‹ Histoire partialeChapitre 44 sur 214 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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LA RÉVOCATIOX DE l'ÊDIT DE NANTES 113

seul l'effort de la cavalerie française. » Haineux jusqu'au bout, Ruvigny prit part, contre la France, pendant la guerre de la Succession d'Espagne. « 11 reçut le commandement en chet des troupes anglaises envoyées en Espagne, pour combattre Philippe V... le 26 juin 1706, il entra à Madrid, à la tête des troupes anglaises et portugaises, et lit proclamer Charles 111 taudis que Philippe V fuyait devant son armée victorieuse... Blessé au visage, de deux coups de sabre, à la bataille d'Almanza, gagnée par le maréchal de Berwicli, il répara cet échec en rassemblant à la hâte une nouvelle armée en Catalogne, et en mettant en état de défense (contre les armées françaises) les forteresses menacées de Lérida, de Tortose, de Tarragone et de Girone. »

Les protestants français combattirent, avec le même acharnement, la France dans les rangs de l'armée prussienne. « Des corps entiers étaient composés de réfugiés, tels que les grands mousquetaires, les grenadiers à cheval les régiments de Briquenault et de Varennes, les cadets de Cornuaud... Dès la première campagne, i/5 détruisirent l'opinion répandue contre eux, en Allemagne y quils combattraient mollement contre leurs anciens concitoyens. Au combat de Neuss, les grands mousquetaires attaquèrent les troupes françaises avec une fureur qui prouvait un long ressentiment et que les écrivains français^ leur ont souvent reprochée'-^... La victoire de Neuss mit la Prusse à couvert des insultes de l'armée de Louis XIV. La brillante part qu'y avaient prise les mousquetaires redoubla iimpatience qu'éprouvaient les autres fugitifs d'en venir aux mains mec les Français. Au siège de Bonn, cent ofliciers expatriés, 300 cadets de Cornuaud, un détachement de mous-.

I . M. Weis?, professeur d'histoire du lycée Bonaparte et historien protestant, ne se rangeait pas parmi ces « écrivains français » ; car il atlmirait ce «ressentiment» et cette t fureur».

a. VVeiss, op. cil., F, pp. 183 et suiv.

UISTOUIE PARTIALE, UlaTOIRE VRAIE. — lll. 8

quelaires, un de la compagnie des grenadiers à cheval et la compagnie de cadets que dirigeaient Campagne et Brissac furent commandés pour l'assaut, sur leur dernande empresse, tandis que les Hollandais et 6.000 Impériaux devaient les seconder par deux fausses attaques. Tous les ouvrages extérieurs furent emportés. »

Cette liaine qui animait les chefs protestants contre la France, leur patrie, était partagée par leurs hommes qui montraient une férocité toute particulière contre les soldats français. M. Weiss en cite une preuve frappante : « A la bataille d'Almanza, où Berwick, né anglais et devenu français par une révolution, eut à tenir tête au marquis de Ruvigny, né français et rendu anglais par la persécution ^, le régiment de Cavalier (composé de réfugiés Cévenols) se trouva en face d'un régiment catholique (français). Des que ces deux corps français se reconnurent, dédaignant de faire feu, ils s'abordèrent à la baïonnette et s'entregorgèrent avec une telle furie que, selon le témoignage de Berwick, il n'en resta pas trois cents hommes ! w

Comment n'en eût-il pas été ainsi lorsque les protestants français présentaient la guerre contre la France comme une guerre sainte, une croisade pour le triomphe de leur religion? « Vous ne manquerez pas de faire publier dans toutes les églises françaises de Suisse, écrivait l'un d'eux, le baron d'Avejan, l'obligation visant tous les réfugiés de nous venir en aide dans cette expédition (contre la France) où il s'agit de la gloire de Dieu et dans la suite, du rétablissement de son Eglise dans notre patrie*. »

Les «nouveaux convertis » qui étaient restés en France

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