I . Bibl. Nat., ms. fr. SgoS, p. i
a. Clémest V, Reg., nos 8986-8987.
3. Rcg. (le Jean XXII (éd. Goulon), no 471. Reg. Vatican, n3, t" i3o,o5,ép. 763.768 cités par Samaran et Mollat. La fiscalité porT tificale en France au XIV» siècle, p. i5.
LE CLERGÉ PAYAIT-IL l'iMPOT SOUS L'aNCIEN RÉGIME 175
183.208 livres tournois, dont 81.250 furent remises au pape pour la Croisade et dont 101.958 furent gardées par le roi. On possède le chiffre de la décime qui entra dans les caisses royales en 1330; le rendement net en fut de 265.990 livres tournois, 14 sous, 8 deniers, représentant une somme ^ d'environ 4 millions 600.000 francs de nos jours. Philippe V"! trouva la même complaisance auprès de Benoit XII et de Clément VI, les deux successeurs de Jean XXII qui gouvernèrent l'Eglise sous son règne ; du premier il obtint, en 1334, une décime de sixans, qui fut renouvelée par Clément VI pour deux ans, le 15 octobre 1342, pour deux autres années le 4 murs 1345, pour un an le 25 juillet 1347, pour deux ans le 23 janvier 13'i8. On peut donc dire que sous Philippe VI la décime, en principe impôt extraordinaire, était devenu impôt régulier,puisque le roi l'avait levée chaque année de son règne- Jean le Bon continua à l'égard du clergé les mêmes traditions fiscales ; le 21 janvier 13ol*, Clément VI lui permit de lever sur le clergé de France un trentième pendant un nombre indéfini d'années, jusqu'à concurrence de 3.517.000 florins, soit 2.835.000 livres tournois et en monnaie de nos jours environ 60 millions de francs; toutefois ces sommes n'étaient pas entièrement payées lorsque le trentième fut révoqué par le pape Urbain V. Avec Charles V, la décime devint encore plus régulière que sous ses prédécesseurs. En 1365 (19 juillet) et 1367 (20 octobre), Urbain V lui accorda des décimes pour deux ans, et le 2 novembre 1370, une troisième sur les revenus des églises du Languedoc, pour l'expulsion des Grandes Compagnies. Grégoire XI (1370-1376) fut plus généreux qu'Urbain V à son égard. A la suite d'une transaction avec le clergé de langue d'oïl, il fut convenu que
1 . Cf. ViARD : Les ressources extraordinaires de la royauté sous Philippe VI de Valois, dans la Revue des Questions historiques^ t. ^/j,
pp. 3o6-3l5.