CHAPITRE VI
Le Clergé payait-il Tiiupôt sous l'Ancien
Régime '?
Moyen Age et Xl^l* si'èc/e.
AuLARD et Debidolr, Cours élémentaire, p. 37.
Le clergé et la noblesse, formés de moins de 300.000 personnes, avaient des privilèges et ne payaient presque pas d'impôts. Brossolette. Cours moyen, p, iio.
Les ordres privilégiés possèdent les trois quarts des propriétés et sont exempts d'impôts.
Calvet. Cours élémentaire, p. laG.
Le clergé et la noblesse ne payaient à peu près aucun impôt. Cours moyen, p. 162 et Cours supérieur, p. i36. Les ordres privilégiés ne payaient que fort peu d'impôts. Le clergé n'en payait même pas ; il se contentait de faire présent au roi d'une petite somme qu'on appelait le don gratuit. Il était pourtant très riche....
Cour supérieur, p. iSy.
Le clergé ne payait aucun impôt.
Devisât. Cours moyen, p. 63.
Ni les nobles ni les prêtres ne payaient la taille. (i\LTHiER et Descuamps. Cours élémentaire, p. 65. Lecture.
Necker dit au roi : a Sire, il n'y a qu'un moyen de trouver de l'argent, c'est de soumettre à l'impôt le clergé et la noblesse qui, jusqu'à présent, ne l'ont pas payé. » Necker avait raison. GuiOT et M AXE. Cours supérieur, p. i53.
Le clergé ne paie pas d'impôts. Il accorde seulement à la couronne, à titre de don gratuit y une redevance (10 millions environ par an), qu'il fixe lui-même dans ses assemblées générales,
SOMMAIRE. — Immunité financière du clergé intermittente. — Impôts payés par l'Eglise aux empereurs, aux rois francs, aux empereurs carolingiens. — Impôts payés par elle aux Capétiens : Cens, droit de gîte et de procuration, contributions militaires, droit de régale»
droit d'amortissement. — Règlement de l'amortissement. — Les décimes. — Abus des décimes sur Philippe le Bel et ses flls. — Annates, — Emprunts forcés. — Lourdes taxes imposées au clergé au XIV» siècle. — Le département des décimes au XVI« siècle. — Valeur d'une décime. — Décimes nombreuses levées sous François I^r, sous Henri II. — Autres impôts. — Le Contrat de Poissy 1561. — L'Eglise a acheté ses privilèges et son autonomie relative. — Elle a été la gardienne des libertés fiscales.
« Au cours des siècles de notre histoire, le clergé a tire de la nation des ressources considérables et n'a contribué à aucune de ses charges ; il a été un parasite dangereux, un frelon se nourrissant du miel péniblement préparé par la ruche populaire. En lui enlevant ses biens et en le soumettant à l'impôt, la Révolution a accompli une œuvre de réparation aussi juste que tardive. » Voilà l'une des grandes accusations que les ennemis de l'Eglise portent contre ses prêtres pour les rendre odieux à un temps épris d'égalité et pour soulever contre lui l'animosité de l'opinion. Les manuels condamnés par l'épiscopat n'ont pas manqué d'emprunter aux journaux de bas étage et aux orateurs de réunions publiques cette calomnie classique, et ils s'étendent sur l'exploitation des classes populaires par l'Eglise. M. Aulard a insisté sur l'établissement delà dime ecclésiastique dès les premiers siècles de notre histoire nationale et nous lui avons répondu en énumérant les services que, grâce à la dîme, le clergé rendit à la civilisation dans le haut Moyen-Age et que M. Aulard avait — comme par hasard — oublié de signaler *.
Quand ils décrivent lesabus de l'AncienRégime, certains manuels condamnés ne manquent pas de revenir sur cette question et ils nous représentent, à la veille de la Révolution, le clergé comme un corps de privilégiés, percevant lourdement la dîme sur le travail des paysans, rece-