Ibid., I, p. aoij
LA RÉVOCATION DE l'ÉDIT DE NANTES 109
le principal commerce de Dauphiné » a rendu inutile la réglementation des manufactures et des fabriques de cette province qu'avait projetée Louvois*.
Une lettre de Bâville, intendant du Languedoc, (26 mai) 1693) montre combien était grande la puissance financière de certaines familles protestantes réfugiées à l'étranger : « Six marchands de la R. P. R.^ (religion prétendue réformée), ont quitté le pays, lors de la conversion générale, pour se retirer à Genève et ils continuent néanmoins à faire acheter aux foires du Languedoc des draps et des soieries. Leur commerce représente une valeur annuelle de 1.500.000 livres et il est très utile au développement des manufactures. Ces marchands demandent la permission de faire venir eux-mêmes leurs achats, ainsi que le font encore, malgré laguerre, certains négociants de Piémont. Autrement, ils trouveront avantage à tirer leurs marchandises de Hollande ou d'Angleterre plutôt que de France et ils priveront le royaume de l'argent qu'ils y font entrer. » Présentée une seconde et une troisième fois, cette requête fut toujours rejetée par Louis XIV. Le 26 décembre 1695, Larcher, intendant de Champagne, demandait une exemption de droits d'entrées pour Sedan, « cette ville étant tout à fait dépérie depuis quelques années, par l'évasion d'un grand nombre de religionnaires qui en composaient les meilleures et les plus riches familles'. »
Dans l'élection de Mantes (généralité de Paris), le commerce des vins, qui étaitle principal, étaitfort diminué, en 1608, et l'une des causes en était, au dire de l'intendant, " la retraite des religionnaires dont il y avait un grand nombre dansl a province de Normandie ^. » « En Auvergne *,
I . Ibid., I, p. a56. Lettre de M. Bouchu, intendant du Dauphiné (i I août i6gi).