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pour eause une inflammation qui n’est pas tombée sous les sens. Ce n’est point là, je le répète, appliquer rationnellement la méthode expérimentale, Loin de nous cependant la prétention de faire dire aux anatomo-pathologistes de notre époque que toutes les productions accidentelles ne sont autre chose que des formes spéciales d’une inflammation chronique, les bons esprits parmi eux ne soutiennent pas cela, mais ce que nous ne pouvons croire, c'est qué la méthode expérimentale les ait conduits à avancer, en style métäphorique, que ces productions sont dans tous les cas Julles de l'inflammation, et que lorsqu'elles existent isolément, c’est qu’elles ont survécu à leur mère.
Que dirons-nous maintenant de l’état actuel de nos connaissances relatives à la thérapeutique? Dans quel tissu d’absurdités la matière médicale n’est-elle pas encore embarrassée? Bichat s’écriait, au commencement de ce siècle : « On dit que la pratique de la « médecine est rebutante, je dis plus ; elle n’est pas, « sous certains rapports, celle d’un homme raisonna- « ble, quand on n’en puise les principes que dans la « plupart de nos matières médicales. » Eh bien! que ceux qui ont foi dans l’état actuel de splendeur dont nous avons parlé, nous disent quels progrès incontestables , et j'entends progrès autres que des progrès négatifs , ont été imprimés à nos matières médicales ; Bichat se garde bien de dire que la matière médicale ait eu un état d'enfance; d’accroissement , etc. Ce grand physiologiste voyait bien qu'il n’y avait eu qu'applica-
Pa
X}x tion succêssive et plus ou moins malheuréuse, comme je l'ai dit, de mauvais systèmes et de fausses théories ; chacun de ces sytèmes, dit-il, a influé sur la matière médicale, de là le vague et l’incertitudequ'elle présente aujourd'hui. La méthode expérimentale a donc aussi influé sur elle, mais en quel sens? En lui faisant faire en quelque sorte, comme Je viens de le dire, des progrès négatifs, c’est-à-dire en bannissant pour tou- Jours cette polypharmacie inventée par les Arabes, et dont on a tant abusé en médecine ; en détruisant tour à tour la réputation de tant de médicamens prétendus spécifiques , héroïques , etc. , etc. ; tous les jours des essais sont répétés, lantôt pour trouver des succédanés à des médicamens dont l'efficacité paraît hors du doute, tantôt pour s'assurer de l’action encore inconnue de telle ou telle substance ; et ceci, pour le dire en passant, n'est autre chose que de l’empirisme ; empirisme toutefois que nous sommes loin de blâmer et sur lequel nous reviendrons-:tout-à-l’heure.
On se plaint que jusqu'ici la matière médicale ait paru totalement se refuser à l'application des systèmes généraux, que même-elle ÿ répugne; sans doute, rien n'est plus dificile qu’une bonne systématisation, sous ce rapport; mais le médecin, dans ses diverses applications thérapeutiques , peut néanmoins être guidé par une idée générale, philosophique et féconde en résultats pratiques ; cette grande pensée, dont chaque praticien doit être pénétré, c’est que tous ses médicamens
seraient nuls, ou même nuisibles, si l’économie n'é-
tait en quelque sorte protégée par une forcé médicaurice qu'il n’est plus permis de méconnaître. Pour moi ; je ne conçois pas qu'un homme ose se mèler de traiter un autre homme, s’il n'a foi dans la force médicatrice , soit qu’il fasse de la médecine expectante , soit qu'il fasse de la médecine perturbatrice.
Quant à ce premier genre de médication , je ne dois pas nv'y arrêter; ilest clair que celui qui attend à chaque instant des effets salutaires, des crises favorables ; est convaincu de l'existence d’un principe conservateur. Mais la médecine perturbatrice! CrOYEZ-VOUS qu'un homme , doué de quelque raison, puisse s’ingérer de troubler l'organisme , dans le seul but de déterminer du trouble? Non assurément, la médication perturbatrice, comme je l'ai dit aïlleurs (1), n’est autre chose qu'un appel fait en désespoir de cause, à la nature médicatrice. Les fonctions organiques modifiées d'une manière anormale, paraissent engagées dans un cercle vicieux ; ce cercle, il faut le rompre; on y parvient souvent en imprimant une forte secousse à l'organisme: Les exemples d'application de ce principe sont tellement nombreux, qu'il est inutile de les rappeler ici. Le cours d’une maladie ne peut être arrêté, les symptômes de jour en jour deviennent plus-graves, il n’y a rien à espérer du bénéfice du temps. Que fait
alors le médecin ? il provoque un changement ; sait-il
(tr) Concours pour l’agrégation, Leçon orale sur les fièyres in-
termittentes.
XX] ce qu'il va amener? Nullement ; il sait seulement qu'il va changer l'état actuel contre un autre, et cela Jui suffit , pénétré qu'ilest de cette idée, qu'une fois cette secousse imprimée, ce changement améné, la force médicatrice aura meilleur marché, qu’on me passe l'expression , du nouvel état morbide déterminé aruficiellement dans l'organisme. C’est donc, je le répète, un appel fait à la force médicatrice; les homæopathistes, au milieu de prétentions absurdes, ont rappelé les principes connus des plus anciens médecins ; ils se sont 'aÿpuyés sur cette vérité, que les maladies ERP ETES provoquées sont incomparablement plus tôtguéries que les maladies nées spontanément dans l'économie; mais le côté faux du système d'Hahnemann, c’est qu'une maladie spontanée devient entièrement artificielie, pour peu qu’elle soit artificiellement exaspérée; d’où leur axiôme, similia similibus curantur. Dans la médication perturbatrice, on change, on modifie, et voilà tout ; aussi les chirurgiens ne prétendent pas faire autre chose, lorsque , pour provoquer la guérison d’un ulcère rebelle, par exemple, ils modifient, peu importe | comment, la vitalité de sa surface, ou lorsque, plus hardis, au lieu de traïter parfois des inflammations même aiguës par des antiphlogistiques, ils ont recours à l'application de lotions irritantes en apparence, mais modificatrices en réalité. |
En résumé, tout en essayant expérimentalement les divers agens pharmaceutiques, qu’on l'avoue, ou qu’on
s’en défende, on ne laisse pas d’avoir confiance dans