I. Ibii., X.\I, p. 5Go, noie fj
a. BouRGAiN, op. cit., p. 70.
3. Voir lu texte de la bulle Cif.ricis laicos. Archives Nationales J. 712, 303.
(le France, eu 1297, il montra un tel esprit de conciliation que, portant atteinte lui-même aux privilèges qu'au cours du XIII® siècle, tous les gouvernements avaient reconnus au pape et aux prélats d'accorder et de voter les décimes, il permit à Philippe le Bel et à ses successeurs de les établir et de les lever eux-mêmes, sans le consentement préalable du Saint-Siège et de l'Église de France, en cas de nécessité urgente et de danger pressant i.
Et comme si ces contributions excessives ne suffisaient pas, Philippe le Bel s'en faisait accorder de nouvelles encore par le pape et les évoques En 1297 ^, Boniface VIII lui abandonnait, pour trois ans (1297-1300), les annates, c'est-à-dire la première année du revenu total de chaque bénéfice qui viendrait à vaquer, sauf des évêchés où le roi exerçait déjà le droit de régale. En 1304^, les annates lui étaient encore accordées, pour trois ans, par Benoît XI pour qu'il pût rétablir la bonne monnaie. En 1296*, Boniface VJII lui permit de prélever, pe/idani dix ans, la moitié des legs faits pour la croisade en Terre-Sainte, détournant ainsi, pour les insatiables besoins d'argent du monarque, des legs de leur vraie destination.
Non content de ces concessions extraordinaires faites par les papes, Philippe le Bel mettait sans cesse les abbayes à contribution. C'étaient des dons extraordi-
1 . Ibid. «... idem rex ac successores ipsius possinl a prelalis et personis ecclesiasticis dicti regni petere ac recipere pro hiijusmodi regni defensione, subsidium vel conlribulionem, iUudque vel illam prelall et persane predicte prefalo régi suisquesuccessoribuSj inconsullo etiam Homano pontifice, tenerentur impertiri. »
2. Voir dans Dom Bouquet, XX[, p, 628 les n Compoti annualium fi papa Bonifacio concessorum régi Philippo Pulcro, levalorum a vigilia S. Laurentii M.CC.XCVII usque ad eundem diem M.CCCper très annos. »
3. Arch. Nat. J. ta, n° 19. Le roi reçoit ces sommes a pro reduc tione monete regni nostri ad pondus et valorem debitum et antiquiimy>.
'». Archives Nat. .1. 713, 3o3.
LE CLERGÉ PATAIT-IL l'iMPOT SOUS l'aNCIEN REGIME 173
naires qu'il sollicitait ou exigeait. Les Archives Nationales nous montrent l'abbaye de Saint-Denis, l'abbaye de Saint-Quentin, l'archevêque de Reims et ses suffragants lui donnant des sommes considérables pour la guerre de Flandre^. C'étaient des emprunts forcés qu'il faisait aux cardinaux, aux évêques, aux Templiers qu'il devait plus tard dépouiller de leurs biens et envoyer au bûcher-. C'étaient enfin des confiscations contre les prélats et les clercs qui ne mettaient pas assez d'empressement à payer ; ainsi fut saisi le temporel des archevêques de Tours et de Sens, del'évêqued'Albi ^. En face de semblables procédés fiscaux, on comprend les plaintes qu'émettait le clergé. « Les églises et les gens d'église sont écorchés jusqu'au vif, écrivait hardiment au roi Guillaume Le Maire, évêque d'Angers *. Viennent d'abord les premiers collecteurs de décimes ; à peine ont-ils tourné le dos, qu'il en survient des seconds, puis des troisièmes qui, par leurs rapines, réduisent les ecclésiastiques au dénûment. Voilà par exemple quelqu'un qui ne devait payer que cinq sous, souvent même rien du tout ; ils le condamnent à payer 20 sous, 30 sous, saisissant et emportant, pour comble d'audace, les pots, les plats, les matelas et les plus vils ustensiles de ménage. Voici encore d'autres agents qui entendent encore moins raison : ce sont les collecteurs des legs faits pour la croisade. Ces legs n'avaient été accordés au roi que pour un temps qui est écoulé; ils exigent tous les ans tous les legs sans distinction, exploitant les laïques aussi insolemment que les ecclésiastiques. Il n'y a pas longtemps encore qu'un certain lombard, député, disait-il, à Angers,
I. Arch. Nat., K. 87, 3o. Boirgain, op. cit. dans Revue des Questions historiques, 48, p. 72.