifs, l'Europe protestante maudit la France et son roi I »

Cours supérieur, p. 1^0.

« Les malheureux persécutés portent à l'étranger la haine de leur ingrate patrie. L'essor du commerce et de l'industrie brusquement arrêté en France, tel est le résultat de l'intolérance. » IlOGiE et Despiques. Cours moyen, p. 110.

a Presque tous les protestants abandonnèrent leur patrie pour conserver leur Joi et s'installèrent à l'étranger, surtout en Allemagne; d'autres, dans les Cévennes, luttèrent héroïquement contre les armes du roi et soutinrent la guerre acharnée des Camisards... La Révocation enleva à la France de grandes richesses, ses meilleurs ouvriers, l'élite morale de sa population. Cours supérieur, p, aSg.

D'abord répétition du cours moyen ; puis : « Malgré la surveillance exercée aux frontières, plus de 200.000 protestants réussirent à quitter une patrie intolérante et allèrent porter à l'étranger, avec leur intelligence, le secret de nos industries et la haine du nom français. Parmi les réfugiés se trouvaient des savants, de grands marins, des hommes de caractère; la France perdait ainsi l'élite de sa population. La Hollande,le Brandebourg reçurent à bras ouverts les victimes du grand roi ; Berlin vit sa population doublée par l'émigration protestante. »

SOMMAIRE. — L'exode des protestants. — Nombre des émigrés. — Exagérations des évaluations. — Pertes subies par l'industrie et le commerce. — Nombreux contingents de réfugiés dans les armées étrangères. — Schomberg, Ruvigny. — Acharnement des réfugiés contre leur patrie. — Croisade protestante contre la France. — Entente des protestants demeurés en France avec l'étranger. — Le ministre protestant Brousson. — Plan d'invasion de la France. — La révolte des Camisards. — Cruautés des Camisards. — Secours envoyés de l'étranger aux Camisards. — Partialité des manuels (( laïques » . — Ils insistent sur les fautes de Louis XIV ; taisent les excès des protestants et leur entente avec l'étranger. — Ils signalent les cruautés du gouvernement royal, taisent celles des protestants. — Impossible, en les lisant, de se faire une idée juste de la politique religieuse de la monarchie française au XVIIe siècle.

A l'appui de leurs conseils de modération, plusieurs prélats &eut remarquer l'appauvrissement en hommes et en ressources que causait à la France l'émigration des protestants. Ils avaient raison.

En fjrçant les réformés à aller demander à l'étranger la iiberté de leur culte, la Révocation de l'Edit de Nantes lit perdre à la France un grand nombre de ses habitants et diminua, dans une certaine mesure, son activité. Il ne faudrait pas cependant exagérer ces dommages, comme le font les manuels scolaires. En relevant chez eux les évaluations de cette émigration, on croirait assister à des enchères passionnées où un chiffre plus important vient aussitôt couvrir le dernier lancé. Combien de protestants émigrèrent sous Louis XIV? 200.000! disent MM. Aulard et Debidour, les plus modérés dans l'espèce. — 250.000 • répond M. Devinât. — 300.000! répliquent MM. Guiot et Mane. — Pas assez! s'écrie M. Calvet ; c'est 500.000 M

I . iJans VHisloire de France de Lavisse, VIT, I, p. 3/i3, M. RÉ- BKLLiAU arrive jusqu'au million doublant ainsi le record de M. Calvet. Il est vrai qu'il se contente d'emprunter ce chiffre à des prolestants, sans lu discuter.

LA RÉS'OCATION DE l'ÉDIT DE NANTES 103

Cette surenchère dans laquelle MM. Aulard et Debidour représentent la sagesse et la mesure, est \Taiment amusante ; elle vaut celle que nous avons précédemment relevée, à propres du massacre des Albigeois à Béziers.

Laissons là ces pamphlets ofiiciels et demandons aux textes l'évaluation de cette émigration protestante.

Dans un mémoire qu'il écrivit, une vingtaine d'années après la Révocation, d'après les rapports des intendants, le duc de Bourgogne portait à 67.732 personnes « selon le calcul le plus exagéré, le nombre des huguenots qui sortii-ent de France ». Il est possible que ce total soit inférieur à la réalité ; car le duc de Bourgogne voulait démontrer que la Révocation n'avait pas dû « laisser un grand vide dans les campagnes et les ateliers ^ )>. Dans un mémoire qu'il présenta en 1688, à Louvois, pour lui montrer les tristes conséquences de la Révocation, Vauban déplorait la désertion de 100.000 hommes, la sortie de 60 millions de livres, la ruine du commerce, les Hottes ennemies grossies de 9.000 matelots, les meilleurs du royaume, les armées ennemies de 600 officiers et de 12.000 soldats. La thèse que soutenait Vauban l'a peut-être amené à exagérer ; mais d'autre part» il faut remarquer qu'il a écrit en 1689 et que l'émigration protestante s'est continuée jusqu'au commencement du xv!!!" siècle. Jurieu ^, en 1687, évaluait le nombre de se ses coreligionnaires réfugiés, à l'étranger à 200.000 (le double (le l'évaluation de Vauban) ; mais n'oublions pas que c'est un j)asteur qui parle avec le désir d'exalter la constance de ses amis et d'encourager à l'émigration ceux qui étaient restés eu France.

Les intendants ont fait, pour certaines provinces, le relevé de l'émigration protestante jusqu'en 1699. Celui de Provence estimait que, de 1686 à 1698,sur 72.000 prolestants, le cinquième, soit environ 14.000, étaient partis

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