‹ Histoire philosophique de l'hypochondrie et de l'hystérieChapitre 18 sur 22 · ES · texte numérisé non relu

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dance réciproque entre la philosophie morale et

‘Ja médecine , comme le remarque Plutarque.

« Gombienilimporte, pour prévenir Fhypochon-

drie, de suivre les lois immuables de la morale,

de prendre de l'empire sur soi-même, de mai-

triser ses passions, de se rendre, en un mot, au- « tant familier avec les écrits d’Epictète, de Pla-

‘ ton, etc., qu'avec les résultats lumineux de ce Nohsctléiihe qui nous ont été transmis Lis « Hippocrate , Arétée, etc., etc. ! »

Dans son chapitre Fr een er Pinel semble abandonner toutes ses idées philosophiques , puisqu'il trouve « que Stahl est peut-être « le seul qui apprenne à distinguer lhypochon- « drie de toute autre maladie nerveuse, et qui

pu

‘ en expose avec justesse et avec profondeur le « caractère propre.» Or; Stahl a dit que « l’hy- « pochondrie est lasserablage ou la succession « de symptômes singulièrement variés et dispa- « rates. »

Ne semble-t-il pas que le génie analytique ait entièrement abandonné Pinel, lorsqu'il a pensé qu’une maladie ainsi caractérisée était distinguée de toute autre maladie nerveuse ? |

Quant au siège et à la cause prochaine de Phypochondrie, Pinel dit qu’elle est quelquefois fomentée par des lésions organiques des viscères abdominaux ; mais que souvent aussi elle dépend de certaines lésions dans les fonctions des nerfs, dont il ne reste aucune trace à l’ouverture des corps.

On chercherait inutilement dans Particle hystérie , du même auteur, quelque indication sur la nature ou la cause prochaine de cette maladie. Son siége ne parait indiqué que par le fait de la place qu’elle occupe dans son cadre nosologique ; on voit aussi, mais sans preuves à l'appui, que c’est une névrose des organes de la génération de la femme. Si donc, pour obtenir quelques fumiéres, on se reporte aux considérations générales de Pinel sur ces sortes de névroses, on ne trouve que deux choses; 1° une imitation de

cé que J.-J. Rousseau a dit de la dépravation des habitans des villes : il est consolant de penser, dit Pinel, que les neuf dixièmes de l'espèce humaine, répandus dans les campagnes, remplissent le vœu de la nature pour la reproduction, ctc. |

« Les villes, s’écrie Rousseau, sont le gouffre « de lespèée humaine. Au bout de quelques « générations les races périssent ou dégénèrent; «il faut les renouveler, et c’est toujours la « campagne qui fournit à ce renouvellement. » (Emile, Liv. 1.)

Image vive, éloquente , mais fausse pour quiconque a bien observé toutes les circonstances de la vie humaine dans les campagnes et dans les villes. Si l’espace nous le permettait, et si c'était ici le lieu, nous ferions voir que lalimentation grossière et insuffisante des campagnards, leurs travaux pénibles, leur engourdissement moral, plus marqué encore au temps de Rousseau qu’aujourd’hui, sont autant de causes qui altèrent fréquemment leur santé et abrègent leur vie ; tandis que l’homme, dans les villes, jouissant de plus d’aisance ou se refusant moins à lut-même, acquiert non-seulement un plus grand développement moral, mais aussi plus de force physique et une taille plus élevée, comme le prouvent les

tableaux statistiques dressés tout récemment par M. Villermé, et par d’autres médecins dans le royaume des Pays-Bas. Et quant à la moralité des habitans des campagnes, consultez les annales judiciaires, et vous verrez les tribunaux d’arrondissement retentir de hideux débats ; c’est dans les villages que le crie se montre souvent avec le plus d’atrocité. Mais en voici assez sur ce sujet.

Le second point traité par Pinel dans ses considérations sur les névroses de la génération, roule tout entier sur l’onanisme et sur Pouvrage de Tissot, dont nous avons déjà parlé dans un autre lieu ; de sorte que cet auteur, tout en avarçant que, dans certains cas, on peut faire une heureuse application de l'analyse pour démêler les caractères de cette maladie, paraît n’avoir pas voulu faire l’essai de cette application dans la question abstraite de lhystérie.

S XX. Nous arrivons maintenant à un auteur qui n’a pas dû, comme le nosographe que nous venons d'examiner, réunir dans son livre toutes les maladies qui sont du domaine de la pathologie interne, mais qui a consacré deux volumes aux deux seules maladies qui nous occupent, à l’hypochondrie et à lPhystérie; cet auteur est M. Louyer-Villermay. Il convient de donner d’au-

tant plus d'attention aux opinions qu’il à émises que ces affections paraissent l’avoir occupé pendant presque toute sa vie, puisque l’hypochondrie a fait le sujet de sa thèse, en 1802, qu’il a de nouveau traité la même question mais plus amplement encore en 1816, et qu'enfin il vient d’en donner une nouvelle édition en 1832.

Nous ne nous arréterons pas sur la définition que M. Louyer-Villermay donne de lhypochondrie, nous nous bornerons à faire remarquer qu'elle n'indique rien de particulier, qu’elle ne représente pas à l’esprit une individualité morbide, et conséquemment que ce n’est pas une définition. Qu'est-ce en effet qu’une «affection « éminemment 2erveuse qui parait résider dans « une manière d'être du système nerveux qui « vivifie les organes digestifs? » Ajoutons que l’idée de définir un mot par le mot même, rappelle ce que dit Pascal de ceux qui ont défini la lumière de cette sorte : « La lumiere est un « mouvement luminaire des corps lumineux.»

Le siége et le principe de lhypochondrie ne pouvaient être omis dans un ouvrage spécialement consacré à cette maladie et à l’hystérie, et en effet M. Louyer-Villecrmay a traité cette double question dans son troisième chapitre (p. 325). Mais ce qui nous à d’abord surpris, c’est la brièveté

de ce chapitre qui n’aque quatre pages d’étendue, dont deux employées à énumérer sans critique les opinions de quelques devanciers. SiM.Louyer- Villermay a pensé que, dans l’état actuel des connaissances médicales, on ne doit donner qu'une médiocre attention à cette partie de l’histoire des maladies , et qu'il suffit de donner en cela son avis tout simplement, nous ne partageons pas son opinion; et, pour le dire en passant, la Société royale de Bordeaux né nous parait pas avoir Jugé comme cet auteur, puisque dans son programme elle à indiqué comme devant étre examinées comparativement, les opinions émises sur la nature essentielle de ces deux maladies. Mais voyons l’opinion de M. Louyer- Villermay.

Le but de toute comparaison dans les sciences est de rendre plus clair le sujet qui se trouve en question; or, cet auteur emploie une comparaison (327) pour prouver que la cause immédiate des névroses ne réside pas dans l’altération du tissu NGTVEUX ; la voici: «Si on lie un réf:

« toute Ja partie qu'il alimente devient pa « sée, et cependant son tissu n’est point sensible- « ment altéré, il continue même à vivre orga- « niquement, mais il devient inhabile à remplir

« les fonctious qui lui étaient confiées. La liga-

« ture enlevée à temps, les propriétés vitales « reparaissent, et avec elles les fonctions ner- « veuses ; il ex est ainsi des nerfs qui se distri- « buent aux organes de Ja digestion; quand ils « sont affectés, leur tissu n’éprouve aucune al:

Em!

« tération, etc. »

Qui ne voit ici qu'il n’y a aucune analogie, même approximative, entre ces termes de comparatson? N'est-ce pas une supposition connue de tout le monde, qu’un agent particulier che-

aine le long des nerfs ? Il n’est personne qui ne sache que lorsque dans ces circonstances la ligature n’a pas désorganisé les nerfs, et qu’elle est enlevée à temps, c’est l’influx nerveux qui reprend sa route et non les propriétés vitales qui reparaissent ; elles n’avaient pas cessé d'exister, puisque le nerf continuait À vivre organiquement. Il est inutile d’en dire davantage pour prouver que cette comparaison n’est nullement propre à rendre plus lucide l’opinion de l’auteur, opinion que nous allons lui laisser développer.

« Disons donc, en nous résumant, gvec les « physiologistes modernes , reprend'M. Louyer- Villermay, que d’après l'observation journa-

« dière et l'examen attentif des phénomènes de

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