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I. Cité par liÉBixLiAU, op. cit., p. S/ig

u. Vauba."*. Mémoire, manuscrit au Dépôt de la Guerre, n° gio-

■i. JuaiBu. Lellres pastorales, l, p. 45o.

à l'étranger. L'iutendant du Dauphiné, Boiichu, portait égaloiueiit au cinquième la proportion des émigrés.

En Languedoc, 200.000 protestants habitaient, avant la Révocation, dans les sept diocèses de Nîmes, Alais, Montpellier, Uzès, Castres, Lavaur, Viviers ; or, en 1699, il en restait encore 39.664 dans celui de Nîmes et 44.766 dans celui d'Alais ^ M. Rouquette a démontré, de son côté, que réniigration protestante fut faible dans les autres diocèses du Languedoc. Et cela se comprend : l'Espagne catholique ne pouvait pas offrir un asile sûr aux huguenots et, d'autre part, la route de Genève leur était rendue fort ditficile par les troupes qui surveillaient les passages du Rhône '^. Ce qui prouve d'ailleurs qu'un grand nombre de huguenots demeurèrent en Languedoc, comme le disait le Mémoire de Bâville, c'est le nombre d'entre eux qui prirent part, dans cette province, à la révolte des Camisards et aux Assemblées du Désert.

En Béarn etenNavarre, presque la moitié de la population était encore protestante en 1684; ellen'émigra que fort peu après la Révocation, si nous en croyons l'intendant Pinon. en 1699^. Il en fut autrement dans la généralité de Bordeaux ; les nombreux protestants qui l'habitaient, quittèrent pour la plupart, la France pour s'établir en Angleterre ou en Hollande, pays avec lesquels ils étaient en constantes relations d'affah-es. C'est ce qu'affirmait, en 1699, M. de Bezons, intendant de Guyenne *. Le Berry comptait environ oO.OOO réformés avant 1685. « Depuis la Révocation, disait, en 1699, l'intendant Seraucourt, les plus zélés ont

I . Tous ces chiflres sont donnés dans les Mémoires de Lebret, intendant de Province, Bouchu^ intendant de Dauphiné, Bâville, intendant du Languedoc. Bibl. Nat., fonds Mortemart, n»» 90, 92, 100.

3. Correspondance des Contrôleurs généraux des finances avec les inicndanls des provinces (éd. Boislisle), tome I, 1683-1699, passim.

'.'y. l'Vjiids Morlemart, n» 98.

h. Ibid.

LA RÉVOCATION DE l'ÉDIT DE NANTES lOo

quitté le pays, quelques-uns pour aller à Paris où l'on vit avec plus de liberté, d'autres pour sortii- du royaume ^ » Il semble donc que c'est une infime minorité qui a émigré du Berry à l'étranger.

La généralité de La Rochelle avait un grand nombre de protestants qui, comme ceux de Guyenne, avaient des relations avec l'Angleterre et la Hollande et y émigrèrent en grand nombre. L'intendant de 1699 écrivait : « Ce pays se détruit insensiblement par la diminution de plus d'un tiers des habitants. » Mais il ne faudrait pas croire que cette diminution du tiers d'une population en grande majorité protestante fût due uniquement à l'émigration ; l'intendant l'attribue aussi à la guerre qui avait duré de 1688 à 1697, et à la misère.

Un mémoire sur l'état de la généralité de Paris en 1700 nous donne « le nombre des huguenots sortis et restés, de 1685 à 1700, » dans cette importante circonscription qui comprenait la plus grande partie de l'Ile-de-France, du Beauvaisis et de la Brie, des portions de la Champagne, de la Picardie, duGâtinais, du Vexin et du Nivernais ^, et comptait plus de 150.000 habitants sur les 20 millions qu' avait alors la France. Il y est dit qu' « avant la Révocation, il y avait, dans la généralité de Paris, 1963 familles huguenotes, qu'il en est sorti, depuis, 1232 et qu'il en est resté 731 ^ ».

Dans la Normandie et la Picardie, qui communiquaient si facilement par mer avec l'Angleterre et la Hollande, l'émigration protestante fut considérable; en Bourgogne, on estimait au tiers de la population protestante le nombre des religionnaires réfugiés à l'étranger: dans les régions limitrophes de l'Allemaîme, à Sedan, à Metz, il fut naturellement plus considérable^.

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