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Hanotaux. /6id., p. 53o

l'édit de Nantes mit fin aux guerres de religion », ils prennent pour une réalité ce qui ne fut que le généreux désir de Henri IV ; ils semblent ignorer que, dans la pensée des huguenots, ce ne fut qu'une simple trêve ; et que ceux-ci se préparèrent aussitôt pour de nouvelles guerres de religion qui se poursuivirent en effet pendant toute la première moitié du xvii« siècle.

Quand encore MM. Gauthier et Deschamps font dater seulement des affaires de Béarn de 1620 l'organisation politique et militaire des protestants français et le commencement de^leurrésistance, ils ignorent ou feignent d'ignorer que leur organisation en Etat dans l'Etat existaifdéjà dans les articles secrets de l'édit de Nantes qu'ils imposèrent à Henri IV, et dans le développement qu'ils leur donnèrent eux-mêmes, en multipliant leurs empiétements dès le lendemain de l'Edit, dès 1600.

Enfin MM. Devinât, d'une part, MM. Gauthier et Deschamps, de l'autre, se rendent coupables sinon d'un mensonge, du moins d'une erreur historique quand ils nous représentent l'organisation politique et militaire des protestants comme une mesure défensive, prise par eux au lendemain de la mort de Henri IV parce qu'ils auraient vu « leur liberté politique menacée » (Devinât). En réalité, les protestants se préparaient à l'offensive pour enlever au catholicisme le droit à l'existence que lui reconnaissait, à lui aussi, l'édit de Nantes, et le prestige que lui donnait ce double fait que la majorité du pays restait catholique et que pour en devenir le roi, Henri IV avait dû embrasser la foi catholique. Ils n'acceptaient l'édit de Nantes que dans le dessein bien arrêté de le violer pour restreindre les libertés de leurs adversaires et élargir démesurément celles qu'ils leur reconnaissaient ; et les libertés qu'ils prenaient ainsi avaient pour objet de les constituer en un parti assez fortement organisé, au point de vue politique et militaire, pour pouvoir tenir tête

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à la royauté et recommencer, avec plus de chance de succès, la guerre à main armée contre les catholiques. Voilà ce qu'auraient dit ces manuels si leurs auteurs, au lieu d'examiner loyalement les faits, n'avaient pas l'idée préconçue que les protestants ont voulu la pacification et que, par intolérance, les catholiques la leur ont refusée, les mettant dans l'obligation de se défendre. Ce préjugé est contraire à la vérité historique et, pour le prouver, nous n'aurons qu'à énumérer les empiétements successifs que, dès le lendemaiîi même de l'édit, les protestants ne cessèrent de commettre sur l'autorité royale et contre les catholiques, grâce à la faiblesse du gouvernement.

L'édit de Nantes autorisait les assemblées religieuses (les protestants (synodes, colloques) mais leur interdisait les assemblées politiques. Cette prescription resta lettre morte, les calvinistes n'en tenant aucun compte. Leur assemblée de Châtellerault qui était réunie quand l'édit de Nantes fut préparé, puis publié, se continua après sa promulgation sous prétexte de veiller à sa ratification par les Parlements et à son exécution. Et après elle, se tinrent successivement, sous le règne de Henri IV, celles de Sainte-Foy (1601), de Châtellerault (1604), de Jargeau (1606). Chaque fois, Henri IV accordait, par brevet spécial, la permission de déroger ainsi à l'édit de Nantes, au grand scandale de l'ambassadeur vénitien surpris de la dépendance dans laquelle les protestants tenaient le roi. « N'est-il pas étonnant, écrivait-il à son gouvernement, que ce roi qui est le plus puissant peutêtre entre les princes chrétiens, en soit réduit à compter et à temporiser avec ses propres sujets, sans pouvoir bouger...., et que ses propres sujets lui soient plus redoutables que des ennemis déclarés aux autres nations^? »

Au lendemain de la mort de Henri IV, par conséquent

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