CHAPITRE IV
TRIANON (GRAND ET PETIT), IIONTRSIML, SAINT-CTR, VIll.ErRElX, BOIS-DARCY, BUC, LBS LOUES, ClîTENCOURT, CHATEALtORT. g -TrlUMB |Gna<l M t,Ut).
Le Grand et le Petit Trianon sont deux châteaux, ou plutôt deux maisons de plaisance, situés dans le parc de Versailles, à peu de distance l'un de l'autre.
Dans l'emplacement occupé aujourd'hui par ces châteaux était autrefois un village qui, au WUf siècle, portait le n om dé Triarnum. Il appartenait, ainsi que le bois et la terre adjacents, à l'abbaye de Sainte-Geneviève. Mais Louis XIV, lorsqu'il eut bâti Versailles, acheta la terre de Trianon pour l'enclore dans son grand parc; le village disparut alors et fut remplace par un château de fantaisie, destiné au* plaisirs du prince.
On ne peut parler de Trianon sans rappeler l'anecdo'c fameuse de la Croisée, citée par Voltaire. Saint-Simon dit celte anecdote certaine'. Louis XIV se promenant avec son ministre
nt des bâtiments depuis lu mort de Colbert, crut remarquer un défaut à une croisé; mai, le sur-
Louvois, devenu surintendant des bài
faut!
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HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
intendant se mit en tète de soutenir, avec son opiniâtre'é ordinaire, que la croisée était bien. Le roi lui tourna le dos. Le lendemain, rencontrant Le Nôtre, il lui parla de sa discussion avec Louvois. et parut désirer que le point fût vérifié. Le célèbre de«*lnaleurdes jardins, qui ne se souciait guère de se trouver dans la nécessité de donner tort au fier monarque ou a son fougueux ministre , demanda quelques jours pour juger la contestation; mais le roi, comprenant ses motifs, lui ordonna de se rendre a Trianon, en ajoutant que Louvois et lui s'y rendraient à In même heure.
Ix» adversaires se trouvant en présence , il fut d'abord question de la fenêtre. 1* Notre cardait le silence. Le roi lui commanda de mesurer, a Tandis qu'il y travaillait, Ixmvois. a en furie de celte vérification, grondait tout haut, et soutenait « avec aigreur que celle fenêtre était en toul pareille aux autres. « Quand tout fut bien examiné, le roi demanda * Le Nôtre ce « qui en était ; et Le Nôtre de balbutier : le roi « mit en colère a et lui ordonna de parler net. Alors l.r Nôtre avoua que le roi a avait raison. Il n'eut pas plutôt achevé, que le roi, se tour- » n.mt vers Louvois, lui dit qu'on ne pouvait tenir a sesopln âa frétés : que, sans sa remarque, on aurait bâti tout de travers, a et qu'il aurnit fallu tout abattre aussitôt que le bâtiment « aurait été achevé. Kn un mot, il lui lava fortement la téle. ■ Louvois. outré de cette sortie et de ce que courtisans, ouvriers « et valets en avaient élé témoins, arrive chez lui furieux; il y « trouva Knlnt-Fouangc, Villeneuve, le chevalier de Nogcnt, o les ducs Tilladets, quelques autres féaux intimes qui furent « bien alarmés de le voir en cet état. » Cen eet fait, leur dit-il, je suit perdu auprès du roi de la façon dont il rient dé me traiter j>»ur une fenêtre. Je n'ai de ressource* qu'en une guerre qui le détournera de su bdtimcntt, et qui me rende néceuaire : et, parbleu, il l'aura!
Quelques mois après fut engagée en effet la guerre de 4688, qui fit chanceler le trône de Louis XIV, et mit son gouvernement à deux doigts de sa perle.
Le château de Trianon porte le caractère de grandeur qui distingue ce qui appartient à l'époque où il fut élevé. Il rappelle le faste de Louis XIV ; tout y avait été mesuré sur la taille du maître : tout se trouva hors de propo:tion pour son successeur.
Sous Louis XV quelques femmes de la cour imaginèrent ces soupers mystérieux faits dans de petits réduits désignés sous le nom de petite appartemente ou petite* maieone, et destinés aux plaisirs de la galanterie ou à ceux de la table. On n'admettait aux premiers que les courtisans assez corrompus pour être les compagnons des débauches du monarque, ou assez vils pour en rester les simples témoins ; les autres comprenaient un cercle plus étendu et plus honnête ; les princesses même y assistaient souvent : alors tout se passait avec décence. Cependant il arrivait quelquefois que, lorsque les princesses étaient retirées, ces réunions dégénéraient en orgies : on y renouvelait les défis des anciens buveurs-, c'était à qui mettrait sous la table son adversaire ; et il fallait souvent que des serviteurs afildés vinssent enlever également tous les convives, vaincus et vainqueurs.
Louis XV aimait excessivement ces partie*, pour lesquelles ses mains royales ne dédaignaient même pas de faire la cuisine et de préparer de petits mets. Il y eut bientôt dans tous ses palais des petit* appartemente qui communiquèrent avec les appartements oV réception par une porte secrète pratiquée dans la chambre à coucher du monarque, et par laquelle il pouvait se dérober sans bruit avec les convives favorisés.
Louis XV joignit donc au palais de Trianon des appartements pour sa société familière, et dès lors, le palais de Louis XIV prit le nom de grand Trianon ; celui de Louis XV retint celui de jifft'l Trianon.
Nous ne rappellerons pas ici toutes les aventures galantes dont l'un et l'autre Trlanons furent le théâtre; nous serions sans doute entraîné beaucoup trop loin; ii suffit desavoir que l'un fut destiné aux plaisirs de Louis XIV, l'autre à ceux de son successeur. C'est la, comme nous l'avons dit, que Louis XV finit ses jours.
Louis XVI. depuis, donna la jouissance du Petit Trianon à Marie-An'oinettc, qui en embellit beaucoup le parc. Les jardins avaient été cotisa -rés par Louis XV à la botanique. Sous Varie- Antonu-ite, les collections végétale* eurent une duubl>> îles inalion, et devinrent le piincip.il orientent d'un des jardins les plus agréables qu'on connaisse en France dans In genre libre
ou pittoresque, ou dans le iicnre anglais, si on l'aime mieux. Selon Ilelille. le jardin de Tiianon est un modèle dans re genre ; et la richesse parait toujours y avoir élé crnplovee pur le umit.
Les deux Trianons eurent à peu prés le même sort pendant la Kevolution : ils furent dévastés, restèrent longtemps désert*, et ne commencèrent à être restaurés que dans les premières années du règne de Napoléon. I^e Grand-Trianon, où il se plaisait beaucoup et ou il allait souvent passer plusieurs jours de suite, reçut une bibliothèque choisie par lui cl composée des meilleurs ouvrages écrits dans toutes les langues de l'Europe. Le petit fut plus particulièrement, depuis le mariage de l' Empereur avec l arehiduchesse d'Autriche, affecté a Marir-UuisA. qui, chaque fois qu elle se rendait à Versailles seule, ou avec son époux, occupait le château du l'élit -Trianon. C'est la qu'eut lieu, en 1814. son entrevue avec l'empereur d'Autriche, son père, et que fut déterminé son départ pour Vienne.
Grand - Trianon. Saint-Simon a dit de ce château qu'il fut « d'abord maison de porcelaine â aller faire des collations, a agrandie après pour y pouvoir coucher, enfin palais de marbre « et de porphyre avec des jardins délicieux '. x>
Le Grand-Trianon est un bâlimejit à l'italienne, qui n'a qu'un rrz-de-chaussée. Il fut construit par Jules Hardouin Monsard, dans le genre le plus gracieux et le plus élégant ; il consiste en un corps de logis principal avec deux ailes en retour , formant pavillons, et réunies par un beau péristyle orné de colonnes ioniques. Toute cette architecture, ainsi que celle des deux ailes, e>t de marbre du Languedoc, excepté les colonnes du péristvle du côté de la cour, qui sont d'une seule pièce de marbre de Campan.
L'une des deux ailes a été construite après coup ; elle est bâtie inégalement et en pierres dé taille ordinaires.
Les jardins , qui primitivement avaient été plantés par Le Nôtre, furent distribués de nouveau, en 1776, par l'architecte Leroy.
Petit-Trianon. Ce palais s'est formé par agrandissements successifs, et porte le cachet de diverses époques. Le principal bâtiment consiste en un corps de logis ou pavillon qui a vingt mètres en carré. Il est compose d'un rez-de-chaussée et d'un premier étage.
Les jardins réunissent les agréments de la variété au charme d'une ingénieuse composition. On y trouve de belles eaux, une Ile au milieu de laquelle s'élève le temple de l'Amour en forme de rotonde, avec la slatuc du dieu, un belvédère octogone élevé au-di ssus d'une vaste pièce d'eau irrégulière, des bosquets charmante, un hameau, une grotte dont le caractère sauvage produ t un contraste frappant avec la pompe deslieux qui l'environnent, des collines, des terres cultivées, des groupes d'arbres: c'est le tableau riant de la nature avec toutes les grâces d'un beau désordre.
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Comme ce lieu a longtemps formé un village particulier, nous en donnerons ici l'histoire séparée, bien qu il soit aujourd'hui un des faubourgs de Versailles.
Moutreuil fut d'abord appelé IforwMferWnw , puis Momteriulum, puis enfin Jl/oiufrofitim . noms qui désignèrent d'abord un monastère , une église . enfin un endroit habité par des religieux. Le monastère qui a pu donner son nom au village dont il s'agit ici était situé au point où se réunissaient les d u* forets appelées heline et Cruye; il était consacré sous l'invocation de saint Sympborien martyr. Ce titre est toujours resté à l'église ; car, ainsi que l'observe l'abbé Lebeuf, « les religieux a abandonnèrent successivement ces monastères solitaires à « mesure qu'il s'en forma dans les villes ; et, alors, leurs elna pelles furent réservées pour servir d'églises paroissiales aux ■ paysans qui défrichaient la terre aux environs, et qui leur a conservaient leurs noms, a II pense que le monastère de Saint-Symplioricn, dont il rapporte l'origine au temps Je saint Germain , évêque de Paris , a cessé d'exister vers le temps des guerres des Normands.
I>e village qui se forma autour de la chapelle de Saint-Symphorieil s'éleva sur une espèce d'éminence au bas de laquelle pnssi-la^raudcrouU'de>>rs<iillcs,vis-à-vUdeVi>ollay ,qui oc-
i *tm»irt$ . l»m» i, f»|t 1».
HISTOIRE DES BNV1R0NS DE PARIS
cupa l'antre coté du vallon. Comme le pays était un peu aquatique, quoique «n pente ver* le midi . il y avait Huns les environs prude vignes, mai* beaucoup de i rai 1e» «t quelques bot*. La pa-oi-sed- Mntitreuit était autrefois trés-éiendue; Cbaville et Virotlay en ont été deia< bés.
On ne connaît guère de seigneurs de Mnntreull que depuis la fin du xii' siècle. A celle époque, uu Ud«n de Saio'-Cloud lit don au prieuré de Notre-Dame des-Charop- d'une censive «iluéeà Montnuil; et* Huttues de Crespières prétendant qu'elle appartenait à son fief, le fils d'Udon lui offrit ie duel pour prouver la fausseté rie. cette réclamation, duel qu'empêchèrent les religieux en payant * Hugues la tomme de 16 sols.
Nous voyons aussi qu'au temps de Charles VI % Porrbé-Fontame était le c^àtenu seigneurial de Montreuil; qu il fut confisqué eo 1893 par le roi et donné a Min frère le duc i O léans lequel en lit présent aux Célesliiis de Paris, qui devinrent par-la seigneurs de Montrruil. Ce château était et est encore biti dans une daine, tans notre défense que des étangs qui l'en 'nu raient ; aussi. l»rs ties premières guerres de religion, les calviniste' n'eurent, en lie*, qu'a ie présenter pour s'eu emparer. Us le trouvèrent gardé par on seul valet.
Rn test, Louis XIV fli d<*n p madame de Mnntespan de P-ir ehé-Fontaine et des terres qu'il avait à Montreuil. En 1731 ', le régent Ht dresser un camp à Porche- Fontaine et un lort à Montreull, pour exercer Louis XV au métier de la guene.
Alun le *oi»inage de Versailles donnait beaucoup d'importance A Mnnlreiiil. Ver» l'année I7*«, la grande rue de ce village sVtendait Jusqu'aux portes de I* ville, dans I enceinte de l'iquclle il se truuve ai.jourd bui. On n toujours depuis distingué le gran i et le petit Montreuil. Le premier eut bàii sur une éminenee; le second est situé en bas, et par delà la route de Versailles : on y remarque des maisons et des jardins charmants. Ce lut la patrie d'un de s gemmux les* plus distingués des armées républicaines, de Lazart liocke. dont nous avons déjà pai le Ko 1709. Montreuil contenait cent quatre vingts feu», et, en 1714, trois cent un. La p ipulaiion se confond aujourd'hui avec celk de Versailles; Il a été réuni à cette ville depuis la Révv
glIS- ■■!■«■ Crr-
Ce village est situé sur la grande route de Chirtres. à une lieue environ à l'ouest de Versailles, et à cinq de Paris.
Dans les premiers temps de l'introduction du christianisme en France, une très-belle fem ne nommée Julitiic attira les regards d'un chef p<ilen, qui mil tout en us tge pour la séduire et pour lui fit Ire adjurer la religion chrétienne; lu dame résista n toutes ses te tatives, et e le fut décapitée. Son fils, âgé seulement de trois ans. avait reçu d'elle les premières notions de sa religion, et résista constamment aux sol llci unions qui lui furent fa tes pour le déterminer à changer de croyance. Le juge qui l'inter. ogeait, furieux de ne pouvoir vaincre la résolution de cet enfant, le précipita du haut d'un rocher où il avait établi son tribunal. Cet infant de trois ans se nommait Cyrtu. On en fit un>aint delà manière suhante : quel mes chrétiens épars , instruits du f« il, se rassemblèrent et fondèrent une p. tite co'onie sous les a»S|>ices du martyr, qu'ils adoptèrent pour patron, et dont le nom fut donné au village qu ils élevèrent : c'est ce que raconte la légende de Satol-Cyr ; mais il faut de la foi pour y croire.
Pendant longtemps ce village ne fut composé que de quelques maisons de paysans, au milieu desquelles on distinguait le château du seigneur, remplacé aujourd'hui par une min» e auberge sous l'enseigne de l'Êmde Frwe; il y eut aussi un couvent de Jimmcs fondé trés-aucit nnement.
Mais Saint-Cyr acquit une grande Importance sous le revue de Louis XIV, lors de l'établissement de celte communauté fameuse, dont madame de Maiutenon se déclara la |>rotecnice et l'inslliutiice.
Depuis longtemps madame de Maintenon méditait la fondation d'une vaste retraite pour Fs filles des nobles sans fortune ; elle arrêta *e-> regards sur Saint Cyr, résolut d'y transporter la communauté qu'on voyait auparavant à Noisy, et bientôt tous ses plans furent exécutés.
» «balaie* " rlur^'r*) prU La bourrue, pat* SIS. s V*,«» Mâture d>Hr<»lHr 1711.
Françoise d'Auhisné, avant d'être marquise de Maintenon) était lier d'amitié avec une religieuse ursuline nommée madame Bri'ion, qui. après In ruin« de son courent, fut obligée d'aile chercher à vivre chez sa mère. C'est à la for i une de la première de ces ilBrors, aus malheurs de l'autre, et au zèle de louies les deux, qu'on dut l'établFsemenl de la communauté de Sain -Louis de S:<inl-Cyr.
Ma lam* Brinou \ dont la vie ferait un roman, après avoir passe par différents états, composa les constitutions de celte communauté, en fut la première supérieure, et pour cela fit son quatrième vœu : celui d'élever et «"instruira les demoitelUi.
dite communauté fut é ablieen faveur de deux cent cinquante demoiselles qui, depuis l'âge de sept à douze ans, devaient être gratuitement reçue*, élevées, nourries et entretenues Je toutes cl oses jusqu'à vingt ans, aux dépens de la fondation. C« s démo selles elaienl instruites par environ quarante dames, et servies par au'ant de iCBurs converses ou servantes. Fn y entrant, elles devaient faite preuve de quatre degrés de noblesse du roté paternel, à compter du père.
Le roi régla que ces dames po tcraienl un habit particulier, grave et modes'e, qui cependant n aurait rien de monacal; qu'elles ne s'npiiellerairnt ni ma oiere, ni sm jctw, mais madame, avec le nom de famille; et qu'elles auraient chacune au cou une croix a" or parsemée de fleurs de lis gravées, avec un Christ d'un côté, et un saint Louis de l'autre. Les croix des sœurs converses étaient d'argent et gravées de la même manière.
vtad une de Maintenon s'occupa ensuite d'un babil tel qu'elle I avait imnitiné et tel qu'il exista, à peu près, jusqu'à la suppression de la communauté.
Celte communauté fut transportée de Noisy à Saint-Cyr, à cause de la plus gronde facilite de s y procurer de l'eau. Jules Hnrdoum Vantard fit tous les plans de la maison ; on la commença le l" mai t6»i ; l\aoo hommes furent occupés à cette enn4ruetlon. Un an après, la maison fut en état d'être meublée; le roi s'en résrrva la dépense, et laissa madame de Mainleuon la roal>rvase d'y employer telle somme qu'elle jugerait nécessaire ; l'ameublement coûta 50,aoo fr. '.
La maison de Saint-Cyr se divi-ait en douze corps de bâtiments principaux qui formaient cinq cours, savoir : l* la cour Ijmgut, V la cour de i Église, S* la rour Royale, 4* la cour du Cuisinu, et 6* la cour Vert». Celle distribution est la même aujourd hui; les noms seuls ont été changés. Le tout forme, avec les jardins ei autres dépendances, uu polygone de 140,000 mètres de • urface.
La rour Longue est la cour d'entrée ; parallèle aux trois suivantes qu'ebe égale en longueur, elle ionue la façade prin ipate du côté du sud. U cour de l Êg lise, dite aujourd'hui Royale, donne entrée dans la eha elle, ou l'on remarque plusieurs tableaux estimés, ent e autres la Gwrùon du L "preux, par Jo jveuct. La cour Rooale. nommée depuis de ta Reine, n'était pas habitée et ne •ervait qu'à éclairer le» appartements et à fournir un pa-sage de la cour de l'Eqlist d ns celle du Cuisines. Celle dernière, qui o porté depuis le nom de cour He Monsieur, est dessinée sur le mente plan et 'ta»- les mêmes dimeusi msque les deux pré eédenles. La dernière enfin, la cour Verte, plus tard cour Maintenon, se trouve furuiée par le prol»ng< meul des deux corps de bâtiments dVst et d'ouest de la cour Royale, et séparée de celle-ci par le corps de bâtiment du nur i.
Les jardins de Saint-Cyr appellent aussi l altenti -n ; on y remarquait jadis seize bassins avec jets d'eau. Dans le fond
• Bl« fat d'abord re Ht; orwH'U* ; «m couvent dlaul ruiné, «Me te rrtJr» eb« M user*; »j mfr* eUiil morte. HIr enlej «Uns un eoincal 1 Saiml-Umtitrée 4'en unir par le ■»...»«>» *i*i de» A^re» it ce «-ou.c.i, elle »'»mitU uar rrl'ticose de te» *mi«», M loua. »*ee rlle, une nuimo à A»t*ri. o«. pour •obsitier. tttet piireol art petites Ailes rn pension Elle quitta Ânrm pour Jfm<nv>e«i>ry. Innlruluiil luujnun les enfinU Ci> fui là I» rommrnrtmrrn de ■a laveur: ell* j vil mulinade Uoinlcnon, qui la proies*» De fialBuerarf, elle 09 Utntparlâ i A»*J avec •«• rroll*t»; de Nue/ à flfai'*». el é' Neiifà Saint -C fr, K> An. «prêt y •» oir Joui d'unr artade euaiidrratioa et tenu le premier v>»«. eu* fui dlturariée et unliitee de se telirer 1 l'abbaye de Ifu - •auaw. 06 elle re«ul a> la ut.ton de Saiot-C.yr une peu-ion »i*k*<« de S.oas livres.
1 Pendaat lanalcaips, lei nombreux marntt ei lut arbre» qui entouraient la miWoa el la village de S»iai -tyr renditvm ee -ejaur roaltalu; «a doil au i4>« éefoird de SI. Alarhr la salubrita dasit >s»ll ee lieu, depuis que le* marais oui été desteebd» «I les arbres eaupét «n parti*.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
et dans l'nng'c du no d-f*t, était un peh'l pavillon de-liné i nui visites mystérieuses que Louis XI V faisait M madame de Maintenon ; il a> rivait dims celte • si •••••• de boudoir par une avenue
plantée d arbr-t depuis la grille du parc de Versailles jusiu'a une petite porte pratiquée à quelques pas de ce illon, dan* le mur d'rnceinte de la communauté. 1-a p»rtie du jardin comprise entre le pavillon et le corps de logis principal était un bois planté de sycomores et de frênes.
Mais a la partie des bâtiments qui formaient la cour Irrrt fe rattachent surtout les plus iuiéres-ants souvenirs.
C'est là que, en pré-enre de Louis XIV et de madame de Maintenon, fut représentée, par 1rs jeunes i en-ioiinaire». eelte tragédie d'fùiher nù sou* les noms de Vo.tfti el A'Enhtr, le I- été ial«ail allusion à madame de Mninespaii et à madame de M ii< tr non qui la remplaça ; c'est là. dans une chambre dont rentrée est a <ote de celle de la chapelle, que Pierre-le-Grand rendit «i it> à reUe femme célèbre, alitée depuis plusieurs jours, et que, d'un mouvemeut spontané, il se leva pour écarter les rideaux des croisées afin de mieux contempler 1rs traits de celle qui, pendant quime années, axait fait les destiné* s de la France; c'est là enfin que mourut la fondatrice de l étatdisse nient.
Les restes de madame de Matntenon furent placés dans le eborur de réélise de saint-' !yr, ou l'on grava en latin et en français une irès-longur épilaphe dont nous ne rapporterons que quelque* lignes : ■ l> i repose tré— illustre dame, ma lame
* Françoise d'Auhiané, marqutu de Maintenait, dame d'atours « de Christine- Victoire de Bavière, d'auplune de France.
■ Aussi persevérn minent que sagement chère à Louit-I» € Grand Femme exellente au-d là de toutes les femmes de s n « siècle et de plusieurs précédents... line seconde Kslher par la « manière dont elle a su plaire au roi ; une seconde Judith par
■ I amour de la retraite et l'oraison avec ses chères tilles. Pan- « vie, au milieu des richesses, par sa libéralité envers les misé-
■ r.ihles; iiumlde, au comble de la gloire, par sou affection
• pi'Ui la m> destte chrétienne Elle e*l décédée le lôavril 171», « Agée de 8S an*. »
Voila quel tut Saint-Cyr, tant qu'il conserva sa destination primitive; mais, aujourd'hui qu une étolr militait** remplacé l mstituMon de madame de Mainicnon, tout a dù changer de face. Les bâtiments ont une autre destination ; on a transformé une partie de- jardins en champ de Mars pour les manœuvres des élevés, et l'autre en potager, l a petite forêt seule est restée intacte. I>e pavillon est aujourd'hui la demeure du garde d'artillerie. En un mot, de jeunes demoisel es sont remplacées par de- militaires adolescents, et les chants féminins par le bruit du canon.
Voici quelle est aujourd'hui l'organisation de l'école royale militaire et spéciale de Saint-Cyr.
Cette école est sous la direction du ministre de la guerre.
In général commandant, un colonel commandant en second, un administiateur. un directeur et un sous-directeur des éludes, un médecin, trois chirurgiens, un dentiste, un éc«nome, un payeur, un bibliothécaiie, deux chefs de bataillons, huit capitaines, vingt-quatre professeurs, quatorze répétiteurs, trois aumOnins, quatorze adjudants sous- officiers, un adjudant du • ni chargé de l'entretien de tous les batime nls, et huit employés dans les bureaux de l'adminisltation, composent le personnel de cette école.
Le nombre des élèves est de 350 ; ils ne peuvent y entrer qu'nprè» I »..< de seize ans révolus, et avant d'avoir a teint leur vingtième année. Les élevé» qui ne sont pas placés dans l'école par le Gouvernement payent l Soo IV. par an , et sont tenus d'apporter un trousseau de 750 fr.
Aucune distinction de naissance ni de fortune nVst reconnue parmi les élèves ; tous tout ou doivent être égaux entre eux et aux yeux des chefs.
L- s élèves sont distribués par compagnies ru nombre de six ; à la tête de cheune il se trouve un capitaine qui est charge de veiller a tous ses besoins et de faire toutes les demandes nécessaires en linge, chaussures, armes, rte. Les grades, depuis celui de cap >ral jusqu'à celui de sergent-majn< seulement, tout remplis par les élèves. La promotion appartient au général gouverneur, sur la présentation du colonel commandant en second.
Les élèves ne peuvent aller nulle part seuls . il sont toujours |
accompagnas par des adjudants de service, sur le rapport desquels sont infligées les punitions.
Dans les exercices militaires, l'émulation des é eves est excitée par la récompense d'epaulettes de grenadier ; tous ceux qui subissent la prison, le cachot et le piquet, perdent de droit leurs épau ettes C'est par de nouveaux efforts qu'il* les recouvrent. Ils sortent en corps avec leurs armes, et les tambours à leur tète, deux fols par semaine pendant deux heures. Ils sont alors sous la surveillance immédiate d'un chef de bataillon, d'un capitaine et de quatre adjudants.
Les élèves, i toutes les époque» de l'année, se lèvent & quatre heures et demie et se couchent a huit heures un quart.
Ils ont deux heurts de récréation réparties en quatre portions.
Les élèves sont séparés en deux divisions : dans la première, ils terminent leurs études et passent au grade d'ofllcier. Si les connaissances de quelques élèves n'étaient pas jugées assez étendues par les examinateurs, ils peuvent rester dans l'école une deuxième année ; mais, passé ce terme, s'ils ne tout pas jugés capab es, il* sont renvoyés dans leur famille.
Dans la seconde division, les élevés concourent devant le directeur des études et les piofcsseurs pour passer dans la première division, et, s'ils ne peuvent y atteindre, ils ont encore une deuxième année à parcourir-, mais ils ne peuvent plus rester qu'une seule année dans la première division. Si les élèves de la seconde division ne sont pas acceptés dans les deux années de leur concours, ils sont de même renvoyés à leurs parents.
Chaque année il sort de l'école environ cent quarante élèves qui sont promus dans tous les régiments où il y a des vacances. Soixante élèves sont désignés pour la cavalerie. Ou choisit pour cette arme mu qui montrent le plus de disposition» et qui ont assez de fortune pour subvenir aux dépenses que nécessit* leur made. Quelques-uns de ces élèves pas-ent au corps d'étalmajor. C'est le seul corps spécial ou ils peuvent être admis.
Lorsque les cent quarante élevés sortent officiers de l'école, on leur remet tous I urs trousseaux et les sommes qu'ils auraient versées en sus de leur pension ; Ils reçoivent chacun une épee et un ceinturon dont l'école leur fuit uon. Les trois élève» de la promotion qui sont reconnus les plus pauvres reçoivent du roi la somme de 400 fr. par an jusqu'à ce qu'ils aieut nlleinl le irade de capitaine.
Voici lc« cours qui se font dans cet'e école :
I' Mathématiques: 3* physique et chimie ; S* dessin d'après la bosse et le paysage ; 4* langue allemande ; 6" cours de fortilicallon peimauente et de campagne: 6* cours théorique de t ipo^rap iie ; 7* cours d'artillerie; s* d'histoire et de géographie; 9* d'à tminislralion militaire; 10* de belles- lettres; II* d'escrime ; IS* de danse.
g II.- ville» c«»
Villepreux est un village ou bourg situé dans une vallée à
deux lieues à l'ouest de Versailles, à une lieue trois quart* au sud-ouest de Marly, et a cinq lieues tt demie à l'ouest de Paris par la route de Maule.
L'origine et l'etv. mologie du nom de ce village ont exercé la sagncilé des -.avants. Plusieurs ont voulu y voir le f) indu ru m de l'Iiiitérairc d'Ant min ; mais cette opinion n'est fondée que sur tics conjectures, et pour trouver quelque chose de po itif il faut arriver au règne de Cbarles-le Chauve, c'est-à-dire vers le Mi ieu du ix» siècle. Dans un acte de cette ép 'que, il est nommé Villa pnrrorum, nom modifié plus tard en ceux de Villa pyroxa et de Villa pyrnrum.
M y eut île bonne heure à Villepreux deux églises : celle de Saiiit-liermain et celle de Saint-Pierre.
L'autel de Saint (iermuin appartenait au chapitre de Notre- Dame de Paris. En 1284, il fut donné aux moines de Martnoutier- : cette donation devint sans doute l'origine du prieuré fondé pour eux à Vilrpreux.
Ce prieuré, du litre de S iinr-\ieola«, était déjà Ivati lorsque la nomination à la cure passa aux religieux de Marmoutier*. Bientôt II devint l'objet de» libéralités des seigneurs de Villepreux ; et l'on voit, en 1 16», l'un d'eux con'lrmer aux religieux la donation des biens qu'ilt avaient reçus de ses prédécesseurs. Cette donation portait entre autres clauses « le panage de leur. a porcs et la dixme du panage des porcs des autres. ■ Ces libéralités furent encore a -crues par la suite.
Dès le commencement du xtit' siècle, il existait aussi à Ville- .
HISTOIRE DES ENVIRONS DE l'A RIS.
preux une maladrcrie ou léproserie donl le cimetière fut béni en
Quant aux seigneurs de ce lieu, le premier eut un certain Valeran de Villepreux, dont le nom se trouve dans un titre de l'an 1 108. Une série d'autres seigneurs aussi peu connus que celui-ci nous mine jusqu'au milieu du xiv' siècle ; là, se trouve une lacune d'environ 100 ans; mais, en MCI, on retrouve la terre de Villepreux entre les mains de la famille de la Villeneuve, qui la vendit, sous l ouis XI, à celle de Baluc ; celle-ci la conserva jusqu'à la «In du xvi* siècle.
La terre de Villepreux passa ensuite aux Gondy. Pendant le séjour qu'y lit le maréchal de France Albert dcGonriy,cn159l , Henri IV y vint rejoindre son armée réunie dans ce village ; mais, le nom de Gondy s'clant éteint par la mort de Pierre de Gondy , général de.» galères, qui ne laissa que des llllcs, la baronnie de Villepreux lui vendue à la dame Clcm. de Franchit, et passa de celle-ci au peu* de Colbert, qui lu revendit, en 1685, au duc de Chevreuse. Peu de temps après, le duc la céda au roi, qui la rendit par échange à un sit-ur de Francini, neveu de celle qui l'avait d'aboi d acquise des Gondy.
En 1698, Villepreux appartenait au comte de Ponlehni train, ministre seerétaircd'Etat, dont un écrivain caustique a dit a qu'il « avait tous les défauts et tout le dégoût d'un homme né dans le
ministère et gâté 6 l'excès'. » On sait qu'il élait lils du chancelier du même nom.
Celte terre fut, en 1707. érigée en comté en faveur de Francini, prévol géuéral de l'Ile-de-France, dans la famille duquel il resta longtemps.
A cette époque, on comptait àVillepreux deux cent treirefeux. Le dénombrement de 1745 n'en donne plus que cent quarantecinq. Le Dictionnaire unheriel de l« France marque à Villepreux 660 habitants.
Quelques-uns lui ont donné le nom de ville. V illepreux était entouré de murs et on y entrait par quatre portes. L'abbé Lebeuf dit avoir vu les restes de deux. Dans l'église paiotssiale de Saint-Germain, on voyait une épitaphe latine d'un Jean Varelia, mort en 1603, gérant des affaires du cardinal de Gondy. On y lisait qu'il a* ait été «général des troupes de Sébastien, rot de « Portugal, dans la guerre d'Afrique ; qu'un jour qu'il y regar- « dait un combat de taureaux, un de ces animaux furieux cou- « rut après lui; que Varella, loin de s'enfuir, prit le taureau par « les cornes et l'arrêta tout court; qu'à l'instant le roi tira son « épée et la lui donna, en lui disant qu'elle était due à un a homme qui avait autant de force qu'il venait d'en faire pa- « raltre *. »
Aujourd'hui Villepreux n'est plus qu'an bourg du département de Seinc-et-Oisc, arrondissement de Versailles, canton de Marly-le-Roy. Sa population est de 8io habitants; le château n'est plus qu'une maison de campague. La maison de Valjoyeux est remarquable par ses eaux renfermées dans un beau pa'rc, et par de belles avenues.
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Village situé entre des bois et des étangs, près d une route de communication de VcmillesàPoutchartrain, à une lieue et demie à l'ouest de cette première ville.
« Comme les seigneurs de Villepreux, dit l'abbé Lebeuf *, a possédaient au mi* siècle le territoire dit aujourd'hui le u /Jois-a" Arcy, ils en donnèrent quelques parties aux moines que « leur devanciers av oient établis à Villepreux. Le nombre des « habitants augmentant dans cette partie à mesure que l'on dé- «i frieltoit les terres et que l'on essertoit les bois, il fut besoin a d'ériger une paroisse au Bois-d'Arcy ; c'est ce qui fut fait a sur la (in du ut* siècle ou au commencement du suivant. > Voilà l'origine du village, qui n'eut jamais que très-peu d'importance.
Lorsque Louis XIV agrandit le parc de Versailles, le Boisd'Arcy s'y trouva renfermé. Aujourd hui ce village compte une nlation de 300 habitants, y compris le hameau dit la Trem-
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S VI.-JMT.
Ce village est situe à 4 lieues au sud-ouest de Paris, dans un
' Leb«if, UiUmn J» Oettn rf. Paru, lomr vu, ftft Sut. Hbriif, HWw« du ,j; r#,. H, Pari», tome tu, Mf» air
vallon agréable, sur la petite rivière de Bièvre; son territoire renferme des terres labourables, des prairies et quelque* vignes.
Le premier nom qu'a porté ce village, ainsi que tous ceux qui se trouvent aujourd'hui désignés sous celui de Jony, fut Gaugiaeum, Joyacum , et enfin Joï; Il est nommé Gaugïacum dans le livre d'Irminon, abbé de Saint-Germain-des-Pres, qui vivait au commencement du ix' siècle ; déjà, à cette époque, le village de Jouy était assez peuplé, puisque l'abbave y avait 01 mancions oumeis, et qu'il comptait en tout 1 10 feux.
Celte terre est l'une de celles que perdit l'abbaye de Saiot- Germain dans les guerres des ix* et x« siècles; alors die passa entre les mains de seigneurs laïcs, parmi lesquels on doit remarquer le connétable de Clisson. Plus tard , c'est-à-dire au xvi î* siècle, elle «ehut à la maison d'Escoubleau ; ce fut Charles d'Eseoubleau , marquis de Sourdis, qui, en 1654, fit ériger la terre de Jouy en comté; enfin, en dernier lieu, un M. Houllier en devint propriétaire et augmenta considérablement le château.
Voilà à peu prés tout ce qui constitue l'histoire du village de Jouy ; mais il n'est peut-être pas de paroisse qui ait renfermé plus de flefs, de chapelles, etc. De ce nombre étaient une chapelle dédiée à saint Jacques , dans le cimetière même ; le prieure do Saint-Médard de V illefranche, d'où l'on fit | Mari, et qui forma une partie d deux abbayes de filles, etc., etc.
toiles peintes, qui a rendu fameux dans^toute l'Europe le nom de Oberkampf. et procuré l'aisance aux habitants du village. Lr> toiles peintes qui sortent de cette Mwiajajs ! 'enumrt<-iit, SU la solidité de leurs couleurs, sur celles des autres manufactures. M. Oberkampf, le fondateur de cet établissement, est mort en 1814, regretté de tous les habitants de Jouy, qui trouvaient en lui un père et un ami.
Le village de Jouy n'offre rien de bien remarquable; son église, dédiée à saint Martin, date du xui* ou du xiv* siècle ; mais il ne reste quepeude chose de cet ancien édifice, rebâti plus tard, comme l'apprend une inscription plaeécdans le chœur ; elle est ainsi conçue : « L'an 1 549|, le jour de Saint-Michel , 39 sep- « tembri', par permission de monseigneur le révérendissime « cardinal, évèque de Mcgarencc et abbé de Saiut-Ma»loire à « Paris..., consacra et dédia cette église en l'honneur de Dieu « cl de la vierge Marie et de M. saint Martin, patron d'icelle ; • et, parce que la fête de M. mint Michel ne se pourrait bonnea ment célébrer avec (en même temps), accorde que ladite « fête sera célébrée par ci-après le dimanche ensuivant. .
Le château, bâti à la moderne, est placé dans un fond entre deux coteaux qui en bornent entièrement la vue. Son parc a trois cents arpents d'étendue : il appartenait à M. Seguin.
Les autres lieux remarquables de la commune de Jouy sont le hameau det Metz, ou le. Vu"; Saint-Mare, la maison de plaisance de la Cour- Rolland, et plusieurs maisons de campagne agréables.
Jouy fait partie de l'arrondissement et du canton de Versailles,
Sa population qui était, en 1736, de 440 habitants, s'élève aujourd'hui à 1,350.
Ce village, situé à quatre lieues et demie au sud-ouest de Paris, sur la petite rivière de Bièvre, est bâti eu partie sur le sommet, en partie sur le penchant d'une colline. Son territoire se compose de bois, de terres labourables et de prairies ; plus de deux cents sources y entretiennent la fertilité et l'abondance.
L'abbé Lebeuf avoue qu'il est difficile de découvrir l'étymologie de ce nom Quoi qu'il en soit, Il se trouve écrit dès le commencement du xiii* siècle Buccum ou simplement Rue ■ Alors Rue comptait déjà parmi les cures du diocèse de Paris; cellesci étaient à la nomination pure et simple de l'évèque ; la paroisse de Toussu a quelquefois été réunie a celle de Bue.
Les seigneurs qui ont possédé la terre de Bue sont à peu prés incounus; cette terre fut achetée par Louis XIV et i dans son grand parc de Versailles.
Aujourd'hui le village de Bue est embelli de plusieur de campagne, parmi lesquelles on doit remarquer celle qu'on nomme la Uuerinnière. Ou voit aussi à Bue un superbe aqueduc
• Ce ion r*l commun i plu,irui> lirui ou jhonkM d>» wuifd d'cjui.. Il •Mail uVti.et .lu luis Butca, bourkr. cl »ou» I? t.pporl il convient o« Urrlloltr 4» r«r, «b m •'•uvtiii |
HISTOIRE DES ENVIONS DE PAB1S
de dix-neuf arches, construit psr Louis XIV pour conduire à Versailles les eaux des étangs de Sade, de Trou-Salé et de Sain?- Ilubert. Ce village occupe un des sitrs les plus gracieux qu'on puisse tiouver aux environs de Paris. L'œil est émerveillé du tableau délicieux que présente inopinément la vallée du côté de Versailles et du coté de Jouy; mais il faut, pour jouir de ce spectacle, se trouver au niveau de l'aqueduc La vallée est environnée de bois; et dans le fond ou voit serpenter, dans un lit <troit bordé de saules, le peut ruisseau de la Biêvre, qui semble sortir de dessous terre. La végétation y est dans la plus belle activité
La commune de Bue appartient A l'arrondissement et au cantou de Versailles ; sa population est de goo habitants environ.
g VIIL-SMU(N.
Il n'y a que peu de choses a dire sur ce petit village, situé sur le bord du grand parc de Versailles, le long et à droite du ruisseau de Bièvre, A trois lieues au sud de Versailles, et à quatre nu S.-E. de Paris.
Il est assis sur une éminence; son territoire est très-fertile; Il offre des terres labourables, des prairies et des bols.
Le nom latin des l-ojjcs, l^gia, fut donné d'abord a quelques cabnnea où se retiraient ceux qui défrichaient les nombreuses forets dont, au moyen-Age, étalent couverts tous 1rs nu irons de Paris.
Il n'y avait point encore de cure établie aux toges dans le xm» siècle. Il parait cependant qu'alors 11 existait une chapelle dédiée à saint hustache, et qu'elle occupait le lieu où se trouve aujourd'hui le cimetière. Dans le siècle suivant, les Loges furent érigées en cure, dont la juridiction s'établit, à ce qu'il parait, aux dépens de celles de Jooy et de Bue, qui se trouvent l'une et l'autre à unedemt-lieue de distance de ce village.
Les seigneurs des Loges sont peu à près inconnus ; on sait seu'ement qu'en 1675 la chotellenie des Loges fut incorporée au duché de Chcvrruse, pour ne former plus qu'un seul nef mouvant du roi et relevant de la tour du Louvre.
Le village des Loges est encore aujourd'hui peu considérable; et, même eu y comprenant les maisons ouhameaux répandus sur le territoire de celte commune, tels que le Petit- Jouy. la Ferme de» Lt-gtt, t'H&pital, il mérite à peine le nom de village; son église, qui n'a rien de remarquable, est consacrée à saint Eustache; la maison la plus notable est celle qu'on a nommée le fief du Retard. De cette maison on jouit des points de vue les plus I ittorcsquex ; les jardins en sont très-beaux, et renferment plusieurs fourres dont les eaux, qui se trouvent à cent soixante pieds au-dessous du niveau de la maison, y sont distribuées au moyeu d'ur.e pompe et de tuyaux de plomb.
tes Loges appartiennent « l'arrondissement et au canton de Versailles ; la population de cette commune est de Son habitants.
M SX — «tayraMwrt.
Ce village est situé à une lieue un quart au sud-ouest de Versailles, a cinq et uu quart au sud-ouest de Paris, dans uue plaine vaste et découverte.
On connaît des seigneurs de Guyencourt dès le xiu* siècle; c'est aussi de cette époque que date la paroisse, quoique l'église actuelle n'ait été consacrée qu'en ISS3.
La terre de Guyencourt était, dit-on, dans In famille de Piedde-Fer, depuis la Un du xv« siècle, et y demeura jusqu'à la fin du xvr>; mais, lorsqu'en 1663 Louis XIV traita pour l'agrandissement du parc de Versailles, le vieux château de Guyencourt, relevant de Cbcvrewe, appartenait a M. de Boucle. La terre deGuyeneourt fut incorporée à Versailles en 1693. AWs, ou du moins peu d'années plus lard, on comptait 1 1 0 feux dans ce village; mais les dénombrements faits par la suite prouvent que le nombre diminua considérablement dans le cours du xvnr* siècle.
Aujourd'hui la commune de Guyencourt renferme uue population de 610 habitants, avec les hameaux de Bouture, près duquel la Bièvre prend sa source, de la Minière, du Trou et les maisons Isolées de liïforoy, connu par ses étangs qui servent à alimenter les eaux de Versailles.
g X. — C**l«-»ufBrt
Chàteaufort est situé A uue llcue au uord est de Chevreusc, et a six su sud-ouest de Pans.
L'abbe J.ehenf a fait des recherches sur l'origine de >x lieu; voici ce qu'il en dit : « I.e lieu dont je parle, qui est sur le bord « d'une proton leur qui règne au midi et au levant, et .ni las <( de laquelle coule un ruisseau qui se jette proche (i if, dans U <i rivière d'Ivette, fut jugé propre à bâtir une forteresse vers ce « temps-là <v siècle' : c'est ce qui lui donna son nom. La rou- « tianee qu'eurent les gens de la campagne dans la protec/ion <i du seigneur de Cbaleaiiloiï, fit qu'ils vinrent s'y réfugier, <i et que le bourg qui s'y forma rassembla à une petite ville. « Non-seulement le château mit les peuples à l'abri des inne- « mis, mais aussi la clôture qui fut laite tout autour, et trois « grosses tours en différents endroits du bourg, dont on voit u encore les restes de deux. On ne peut mieux juger combien a ce lieu était devenu considérable qu'en faisant attention qu'il r fut regardé comme le ehef-lieu d'une contrée de tout le diocèse <t de Paris, en sorte que Chàteaufort fut le nom que l'on donna * vers le x' ou m' siècle au plus étendu des dix doyennés ruraux , « lequel, commençant à deux ou trois lie ues en-deca d'Ruunpiv, a s'étend jusqu'au-delà de Saint-Gerinnm-en-Laye, rcnfei niant ii tout ce qui est au rivage de la Seine dans rel espace n
Il y eut anciennement deux églises à Chàteaufort : I église paroissiale, qui peut avoir été l'oratoire primitif de a- lie i. avant même qu'il portât le nom de Cliàtenufort, et une seeo: de paroisse, qui appartenait en même temps au prieure du lieu, et qui remontait nu moins au xf siècle. Dans un carlulaire de Chàteaufort on lit que, cette seconde église étant construite en bois, comme Tel lient autrefois la plupart des égiises de l' ronce, le roi Philippe, eu l'an 1068, .permit à un chev «lier nomme Aimerie, de h faire reconstruire en pierre'.
I.e prieuré fut fondé vers le milieu du xi' siècle, i'nviroii soixante mus npre*. « le prie ir et les moines de Chàvauluit < s'avisèrent de noir.-ir la réputation de l'nbbe de Buiirgueil. r< leur supérieur. Ils furent cités pour proiner leur dire: niais. » n'ayant pu le faire, ils forent déclarés excommuniés, l e c prieur, pour se venger, se mit à dissiper le bien de son nui - « nastere et a solliciter le seigneur du lieu de s'en empuier. « ce qu'il n'eut pas de peine à obtenir', u Cependant plusieurs attestations prouvaient que cet abbé et celui de Mirrnou'iers étaient les deux abbés les plus réglés de tout l'ordre dis moines noirs.
Des le mii* siècle, il existait aussi à Chàteaufort une léproserie , et. vers le milieu du siècle suivant, une chapelle séparée, l'ondée par Nicolas et Guillaume Boueel.
Chàteaufort existait donc au \r siècle, il est certain qu'au commencement du siècle suivant, on le voit figurer comme une forteresse redoutable au peuple cl aux roi*. Suus le règne de Philippe I". vers l'an 1104, et avant cette époque, le; -eigneurs de Monllbéry, tels que Jfiïori et son fils Guy de Trousselle, cl les seigneurs de leur parenté ou de leur ligne, bl >quaient Paris du coté du midi, depuis Corbeil jusqu'à Clirtteaufort, arrêtaient, pillaient les voyageurs et les marchands, de sorte que les habitants de Paris ne pouvaient, sons de grands dangers, communiquer avec ceux d'Orléans ni avec ceux d'Etampes. Le roi Philippe, ayant marié le fils naturel qu'il avait de la comtesse d'Anjou, avec la fille unique de Guy de Trous«elle, donna à ce bâtard le chAteaude Mantes, et se réserva Montlbéry.
Les personnes de la famille de Monllbéry et plusieurs seigneurs, leurs partisans, au mépris de conditions faites a>ec le roi, vinrent assiéger Montlhery. Guy de Bochefort, dit le Bouge, s'y porta en force. A son arrivée, les assiégeants prirent la fuite sans combattre.
Par suite de cet événement, Louls-le-Gros, roi de France, s'empara de tous le* châteaux occupés par ceux de Monllbéry, et notamment de Chàteaufort, qui, voisin du comté de Rochefort, fut donné à Guy-le-Rouge et a son flls Hugutt de Crée» '.
Cet Hugues était d'une des plus illustres familles de France; mais, comme tous les seigneurs de son temps, il volait les marchands sur les grands chemins, et faisait la guerre au roi. En 1118, il s'empara par trahison de la personne de Milon II de Monllbéry, son seigneur et son cousin, le chargea de fers et le fit promener de prison en prison; pufs, pendant la nuit. Il l'étrangla et le jeta par la fenêtre d une tour de bois, afin de
l Ubraf, Wùlfftr» du diorèu il FarU, Ujme vin, pur* 4*9. *U., IH4 , page 4*1.
* Smffrii «Mafft it tité Ludetiet GrtMi rtft», cha». vur.
HISTOIRK DES ENVIRONS I)F PARIS
cacher son crime a de faire croire qu'il s'était tué en s'évadant.
Les parents du mort, et le roi Unis lit-Gros se disposèrent n punir le me»rtriir Huitues. Ils assiégèrent le cbàtcau de Gometa. où II s'élit retiré Ce château et celui qui le dérendait étant p-is. le coupable, assailli de mille reproches, demanda à prouver son innocence par le eomhat judiciaire; mais, saisi de frayeur, il n'osa se battre, vint se j< ter aux pieds du roi, lui demanda pardon-, et, après lui avoir fait abandon de sa terre de Chàiraufort, il alla cacher sa honte dans «n cloître1.
Dés lors, ('.héleaufitrt fut réuni au domaine des rois. Plus tard, Phillppc-le-Hnrdi déchargea les religieux de Pabbiye de Saint-Gertnain-des-Prés d'un dtnrr qu'ils étalent tenus de donner au prévôt de ChâU-aufort, dans leur maifbn de Mont éclata.
Après être toril plusieurs mis et toujours rentré dans le do maine royal, Ch&t.aufort fut possédé, vers le milieu du xvu* siècle, par le due de Chevreuse', et, un peu plus tard, par Charles d'Ksenubleau, marquis de Sourd is.
Aujourd'hui, il fait partie du département de Seine-et Oi e. arrondissement de Versailles, enton de Palaiseau. Sa popu lotion est de *«$ habitants, y compris l'ancienne parol«s- Afin Trinité, et plusieurs malsons érartérs.
Ces maisons sont : le châtra* d'Or* ou n'Orfe. eelu> de la Genettê. la maison de campaune dite le Gaeoù, et celle de \àP«rruek$.
— soi «»—