‹ Histoire Phsique, Civile Et Morale De ParisChapitre 23 sur 29 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

ments sont maintenant occupés par des religieuses de Saint-Michel*.

Filles de la Madeleine, ou Madelonnettes, maison religieuse située quartier Saint-iMartin-des-Champs , rue des Fontaines, entre les nos \k et 46.

En 161 8 , Robert de Montry, marchand de Paris, ayant rencontré deux filles publiques qui lui témoignèrent le désir de mener une vie régulière , les retira dans sa maison , près de la Croix-Rouge , faubourg Saint-Germain. Quelques autres filles de la même espèce suivirent l'exemple des deux premières. Robert de Montry pourvut à leur nourriture , jusqu'à ce que la marquise de Maignelay, sœur du cardinal de Gondy, achetât, en 4620 , pour les y placer, une maison rue des Fontaines, et leffr légua 401,600 livres ; le roi ajouta à ce don; et le 20 juillet 1629, on tira quatre religieuses de la Visitation de Saint- Antoine pour gouverner cette maison, qui, dans la suite,, se divisa en trois classes de filles : la première, la plus nombreuse, était celle des filles mises en réclusion pour y faire pénitence : elles gardaient l'habit séculier ; la seconde classe se composait de filles éprouvées par la pénitence , et qu'on nommait la Congrégation : elles portaient un habit gris ; la troisième classe comprenait les filles qui avaient donné des preuves de leur sincère conversion : elles étaient admises à faire des vœux.

L'église fut bâtie en 4680. On y voyait une chapelle construite sur le modèle de celle de Notre-Dame-de-Lorette.

1 Ces religieuses se consacrent à l'éducation de la jeunesse. Leur couvent sert aussi de maison de correction pour les jeunes filles repenties et pour celles détenues par mesure de police ou de correction paternelle. Auprès de cet établissement est le couvent du Bon-PastPur , fondé par Louis XVUT. (R.)

sous louis xm. $71

La maison des Madelonnettes était , dès son origine , une maison de réclusion pour les filles débauchées. Les parents y faisaient renfermer leurs filles enclines au libertinage.

En 4793, ce couvent devint une prison publique. En \ 795 , il fut destiné à renfermer les femmes prévenues de délits : il conserve encore cette destination.

Bénédictines anglaises , couvent de religieuses situé au faubourg Saint-Marcel, rue du Champ-de-1'Alouette. Il fut fondé en 4 619. L'église portait le titre de Notre-Damrde- Bonne- Espérance . Cet établissement fut confirmé en -1684 , et supprimé en -1790 : il est devenu propriété nationale.

Filles du Calvaire, couvent situé rue deVaugirard , fi° 23, et fondé par les soins ou plutôt par les intrigues de ce capucin fameux, pendant le ministère du cardinal de Richelieu , sous le nom de P. Joseph, et par les libéralités de la reine Marie de Médicis et de la veuve d'un conseiller au parlement appelé Lauzon. Ce capucin fit venir, en 4 620, du couvent de Notre-Dame-du-Calvaire de Poitiers six religieuses qui furent logées d'abord rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel , et ensuite dans l'enclos du jardin du Luxembourg, dont la reine leur avait accordé cinq arpents; mais leur établissement dans ce jardin parut inconvenant. Ces religieuses furent obligées, en462â, d'acheter dans la rue deVaugirard une maison dite de Monlherbu ou V Hôtel des Trois-Rois. Elles y firent construire des cellules et une petite chapelle qu'elles occupèrent dans la même année. En 4635, Marie de Médicis leur fit élever une chapelle plus vaste. Sur la porte de cette chapelle on voyait un bas-relief estimé, repré*

sentant une dame de pitié. L'intérieur était décoré de quatre tableaux peints par Philippe de Champagne.

Ces religieuses furent supprimées en 4790, et leur cha pelle a été convertie en remises dépendantes du palais de la Chambre des Pairs.

Filles du Calvaire , couvent situé rue des Filles-du- Caîvaire; il eut aussi pour fondateur le même P. Joseph. Cette fondation est de Tan 4655; la première pierre de l'église fut posée eu 465o; douze religieuses, tirées du couvent du Calvaire , situé près du Luxembourg, y furent transférées le 40avriM657 : l'église devait porter le vocable de la Crucifixion; mais , après de mûres délibérations, on jugea nécessaire de lui donner celui de la Transfiguration.

Ce couvent fut supprimé en 4790. il occupait un vasle emplacement sur lequel on a , vers Tan \ 804 , ouvert deux rues : la rue Neuve-de-Bretagne et la rue Ncuvede-Ménilmontant.

Aknonciades célestes, ou Filles bleues. Ce couvent de religieuses , situé rue Culture-Sainte-Catherine , n° 29 , fut fondé par la marquise de Vemeuil, ancienne maîtresse de Henri IV, qui tourmenta ce roi , non par ses rigueurs , mais par ses intrigues avec l'Espagne, parla hauteur de son caractère et la bassesse de ses actions , et qui crut expier ses fautes passées par la fondation de ce couvent. Dès le '16 juillet '1624 , elle avait conclu , pour cet établissement, un contrat par lequel elle s'engageait à le doter de deux mille livres de rente : l'évêque de Paris l'approuva en i6ââ, et le roi l'autorisa par des lettres-patentes enregistrées le 51 août 4 623.

La marquise cïe Verncvil fit venir du couvent des An-

nonciades de Nanci neuf religieuses : pour les loger, elle loua dans la rue Cuîture-Sainte-Catherine un hôtel assez vaste, appelé hôtel de Damville, qui avait appartenu à la maison de Montmorency. Ces nouvelles religieuses , en A 6*26 , acquirent cet hôtel.

On allait à l'église des Annonciades pour y admirer le tableau du principal autel, représentant une Annonciation peinte par le Poussin.

Ce couvent, supprimé en -1790 est devenu propriété, particulière : il est aujourd'hui remplacé par une maison de roulage.

Il y eut à Paris plusieurs autres couvents de V Annonciade , dont je vais parler.

La Congrégation de Notre-Dame de l'Annonciade, située rue Cassette. Elle fut transférée de Troyes à Paris , en \ 628 , par Marie d'Abra de Raconis ; elle n'y a pas subsisté longtemps.

Les Annonciades du Saint-Sacrement de Saint-Nicolas de Lorraine. Les religieuses qui composaient ce couvent, fuyant la guerre et ses dangers, vinrent, en -1636 , se réfugier à Paris ; elles s'établirent d'abord rue du Colombier , et furent autorisées par l'archevêque de Paris à célébrer l'office. Ensuite on les transféra rue du Bac , dans une maison qu'elles quittèrent encore pour en habiter une autre rue de Yaugirard. Elles furent remplacées dans la maison de la rue du Bac par les religieuses de la Conception ou Rêcollettes , et dans celle de la rue de Yaugirard par quelques religieuses de Y Assomption. Voilà tout ce que j'ai pu recueillir sur ces religieuses.

Annonciades des dix Vertus, couvent de religieuses,

situé d'abord rue des Saints-Pères, où elles s'établirent en 4636, puis, en 4640, rue de Sèvres, près les Petites- Maisons. Ce couvent ne subsista que jusqu'en -1654- , époque où les religieuses furent forcées de l'abandonner à leurs créanciers.

Annonciades du Saint-Esprit , aujourd'hui Église de Saiint-Amrroise, située rues de Popincourt et de Saint-Àm~ broise. Une colonie d'annonciades , venue de Saint- Mandé, près Vincennes, acquit une grande maison et un jardin, rue de Popincourt, que, le 42 août 4 636, elle vint occuper : elles se servirent d'abord d'une chapelle dédiée à sainte Marthe , établie dans cette maison : mais dans la suite, devenues plus riches, elles firent bâtir une église qui fut achevée en 4659.

Ce couvent fut supprimé vers l'an 4 780 ; l'église, assez vaste et solidement construite , fut , en 4 802, choisie pour la seconde succursale de la paroisse de Sainte-Marguerite, huitième arrondissement.

Religieuses de Notre-Dame-des-Prés, couvent situé rue deVaugirard. Cette communauté fut fondée, en 4629, à Mouzon, petite ville de Champagne , par Henriette de la Vieuville, veuve A Antoine de Joyeuse. Eu 4657, la guerre chassa ces religieuses de leur couvent; elles se réfugièrent à Paris : le roi et l'archevêque les autorisèrent à s'établir à Picpus. Peu d'années après , les motifs de leur déplacement ayant cessé, elles retournèrent à Mouzon; elles y restèrent jusqu'en 4675 , époque où , le roi ayant ordonné la démolition des fortifications de cette petite ville , les bâtiments de leur monastère furent compris dans cette ordonnance. Elles obtinrent, le 3 décembre , la permission de revenir à Paris ; elles se logèrent d'à

SOUS LOUIS XIII. 3j»5

Lord rue du Bac; bientôt après, elles firent lacquisition dune maison rue de Vaugirard , où elles s'établirent. Accablées de dettes et ne pouvant satisfaire à leurs engagements, elles demandèrent à M. d'Argenson, lieutenant de police , grand protecteur des couvents de religieuses, la permission d'établir une loterie dont les produits devaient être employés à payer leurs créanciers : pour faire réussir cette demande, elles employèrent une dame Ilusson, pensionnaire dans la communauté, et qui avait été la maîtresse et l'entremetteuse de ce magistrat, et lui promirent une gratification de quinze à vingt mille livres, si elle réussissait : mais d'Argenson , dégoûté de cette femme, refusa aux religieuses de Notre- Dame-cles-Prés une faveur qu il avait accordée à plusieurs autres.

L'archevêque de Paris, en avril \lk\, supprima ce couvent ; et les dix religieuses qui le composaient furent dispersées dans d'autres maisons monastiques.

Assomption, couvent de religieuses, aujourd'hui église paroissiale de la Madeleine , rue Saint-Honoré , entre les nos 369 et 574 . Les Haudrietles, chargées dans leur origine de servir un hôpital de pauvres femmes, ayant envahi le bien de ces pauvres, vivaient inutiles et constituées en communauté religieuse. Leur conduite n'était pas très-régulière; on tenta plusieurs fois d'établir la réforme dans leur maison ; enfin, le cardinal de La Rochefoucauld, que la possession de Marthe Brossler avait rendu ridicule, entreprit de les soumettre à la règle, et de les transférer dans un hôtel qu'il avait possé ié au faubourg Saint-Honoré , qu'en iG05 il avait vendu aux jésuites, et que ceux-ci, par contrat du 5 février litëo, revendirent

aux religieuses liaudrieltes. Elles y étaient déjà établies depuis six mois et en avaient fait disposer l'intérieur d'une manière convenable à leur état, lorsque le titre des Haudriettes fut supprimé , et les revenus réunis au nouveau monastère du faubourg Saint-Honoré , auquel on donna le nom (¥ Assomption \

Plusieurs de ces religieuses réclamèrent contre ce nouvel ordre de choses; quelques-unes même, refusant de se rendre dans le nouveau monastère , obtinrent, en 4624 , un arrêt du grand-conseil en leur faveur; les autres, qui s'y étaient rendues au nombre de six, élevèrent plusieurs contestations , dont F intérêt est le seul motif, et qui furent assoupies.

La chapelle de cette maison ne fut pas suffisante à ces religieuses; elles achetèrent l'hôtel du sieur Desnoyers, et firent commencer en 4670 la construction de leur église, qui fut terminée six ans après.

Cette église, construite sur les dessins dErrard, peintre du roi , et dont la forme n'est pas heureuse , représente une tour couverte d'un vaste dôme de 62 pieds de diamètre. « Cet édifice a surtout le défaut , dit M. Le- )> grand , d être trop élevé pour son diamètre ; ce qui » donne à son intérieur l'apparence d'un puits profond » plutôt que la grâce d'une coupole bien proportionnée. » Cette élévation intérieure, qui sans doute n'eut pas été » trop forte si la coupole eût été soutenue sur des ar- « cades et pendentifs, au milieu d'une nef, d'un chœur et » des bras d'une croix grecque ou latine, devient exces- » sive lorsqu'elle se trouve bornée de toutes parts par un » mur circulaire; et le spectateur , ne pouvant avoir une

' Voytz l'article Hôpital et chapelle de Haudrietles , t. II , p. 566.

sois louis xiii. 377

» reculée suffisante , ne parvient à considérer la voûte » qu'avec une très-grande gène1. »

Ce mur circulaire est orné de pilastres corinthiens supportant une corniche qui règne au pourtour de cette église; cette composition fourmille de défauts de goût et de convenance. La calotte offre des caissons et des peintures de Charles Lafosse.

Le plafond du chœur, qui a 60 pieds de longueur, a aussi été peint par Lafosse ; il représente V Assomption de la Vierge. L'église était ornée de plusieurs ouvrages des maîtres de l'école française. On y distinguait surtout Une Nativité, peinte par Houasse, et placée sur le grand autel.

Ce couvent fut réformé en 4790. En 4802, son église fut choisie pour être, sous le nom de Sainte-Madeleine , l'église paroissiale du premier arrondissement de Paris. Elle remplaça léglise de Sainte-Madeleine , située à la Ville-l'Evêque, dont le bâtiment avait, au commencement de la révolution, été démoli2.

Parmi quelques tableaux qu'on y a placés, depuis qu'elle est devenue paroissiale, on remarque celui de M. Gautherot, représentant saint Louis donnant la sépulture à un soldat de son armée.

Petites-Cordelières , couvent situé rue de Grenelle , faubourg Saint-Germain, à l'hôtel de Beauvais. Eu 4028, il se détacha du couvent des Cordelières , établi au faubourg Saint-Marcel, un essaim de religieuses qui, favorisées par les donations de Catherine d'Abra de Raconis ,

1 Description de Paris et de ses édifices , t. I , p. 82.

a En dehors de l'église, et à la droite du portail, on a élevé, en 1822, une chapelle dédiée à saint Hyacinthe , et destinée aux catéchismes. On y voit plusieurs tableaux. (B.)

vinrent s'établir dans une maison et un jardin situés au cloître de Saint-Marcel. Bientôt ce lieu leur parut peu convenable. Pierre Poncber auditeur des comptes, et sa sœur, leur donnèrent en i65â une maison située rue des Francs-Bourgeois au Marais ; elles s'y établirent sous le titre de Religieuses de Sainte-Claire et de la Nativité; mais elles ne purent s'y maintenir longtemps. Le i 5 mai \ 687, elles acquirent l'hôtel de Beauvais, situé rue de Grenelle- Saint-Germain , où, deux années avant, le doge et quatre sénateurs de la république de Gênes avaient logé, lorsqu'ils vinrent faire satisfaction à Louis X1Y.

Etablies dans ce fastueux hôtel , ces religieuses convertirent la salle de bal en église; sans doute que les salles de jeu , les boudoirs furent aussi convertis en cellules.

L'archevêque de Paris, par décret du A juin \ 7A9, coniirmé par lettres-patentes, supprima, on ne sait pourquoi, cecouventde religieuses. Leur maison et leur jardin furent vendus à divers particuliers qui y ont fait bâtir des hôtels.

Carmélites , maison religieuse située rue Chapon , entre les nos 17 et 25. Les carmélites de la rue Saint- Jacques , dont j'ai parlé , autorisées à faire un second établissement de leur ordre dans Paris, réunirent en 4617 quelques-unes de leurs sœurs dans une maison de la rue Chapon .: cette nouvelle colonie s'y trouva bientôt trop resserrée ; elle acquit un hôtel voisin qui appartenait à l'évêque et au chapitre de Châlons , et l'occupa en 4619. Ces religieuses, aidées par les libéralités de la duchesse d'Orléans-Longuevilleetdu duc son fils, y firent construire un couvent, et une église qui fut achevée et dédiée en * 46âo. Dans la suite, elles agrandirent encore leur propriété par de nouvelles acquisitions.

SOUS LOUIS XIII. 3»7g

Cette maison étant supprimée en 1 790 , les bâtiments et jardins furent vendus à divers particuliers.

Val-de-Giuce , abbaye royale de bénédictines, située rue du faubourg Saint-Jacques, entre les nos 277 et 279. Dans une vallée, près de Bièvre-le-Châtel, existait, depuis le neuvième siècle, une abbaye de religieuses appelée Val-de-Grâcc. Au commencement du dix-septième siècle, le site de cette maison parut fort triste aux religieuses qui l'habitaient. Les bâtiments tombaient en ruines , et se trouvaient menacés par de fréquentes inondations. Elles résolurent de transférer leur abbaye à Paris. Elles achetèrent à cet effet, au mois de mai 4621 , un vaste emplacement au faubourg Saint-Jacques , avec une maison appelée le Fief-dc-Valois ou VHôtel-du-Pelit-Bourbon. La reine Anne d'Autriche paya 56,000 livres, prix de cette acquisition , et se fit déclarer fondatrice. Le 20 septembre 4621, les religieuses de l'abbaye du Val-de-Grace vinrent occuper leur nouveau monastère , qui reçut bientôt après plusieurs embellissements. Anne d'Autriche y lit construire quelques bâtiments ; et le 5 juillet 4624- , elle posa la première pierre du cloître ?.

Celte reine , longtemps stérile, et, après vingt-deux ans de mariage, inquiète de ne pouvoir donner un héritier à la couronne, avait adressé des vœux à toutes les chapelles, à toutes les églises où se trouvaient des saints ou des saintes en réputation de rendre la fécondité ; elle fit vœu d'élever un temple au Seigneur si ses désirs se réalisaient. Enfin, à force de prières payées, et de pro-

' Louis XIII, pur lettres-patentes de terrier 1051 , déclara dejbn royale l'abbay do Notre-Dame -du- Val de-Gràcc (B.)

38 O HISTOIli£ DE PARIS.

messes magnifiques laites à Dieu et aux saints , le 5 septembre 4658 , elle eut le bonheur inespéré de mettre au jour un fils qui régna dans la suite sous le nom de Louis XIV. Après la mort de Richelieu et du roi son époux , parfaitement libre de ses volontés , cette reine entreprit de s'acquitter des engagements qu'elle avait contractés envers les habitants des cieux. Elle fit reconstruire entièrement, et avec une somptuosité digne de sa reconnaissance , l'église et le couvent du Val-de-Grâce. Le -1er avril A6U6 , la reine et le jeune roi, son fils , vinrent en grande cérémonie, et avec tout le faste des cours, poser solennellement la première pierre de cet édifice. Les travaux commencés furent bientôt suspendus par les troubles de la minorité de Louis XIV ; on les reprit en A6o5 : continués avec activité, les bâtiments claustraux furent achevés en 1662 , et ceux de l'église en 4 665.

Le célèbre François Mansard , un des plus habiles architectes que la France ait produits , fournit les dessins de l'église, et la fit exécuter jusqu'au rez-de-chaussée; mais, par l'effet des intrigues et des commérages de cour, Mansard se vit forcé d'abandonner la direction de cet édifice. On lui substitua Mercier et autres architectes bien inférieurs , et qui , voulant renchérir sur les dessins de ce grand maître en altérèrent les beautés , et placèrent leurs conceptions mesquines à la place des conceptions du génie. Mansard , piqué de se voir si sottement corrigé, entreprit au château de Fresnes , à sept lieues de Paris , la construction dune chapelle qui, en petite proportion, était l'exacte exécution de son dessin du Val-de-Grâce , et fit un chef-d'œuvre en voulant prouver la préférence qu'il méritait.

L'édifice de l'église du Val-de-Grâce n'est point digue

socs louis xur. ï3#

de l'importance qu'Anne d'Autriche voulait y mettre. Il offre plus de travail, plus de richesses que de beautés, et plusieurs défauts que je n'entreprendrai pas de signaler.

François Anguier, sculpteur, concourut par ses talents a la décoration de cette église. Les statues en marbre , de saint Benoît et de sainte Scoîastique , qu'on avait placées dans des niches de la façade, étaient son ouvrage.

Cette façade est composée d'une ordonnance corinthienne couronnée d'un fronton, puis dune seconde ordonnance du même ordre, pareillement couronnée d'un fronton. Sur la frise de la première, on lisait cette inscription qui fait allusion aux motifs qui ont déterminé la fondation de cette église :Jesu nascenti Virginique matri.

Le fronton de l'ordonnance supérieure était orné d'un bas-relief où , pendant la révolution , on avait placé les symboles de la liberté et de l'égalité; symboles que, par une négligence rare , on n'a fait disparaître qu'en -1 81 7 pour y placer le cadran d'une horloge.

L'intérieur de l'église, qui ne paraît pas avoir éprouvé de dégradation , offre une nef qui , comme à l'ordinaire , est séparée des bas-côtés par des arcades et des pilastres corinthiens cannelés : on ne savait guère , au dix-septième siècle , donner d'autres formes à l'architecture des temples. La voûte de la nef est chargée de bas-reliefs et d'ornements avec une telle profusion, que l'œil n'y trouve pas un espace lisse pour s'y reposer. Le même défaut est reproduit dans toutes les parties de l'église. Toutes ces sculptures sont de François Anguier.

Le dôme , qui , après ceux du Panthéon et des Invalides, est le plus élevé de tous les dômes de Paris, a été intérieurement peint par Mignard. Cette vaste composi-

382 HISTOIRE DE PAIUS

tion représente le séjour des bienheureux, divisé en plusieurs hiérarchies: c'est le plus bel ouvrage de ce peintre. Molière, pour en exalter la gloire , a composé un poëme qui n'est pas digne de sa plume. On voit avec peine que cette peinture a beaucoup perdu de son effet en perdant la vivacité de ses couleurs.

Dans les années i 81 8 et i 819, la couverture en plomb de ce dôme a été entièrement renouvelée.

Le principal autel est couronné par un baldaquin, supporté par six colonnes torses , de marbre noir , d'ordre composite, et dont les bases et les chapiteaux sont de bronze doré.

Sur cet autel fastueux on exposait, dans les jours solennels, un ostensoir ou soleil tout en or, émaillé de couleur de feu , tout brillant de diamants, et soutenu par la figure d'un ange tout entière de ce riche métal, et dont la robe , car elle en avait une , était encore bordée de diamants. Ainsi , aveuglé par de fausses idées sur les principes du christianisme , on donnait aux objets les plus sacrés du culte un mérite métallique , un mérite dont se parent ceux qui n'en ont point de réel.

La reine fondatrice accorda plusieurs privilèges à ce monastère, le droit de porter les armoiries de France, celui d'inhumer dans son église les cœurs des princes ou princesses de la famille royale décédés. Ces cœurs étaient déposés dans une chapelle qui est à gauche; on en comptait avant la révolution jusqu'à vingt-six, au nombre desquels figurait celui d'Anne d'Autriche : ce n'était pas un bon cœur. Enfin ce monastère avait le droit inestimable de réclamer la première chaussure de chaque fils et fille delà famille royale, chaussure précieusement conservée. Les frais de cet édifice se sont montés à 370,283 livres.

SOUS LOUIS XIIT. 383

Cette église a été convertie en magasin central des hôpitaux militaires \ Les autres bâtiments du monastère furent, pendant le régime impérial, et sont encore consacrés à un hôpital militaire.

Feuillantines , couvent de religieuses , situé cul-de-sac des Feuillantines, n° 42. Les fondations de couvents étaient la manie du temps. Anne Gobelin, veuve d'Estourmel, en fut atteinte ; elle fit venir de Toulouse à Paris six religieuses feuillantines, qui, le 28 novembre 4G22 , se logèrent dans la maison des Carmélites. Les feuillants de Paris, qui d'abord avaient résisté à rétablissement de leurs sœurs , vinrent les accueillir , et , au nombre de trente , les escortèrent processionnellement dans leur translation du couvent des Carmélites à celui qu'on leur avait destiné. La fondatrice et plusieurs dames voulurent assister à cette cérémonie, Marguerite de Clausse de Marchaumont, veuve à vingt-deux ans , après avoir été mariée deux fois, fut la première supérieure de ce couvent.

L'église, qui fut bâtie et dédiée en 4749, ne contenait rien de remarquable qu'une copie de la Sainte-Famille de Raphaël. Ce couvent , supprimé en 4790 , est devenu propriété particulière.

Port -Royal, couvent de religieuses, situé rue de la Bourbe. Une ancienne abbaye de Tordre de Cîteaux , fondée en 42(U, située près de Chevreuse , et nommée Porrois ou Porrais, dont, par corruption , on a fait Portdu-Roiet Port-Royal, fut réformée en 4G09 par .Jacqueline-Maric-Angélique Arnaud , qui en était abbesse.

I/insalubrité du lieu de cette abbaye fut cause de sa

fc F.lle est actuellement rendue au culte. (B.)

translation à Paris; les religieuses s'y établirent le 28 mai •1625, dans un emplacement acquis par Tabbesse', composé de bâtiments et de jardins , et nommé la Maison de Clugny. Madame Arnaud montra son désintéressement et la pureté de ses principes religieux en demandant ellemême, en 4627 , que les abbesses de ce couvent fussent triennales; en conséquence, elle se démit de son titre en 4630, et une nouvelle administratrice de ce monastère fut élue. Les exemples d'un pareil désintéressement sont rares dans notre histoire ecclésiastique.

On commença , en 46AS, sur les dessins de Lepautre, la construction de l'église de ce monastère; elle fut achevée la même année.

Dans le chœur *des religieuses était une Cène peinte par Champagne, un des meilleurs tableaux de cet artiste, qui, pour dédommager les curieux privés de le voir, en fit lui-même la copie. Celte copie figurait sur le grand autel.

A la demande de madame Arnaud , le pape permit que dans ce monastère fût établie l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. On conservait dans cetle église une épine de la sainte couronne , et une autre relique plus rare et tout aussi authentique , la cruche qui avait servi aux noces de Cana.

Le lieu champêtre d'où étaient venues les religieuses de ce monastère fut réparé et assaini par des canaux qui procurèrent l'écoulement des eaux stagnantes. 11 fut peuplé de religieuses, et reçut son ancien titre d'abbaye, avec la dénomination distincti ve de Port-Roy al-des-Champs.

* C'est par erreur que Dulaure prétend que Marie-Angélique Arnaud , abbesse de Port-Royal , fit l'acquisition des jardins et de la maison de Clugny : ces jardins et cette maison sont restés la propriété de l'ordre de Cluftny jusqu'à la révolution. ( Voyez t. III , p. 4 90 çt suiv. , note. ) ( B.)

sons louis xni. 385

Ce (ut dans ce désert qu'un grand nombre d'hommes illustres par leur savoir, leurs talents et leurs vertus, vinrent se réfugier pour se soustraire aux persécutions dos jésuites, dont Louis XIV était l'aveugle instrument.

En août \6§U, l'archevêque de Paris, suivi du lieutenant de police, d'exempts et de deux cents gardes, se rendit au couvent de Port-Royal de Paris. Cette troupe assiégea les religieuses sans défense ; douze d'entre elles lurent enlevées, réparties dans différentes communautés de cette ville, et traitées comme des prisonnières. Quelques mois après , on enleva et Ion traita de même quatre autres religieuses. Celles qui restaient dans cette maison, séduites par des discours ou intimidées par les menaces, cédèrent à !a puissance.

En 1665, ces malheureuses filles, arrachées de leur couvent , furent renvoyées dans le monastère de Porllloyal-des-Champs ; monastère où Ton plaça en menu» temps une garnison de soldats chargée de les empêcher de communiquer au-dehors , et même d'aller dans leur jardin. Ces soldats y séjournèrent jusqu'en 4669, et s'y conduisirent comme dans un corps-de-garde '.

Les religieuses qui les avaient remplacées au couvent de Port-Royal de Paris, presque toutes dissidentes, se mirent dans les rangs des ennemis de leurs sœurs séparées , leur causèrent beaucoup de chagrin , et leur intentèrent, en i707, un procès, qui eut beaucoup d'éclat et peu de succès.

Les religieuses de Port-Royal- des-Chanf^s se croyaient dans cet asile à l'abri de nouvelles violences ; mais, lou-

" L'archevêque de Paris y avait place une tonrlerc el an chapelain , qui \< ■< i rent si familièrement ensemble , qu'il résulta de cette familiarité le scandale ordinaire .

rOME IV.

jours persécutées par les jésuites, parce quelles ne partageaient pas leur doctrine , elles furent , le 29 octobre •1709 , enlevées de leur maison par le lieutenant de police d'Argenson, escorté d'une troupe nombreuse, qui ne leur accorda qu'un quart d'heure pour se disposer à se rendre dans divers couvents du royaume, où 'elles furent séquestrées : leur couvent fut démoli.

L'abbaye de Port-Royal de Paris, supprimée en -1 790, fut, pendant la cession de la Convention nationale, convertie en prison révolutionnaire. En -1801 , on y plaça l'institution de la Maternité, et, en -1 804- , V Hospice de l'accouchement. ( Voyez cet article. )

Filles de Saiiste -Elisabeth , ou du tiers-ordre de Salnt-Frànçois, aujourd'hui Salnte-Élisabeth, succursale, couvent et église situés rue du Temple , entre les nos i07 et -109. Le père Vincent Musard , qui opéra une réforme dans les couvents du tiers-ordre de Saint-François , montra beaucoup de zèle pour établir les filles de Sainte-Elisabeth. Sa belle-mère, sa sœur et dix autres filles ou femmes se réunirent pour former ce nouveau couvent. Ce père recrutait partout des prosélytes et des bienfaiteurs. Plusieurs donations, des lettres-patentes de 46i>4, le consentement de Tévèque de Paris , de 161 5 , le mirent à même de faire construire , dans la rue du Temple , un monastère, dont les bâtiments, commencés en 1628, furent achevés en 4650. Marie de Médicis , conjointement avec son fils Louis KM, voulut en poser la première pierre, et même avoir le titre de fondatrice.

Ce couvent n'offrait rien de remarquable. Il fut supprimé en \ 790 ; et , en \ 803 , l'église fut choisie pour être la seconde succursale de la paroisse de Saint-Nicolas-des-

SOUS LOUIS Xlll.

Mn

Champs , sixième arrondissement. Elle a conservé la dénomination de Sainte-Elisabeth 1 .

Notre-Dame-de-Sion , ou Chanoinesses régulières anglaises . et réformées de l ordre de Saint- Augustin. Ce couvent était situé rue des Fossés-Saint-Victor, à coté et au-dessus du collège des Ecossais. Ces religieuses vinrent en France en AGôB, et obtinrent, au mois de mars de cette année , des lettres-patentes qui leur permettaient de s'établir a Paris ou dans ses faubourgs. Elles choisirent d'abord une demeure dans la rue Saint-Antoine ; puis elles vinrent occuper, dans la rue des Fossés-Saint-Victor , une maison qui avait appartenu à Jean-Antoine Baïf, poète du règne de Charles IX et de Henri 111 , où s'assemblaient les beaux esprits du temps, et où se donnaient des concerts de musique qui attirèrent quelquefois ces princes et leur cour.

Ce couvent fut supprimé en 4 790. Dans les bâtiments on a établi un pensionnat de demoiselles.

Filles de la Conception 2, ou religieuses du tiers-ordre, couvent situé rue Saint-Honpré , en face de l'église de Y Assomption ou de Sainte- Madeleine. Anne Petau . veuve de René Regnaut, conseiller au parlement, donna, en -1655, 40,000 livres au couvent des Filles de la Conception de Toulouse, pour obtenir treize religieuses de cet ordre, qui, au mois de septembre de celle année, tinrent à Paris, et, suffisamment autorisées , occupèrent la maison que cette fondatrice leur avait préparée, cl qui appartenait à François-Théodore (le Nesmond , président

A Cette église a (ir agrandie en \ 829. ( H.y

7 II fallait avoir /■jmjs«> l<^ «lictifinnrurc de* dënomimUions conventuelles pour imaginer celle-ci qui se compose de deux mots étonnés de se tftnvei réunis.

au parlement, et que ce président, en 1G57, céda à ces religieuses, à condition qu'elles recevraient sa fille dans leur ordre , ce qui fut exécuté. Malgré ces donations, les Filles de la Conception étaient fort endettées , et se trouvaient, comme quelques autres couvents , dans le cas de faire faillite : mais le sieur dWrgenson , en 1715, détermina le roi à établir une loterie , dont les bénéfices leur appartinrent; par ce moyen peu moral, elles réhabilitèrent amplement leur fortune. D'ailleurs, on sait quel prix ce magistrat de mœurs corrompues mettait aux services qu'il rendait aux couvents de religieuses.

L'église ne contenait de remarquable que deux tableaux : l'un, placé sur le grand autel, représentant la Conception de la Vierge , était peint par Boullongne l'aîné; l'autre, que l'on voyait dans une chapelle à droite, avait pour sujet saint Germain donnant une médaille à Geneviève , par Boullongne le jeune.

Ce couvent fut supprimé en 1 790, et sur son emplacement on a bâti plusieurs maisons particulières.

Filles de l'Immaculée Conception , ou Ré collettes , couvent situé rue du Bac , n° 7o, à l'angle septentrional de la rue de la Planche. Madame la présidente de Lamoignon fit venir de Verdun quelques religieuses récollettes. Autorisées, le 8 septembre 16^7, par l'abbé de Saint-Germain , ces récollettes , munies de toutes les précautions exigées, n'en profitèrent pas, et cédèrent, par acte du 12 décembre 163^, aux religieuses récollettes de Saint- Nicolas de Tulle leurs droits et privilèges. Celles-ci achetèrent une maison rue du Bac , qu'elles firent accommoder en monastère , et s'y établirent en 1657.

Ces religieuses, en qualité de récotlettes, étaient sous la

direction des frères récollels. Ceux-ci, se trouvant trop éloignés de leurs sonirs , obtinrent facilement, dansée temps de prospérité monastique ? la permission de faire bâtir un hospice de récollets à côté de celui des récollet les. Il fut construit dans la rue delà Planche. Ce voisinage fut une source de désordres et de querelles que termina un arrêt du conseil du roi, du mois de mars 1 708, condamnant les frères récollets à se séparer de leurs sœurs de la Conception Immaculée.

Elles durent ce dernier titre à Marie-Thérèse d Autriche, qui, ayant projeté d'établir un couvent de la Conception, jeta les yeux sur les sœurs récollettes , et obtint une bulle, du 18 aoûH665r qui autorisa ces filles à prendre l'habit , l'institut , la règle et la dénomination de religieuses de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie. En AQGU , ce couvent fut déclaré de fondation royale. Louis XIV fournit aux frais de la construction de l'église, qui, commencée le \Z juillet 1695, lut bénite et sans doute achevée le 5 décembre \Qfdh.

Le grand autel de cette église était orné d'une Immaculée Conception , peinte par Lafosse.

Ce couvent, supprimé en \ 790 , a été vendu à des particuliers.

Il fut fondé un autre couvent de la Conception, rue de Charenton , dont je parlerai ailleurs.

Religieuses du Saint-Sacrement, couvent situé près le Louvre. Sébastien Zamet , évèque de Langres, pensa qu'un couvent dont les individus seraient nuit et jour et sans cesse occupés à l'adoration du Saint-Sacrement deviendrait une institution d'une haute importance pour le public. D'abord, pour remplir ses pieuses intentions , il résolut d'employer des hommes absolument reclus el

3qo histoire de paris

qui n'auraient nulle communication avec le dehors. 11 abandonna cette partie de son projet, substitua des femmes aux hommes , et obtint des bulles du pape. Une riche dévote, appelée Bardeau , donna 50,000 francs pour commencer rétablissement. Madame de Longueville mit tout en œuvre pour déterminer l'archevêque de Paris à donner son assentiment qu'il avait refusé d'abord. Le roi , après plusieurs difficultés, accorda des lettres-patentes au mois d'octobre 4650. Une maison , dans le quartier du Louvre, fut achetée et destinée à cet établissement. Le parlement enregistrable o\ mai i 635, les lettres du roi. La mère Angélique Arnaud eut la première direction de cette communauté. Le fondateur avait pour objet d'attirer dans son couvent les filles des courtisans ; et pour y réussir, il lit une règle par laquelle les religieuses devaient être vêtues de robes blanches, fines et traînantes, de beaux scapulaires d'écarlate et de linge très-fin. Aucune austérité ne devait en éloigner les jeunes personnes. L'église était ou devait être magnifiquement ornée. Tout allait au gré du fondateur et de ses auxiliaires. Le couvent fut établi ; mais , sous le règne de Louis XIV, cette maison fut supprimée. On ne sait pourquoi.

Belle-Chasse, ou Chanoinesses du Saint-Sépulcre, couvent situé rue Neuve-de-Belle-Chasse , n° 4 , quartier Saint-Germain. Une dame de Planci fit venir, en i63â, de Charleville à Paris, cinq religieuses de cet ordre; elles éprouvèrent pendant trois ans plusieurs difficultés pour s'établir. Le 1 6 juillet 4635 , elles firent l'acquisition d'un vaste emplacement appelé Belle-Chasse ; elles n'occupèrent d'abord , en attendant la construction de leur maison , qu'une extrémité de cet emplacement. Leur monastère

sous rouis xm. 391

étant bâti , elles y entrèrent le 24 octobre 4635 ; mais ce ne fut qu'au mois de mai 4637 que tous les obstacles furent surmontés, et qu'elles obtinrent du roi des lettrespatentes confirmalives de cet établissement. La chapelle de cette maison fut bénite en 4673.

Ce couvent était à peine établi que le désordre sy manifesta. On lit dans les registres manuscrits du parlement que, le 54 juillet 46Aâ et les jours précédents, un sieur de Meigneux, accompagné de plusieurs personnes dont les noms sont mystérieusement omis, s'était rendu dans ce couvent et y avait commis des excès qui ne sont pas spécifiés. Le parlement fît défense au sieur de Meigneux « d'aller audit monastère; et d'y mener... ni autrement, » à peine de la vie ; enjoint à la prieure de faire fermer » les portes du couvent, et d'empêcher qu'il soit usé » d'aucune violence en contravention audit arrêt; de gar- » der soigneusement la dame de Nérestan , étant en ladite » maison, ni de permettre qu'elle en sorte. »

Ce couvent fut supprimé en 4 790. On a ouvert sur son emplacement une rue nouvelle qui fait la prolongation de celle de Belle-Chasse, et qu'on nomme rue Neuvc-de- Belle-C fiasse. La partie des bâtiments qui n'a point été détruite par l'effet de cette prolongation sert de magasin des fourrages du gouvernement.

Les Filles du Précieux-Sang , couvent situé rue deVaugirard, n° 60, quartier du Luxembourg. Des filles de l'ordre de Cîteaux , de la ville de Grenoble, après avoir adopté une réforme, firent solliciter, auprès de l'abbé de Saint-Germain-des-Prés, la permission d'établir un couvent de leur ordre dans l'étendue de sa juridiction. Cette demande fut accordée le 20 décembre 4635. Elles achc-

v>92 HISTOIRE DE TARIS

ièrent, en conséquence, une maison rue Pot-de-Fer, au coin de la rue Mézières; pour la payer, elles reçurent de la duchesse d'Aiguillon la somme de 8,050 livres, et vinrent l'habiter en 1636. Ces religieuses, ayant mal calculé leurs affaires, ou trop compté sur le zèle public, se trouvèrent tellement endettées quelles furent forcées d'abandonner leur maison à leurs créanciers.

Alors elles prirent à loyer une maison située rue du Bac , où elles se retirèrent, maison qui depuis a fait partie du séminaire des Missions étrangères. Enfin , des personnes charitables vinrent à leur secours, et leur fournirent une somme qui leur permit, le 40 décembre 4658, d'acheter une maison rue de Vaugirard , quelles firent disposer suivant leurs besoins. La chapelle fut bénite , le 20 février 4659, sous le titre de Précieux Sang de Noire- Seigneur ; et, le même jour, elles vinrent habiter leur nouveau monastère.

Elles furent supprimées en 4790, et leur maison devint une propriété particulière.

Bénédictines de Notre-Dame de Liesse, couvent situé rue de Sèvres, seconde série de numéros commençant au boulevard, n° 5. Ces religieuses, établies à Rhétel , diocèse de Reims , craignant la guerre et ses dangers , vinrent, en 4636, se réfugier à Paris. Elles s'établirent d'abord rue du Vieux-Colombier , et, en 4645, devinrent propriétaires d'une maison déjà occupée par des religieuses qui ne purent s'y maintenir. Ce lieu était nommé Le jardin d'Olivet. Cette maison ne se soutint qu'avec peine, et éprouva plusieurs traverses. La chapelle ne fut bâtie qu'en 4665. Ce couvent, presque désert, fut supprimé en 4778; et madame Neckcr y fonda un hôpital qui porte son nom , et dont je parlerai dans la suite.

SOUS LOUIS XIII. 3o,3

Filles de Saiint-Tiiomas-d'Aquin, de l'ordre de Saint- Dominique , couvent situé rue des Filles-Saint-Thomas.

Les religieuses de Sainte-Catherine de Sienne , ayant reçu Tordre d'aller former un établissement à Paris, obtinrent des lettres-patentes du mois de décembre '1629, enregistrées le 3 juillet 4050. Elles logèrent d'abord dans une maison de la ruedes Postes, au faubourg Saint- Marcel. En \Ç*ôk, ayant acheté une grande maison vieille rue du Temple , elles y firent construire une église et un assez vaste monastère; elles y restèrent jusqu'au 7 mars A(j!&, époque où elles vinrent habiter la maison qu'elles avaient fait construire dans la rue qui porte le nom de leur couvent.

Ce couvent ayant été supprimé en 4790, ses bâtiments furent occupés pendant plusieurs années par divers particuliers , jusqu'en 4 808 , époque où, sur son emplacement , Ton a commencé à élever l'édifice de la Bourse.

Filles de la Croix, couvent de religieuses de Tordre de Saint-Dominique, situé rue de Charonne , n° 86. Ce couvent fut institué pour recevoir le trop-plein de celui qui est mentionné dans l'article précédent. Le 7 mars \Œï , ces filles habitèrent une maison située rue Platrière , puis elles se transportèrent rue Matignon. Après avoir, le 24 juin4G59, acheté une maison rue de Charonne, elles y firent construire un monastère, qu'elles vinrent habiter au mois d'août 4641. Charlotte-Marie Coiffier d'Effial fournit aux frais de cet établissement, et en fut considérée comme la fondatrice. Son cœur fut déposé dans le sanctuaire de l'église.

Dans celte église , petite et bien ornée, on voyait un

3g4 HISTOIRE D£ PARIS

excellent tableau de Jouvenet, représentant l'élévation de la croix.

Cyrano de Bergerac, écrivain original et sans goût, lut enterré dans cette église.

Ce couvent , supprimé en 4 790, n'a point été vendu. En 4 84 5 , on y a placé des religieuses qui portent le titre de Dames de la Croix.

11 existait à Paris trois autres maisons de Filles de la Croix , dont je parlerai dans la suite.

Cherche-Midi , ou Prieuré de Notre-Dame de Consolation, situé rue du Cherche-Midi, n° 25. Des religieuses augustines de la congrégation de Notre-Dame , de la ville de Laon , vinrent à Paris , en 4655 , pour y former un établissement. Le 15 mai 4654, elles achetèrent des sieurs et dame Barbier un emplacementruedu Cherche-Midi ou Chasse-Midi; et, munies du consentement de l'abbé de Saint-Germain et de lettres-patentes du roi , de septembre de la même année , elles firent construire un monastère. Mais ces religieuses, mauvaises économes, se virent dans la suite poursuivies par leurs créanciers. Un arrêt du 5 mars 4665 ordonna la vente de leur maison. Dans cette fâcheuse conjoncture , ailes s'adressèrent à Marie-Éléonore de Rohan , abbesse de Malnoue, et lui offrirent de se mettre sous sa dépendance , en embrassant la règle de Saint-Benoit. Il en coûta à cette abbesse 55,400 liv., prix de la vente de la maison, dont elle se rendit adjudicataire ; puis elle la céda aux religieuses du Cherche- Midi 7 qui reçurent , en 4 669 , le titre de Bénédictines de Notre-Dame-de-Consolation.

Ce couvent fut supprimé en 4 790; et deux particuliers, acquéreurs de remplacement, y ont fait bâtir des maisons.

sons louis xin. 3g5

Religieuses de Fervaques, couvent de Tordre de Cîteaux, situé au faubourg Saint-Germain , on ne sait dans quelle rue. Ces religieuses , en 4636, pendant la guerre, vinrent de Noyon à Paris pour chercher un asile ; on leur permit d'y rester, à condition qu'elles ne placeraient point de croix à leur porte , et quelles n'auraient ni cloches ni tabernacles. En 4643, on leur accorda la faculté d'établir un monastère en forme. Ces concessions favorables ne consolidèrent pas cet établissement, qui fut de peu de durée. Dans la suite, on n'en trouva plus de traces.

Les quatre établissements suivants se distinguent des autres en ce qu'ils ont pour objet l'utilité publique.

Religieuses de la Charité-Notre-Dame , couvent et hôpital , situé rue de la Chaussée-des-Minimes , au coin du cul-de-sac des Hospitalières, n° 2. Cette maison, destinée pour les filles et femmes malades , fut définitivement établie en 4629. Une dame d'Orsai et un sieur Faure, stimulés par Françoise de La Croix, fournirent aux frais d'acquisition de cette maison et à ceux de l'ameublement. Douze lits furent d'abord fondés. Bientôt les frères de la Charité, les administrateurs de 1 Hôtel-Dieu se réunirent pour sopposer à cet établissement utile. Le parlement, en 4628, mit fin à cette opposition scandaleuse. Françoise de La Croix et ses compagnes furent mises en possession de cet hôpital, et elles firent des vœux en 4629. Dans la suite , le nombre des lits s'accrut par les bienfaits de quelques personnes; en 4 775 , il s'élevait à vingt-trois. Les malades payaient 30 livres par mois ; et ceux qui passaient dans cette maison le reste de leur vie , ^00 liv. par an.

Cette maison a subi le sbri de tous les établissements

og6 histoire de parjs

religieux. Elle a été supprimée en 4 792, et remplacée par une filature de coton établie en faveur des indigents.

Hospitalières de la Roquette. Ce couvent et hôpital, situé quartier de Popincourt, n° 105, fut établi par les religieuses de la Charité dont la maison est l'objet de l'article précédent. Aidées par la duchesse de Mercœur, elles acquirent cette maison pour servir à leurs convalescents, qui avaient besoin de respirer un air plus pur que celui de la Chaussée-des-Minimes. On donna ce nom à ce couvent , parce qu'il fut bâti sur remplacement dune maison de campagne, dite la Rochelle ou la Roquette, Ces religieuses en devinrent propriétaires par acte du 50 janvier 1656.

Un décret de l'archevêque de Paris, du 12 octobre

1690, confirmé par lettres-patentes enregistrées le 12 juin

1691 , sépara la maison de la Hoquette de celle de la rue delà Chaussée-des-Minimes; elle en fut entièrement indépendante, et elle avait , avant la révolution , dix-neuf lits pour les femmes vieilles et infirmes. Cette maison , supprimée en 1792, est occupée aujourd'hui par une filature de coton.

Filles de la Providence ou de Saint-Joseph , couvent situé rue Saint-Dominique-Saint-Germain , n° 82. Marie Delpech , connue sous le nom de l'Etang , avait établi à Bordeaux une maison pour les orphelines; elle fut appelée à Paris pour en établir une en cette ville. Elle y arriva le 11 février \ 659 , et logea d'abord rue du Vieux- Colombier, dans une maison occupée par quelques religieuses venues de Charleville. Le nombre des élèves qu'elle v (U l'obligea de prendre à loyer une maison plus

sons louis xm. 397

vaste , rue du Pot-de-Fer. Celle-ci devint bientôt insuffisante. Le 3 février 4640, elle acquit, rue Saint-Dominique , une grande maison, où son établissement fut fixé; elle l'agrandit par l'acquisition de sept quartiers de terrain qui Tavoisinaient ; et, munies de toutes les permissions et autorisations exigées, elle en prit possession dans la môme année.

Cette institution avait pour objet l'instruction des orphelines. On leur enseignait les ouvrages convenables à leur sexe, jusqu'à ce qu'elles fussent en état dese marier, ou d'embrasser une profession quelconque.

Cette maison fut supprimée en 4 792. Les bâtiments furent depuis convertis en bureaux du ministère de la guerre , et de sa chapelle on fît un magasin.

Nouvelles Catholiques , couvent de filles , situé rue Sainte-Anne , n° 65. Ce couvent fut établi par les mêmes fondateurs , dans le même temps et par les mêmes motifs que le couvent des Nouveaux Convertis dont j'ai parlé ci-dessus; mais il eut une destinée différente. Il fut d'abord, en 465,4, placé rue des Fossoyeurs, aujourd'hui de Servandoni.

En 1647, il était situé rue Pavée, au Marais , puis rue Sainte-Avoye , en 4651 , dans la rue Neuve-Saint-Eustache ; eniin , en 467â, ce couvent obtint une demeure stable r rue Sainte-Anne, où les religieuses achetèrent un terrain , et y firent bâtir une maison et une chapelle , bénite sous le titre de V Exaltation de (a Sainte-Croix et de Sainte-Clolildc. Cette maison , qui jouissait du privilège des maisons de fondation royale, fut supprimée en 4 790, et vendue peu d'années après. Plusieurs maisons particulières se sont élevées sur son emplacement.

Les Filles ou Soeurs de la Charité , couvent situé rue du Faubourg-Saint- Denis , n° \ i 2 , en face des bâtiments de Saint-Lazare. Vincent de Paul et Louise de Marillac , veuve de M. Le Gras, commencèrent cet établissement , en 4 635, dans une maison située près de Saint-Nicolasdu-Chardonnet. De là il fut, au mois de mai \ 656, transféré à la Yillette.

En 4640, la dame Le Gras, désirant se rapprocher de Paris et de la maison de Saint-Lazare, maison à laquelle on avait soumis la sienne , vint sétablir dans la rue du Faubourg-Saint-Denis , en face de Saint-Lazare. Cet établissement, qui devint le chef-lieu de toutes les maisons des sœurs de la Charité, a survécu aux ravages des temps et aux révolutions politiques, ou n'a éprouvé qu'une éclipse passagère, parce qu'il est d'une utilité évidente. Ces sœurs ne sont point cloîtrées; elles sortent, et vont chercher les malheureux pour les secourir. Les sœurs de la Charité , que le peuple nomma Sœurs grises à cause de la couleur de leur vêtement , n'avaient et n'ont rien du luxe des autres couvents de religieuses. Leurs bâtiments sont simples ; mais ces religieuses ne seraient ni moins utiles ni moins respectées , si la forme de leur coiffure et de leur vêtement était un peu moins ridicule.

La maison du faubourg Saint-Denis a été supprimée en -1792; et on y a depuis placé une caserne et une maison royale de santé 3 ou hospice de M. Dubois, où Ton reçoit les malades moyennant une rétribution journalière.

La maison chef-lieu de cet ordre fut dans la suite rétablie rue du Vieux-Colombier, n° 4 5, et, en 4 815, rue du Bac, n° 452 , à l'ancien hôtel de La Vallière \

4 On compte environ 2,500 sœurs de la charité : elles sont distribuées dans les paroisses,, où elles dirigent gratuitement les écoles de jeunes filles, assistent

sous louis xiii. 399

Notre-Dame de la Victoire-de-Lépante et de Saint- JosEm , couvent de chanoinesses régulières , dfe Tordre de Saint-Augustin , situé rue Picpus , huitième arrondissement. L'archevêque de Paris , à la sollicitation du sieur Tubeuf, surintendant des finances de la reine, demanda, le 27 janvier 1 6^0, à Tabbesse de Saint-Etienne de Reims, des religieuses de son ordre pour en former un établissèment à Paris. Leâ octobre de la même année, l'abbesse vint dans cette ville accompagnée de six religieuses. Elles furent établies rue Picpus. L'on nomma la sœur du fondateur , Suzanne Tubeuf , première prieure triennale.

Ce couvent fut supprimé en \ 790. Il est, depuis , devenu propriété particulière.

Voilà quatre maisons de religieusesétabliesà Paris sous le règne de Louis XIII. Joignons-y les vingt couvents de religieux fondés dans la même ville pendant le même règne ; il résultera que , dans l'espace d'une trentaine d'années , Paris fut encombré ou sanctifié par soixante nouvelles maisons monacales. Quelle utilité , quel fruit ont retiré de ces nombreux établissements la raison , la morale publique et la prospérité de l'état?

% IV. Autres institutions religieuses et civiles.

Chapelle Saint-Joseph , située rue Montmartre, n° \ 44 7 au coin de la rue dite Saint-Joseph. Ce n'était dans l'origine qu'un oratoire placé, suivant l'ancien usage, au milieu d'un cimetière, celui de Saint-Eustachc. Le chancelier Séguier désira posséder cet emplacement , et l'acquit des marguilliers. L'archevêque de Paris, par ses

et soignent les malades, et portent des secours à domicile. Elles desservent aussi la plupart des hôpitaux de Paris. ( B.)

lettres du 24 août 4625, approuva cette aliénation, à condition que l'acquéreur fournirait à la paroisse de Saint-Eustache un emplacement convenable dans le faubourg Montmartre , pour y établir un autre cimetière et une autre chapelle.

Le \k juillet 4640, le chancelier Séguier posa la première pierre de la chapelle de Saint-Joseph, qu'il lit construire à ses frais.

Cette chapelle fut illustrée par les tombeaux de deux hommes célèbres : c'est là que furent enterrés Molière en 4675 , et La Fontaine en 1695. Cette chapelle, devenue propriété particulière, ayant été démolie pendant la révolution , les tombeaux de ces hommes illustres furent transférés au musée des monuments français, et en 4818 au cimetière du père Lachaise , où on les voit réunis.

L'archevêque de Paris refusait d'accorder la sépulture à Molière. Sa veuve dit : On refuse un tombeau à l'homme à qui la Grèce eut élevé des autels. Les comédiens français étaient alors excommuniés, et le furent jusqu'à la révolution.

On a établi un marché sur l'emplacement de cette chapelle.

Saint -Roch , église paroissiale du 2e arrondissement , située rue Saint-Honoré , entre les nos 296 et 298.

Il existait dans le faubourg Saint-Honoré (car remplacement actuel deSaint-Roch étaitsitué dans ce faubourg) une grande maison, appelée V Hôtel de Gaillon, où se trouvaient deux petites chapelles, l'une dédiée à sainte Suzanne , et l'autre aux Cinq-Plaies. On ignore l'origine de celle de Sainte-Suzanne-de-Gaillon : on sait que celle des Cinq-Plaies avait été construite, en 4524 . par Jacques

Moyon, espagnol, domicilié à Paris, qui obtint la permission d'établirdans l'hôtel de Gaillon , ou dans un de faubourgs de Paris, un hôpital pour les Français et pour les étrangers affligés des écrouelles.

D'autre part, les habitants de ce faubourg désiraient avoir une église, et leur désir était secondé par Etienne Dinocheau, neveu du fondateur de la chapelle des Cinq- Plaies : celui-ci ayant renoncé aux droits qu'il pouvait avoir sur cette chapelle, le \o décembre -1 577, donna à ces habitants une place et un grand jardin qui en dépendaient. En outre, l'ofiicia! de Paris leur permit, le J8 août 4 578, de faire bâtir une chapelle qui serait succursale de Saint-Germain-l'Àuxerrois.

Le projet de cet hôpital était en opposition avec celui de cette chapelle ; et le curé de Saint-Germain-l'Auxerrois , qui perdait quelques revenus par l'érection d'une succursale, se trouvait en opposition avec Tofficial : grands débals qui furent terminés en 4582. Jacques Mo von avait choisi pour son hôpital un autre emplacement, et l'ofiicial et le curé de Saint-Germain-l'Àuxerrois s'étaient enfin accordés; mais une autre querelle s'éleva entre le curé, le chapitre et les marguilliers de cette dernière église. 11 était question du partage des produits de la succursale et d'intérêts pécuniaires. Le procès, à la honte des parties, dura près de trente années.

En 4587, à la place des deux chapelles de Gaillon, on fit construire une église ou chapelle succursale. Le chapelain engagea ses paroissiens à faire l'acquisition de l'hôtel de Gaillon; ils l'acquirent en \&X'l. Ensuite ils voulurent que leur chapelle devînt indépendante de Saint- Germain-l'Auxerrois, et qu'elle fut érigée en église paroissiale. L'exécution de ce projet rencontra de grandes

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