Histoire de France, Vlll, p. H, page S.'i
.V Louis XIV mourut le ler septembre 1715. 4. Histoire de la liberté de conscience , p. Oa.
être plutôt hostile aux mesures que le grand Roi avait prises contre eux, au grand mécontentement de ces deux nations. Enfin, pour les affaires religieuses il donnait sa confiance à l'abbé Fleury qu'il nomma dès 1716, confesseur du jeune roi; or dans deux de ses Discours préliminaires sur l'histoire ecclésiastique, l'abbé Fleury avait écrit, du vivant même de Louis XIV : « De tous les changements de discipline, je n'en vois point qui aient plus décrié l'Eglise que la rigueur exercée contre les hérétiques et autres excommuniés.... La vraie religion doit se conserver et s'étendre par les mêmes moyens qui l'ont établie : la prédication accompagnée de discrétion et (le prudence et la pratique de toutes les vertus, surtout une patience sans bornes^. »
Les réformés jouirent donc d'une large tolérance de 1715 à 1722, malgré la déclaration du 6 mars 1716, par laquelle le Régent confirmait, pour la forme, les édits portés contre eux par Louis XIV. « Il refusa ^ aux commandants militaires les autorisations qu'ils demandaient pour <lisperser à coups de fusil les assemblées du Désert. » Il tira également de la chaîne plusieurs protestants que les Parlements avaient condamnés aux galères.
Instruit des maux économiques produits par la Révocation, il songea même, quelque temps, à rappeler les huguenots réfugiés ou bannis à l'étranger afin de procurer au royaume « un regain de peuple, d'arts et d'argent ». Il accueillit avec faveur le projet du duc d'Antiu président du Conseil de l'Intérieur, qui proposait d'établir à Douai une « colonie de rappelés » qui eût créé des manufactures en Flandre. Pendant les huit ans de la Régence, 380 personnes furent enfermées à la Bastille pour un temps plus ou moins long; dans cette longue liste un seul, un certain La Chapelle, y fut enfermé, le 4 mai 1721, pour cause de