Ibid., p
1751, l'évêque d'Ageu dit le mot décisit. Il déclarait complètemeiit chimérique de vouloir convertir de force les hérétiques et il trouvait que « le seul moyeu d'arrêter les maux de l'Eglise et de l'Etat, était d'ouvrir les portes du royaume à ces hérétiques obstinés ^. »
Ainsi, avant les campagnes des philosophes en faveur de la liberté de conscience, avant les affaires de Calas et de Sirven que Voltaire allait si perfidement exploiter, un évêque demandait la liberté de conscience pour les Hé formés. De son côté, le procureur général du Parlement de Paris, Joly de Fleury, reprenait l'idée qu'avait émise précédemment l'abbé Robert, et proposait, pour les protestants, l'établissementd'un mariage civil. « Le prêtre ne sera qu'un officier de l'état civil qui enregistre les mariages. » Ainsi était posé non plus par un particulier, mais par un haut dignitaire de la magistrature le principe qui, trente ans plus tard, devait inspirer la législation rendant un état civil aux protestants.
La seconde partie du xviii® siècle vit les mêmes alternances d'indulgence et de rigueur. Partois, le caractère particulièrement dur d'un intendant ou un incident local réveillant les passions religieuses assoupies, provoquait la mise en vigueur des édits rendus contre les Réformés, en particulier de la déclaration de 1724. Le 17 mars 1745, une assemblée de religionnaires était dispersée à coups de feu, à Mazamet; le Parlement de Grenoble condamnait, en deux ans (1745-1746), trois cents personnes pour cause de protestantisme, à diverses peines allant de l'amende aux galères et même à la mort L'intendant du Languedoc Saint-Priest appliqua si rigoureusement la déclaration de 1724 que des troubles éclatèrent dans les Cévennes ; l)lusjeurs prêtres furent assassinés par les protestants, le 10 août 1752; et, pour éviter une nouvelle révolte de Camisaids, le gouvernement de Louis XV dut donner des