DE Felice. Histoire des protestants de France^ p
son fit partaf^er ses vues au Conseil du roi lequel, nous dit M. de Felice « se tint pour averti et ferma les yeux » ; et la plupart des intendants de province modelèrent leur conduite à l'égard des réformés sur celle du lieutenant général de police de Paris, Partout, au dire de d'Aguesseau en 1713, les protestants étaient à la tête du commerce et de l'industrie^; ce qui prouve ou bien que leur émigration après la Révocation n'avait pas été aussi importante qu'on l'a dit, ou que profitant d'un « apaisement » du gou /ernement à leur égard ils étaient déjà rentrées en masse. « Aussi VHistoire de France de M. Lavisse, sous la plume de M. Carré, constate-t-elle qu'après la mort de Louis XIV, les protestants s'étaient repris à célébrer leur culte, surtout en Languedoc, en Dauphiné, en Guyenne et en Poitou 2 », c'est-à-dire dans les provinces ou ils étaient le plus nombreux.
A vrai dire, les protestants, pour réorganiser leurs églises n'avaient pas attendu la mort de Louis XIV puisque, en juillet 1715^, le pasteur Antoine Court convoquait à Nîmes un synode, auquel se rendirent les religionnaires de toutes les parties du royaume. « Bientôt, ajoute un autre écrivain protestant, M. Bonet-Maury, on administra les sacrements du baptême, de la Sainte Cène et on bénii les mariages^. »
Le Régent n'était animé d'aucune haine contre les Réformés. Allié des gouvernements protestants de La Haye et de Londres, réagissant à l'intérieur comme à l'extérieur contre la politique de Louis XIV, il devait
1. « Par une malheureuse fatalité, presque dans toutes sortes d'arts, les plus habiles ouvriers, ainsi que les plus riches négociants, sont de la Religion prétendue réf Tmée : il serait donc très dangereux d'cxitrer qu'ils se fissent catholiques, n d'Ar.uEssEAU cité par de Felice, p. l^-jh.