I . Ihid., p. i iG
ordres de modération. En Normandie, soixante familles s'expatrièrent en présence des rigueurs dont elles étaient victimes, ^
Ailleurs au contraire ou à d'autres moments, les protestants étaient à peu près libres. « Ils établissaient de nouveau des écoles et des consistoires, distribuaient des livres et des catéchismes, convoquaient des assemblées et reprenaient peu à peu l'exercice de leur culte. Ils faisaient plus : ils tenaient, au mois d'août 1744, un synode national ; des députés de toutes les provinces se rendirent près de Sommières, sur les confins du diocèse d'Uzès.... La Baumelle, dans ses lettres, parle d'assemblées de 20.000 âmes qui se tenaient en Dauphiné, en Poitou, en Vivarais, en Béarn, et de soixante temples érigés dans la seule province de Saintonge 2. »
En 1752, se produisit un faitqui prouve combien la politique de répression avait perdu de terrain. Le marquis de Paulmy, ministre de la guerre, traversant le Languedoc, le pasteur Rabaut se présenta à lui, revendiquant, en sa qualité de pasteur, la liberté de ses coreligionnaires dans un placet qu'il remit au ministre pour le roi. D'après les lois existantes, Rabaut aurait dû être arrêté immédiatement et exécuté comme pasteur : le ministre le salua, lui promit de remettre le placet et Rabaut demeura libre'. Le prince de Beauvau, gouverneur du Languedoc, accorda aux protestants la plus entière liberté si bien qu'en 1763, un nouveau synode national put se tenir en Languedoc et envoyer solennellement à Louis XV une requête en faveur de la liberté de culte. En 1767, une assemblée de culte fut surprise ; huit personnes qui y avaient pris part et s'en vantaient furent arrêtées puis relâchées. sans jugement. A partir de 1762, on ne con-
I. Desdevises du Dezeht. L'E(jlise et l'Etal en France^ 1, p. a a!?,
a. Picot. Mémoires, II, i33-i34.