Ibid.f n
LA RÉVOCATION DE l'ÉDIT DE NANTES 123
d'uu réfugié qui de Genève écrit à un autre réfugié au service de l'Angleterre, M. Bastide, garde du corps de la reine de la Grande-Bretagne, pour lui annoncer que les protestants avaient demandé à l'Angleterre et à la Hollande des secours pour les révoltés des Cévennes. « Ici ou de tous les environs de la Suisse il y a quatre à cinq mille hommes ou plus pour aller donner du secours à nos frères des Cévennes. L'on a expédié deux messieurs à Berne, à messieurs les envoyés d'Angleterre et d'Hollande, pour avoir des armes et des munitions, vendredi passé, que l'on attend de jour à l'autre pour savoir leur réponse afin de mettre toutes choses à exécution et, si l'on a leur consentement, dans un mois, la chose sera toute prête. » L'auteur de la lettre priait M. Bastide de veiller, à La Haye, au succès de cette démarche^.
Les agents du roi arrêtèrent en Languedoc deux réfugiés, Daniel Saurin Jonquet « ayant servi dans les troupes d'Hollande et demeurant à La Haye, né dans la religion protestante, dont il a fait profession, né à Valence, diocèse d'Uzès », et Jean Peytaud, « natif de Boucoiran », Leurinterrogatoire par Bâville révéla les communications constantes qui existaient entre les révoltés des Cévennes et les gouvernements de Londres et de La Haye coalisés contre la France-. Saurin Jonquet avoua « qu'ils avaient tous la même instruction qui était de connaître bien exactement les forces des rebelles, ce qu'ils pouvaient faire et entreprendre, la qualité de leurs chefs, les moyens que Ton pourrait avoir de favoriser une descente, de leur faire tenir de l'argent et de leur dire de tâcher de faire soulever d'autres provinces: » que l'un d'eux, Villette, était « le correspondant et Thomme de confiance des Etats d'Hollande;... que c'est le nommé Clignière, directeur des postes d'Hollande, qu'il croit être originaire de France, qui leur a donné de l'argent, et que c est le sieur