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cher les rêves dangereux de l'imagination et
« pour prévenir lhabitude de la masturbation. »
(Excitans non moins directs ). « Ordonner l’ab-
stinence des boissons stimulantes telles que le café, le thé, les liqueurs alcooliques, etc. » 2° Systèmes de l’économie à: fortifier. « Ordonner des exercices musculaires journaliers et souvent poussés Jusqu'à la fatigue {on ‘se rappelle la grande réputation que s’acquit Tronchin en ordonnant aux dames de qualité de frotter elles-mêmes leurs appartemens), soumettre les malades à un travail manuel , leur inspirer le goût des sciences naturelles et des occupations continuelles de l'esprit. » (ci Georget prouve, contre:ses in-
tentions, que lhystérie , bien différente de lPhypochondrie, n’a son point de départ ni dans Île développement des fonctions cérébrales, ni dans l’organe chargé de présider à ces fonctions ). « Prescrire des bains tièdes en hiver, froids en « été, etc., tels sonties moyens les plus efficaces « en pareille circonstance. »
Quant aux indications pharmaceutiques , nous ne citerons que le résumé de Georget sur ce point. « On ne doit pas se dissimuler, dit-1l, que « dans beaucoup de cas il ne se présente aucune « indication thérapeutique bien caractérisée , et « que la médecine ne peut compter que sur les « secours de l'hygiène et sur les effets du temps.»
& XVIL. C’est avec juste raison que M. Falret pense que le choix des agens thérapeutiques doit être subordonné à la connaissance préalable du siége et de la nature des maladies (de l’hypochondrie et du suicide), et il faut ajouter que si ce précepte est utile dans les médications des autres maladies , il est de rigueur, il est indispensable dans le traitement de lPhypochondrie ; c’est ici surtout que , le point de départ une fois bien connu, que, la filiation des symptômes une fois bien appréciée, les indications thérapeuttques se présentent d’elles-mêmes.
Nous allons dire quelques mots du traitement
proposé par M. Falret. St nous ne sommes pas d'accord , avec cet auteur, sur la nature de la lésion primordiale de l’mtellect, nous le serons assurément dans beaucoup de points d’application , c’est-à-dire lorsqu'il s’agira d’indiquer les meilleurs moyens de combattre cette lésion. « Le « cerveau est excité outre mesure, dit M. Falret « (Op. cit., 505), Vinnervation est irrégulière , «il faut donc s’attacher à modérer son irritation
Pan)
«et à régulariser ses fonctions. »
Je me suis assez expliqué dans la section relative à la nature essentielle de lhypochondrie, pour n’avoir pas à revenir ici sur tout ce que j'avais à dire pour prouver qu'il ne s’agit pas ici d’une irritation cérébrale, et M. Falret lui-même n’a pas conçu son traitement dans le sens de cette prétendue irritation ; la preuve en est que, pour arracher le malade à ses fatales préoccupations, ce médecin judicieux propose de véritables excitans cérébraux , mais pour arriver, je le répète, à ce but indispensable, savoir, de ramener le malade, par un traitement intellectuel, à un autre ordre d'idées. Là, en effet, git toute a difficulté ; pourvu que les idées soient autres, qu'importe que vous irritiez le cerveau par leur énergie, par leur vivacité, etc., 1Î faut rompre un cercle vicieux, amener un changement, et
voilà tout. M. Falret a tellement senti cela que ; loin de proposer toute la série des antiphlogistiques pour combattre cette irritation SUppoOsée , il propose , et avec beaucoup de sagesse , de gagner d’abord la confiance des malades, afin, dit-il, d'exercer une plus grande influence: sur leur esprit ; et ce médecin, Je le répète ; a parfaitement raison; il ne s’agit pas ici de Juguler, à la manière des néophytes du physiologisme, une irritation du tissu cérébral, il s’agit d'obtenir une influence puissante sur l’esprit des malades, le tout pour ramener, Où mieux, pour diriger les forces intellectuelles sur d’autres sujets ; c’est une condition indispensable ; Jemprunte cette expression à M. Falret. « Gardez-vous donc, pour- « suit-il, d’opposer votre sang-froid à leur éga- « rement, et l'indifférence à leur agitation » ; et, en effet, ces moyens essentiellement sédatifs en eux-mêmes, et conséquemment propres à opposer aux effets des irritations, ne conviennent pas ici; car au lieu d’irritalions, vous avez des convictions profondes à changer, des erreurs dominantes à détruire, des idées exclusives à combattre.
Je dois ajouter que M. Falret, conduit par son bon jugement et par une observation exacte des faits, a émis un principe fécond et éminemment philosophique. Le voici : « Æxercer l'esprit du
« malade dans le sens de son délire. » Si M. Falret avait eu réellement à faire à une irritation. il se serait bien gardé d’émettre cette proposition; elle n'aurait d’autre effet que d'augmenter cette irritation, car les irritations physiques ne s’exercent pas, ne s’augmentent pas etne s’exaspèrent pas; le tout pour être ensuite moëlérées et ramenées au type normal. Je partage donc entièrement les idées thérapeutiques de M. Falret, et cependant je ne pars pas du même principe, c’est-à-dire que pour moi les organes ne sont pas irrités; pour moi il n’y a pas d’altération physique (1). | 6
© $S XVIIT. IT résulte des remarques critiques que j'ai faites sur les divers: traitemens conseillés par les auteurs, que des préceptes bons et utiles ont été proposés dès la plus haute antiquité contre lPhypochondrie et contre lhystérie, mais que ces préceptes étaient, pour ainsi dire, noyés dans un fatras de remèdes absurdes et même dangereux; il en résulte encore que les phénomènes de ces maladies ayant été imparfaittement analysés
(x) Les idées toutes philosophiques de MM. Falret et Voisin ne sont pas seulement bonnes en théorie, elles ont aujourd’hui pour elles la sanction de l'expérience, comme le prouvent les résultats obtenus dans le bel établissement de Vanvres fondé par ces deux
médecins.
dans les siècles derniers, leur traitement s’est ressenti de ce désordre ; en effet, là où on ne voyait que disparates, scènes bizarres et variées, symptômes incohérens, etc., on ne pouvait proposer, comme moyens thérapeutiques, que des médications désordonnées, bizarres, extraordinaires, trép heureux les malades quand ces moyens n’étaient qu’insignifians : enfin tout récemment de bons esprits, parmi lesquels je me plais à placer Georget et M. Falret, bien que partis d’un point de départ inexactement déterminé , ont jeté les premières bases du traitement rationnel ; quant à nous, les lecteurs qui'ont bien voulu suivre tous nos développemens, soit relativement à l’étiologie, soit relativement à la symptomatologie, peuvent déjà pressentir quel ordre nous voulons qu’on adopte dans les médications réclamées par l’hypochondrie et par l’hystérie. Parlons d’abord de l’hypochondrie.
Il est évident que dans la première période le traitement sera tout moral, tout intellectuel ; c’est alors surtout qu'il faut s’attacher à combattre leffet des causes premières, c’est-à-dire des causes que nous avons énumérées dans notre étiologie. Ainsi, Les vices du climat seront corrigés par les institutions, où par une éducation particulière ; les vices de la constitution seront éga-
THÉRAPEUTIQUE. 543 lement corrigés par des exercices physiques constans et répétés, etc. Lorsque les causes occasionnelles ont réellement provoqué la première période, c’est, comme je viens de le dire, au seul traitement intellectuel qu'il faut avoir recours, tout en paraissant entrer dans les idées du malade, tout en cherchant avec lui, et minutieusement, la nature de ses maux, non pour l’amener à cette conclusion que tout est dans son esprit, mais plutôt pour le convaincre du peu de gravité de sa maladie.
Dans la seconde période, il faut avoir recours à la fois à un traitement intellectuel et à une médication propre à arrêter les névroses, soit que ces névroses affectent les voies digestives, soit qu’elles troublent les fonctions circulatoires ou d’autres appareils.
Le traitement moral sera le même que celui que nous venons d'indiquer pour la première période ; ici surtout il faudra bien se garder de qualifier leurs idées de sensations chimériques, de produits d’une imagination déréglée, ete., etc.; à cette époque, nous le savons, les hypochondriaques sont réellement malades, ils ont besoin d’être régulièrement traités.
Le traitement de la seconde période sera donc un traitement combiné. Quant aux moyens à
employer pour s'opposer aux névroses, on les trouve consignés dans tous les ouvrages de pathologie aux articles gastralgies, entéralgies, palpitations , névralgies , etc., etc., il serait inutile de.les répéter ici. Quant au traitement moral, on ne peut guère donner que des préceptes très- GÉNÉTAUX ; ce traitement est proprement une question de jugement de la part du médecin ; il faut beaucoup de tact, beaucoup de pénétration pour savoir à propos le modifier en raison du caractère des malades et de la tournure de leurs idées ; le médecin ne peut guère prendre alors conseil que de lui-même, et cela surle-champ, interpellé qu'il est souvent par les hypochondriaques sur les questions les plus délicates. Je dois le dire ici, il n'appartient qu'au médecin philosophe de traiter ces sortes de maladies ; les matières médicales et toutes leurs richesses pharmaceutiques sont vaines alors, c’est influence d’un esprit droit et adroit sur un esprit mquiet, soupçonneux et irritable, qui doit seule avoir de l'efficacité.
On sent déjà que la troisième période réclame d’une part un traitement encore intellectuel , puisque tout reste sous la dépendance de lintellect vicieusement affecté, et d’autre part un traitement dirigé contre les diverses lésions organt-
ques ; malheureusement ce dernier traitement n’est le plus souvent que palliatif, la tendance des lésions organiques est presque toujours essentiellement fâcheuse ; mais cette période ne survient pas aussi fréquemment qu’on pourrait le craindre ; les hypochondriaques s’y croient presque toujours arrivés ; un examen attentif des organes prouve, dans la plupart des cas, qu'il n’en est rien encore. Nous répèêterons ici ce que nous avons dit tout-à-l’heure pour la seconde période ; le traitement spécial de chacune des lésions organiques se trouve dans tous les traités de médecine, et surtout dans quelques bonnes monographies ; on pourra les consulter à l’occasion : le traitement moral reste le même, nous en avons en quelque sorte Jeté les bases; c’est à l'esprit du praticien à faire le reste, dirigé qu'il sera par les diverses circonstances particulières.
S XIX. Le traitement des deux degrés de l’hystérie doit être autrement conçu que celui des diverses périodes de l’hypochondrie. Il s’agit moins de parler à l'esprit , au raisonnement, que de modifier les impressions éprouvées par le système nerveux : partiellement ou généralement, ce système est surexcité ; sa sensibilité doit être ramenée dans des limites normales; là git
toute la difficulté. Les indications premières ressortiront aussi de la nature des causes qui auront amené l’hystérie : dans presque tous les cas, 1l s’agira de soustraire les sujets à certaines impressions trop vives ou essentiellement vicieuses dans leurs résultats. Toutefois, comme il est dans fa nature de l’homme de vivre par des sensations et pour des sensations , surtout dans la moitié féminine de son espèce, puisque celle-ci est la plus impressionnable et la plus avide de sensations, le médecin, sous le prétexte de prévenir l’hystérie, ne pourrait pas condammer les sujets à une impassibilité complète ; d’un autre côté, il y aurait ignorance de sa part à consentir à la satisfaction d’un vœu, et puis ensuite d’un autre ; la médecine est une science essentiellement morale, et fort heureusement la morale ne répugne jamais aux lois de l’hygiène ; elle est avec celleci dans une constante harmonie. Le médecin cherchera donc, par une éducation sévère, à s’opposer aux mauvais effets d’une constitution éminemment nerveuse; 1l remplacera les impressions propres à exciter ces constitutions par des exercices propres à les fortifier; c’est ici proprement une question d'éducation physique. On parle à l'esprit par le moyen des idées, c’est par cette voie qu’on entre, pour ainsi dire , dans le
THÉRAPEUTIQUE 547 traitement de lhypochondrie, nous l'avons vu tout-à-l’heure ; on agit sur l’innervaiion générale en modérant ou en changeant la nature des impressions et par suite des sensations, et c’est ains! qu’on peut aborder le traitement de lhystérie. Ici donc il n’y a plus certaines idées à ménager, certaines préventions morales à respecter, le tout pour s’insinuer dans lesprit des malades et pour obtenir leur confiance ; il faut immédiatement rompre avec tout ce qui tend à vicier le système nerveux. Pour guérir l'esprit, on le ménage, on parlemente, en quelque sorte, avec lui; pour guérir des organes , on les soustrait immédiate ment à l'influence des causes morbifiques; on fait taire certaines sensations, et puis, comme Phomme, ainsi que je le disais tout-à-lheure, ne peut vivre sans sensations, on place les malades dans des circonstances telles, qu'ils éprouvent des sensations d’une autre nature ; tel est l’esprit des indications générales à suivre dans le traitement de l’hystérie. Pour ce qui est des indications particulières, je renvoie à tout ce que J'ai dit en examinant les moyens accessoires préconisés par les auteurs. En résumé, je pense que tous ces moyens doivent être puisés dans lhygiène, et je partage lavis de Georget sur linutilité presque
constante des moyens pharmaceutiques.