lUcuELiËU Mémoires j II, a4> cf., aussi I, aS5 et 34a
l'ÉDIT de NANTES 21
raient les protestants en s'organisant en cercles politiques et en huit corps d'armées, avec leur hiérarchie d'assemblées politiques et de chefs militaires ; et voilà ce qu'a empêché la guerre que leur fit Richelieu.
Ce n'était pas seulement aux protestants que l'édit de Nantes garantissait la liberté religieuse en France : c'était aussi aux catholiques. Il eût été étrange en effet que désirant la pacification des consciences, Henri IV^ eût négligé ceux qui constituaient la grande majorité de la nation. L'article 3 de l'Edit était ainsi conçu : « Ordonnons que la religion catholique, apostolique et romaine sera remise et rétablie en tous lieux et endroits de cestuy notre royaume et pays de notre obéissance, où l'exercice d'icelle a été intermis (interrompu), pour y être paisiblement et librement exercée, sans aucun trouble ou empêchement, défendant très expressément à toutes personnes, de quelque état, qualité ou condition qu'elles soient, sur les peines que dessus, de ne troubler, molester, ni inquiéter les ecclésiastiques en la célébration du divin service, jouissance et perception des dîmes, fruits et revenus de leurs bénéfices et tous autres droits et devoirs qui leur appartiennent, et que tous ceux qui, durant les troubles, se sont emparés des églises, maisons, biens et revenus appartenant aux dits ecclésiastiques et qui les détiennent et occupent, leur en délaissent l'entière possession et paisible jouissance, en tels droits, libertés et sûretés qu'ils avaient auparavant qu'ils en fussent dessaisis. »
Partout où ils furent les maîtres, les protestants considérèrent cet article comme non avenu et empêchèrent le libre exercice du culte catholique. En octobre ICOO, le Parlement de Toulouse rappelait les consuls calvinistes de Montauban à l'exécution de l'édit de Nantes et leur défendait de gêner, comme ils le faisaient, l'exercice du culte catholique dans ses cérémonies et prédications*. Même