‹ Histoire philosophique de l'hypochondrie et de l'hystérieChapitre 7 sur 22 · T'OLOGIE · texte numérisé non relu

T'OLOGIE

Récamier, doit être considéré comme le support des stimulus. Eh bien ! un stimulus, quelque faible qu'il soit, peut devenir cause occasionnelle d’irrilations nerveuses si l’organe auquel il s'adresse est déjà surexcité ; de même un stimulus trop énergique, dont l’action sera nécessairement immodérée , peut amener les mêmes résultats, ces organes étant à l’état normal, parce que, dans les deux cas, il n’y a plus, dit-il (avec quelque subtilité), capacité réciproque entre le stimulus et les organes. Si nous voulions nous amuser à appliquer cette théorie aux divers effets de lalimentation sur l'organisme , nous verrions que tout ce qui peut mettre dans un état de surexcitation la constitution nerveuse pourra devenir cause d’hystérie en détruisant cette capacité réciproque.

Il y a un côté véritable dans les causes diverses rPOREÉES par. les auteurs; mais ce côté n’a pas

té mis dans son jour; on n’a pas considéré lac- ‘ion de ces causes sous leur point de vue réel.

Chez les femmes robustes et pléthoriques des “uteurs, une alimentation succulente, des boissons alcooliques, l'usage du café, etc. , doivent devenir autant de causes ee de lhysérie , lorsqu’en même tempsil n’y a aucune dépense physique chez ces femmes ({n otio vi-

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ventes, Forestus, Pomme, etc.}. Qu’elles soient continentes ou non, l'effet est le même, sinon plus marqué dans les dérnières ( Puellas et fæminas comugatas, Hoffmann). L'alimentation, dans ce cas, fait loffice de certains climats chauds ; elle viole la loi naturelle des êtres intelhgens. : :

Mais pourquoi de longs jeünes, des veilles prolongées et des évacuations immodérées amènent-ils des effets analogues? Peut-on dire alors, comme le voulait Sydenham, que: le système nerveux soit affaibli? Dirait-on qu'abaissé :audessous de son type naturel, il n’est plus normalement impressionnable, et qu’ainsi, sous la moindre action des stimulans , des sub-irritations nerveuses se déclarent , analogues aux sub-irritations du système vasculaire? Rien ne prouve que les choses se passent de cette manière, et les irritations nerveuses sont encore trop peu connues. pour qu’on établisse dans l'espèce de semblables théories. En supposant d’ailleurs la réalité des sub-irritations, comment admettrait -on qu’elles produiraient des effets parfaitement identiques aux irritations nerveuses actives ? Selon nous, 1l est une explication qui réunit beaucoup plus de probabilités. Nous avons vu que dans le premier cas, c’est-à-dire ; lorsque

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l'hystéric attaque des femmes robustes, sanguines, soumises à un régime succulent et vivant dé l'oisiveté, le régime n’a pu être réparateur,

puisqu'il n’y avait pas de perte à réparer : il a donc eu pour effet de surexciter le système nerveux et de le prédisposer au développement des symptômes hystériques : maintenant des effets analogues apparaissent chez des femmes päles , étiolées, privées de nourriture, exténuées par des pertes excessives ; voici pourquoi : ces femmes, comme les premières, notez ceci, vivent dans Poisiveté ; leur système nerveux n’est plus surexcité, il est vrai, par un sang trop riche et trop abondant, mais il Pest par des excitans internes, par les veilles surtout , et cela d’autant plus qu’il prédomine seul dans l’économie animale , par laffaissement des autres systèmes dont les pertes ne sont pas réparées suffisamment. On l’a dit, et nous le répétons : en derniére analyse, l’homme est tout dans le système nerveux; là sont les foyers de la vie ; tous les autres systèmes n'existent que pour lui; ils l’entretiennent, ils le perpétuent. Quant à l'agent premier des sensations et des mouvemens, il existe, mais il est inconnu dans sa nature ; on ne sait comment il éprouve des pertes ni comment il les répare ; mais il est certain que tandis qu’autour de lui

tout tombe en ruines, souvent ie système nerveux reste plein de vié. Voyez certains malades atteints de phthisies tubérculéuses, de lésions organiques du cœur, daffections cancéreuses, etc.

Chez eux , le système nerveux semble assistér à È

la destruction des autres organes, et même dans toutes les maladies son action est plutôt pervertie qu'affaiblie. 1 y a plus, les pertes, qu’on regarde -conime nerveuses et qui affublssent si rapidement les malades, portent moins sur fui que sur les aütres appareils, de’sorte que le système nerveux acquiert presque ‘toujours alors plus d’irritabilité”: voila pourquoi les jeüñes ;‘les veilles et les évacuations exéessives - affaiblissent d’une part les autres systèmes de l’économie, et d'autre part prédisposent au ss né des irritations nerveuses.

Pour nous résumer, nous ; dirons pe: jusqu’à présent l'observation et le raisonnément ne prouvent pas que Îles divers genres d'alimentation aient une influence bien marquée sur le développement de l’hypochondrie tandis que la constitution nerveuse , déjà étroitement liée aux accidens hystériques, s’y trouve bien plus fortement prédisposée par des écarts de régime, en plus comme en moins, chez les femmes qui vi-

vent dans l’oisiveté.

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Un mot. d’explication sur la nécessité de cette dernière condition. Si, au lieu de vivre dans l’oisiveté, les femmes robustes étaient soumises à un travail physique soutenu, l'alimentation succulente dont nous avons parlé tout-à-l’heure ne serait plus que réparatrice, et conséquemment elle n’aurait plus. d'effets: nuisibles ; si maintenant, avec des jeùnesrigoureux, des veilles prolongées et des pertes immodérées, on supposait un travail soutenu ; au lieu d’accidens hystériques on aurait un affaiblissement progressif,:et bientôt une terminaison funeste.

S XVI. Il n’est peut-être.pas un auteur qui n’ait mentionné les passions parmi les causes de l’'hypochondrie et de lPhystérie; bien que nous en ayons parlé relativement au sexe, il ne sera pas inutile d'y revenir ici.

-Les causes antécédentes de noi oui hystérique , dit Sydenham , consistent le plus souvent dans des agitations de l'âme, produites subitement par la colère, le chagrin, la crainte, ou par quelque autre passion semblable, ($ 78). Il suffisait même pour cet auteur que l'invasion d’une maladie eût leu lorsque Pesprit était troublé par quelque passion, pour qu'il füt pleinement.assuré des caractères. hystériques de cette

maladie (78 ).

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Pressavin reconnaît l'influence des passions de l'ame sur la vitalité des fonctions.

Les accés d’hystéricisme, dit Cullen, sont facilement excités par les passions de l'ame, surtout par celles qui sont leffet de la surprise ; antediis ce même auteur parait porté à regarder l’absence des passions comme une, circonstance favorable au développement de Phypochondrie. Il ny a rien de plus pernicieux, dit-il, que Poisiveté absolue ou le défaut d’une occupation vive quelconque. Si nous voyons aujourd’hui, ajoute-t-il, un si grand nombre d’hypochondriaques ; on doit l’attribuer à ce profond dégoût moral qui permet de mener une vie indolente, etc.

Suivant Georget, on peut considérer comme causes prédisposantes de l’hypochondrie, Fhab:tude des impressions vives ct variées, l’âge où les passions agitent le plus le cœur etes etc. Remarquons cependant qu'il a noté en même temps l’oisiveté et le désæuvrement dans lequel des individus passent leur vie entiére , après avoir fait leur fortune dans des spéculations actives.

Pour ce qui est de l’hystérie, Georget céfatte les affections morales vives, parmi les causes occasionnelles , et il se conténte de faire, sous ce rapport, un relevé des observations de M. Louyer-

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Villermay. Voyons ce dernier : il nous a déjà dit que la femme ne connait point les passions orageuses, telles que la haine , Pambition , etc. Nous avons vu. la solidité de cette assertion : il en résulte; selon lui, qu’elle est moins exposée à l’hypochondrie (p. 50, Rech. sur lhyp.): donc l’hypochondrie est amenée par les passions oraseuses. Nous: eXaMINErONS la valeur de cette Opimon dans un instant.

M. Louyer- Villermay énumère d’abord , comme causes de lhypochondrie, les antipathies considérées suivant nos différens sens, et, à cette occasion , il cite Germanicus, qui ne pouvait souffrir ni la vue ni le chant du coq, etc. (Malad. nerv., p. 295). Cet auteur distingue ensuite les impressions, les émotions de l’ame en modérées ow naturelles , et en violentes ou déréglées. Aux unés il donne le nom d’affections de lame, et aux autrés celui de passions. { divise encore les affections morales en gaies et agréables, et entristes ou pénibles; les premières , selon lui, sont excitantes, les secondes, au Ccontraire , débilitantes. A la première seclion, poursuit-1|, se rattache la joie modérée, le plaisir, l’espérance, le désir et la gaicté ; dans la seconde, on trouve le chagrin et ses zuances, c’est-à-dire la tmistesse, là crainte, l'ennui, la honte, le dégoût,

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la satiété des Jouissances morales eë physiques.

La joie, assure-t-il, quand elle est brusque et inattendue, peut amener Phypochondrie; quant au plaisir et à l'espérance, ils ne peuvent, fort heureusement, porter, suivant notre auteur, qu'un préjudice peu notable à Péconomie; mais pour les affections de lame, tristes et pénibles, le chagrin, l'attente, l'ennui, le dégoût , etc. etc., il faut de toute nécessité les placer au premier rang des causes de l’hypochondrie.

Passant enfin à l'influence des passions proprement dites, M. Louyer-Villermay nous les distingue en naturelles et en factices. Les premiéres résultent des besoins impérieux de l’organisation, conservation, reproduction, comme l'amour, la jalousie , l’avarice, a frayeur, etc: ; les passions factices sont les conséquences de nos rapports sociaux ; telles sont l'ambition , amour de la gloire , le point d’honneur, etc.

Je ne chercherai pas à faire sentir tout le vide de ces explications et le peu de fondement des divisions arbitraires établies par M. Louyer-Villermay. Je dirai seulement, et il l’a avoué luimême plus loin, que toutes ses divisions sont inexactes, et qu'elles ne pourraient soutenir le moindre examén. Pour ce qui est surtout des'effets des affections de l’ame, il les a non-seulement

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exagérés, mais mal observés. Il résulterait ensuite de ses raisonnemens que puisque toutes les affections morales tristes, et même les affections gaies, telles que la joie , l’espérance et le plaisir, péuvent amener l’hypochondrie , il en résulterait, dis-je, qu'être de l’espèce humaine, ce serait être prédisposé à l’hypochondrie. Laissons donc ces considérations, qui ne sont après tout que du remplissage dans son livre, et voyons comme il conçoit l'influence des passions.

Il pose d’abord , en thèse générale et absolue (p- 309), que, quelle que soit la passion qui agisse sur notre économie, elle exerce toujours sur nos organes abdominaux ‘inc influence érrécusable, d’où l’on peut pressentir, dit-il, quel rôle les passions jouent dans le développement des affections hypochondriaques, puisque celles-ci résident danñs la sensibilité exaltée des viscères que contient la cavité épigastrique.

M. Louyer-Villermay, avant d’aller plus loin, c’est-à-dire avant d’énumérer les passions, aurait dù prouver deux choses, qui, si elles sont inexactes, font crouler tout l’échafaudage qu'il a élevé avec tant de peine. Il aurait dù prouver d’abord, qu’une passion, quelle qu’elle soit, a pour effet immanquable d’influencer les organes abdominaux, ensuite que les affections hypo-

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chondriaques résident dans la sensibilité exaltée des viscères que contient la cavité épigastrique.

Si M. Louyer-Villermay a cru suivre les idées de Bichat, relativement à l’influence des passions sur l’organisme, il s’est trompé; car Bichat révoque précisément en doute lexistence de ce foyer épigastrique , si célèbre , comme il le. dit, dans nos ouvrages modernes. Personne n’ignore les rapports qu’il a établis entre les passions et les organes de la vie organique, et tout ce que Georget a avancé dans un sens contraire ; mais, en adoptant même comme réelles les idées de Bichat, il n’en résulterait pas moins que M. Louyer- Villermay aurait encore eu tort de prétendre que les passions ont pour effet immanquable d’influencer les organes abdominaux. Bichat dit positivement «qu'il est aisé de voir que ce sont « tantôt les organes digestifs, tantôt le système « circulatoire, quelquefois les viscères apparte- «nant aux sécrétions qui éprouvent un change- « ment, un trouble dans nos affections morales… « Il n’y a point pour les passions, dit plus loin ce « grand physiologiste, de centre fixe et constant « comme 1l en existe un pour les sensations. » (Rech. sur la vie etlu mort, re part., sect. 1V.)

Quant à nous, nous ferons voir que dans une des périodes de l’hypochondrie, la sensibilité des

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organes digestifs comme celle des organes de la circulation , de la respiration, etc., éprouve des pérturbations, mais que c’est un des effets de cette maladie, et qu’en cela ne réside nullement son caractère essentiel.

L'amour violent est une passion qui peut amener l’hypochondrie, dit M. Louyer-Villermay, parce que le chagrin que nous fait éprouver un amour contrarié trouble les organes digestils (309). C’est par un procédé différent, mais analogue ; poursuit - il imperturbablement , qu'une Joie immodérée devient cause directe ou indirecte d’hypochondrie (310). Tels sont les effets des chagrins, des peines de l'ame; il én est ainsi du point d'honneur, de la jalousie, de la colère , de la frayeur, de l'ambition , etc. Il est inutile d'aller plus loin dans cette fastidieuse récapitulation : on peut traduire de la manière suivante toutes les considérations de cet auteur sur les passions :

L’hypochondrie n’est que la sensibilité exaltée des viscéres situés dans la région épigastrique ; or, toutes les passions ont une sorte de retentissement dans cette région : donc toutes les passions peuvent amener lhypochondrie.

C’est encore dans les passions, ou plutôt dans une passion, mais une passion contrariée, que

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noire auteur trouve Îles causes de l’hystérie ; de sorte que, sous ce rapport, il n’y aurait, selon lui, de différence entre l’hypochondrie et Phystérie, qu'en ce que l’amour contrarié aménerait la premiére maladie en troublant l’épigastre, et la seconde en s’opposant à la satisfaction d'un besoin impérieux.

On voit que la différence ne portcrait que dans le mode d'action, qui ne varie ainsi qu’en raison des sexes : differentia solummodo sexum res picit.

Depuis M. Louyer-Villermay, beaucoup d’auteurs, tout en regardant les premières voies comme siége de l'affection hypochondriaque , n’ont plus attaché une importance aussi grande aux émotions morales; on a regardé ces émotions moins comme causes que comme effets de l’hypochondrie.

On à dit que des irritations viscérales prolon= gées, la gastro-entérite particulièrement, aprés avoir slimulé le cerveau pendant des années, le rendent impressionnable au point de centupler la vivacité des impressions et des réactions ; et que , sous l'influence de ces excitations, le cerveau contractait ce degré d’irritabilité qui constitue l’état névropathique ou hypochondriaque. ( Walad. nerv.des Auteurs , P. 141): Ces mêmes

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auteurs ont regardé comme causes de lhystérie.toutes les affections morales vives qui réagissent sur le système utérin chez les femmes nerveuses, qu’elles soient d’ailleurs faibles ou débiles, ou qu’elles présentent tous les attributs d’une brillante santé. (Malad. nerv. des Auteurs ; P. 319.)

« Le spasme hystérique, dit M. Nauche, a « souvent son principe hors de l'utérus ; il est « fréquemment une suite de celui du cerveau « ou de ses dépendances. On ne peut douter, « par exemple , que les passions n’egercent plus « spécialement leur influence sur cet organe. « Cette influence est transmise par l’intermède « des nerfs à l'utérus ; c’est ce qu’annoncent les « règles immodérées ou les hémorrhagies uté- « rines subites , la suppression des règles , Pal- « tération du sang de cette excrétion, l’aug- « mentation des écoulemens blancs, leur suppres- « sion à la suite de ces impressions cérébrales , « ou des dérangemens dans les fonctions des or- « ganes encéphaliques. » |

Hamilton, cité par cet auteur, ne voyait de principe aux symptômes que dans une lésion de l’estomac ou des intestins. |

De tout ce que nous venons de dire , ou plutôt de ce que la plupart des auteurs ont avancé ,

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il résulte que l'hypochondrie survient À la suite d’une foule de passions, de toutes su ; Sans exception , Ce qui signifierait peut-ê e qu elles n’ont réellement aucune action sur le us.

pement de cette maladie ; mais on peut encore ici interprêter les faits d’une manière philosophique; les passions doivent être considérées d’abord sous un point de vue plus Jarge et plus méthodique. Examinons celles qui naissent de nos rapports sociaux, ce sont les plus nombreuses : étrangères aux appétits grossiers de l’organisation , elles élèvent l'esprit, développent ses facultés, et sont les élémens actifs, vitaux, si Von peut s exprimer ainsi , de la civilisation. Considérées ainsi d’une manière générale, il est facile de voir qu’elles prédisposent l’homme aux lésions de lintelligence ; or, c’est en ce sens qu’il faut ici concevoir linfluence des passions ; cette influence est analogue à celle des climats, des institutions politiques, des sciences, de lindustrie, etc.; elle est large , je le répète, et ne constitue qu’une prédisposition éloignée.

Les auteurs ont donc eu raison de ne-‘point passer sous silence les’passions dans l’étiologie de lhypochondrie, mais quelques-uns ont eu tort de descendre dans le détail des émotions, ee qui les à conduits à tenir compte d’une foule®

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de résultats puérils qui n’ont réellement point leu. me | * Cullen. sil faut l'avouer, avait beaucoup mieux compris la question, et il la en quelque sorte résolué sans avoir voulu Paborder. Il ne peut pas traiter des causes de l’hypochondrie, dit-il , parce qu'il n’a pas assez d'observations pour bien les déterminer,, et parce que les autres médecins n’ont pas , dâns leurs observations, isolé l’hypochondrie d’autres maladies qui lui ressemblent (S 1233). rs : Cependant les détails dans lesquels il est entré à l’occasion du traitement prouvent que les véritables causes morales ne lui étaient pas inconnues. : | | Il semble desirer qu’on inspire au malade un goût ou même une passion vipe qui puisse attacher fortement son esprit. Ce serait donc plutôt l'absence des passions, que les passions ellesmêmes qui permettraient , pour ainsi dire, Pinvasion de Phypochondrie. En traçant l’histoire de la maladie, hous suivrons ce passage remarquable de l’état de santé à la première période. Il est remarquable que le nombre des passions en rapport avec le développement de lhystérie est infiniment plus borné que celui des passions ‘citées par les auteurs, relativement à l’hypo-

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chondrie. Ils ont eu à parler, sans le savoir, pour cette dernière maladie, de tout cé qui a trait en quelque sorte au développement de l'esprit humain ; “Pour l’hystérie , ils n’ont dù s’occuper que des. passions qui portent directement leur influence sur le système nerveux ou plutôt sur une partie de ce système. Ainsi, tout ce qui tend à surexciter l’innervation doit étre seulement considéré comme propre à prédisposer à cette maladie, ou même si l'émotion est vive et instantanée à la déterminer. Or, certaines passions rentrent dans cette classe, et plus elles provoquent d'irritations nerveuses plus elles deviennent ellesmêmes violentes.

Sous le rapport des passions , considérées comme causes de. l’hypochondrie et de Phystérie, nous voyons donc encore des différences remarquables.

Les personnes, jadis passionnées, pourront, lorsque les passions qui les attachaient au-dehors d’elles-mêmes sont éteintes , devenir hypochondriaques. Les passions n’ont été pour elles que des causes véritablement éloignées ; aussi les personnes qui n'ont pas de passions, c’est-à-dire les égoiïstes , peuvent aussi et plus souvent encore tomber dans l’hypochondrie; par l’effet des causes déterminantes que nous indiquerons plus tard ;

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vérité entrevue par Réveillon , et qu’on a vainement essayé de contester.

L'hystérie au contraire, est fréquemment préparée et encore plus fréquemment déterminée par Les passions en général , et surtout par Îles passions dont l’action est vive et brusque.

& XVIE. Beaucoup d'auteurs ont mentionné les excès de la masturbation parmi les causes de lhypochondrie et de l’hystérie, mais toujours sans analyser philosophiquement les faits et sans chercher à se rendre compte du mode d'action de cette cause. On trouve dans la dissertation de Tissot, des observations qui paraissent confirmer cette opinion, que la masturbation suffit pour causer nos deux maladies; mais, selon nous, cette opinion ne peut être admise d’une manière absolue : : elle demande un examen critique.

Voyons d’anord lbipochanduies C’est, entre autres, un malade lui-même qui s’est chargé d’écrire son histoire. « La faiblesse de mon corps, « dit-il, rend tous mes mouvemens difficiles ; « celle de mes jambes est souvent telle que j'ai « beaucoup de peine à me tenir debout, et que € je n'ose pas me hasarder à sortir de ma cham- « bre. Les digestions se font si mal que la nour- « riture se représente aussi en Aature , trois où

« quatre heures après l'avoir prise, que si Je ne

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«venais que de la mettre dans mon estomae, etc. «Voila un tableau raccourci des misères qui sont «encore augmentées par la tréste certitude que « J'ai acquise que le jour qui suit sera encore « plus fâcheux que le précédent ; en un mot, je « ne crois pas que Jamais créature humaine ait « été affligée de tant de maux que Je le suis.

Qui ne reconnaitrait tout d’abord ici un hypochondriaque , bien que Tissot ne l’ait pas donné pour tel? I n'ose sortir, il examine ses déjectons , 1l les trouve en tout sembables aux alimens qu'il a pris quelques heures auparavant. Enfin, jamais créature n’a été affligée de tant de maux.

Pour quiconque a observé quelques hypochondriaques, ce sont bien la des symptômes caractéristiques de cette maladie; reste à en trouver la cause : c’est ce que nous examinerons dans-un instant,

Un autre malade donne la description suivante : «Je suis dans un accablement extrême ; jai les « nerfs extrêmement faibles; mes mains sont «sans force et dans une sueur continuelle j'ai « de violens maux d’estomac; mon appétiti est « dévorant, etc. ».

Un troisième se plaignait de tournoiemens de tête, qui lui faisaient craindre Vapoplexie : « Je « suis toujours assoupi, dit-il; j'ai souvent des

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« démangeaisons ; Je suis pâle ; j'ai le teint jaune, «la bouche mauvaise , etc. »

Un quatrième se sent dépérir, quoiqu'il conserve de Pappétit , du sommeil et bon visage.

ÎLest inutile de pousser plus loin ces citations. À l’exception des enfans frappés du mal vertébral de Pott, qui reconnait évidemment pour cause, dans beaucoup de cas, les excès de la masturbation , ‘presque tous les malades de Tissot sont des hypochondriaques qui, après avoir cherché la cause de leurs maux dans toutes les circonstances de leur vie, croient Pavoir trouvée dans la pratique de la masturbation.

Loin de nous l’idée de chercher à dissimuler la longue série des maux et des infirmités causés par cette infime habitude ; mais nous ne pensons pas d’abord que les Le cités par Tissot aient eu réellement les maux qu'ils accusaient ; et, en supposant qu'ils ne les aient qu'éxagérés , nous ne pensons pas que la masturbation puisse être regardée comme la cause de ces maux.

La masturbation n’était pour eux qu’un souvenir ; l’âge’, dit le premier, aidé de la raison, a corrigé ce penchant. Pour les autres, ilen était à peu près de même.

Tissot n’a donc pas vu qu'il avait affaire à des hypochondriaques , ét que c'était au traitement

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moral qu’il fallait d’abord avoir recours pour leur Oter cette funeste idée que la masturbation les avait ruinés pour toujours. Nous dirons plus, le lisne de Tissot, qu’on met quelquefois sottement

à dessein entre les mains des jeunes gens, est un livre éminemment dangereux pour des hommes prédisposés à l hypochondrie ; il suffit peut-être que ce livre tombe entre les mains d’un de ces malheureux, qu’il se rappelle en même temps que dans sa jeunesse il s'était livré à ces honteux plairsirs, pour qu'il trouve dès ce moment son fempérament ruiné (31), pour.qu'il tombe dans un accablement extraordinaire, pour qu'il se sente dépérir avec de l'appétit, du sommeil, et bon visage; én un mot, pour qu'il devienne un parfait hypochondriaque.

Il résulte de ce que nous venons de dire que la masturbation sera , si l’on veut, une cause morale dhpathonons , en ce sens qu'un malade pourra toujours S appuyer sur.cette circonstance pour se confirmer dans ses idées : mais que cette cause soit aussi puissante et aussi fréquente qu'on le dit, nous ne le croyons pas. Toutefois, nous avouerons que cette habitude long-temps continuée pourrait peut-être disposer de fort loin aux affections hypochondriaques , par les pratiques solitaires qu’elle entraine, les réflexions de perte

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de semence , de tempérament ruiné, ctc., qu’elle évéille’ et . parce qu’elle fait que ces individus s occupent continuellement de leurs propres organes , d’abord par l'attrait de la curiosité et du plaisir ; et plus tard par repentir et par crainte. Telest ici le mode de causalité. Voyons l° hystérie.

Dans son chapitre des suites de la masturbation, Tissot place en première ligne les accès d’hystérie ou de vapeur. D’autres Pavaient dit avant lui ;: depuis y Cette remarque a été confirmée et avec raison. Cette cause , en effet, est une des plus évidentes ; elle 8 SO tE D ct cran aux organes : les raisonnemens et les preuves sont ICI inutiles : ; ajoutons seulement que l hystérie qu “elle améne à paru, aux yeux des auteurs, avoir un caractère particulier : c’est une hystérie spéciale en quelque sorte, désignée par les nosologistes sous le nom de / ab libidinosa. Nous y reviendrons dans un autre Hieu.

S XVIIL. Si nous considérons actuellement les idiosyncrasies nous trouverons que rien m'est plus important à connaitre que leurs influences diverses : une idiosyncrasie est parfois une cause Abe prédisposante, qu’elle modifie totalement l’action des causes morbifiques pour amener de préférence le développement de cette maladie. |

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Il existe , dit le professeur Récamier (Lancette française; t. 1, n° 30), une manière d’étre générale de tout l'organisme, qui varie à l'infini chez les individus, parce que, chez le même individu, tous les organes ne-sont pas également excitables ; ainsi s'explique , suivant ce professeur, ces influences. si différentes et quelquefois si singulières d'une même constitution atmosphérique , d’un même agent nuisible bien déterminé sur plusieurs individus.

Ces idiosyncrasies pourraient, à l'égard de l’hypochondrie et de l’hystérie, recevoir le nom de susceptibilités ; lune serait hypochondriaque et l’autre hystérique , c’est-à- a l’une morale et l'autre nerveuse. |

Pour que les causes occasionnelles puissent réellement agir et déterminer immédiatement les symptômes précurseurs de l’hypochondrie , ou les premières attaques de l’hystérie, il faut, en cflet, que la susceptibilité ou l'aptitude existe déjà. Fantôt cet état sera originaire , et tantôt amené par l'influence des causes prédisposantes que nous avons examinées. [l ne s’agit donc plus ici, en quelque sorte , de causes prédisposantes , mais du résultat de ces causes, car ce résultat constitue la susceptibilité. Cet état est tout-àfait individuel, et son étude n’est, pour ainsi

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dire, que le complément de tout ce qui précède.

C’est cette idiosyncrasie innée ou acquise qui a induit en erreur tant d’auteurs sur la réalité des causes attribuées à l’hÿpochondrie et à Phystérie; c’est cette idiosyncrasie qui a fait que tel malade est devenu hypochondriaque après s’être livré à de violens mouvèmens, et qui a fait que Sydenham a regardé comme cause externe de cette affection les violens mouvemens ; c’est aussi cette idiosyncrasie qui a fait que tel autre est devenu hypochondriaque après s'être mis en colère, et qui a fait que M. Louyer-Villermay a regardé un accès de colère comme une cause d’hypochondrie, etc., etc. Nous allons revenir sur ce sujet, en abordant l’examen des causes occasionnelles : mais tout nous porte à présumer que l’idiosyncrasie ne saurait être la même pour l’hypochondrie et pour l’hystérie. Si les diverses idiosyncrasies pouvaient être constatées à l’aide de caractères bien tranchés, rien ne serait probablement plus distinct, et les résultats l’indiquent suffisamment.

Sans doute les idiosyncrasies ne sont pas aussi variées que les individualités morbides ; mais tout porte à admetire que, de chaque idiosyncrasie émane, sous l’action des causes déterminantes, un ordre bien distinct de maladies, Or,

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comme, dans un cadre nosologique bien fait, l’hypochondrie ne pourrait être classée dans l’ordre des irritatiôns nerveuses, il en résulte que les idiosyncrasiés propres à favoriser le développement de ces deux maladies doivent différer essentiellement.

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