I. BA.ROZZI et Beacubt. Relazioni.... Francia, i, p. gi
bien avant 1620, les huguenots réunis à Saumur en 1611, se donnèrent à eux-mêmes une organisation qui étaitlaviolationflagrantedel'édit de Nantes. « L'assemblée prit, dit M. Hanotaux^, une mesure grave et qui décida de l'avenir du parti huguenot : elle résolut de créer des assemblées de cercle, constituant ainsi à l'état permanent, dans chacune des régions de la France, un Conseil délibératif et exécutif, chargé de surveiller et de défendre les intérêts des protestants. Les membres de ces assemblées prêtaient le serment du secret et juraient de se soumettre aux décisions de la majorité. Ce n'était plus seulement la lutte à visage découvert, c'était la conspiration latente et je ne sais quelle franc-maçonnerie obscure poussant sous le sol national ses galeries souterraines. Cette fois, la mesure était comble et Richelieu devait mettre bientôt au premier rang de ses griefs contre les protestants cet empiétement suprême, incompatible avec l'exercice d'un pouvoir régulier dans le pays. »
En présence d'une pareille organisation, Marie de Médicis, par des déclarations du 24 avril et du 11 juillet 1612, rappela aux protestants l'interdiction des assemblées politiques 2. Ils n'en tinrent aucun compte. Le 20 novembre suivant, eut lieu leur première assemblée de cerclejà La Rochelle^ elles années suivantes, se réunirent les assemblées générales de Grenoble (1615), de La Rochelle (1617), d'Orthez et La Rochelle (1618-1619), de La Rochelle (1620-1621). Cette dernière donna au parti protestant une puissante organisation militaire. Elle nomma pour toutes les forces calvinistes un généralissime qui fut d'abord Bouillon, puis Rohan, et divisa la France en huit départements militaires, ayant chacun à sa tête un général en chef appartenant à la haute noblesse. Les réunions qui s'étaient tenues en violation de l'édit de