‹ Histoire partialeChapitre 70 sur 214 · IliNCMAR, Opéra (éd. Sirmond) IT, pp. i · texte numérisé non relu

IliNCMAR, Opéra (éd. Sirmond) IT, pp. i

/i. Ckronicon de Nortmannorum gestis, ap. dom Bouquet. Recueil des Historiens des Gaules et de la France, VÏI, p. i5/|.

ri. Dom Bouquet, op. cit., VII, pp. G97-C98.

LE RÉGIME PAYAIT-IL l'iMPOT SOUS L*ANCIEN RÉGIME 161

les évêques, les abbés et les clercs ne devaient pas le service militaire personnel, ils n'en étaient pas moins tenus de se faire représenter à l'armée par des soldats équipés et entretenus à leurs frais. Un capitulaire de Charlemagne, de l'an 800, l'ordonnait en ces termes : € Qui ad ecclesias suas rémanent suos homines bene armatos nobiscum aut cum quibus jusserimus, dirigant » ; et lorsqu'il s'agissait d'un évêque et d'un abbé riches, c'était non un homme, mais une petite armée qu'ils envoyaient ainsi àl'Empereur. Quelquefois même, les évêques et les abbés prenaient en personne le commandement de leurs troupes; c'est ainsi qu'Agobard, archevêque de Lyon, mourut dans une expédition de Saintonge ^. Le second concile de Vernon (844), ceux de Meaux (845), de Crécy (858), de Savonnières (859) nous prouvent que cet usage était toujours observé au milieu du ix® siècle-. Dans ses Annales, Flodoard nous dit que parfois, au ix® et au x^^ siècles, l'église de Reims envoya, à elle seule, 1.500 hommes d'armes payés et équipés par elle ^. Loup, abbé de Ferrières *, fait observer, de son côté, que le roi conserva ces armées deux années entières en laissant, pendant ce temps, leur entretien aux églises et aux abbayes qui les avaient envoyées et qui se trouvaient par là épuisées et ruinées pour de longues périodes.

Les premiers Capétiens prélevèrent sur l'Eglise les mêmes impôts, ordinaires ou extraordinaires. Elle leur paya le cens qui était la plus importante des contributions directes. « Quelques savants ont afîirmé que la population roturière payait seule cette redevance. On ne peut nier cependant que le roi ne la perçut aussi sur les

I, Adon. Vie d'Agobard. aAgobardus apud Santones in expeditione regia positus, defungitur. »

a. Cité par Thomassin. Discipline ancienne et nouvelle de l'Église. III, pp. 3o6-3io.

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