‹ Histoire philosophique de l'hypochondrie et de l'hystérieChapitre 4 sur 22 · XI · texte numérisé non relu

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les ressources de cette bonne nature, qu'on tient néanmoins à honneur de méconnaître.

Après avoir-parlé de la médication expectante et de la médication perturbatricé, il nous reste à dire un mot sur la médecine rationnelle et sur la médecine empirique. |

Jusqu’à présent les faits, ou mieux les résultats thérapeutiques paraissent tellement particularisés qu’il est à peu près impossible de les coordonner de telle sortequ'on puisse.en inférer une médecinerationnelle. Les modificateurs hygièniques ou pharmaceutiques restent les mêmes, mais leur action ne peut pas être calculée d’une manière précise , parce que dans cette acüon , l’état de l’organisme entre comme élément ; Je m'explique : dans toute action modificatrice ; il faut comprendre la vitalité des organes, vitalité À laquelle les modificateurs s'adressent. Eh'bien! cette vitalité offre tant de variété, soit dans l’état morbide, soit même dans l'état normal, selon l'âge, le sexe, le tempérament, les idiosyncrasies, etc., eic., que les réactions offrent sans cesse des caractères différens. Il en résulte que la méthode expérimentale ne consiste guère qu'en essais purement empiriques , dans les diverses médications thérapeutiques. La médecine empirique ainsi comprise ne doit donc pas être dédaignée, c'est proprement de la méthode expérimentale. Il ne faut pas croire en effet que par cela qu’on a recours à telle médication empirique, on ignore, ou du moins on néglige les caractères phénoménaux et anatomiques

xx} des maladies ; nullement. Personne n’a suivi, avec autant de perspicacité que Laennec, les signes physiques et rationnels des maladies, personne n’a poussé plus loin que lui l’investigation de leurs caractères, et cependant ce grand médecin, sous le rapport thérapeutique , n'avait guère foi que dans l’empirisme. Qui pourrait se vanter d’avoir mieux fait connaître les diverses phases et tous les accidens des pneumonies, par exemple, que Laennec? C’est empiriquement, néanmoins, qu'il les traitait presque toujours ; et tout en cherchant à expliquer les résultats de l’émétique à haute dose par une absorption interstitielle rendue plus active; il convenait lui-même que c'était là de l’empirisme. |

En résumé, on peut donc être rationaliste, pour la succession , l’enchaînement et la filiation des phénomènes morbides, on peut l'être encore pour la production des diverses altérations organiques et. pour leurs expressions symptômatiques , et en même temps être empirique sous le rapport des effets thérapeutiques , lorsque la méthode expérimentale le veut ainsi.

Le coup d'œil philosophique que nous venons de jeter sur l’histoire de la médecine , et sur son état actue] , était nécessaire ; j'étais imbu de ces idées avant d'avoir commencé l’histoire de l’hypochondrie et de l’hystérie; j'en étais encore pénétré pendant la composition de mon ouvrage ; c’est sous leur influence qu'il a été terminé, il était donc indispensable de faire suivre en quelque sorte aux lecteurs cette filiation de

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pensees , avant d'arriver à l'étude de ces deux maladies ; on conçoit dès lors que c’est un livre de critique, ou plutôt d'observations raisonnées, que j'ai dû publier ; aussi ne me suis-je pas confiné dans un service de clinique pour en recueillir les matériaux s'je nat pas rédigé, à la manière de quelques écrivains du jour, un recueil d'observations indigestes, travail de manœuvre, vanté par les esprits médiocres, parce qu'avec un faux air de science il est à la portée de tous ceux qui ont tenu, pendant un semestre ou deux, les cahiers de visite d’un professeur, et qui ont dépêché, sous ses yeux, une trentaine de nécropsies. Cette introduction prouve que je ne considère pas notre époque médicale sous un jour assez séduisant pour ne pas m'être écarté de ses limites; toutefois, eh consultant les anciens, je n’ai pas fait un livre avec des livres, de même qu’en publiant mes propres observations je n'ai pas pris les numéros d’üne salle de clinique pour en faire autant de chapitres.

La questiondel’hypochondrie et de l'hystérie mise au concours par la Société royale de médecine de Bordeaux, n'avait été pour moi, je dois le dire ici, que l’occasion de soumettre préalablement à un jury médical un travail méditédepuis long-temps. Indépendamment d’une leçon publique faite sur ce sujet à l’École de médecine de. Paris, dans le concours pour l'agrégation, en 1829, l'hypochondrie avait de tout temps fixé mon attention ; mes études et mes recherches avaient été

plus spécialement dirigées vers ce point; j'avais done

préparé cette question de longue main. La Société à jugé mon travail digne de la palme qu’elle avait promise; néanmoins Je ne me suis pas hâté de le publier. Un ouvrage écrit en quelque sorte d’un seul jet, a besoin d’être médité au bout d’un certain temps; aussi me suis-je applaudi d’avoir retardé de quelques années sa publication ; mes idées sont les mêmes, il est vrai, mais j'ai cherché à les corroborer par de nouvelles observations. La Société de Bordeaux, par l’organe de son’ rapporteur, m'avait fait remarquer une contradiction apparente, je l’ai fait disparaître ; elle m'avait fait quelques objections, J y ai répondu; ce n’est pas tout, un de mes compétiteurs, M. Brachet de Lyon. a publié ses recherches sur l'hypochondrie et hystérie ; il a bien voulu, en même temps, attaquer mon ouvrage encore inédit ; j'ai dü faire prompte et vigoureuse Justice d’un acte de déloyauté; une note m'a suffi pour cela. Pour tout le reste, mon ouvrage est, à peu de chose près , tel que je l’ai envoyé au concours; on Jugera de la valeur de cette production aujourd’hui que Je l’abandonne à la publicité, à cette mer orageuse où tant de réputations de coterie sont venues se perdre à Jamais, mais où tant d'hommes inconnus ou dédaignés ont surgi tout-à-coup appuyés sur de véritables talens.

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