CHAPITRE PREMIER.— COUP-D'OEIL GENERAL
Nous allons entrer dans la Beauce et dans le diocèse de Chartres; jetons un coup d'œil général sur le pays.
Sans i :ule la génlogte ne trouvera pas ici, comme dans les lieux plus rapprochés de la capitale, l'occasion de s'enrichir de découvertes variées; ici, tout est uniforme : aussi, un écri vain a-t-il dit' : «Ce pays est à désespérer un naturaliste, par « la disette de ces monuments où l'on veut lire la uénéalo^ie de
■ la terre Point de traces de volcans ni de grandes rerolu- « lions marquée* par des effets subsistants. •
Si, dans la première moitié du pays qui nous sépare de Chartres et de Dreux l'oeil est agréablement frappé par l'aspect successif de riantes vallées et de coteaux éli-vës, d plaines arrosées par des raux bienfaisantes et de terrainexposés à la seule action du soleil, la vue ne découvre dans la seconde qu'une plaie campngue. dé»ttruie d arbres, privée de tout ce qui pourrait en rompre la monotonie.
Le pays n'offre que des meulière», du grès rt du sable ». I.a formation des meulières consiste en sable argiio-friru»ineux, en marne argileuse verdltre. rougeitre, ou même blanche, et en meulière proprement dite.
Ces trois substances ne paraissent suivre aucun ordre dans leur superposition ; la meulière est tantôt dessus, tantôt dessous, el tantôt au milieu, ou du sable, ou de In marne argileuse. Du coté d'Houdan el de Dreux, on trouve de la croie. « Tous les coteaux élevés qui entourent cette dernière villo « offrent sur leur Qanc la craie entrecoupé*- de bancs intermm « pus de «Iles. Tout le plateau compris entre Dreux et Hou • dan e»t de craie. La forêt de Dreux et le plateau d'Houdan
■ sont de craie, recouverte par l'argile plastique le sable et « une agglomération de silex dans une argile maigre, sab on- « oeuse et roufte. »
M. Chevard, dans sa description statistique du département d Eure-«t-Loire, a réuni tous les détails géologiques que pouvait offrir tous ce rapport l'étude de ce département. Il divise en quatre grandes plumes toute la partie comprise de ce cole-ci
s l'ofrt CaitMMS M Saiit-Cts.
* Vojri /ourauf «•ryW<>prrf«|iw, avril I7SS, page (t4. » KtKti —r Im ^"fr^i" miniraiot%i** df Knrircm» ét Fftt, par SUJ. envia* M Braacalsra.
de Chartres, savoir : la plaine de Drntx. là plaine de Maii%ttnon. In plaine A'Amta* et lu plaine de ChânavStuf.
Là « les touches superfi ielles du sol. p us ou moins epai ses, « sont, dit- il. communément composées de terre argileuse, eri- « sàire, faunfttre ou noi.âlre, mêlée rte s»M«. m iis en petite « quantité. Dans certains cantons ce sont des terres argib-u es a et graveleuses; dans d'autres, on ne trouve qu'une faible « portion de terre franche, mêlée de beaucoup de fragments « gros iers de silex ; ailleurs, on rencontre des terres calcaires,
• mêlées d'argile et de sable ; enfin, il y a quelques cantons « où les terres sont sablonneuses , arl les et ma tiquant de
• fond. »
Quant à l'intérieur des terres, il renferme en général des subies Ons, «tantôt blattes, tan têt colores par des matières « ferrugineuses, en noir, en jaune et en rouge; un y trouve, « dans beaucoup d'endroits, des bancs consiaéi aides d'argile. « Il y eu a de grise et de jnune, avec lesquelles un fabrique la
■ tuile, la brique et les poteries communes Il s'eu trouve
« aussi d'une Uoesse et d'une b'ancheur remarquant . pré» de « Chartres, à peu de distance de la grande route de Paris
• Klle est propre à faire de la faïence de la plus grauJe « beauté.
« Ouoique W-s mines de fer ne soient pas communes dans « le département, on y trouve cependant du minerai d assez
« bonne qualité l-es mines de charbon n'y sont nullement
« connues; on en trouve que'ques unes de tourbe, sur oui « dans l'arrondissement de Dreux... I.t département fournit « u « abondance d'ex< eliente marne, où la partie cale- ire domine « tellement, qu'eu cerlams endroits on «-n fait de tre»- bonne « chaux. Ces marnes calcaires, très coromunesdans la part lesep- « tentrionale du département, ne se trouvent qu'à une certaine
• profondeur, depuis 10 jusqu'à tuo et 120 pieds ... De?> bau> s « considérables de cailloux blancs ou noirs servent de toit aux a mnrniéres calcaires; on en ren- outre à chaque pasdesde-
« bris plus ou moins grossiers, sortis de ces marutères Le
« département renferme aussi plusieurs carrières de pierre cal- « caire, pronre aux construlions l a p. tlte ville d Ep.rnun
■ et ses environs possèdent de belles carrières de grès. On s'en « sert indistinctement pour la construcii. n et pour le pavage a des routes.... Aux environs deGall .rdon et du Gué-de- Volse, « sur l'ancienne route de Chartres à Caris .... on trouve une « quantité proligieuse de petits cad oui ovoid-s ou aplatis,
• gris, jaunes, bleuâtres ou rougeàtres, opaques ou transpa- « rents On y trouve aussi de très-beaux poudingue* ....
■ c'est-à-dire une réunion en gros blocs de petits cailloux
■ ovoïdes, dont nous venons du parler, et qui se irouve.it lies
• et consolidés par uu gluten siliceux. Kien n'égale la dureté « de ce poudingue; mais aussi rien n'approche de sa beauté et « de la variété de ses nuances, lorsqu'il est scié et p.di avec soin.
«On rencontre aussi, mais rarement, qiulques morceaux
• de quarts cristallisés On n'y connaît point de ban -s de
« coquillages; on n'y trouve point non plus de jrranil ni de a schistes, maison y rencontre a-seï souvent de belles pétrili- « calions. Les environs de Dreux, de Chartres, etc., fnurnis- « sent de très -b» au s peignes; des empreintes de peignes sur « des cailloux, des boucardes, de» Nautiles, des huîtres, des « poulettes, d« s cornes d'Ammon, une grande quantité d'our- « sins, des cailloux qui p .rtent l'empreinte des mamelons des a oursins rt beaucoup d'autres fossiles. »
Rn général, la Beauce est un p*y* très- fertile, rt peut-être n'existe-t-il nul'e part de meilleur fouds de terre. Les grains y sont de première qualité : ce qui a fait donner a la e ntrée <e litre de eren-er i* ta France, titre dont elle est tou(ours digue, bien que le sol se détériore chaqoe année, et detleune de moins en moins productif.
Ainsi, on peut dire qu'en général lu Beauce est cultivée en blé ; ce n'est pas que toutes 1rs terres y soient égalcmen' propres à cette culture; mais comme, de tous les produits agricoles, le blé offrait aux propriétaires plus d avantages, ils ont eu semence leurs champs en blé, et les autres cul un-s ont été négligées ; par exemple, le bois y manque, tant pour bâtir que pour brûler : la faveur qu'ont obtenue le» céréales l'a coitsidcranlement fait diminuer, surtout aux environs de t.hartres, ou I on est obligé de le lirer des forets de Lbateauneuf. de Senonci.es et de Chtimprond. éloignées de la ville de cinq, six et sept Heurs tandis qu'on eût pu trouver, sans mcouvénttnt, sur les communes
HISTOIRE DBS ENVIRONS DE PARIS. 47
environnantes, plus d'un canton dont la plantation en forêt* rut prévenu lu disette dont cet e ville se plaint depuis longtemps.
Toutefois on recueille dan* la Reauce des fruits, d> s légumes en ahon.tance et de lionne qualité. O • y trouve encore quelque* pâturage», et, autuir de la ville de Chartres, mais dans un raton tort inégal, des vignoble* qui rompent un peu la monotonie des plaines a. blé; le vin que produisent ces vignobles est médio re et il ne peut supporter le transport, en sorte que les habitants sont obliges de le boire sor les lieux.
La Reaure est arrosée par plusieurs rivières : CBure, l'Epernon. la feaara avec la Rlaise et l'Avre, don^t le eour» se trouve
La rivière de l'Eure prend, dans I ancien Perche, sa source d'une mu titude d'étangs, et ne tonne qu'un ruisseau jusqu'à La Feniere, où « lie devient un p< u plu» considérable. Llle passe ensuite à (iueliouville. à Saint-Maurice de G islou, au* éclu-esde l'oiilgniu a 6, 150 lois<* de sa source; enfin ■■ Chartres, où elle se partage en trois l-r-un hrs, qui toutes btipnent 1*1 niérieur ou les mura de 1 > ville, pour »e rejoindre ensuite vers ta partie septentrional)- et couler vers Maintenou.
Lv coule aussi la petite rivière de Voise, qui, ap-ès avoir reçu la ruisseau d'Auneau, passés Gallardon où viennent se réunir a elle deux autres ruisseaux, se jette elle-même dans l'Eure, au dessous de Mxiiiteuon. A 1,300 loises de la, se jette aus»i dans l'Eure la rivière d'Kpernon; plus loin les ruisseaux de Ru et quelques autres, et enlln à r\ rmim ourt. au-des-ous de Dreux, la rivière de Maise C est ici que, grossie par ces divers aQuenls, l'Eure commence à porter bateau. Un peu plus bas, augmentée
la Seine
I m rivière d' Epemon se forme de deux ruissenus. qui viennent l'un d'Orcemonl, l'autre de Rambouillet, et se réunis» ni au fa buur,! du Crund-pont dEpeinon. Cite rivière reçoit au l orciiu un autre fort ruisseau, passe à Hanches, à Aiglaucourt, et se jette dans l'Eure.
La rivière de Ycsire a sa source dans les environs de Saint Leuer-cn-lvelnie ; elle i a-se à ttoudan, ou elle se mêle avec 1j petite rivière d'Opton, et se jette dans l'Eure au-dessous d Ivry.
La Brame est lra> i rsée par plusieurs grands chemins. Les principaux sont ceux qui, réuni» en un point commun, un peu au-dessu-, de Saiul-Cvr. se dirigent, l'un vers Chartres, l'autre vers Dreux. Nous les suivrons successivement.
Parmi les routes de seconde cla>-r, il faut citer en première ligne celte qui communique de lOrléanat- dan» la Nnnnau.iie, en passant par Chartres et Dreux, de manière a former un triangle avec les deux routes dont noia venons de parler.
Ce chemin est très-aocieu ; il po.te le nom de Chtmim de Char, nom appliqué à plusieurs voies romaines. On l'a rétabli sous le régne de Louis XV, mais Ml lui a cotiser» é ses anciennes sinuosités et sa première largeur. Sur ce chemin s'élèvent des p ênes eu forme de col»nms de six a sept pieds de haut. Les m> numents, assez communs dans plusieurs contrée» de Fram-e, sont nommés pierre fixe, pierre /file, pierre fichade. etc. s Je « n'ai vu que cinq ou six de ces eo'onues, d i Doven 1 ; mais je « sais qu'il y a dans celte province une grand'- quantité de « ces pierres élevées, et toi tes inclinées vers l'orient. On ne a voit point que ces colonnes aient un rapport de distance a» et* a les militaires roroa'ns ni avic la lieue gauloise. •
Vient ensuite l'ancienne roule de Paris, passant par Montreuse, Chatillon , Roehefort et le gué de Long- Roy ; enfin le ch> min de Sdnt-Matliurin. qui passe a Sours, près de Louville, et se rend dans fancieu Câlinais, et plusieurs autres chemins vicinaux.
Il ne nous reste plus, dans cet aperçu général sur le pays chartrain, qu'à offrir ta nomenclature des lieux qui tlxeront plus particulièrement notre attention. On sent que nous devons ici nous écarter un peu de la ma.che suivie jusqu'à ee moment, que plus notre rayon s'elend. plus le nombre de lieux augmente, mais qu'aussi leur importance diminue dans la même proportion: nons ne tien irons doue compte que de ceux qui méritent réellement une mention, en avant soin tnutnois de grouper autour de chacun 1rs villages qui les entourent : de cette manière les lieux dont nous nous occuperons se trouveront réduits sur 1a
i Bmtin 4* Ckmrirm.
roule de Chartres et dans les environs, à Chfrmse, Rambouillet, Noqent-lf-Roy, Le Pèray, Suint- Hubert , Rnrhefort , Saint-
Arntntl, Doird/m Epernon, IA i u i , Gullardnn, tunrau, et
enfin à Ckaitretl sur celle de Dreux-, a Jouart, l'ont- Char train, Montfort-t'Amaury, Anet, /rry. Dreux et Chdteauntuf.