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Ibid., p. 3oô

La'rÉVOCAUIOT de ledit de NANTES 115

partageaient ces sentiments tt ils s'apprêtaient à combiner lem-s révoltes avec la guerre étrangère, en entretenant avec les ennemis de la France les relations traditionnelles de leurs églises. L'étranger y comptait d'ailleurs. Dès le commencement de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, l'ancien envoyé brandebourgeois Spanheim escomptait, en faveur delà coalition, « les ménagements ou les intelligences qu'on peut avoir ou pris ou à prendre avec les gens de la religion dans le royaume et les facilités que, parla, on en peut trouver^nou seulement pour les opérations de mer, mais aussi pour celles de terre, au cas qu'il y ait occasion d'en faire ou par le Milanais ou parla Suisse ou parla Franche-Comté, pour se faire, par là, des passages dans les vallées de Piémont et les provinces voisines du Dauphiné, du Vivarez et du Languedoc ^ » Ainsi, la révolte des protestants du Vivarais, du Languedoc et du Dauphiné devait faciliter l'invasion de la France par les Alpes et le Jura; puis, envahisseurs et révoltés devaient se joindre dans une action commune.

L'instigateur de ce projet était le ministre protestant Claude Brousson, ancien avocat au Parlement de Toulouse, et il l'avait préparé avant même que n'éclatât la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Au nom de ses coreligionnaires du Lani^uedoc, il était entré en négociations avec l'électeur de Brandebourg, Frédéric-Guillaume, le pensionnaire de Hollande, Fogel,et surtout le prince d'Orange; il leur avait prêché la guerre sainte contre la France et il fut ainsi l'un des promoteurs de la coalition qui fut nouée à Augsl)ourg contre sa patrie. La guerre déclarée, il rentra en Languedoc et parcourut les Cévennes cherchant à soulever les populations protestantes 2.

Guillaume d'Orange essaya, de son côté, de réaliser en France le plan de Brousson. « Le roi a été informé,

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