CHAPITRE II
LA CHAPELLI-S VINT-DENIS, MONTMARTRE, SAlTT-OlLt, Al BF.llVlLI.ltKS, ILS SAIJCT-MNIS.
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Ce village, continua l'enceinte de Paris, c»t situé sur la route qui mené a Saiiit-Denis.
' Voipi tliltoirt ét Farit.
■ Cuvicr cl Rrnnsn'art, Etui Ht atKfrafÀitmi»ir*leftan* <ltt ftim* 4t fttit.— Journal à* f>A«iùj««,l i w,. r.if? »«*.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
l'ne chapelle ou un hospice fur tres-ancie. nemrnt l'ongiiie de ec «frase; on la nomma d'abord lit Chapelle Sa. nie (imerière, parce que la sainte, dit-on, s'v arré ail avec les jeu m s Mies de sa compagnie, la nuit du samedi au dimanche, en allant à Saint Denis cclêhrer les vL-iles au tombeau des saints martyrs.
l e village qui se forma dans ce lieu appartint d abord a ïabbaye «In Suint-Denis : un abbe de ce monastè-e. nommé Odon, en m<j, donna ou vendit une charte de Iran, hise aux habitants. Vers cette époque, la chapelle de ce village lut érgée en cure, sous le n«m àc Chapelle Sainte-Uenerirce, nom ou elle perdit dni s la sute pour prenrlrc celui d la Chape'le Saint-Denit.
En i 368, le n>i de Na\ arre, avec ses gens • 1 1> s AugUri», sortis >if Pa<is pour se répandre dans h campagne, brûla, entre autre* ég'ises, celle de la Chapelle, et le gr- nier <m Lendit.
Le 3 octobre, le parti des Armagnacs pilla ce village et ceux des environs «II» Turent, dit l'auteur du Journal de Parie sous ■ Charles VI, à Pantin, aSaint-Ouen, à la Chapelle Saint-Di ois, o à Montmartre, à CNÉMWMÉrt..., et firent tant de maux a comme eussent fait Sarrasins; car ils pen.loient les gens I. s « uns par les pouces, les autres p«r les pied»; il» tuolcnt et « rançonnoient les autres, elTorçoienl femmes, et boutoient « feu '. b
l e 8 juillet 1418, les mêmes troupes, revenant de Meaux ravagèrent le même canton; ils mirent le feu à la Villeite à la Chapelle et ailleurs, et brûlèrent les granges pleines de blé nou-
veau '.
scènes . celui
Pendant ces règnes de malheurs et de crimes, pareilles désolèrent la Chapelle : le partie des Aru..., des Bourguignons, et des hriuands étrangers a tous Tes ravagèrent près de trente ans les environ» de Paris.
I.« Ch . pelle, au xvr siècle, souffrit beaucoup des guerres de religion.
Dans ce village, en 1427, arriva et fut lo>.ée une compagnie des Bohémiens ou Égy ptiens", qu'on ne voulut pas la.sser entrer à Paris. Ils venaient, disaient ils de la basse Egvpte leur |ay natal: ds ra.onL.irnl qu'ils avaient été autrefois Sarrasins et idolâtres, et qu'ils faisaient profession de la religion «brélienne. que lesci.ré iens, leurs voisins et leurs vainqueurs, leur m u i fait adopter par Tu ce; qu'ayant ensuite abandonné le ch> ist nni«mi', ils furent forées par les p mees chrétiens de Tuir leur pays avec leurs enfants, que le p..pc les confessa, et leur ordonna, pour expier leur apostasie, de rourir le monde pendant >« pt ans de suite, sans coucher <<ans des ht-, et que c'est à cau^e le elle pénitciicequ us se nommaient prnuanrr* ou prmttncitrt. Ils racontaient encore plusieurs autres choses aussi Incroyables.
Ils avaient un roi et unerelne. mais qui éta'enl morts en chemin. Leurs officiers prenaient les titres de due» et de comte» Cl »llai||it a ehe al. tandis que le peuple allaU a pied. Ils avaient visage basané, les cheveux tout frisés, lesore.lles percées, avec un ou deux anneaux à chacune. Les femmes étaient en ure plu- hi.teuscs que leurs maris; cependant, elles «ttira-ent de Paris et des lieux voisins un grand concours de curieux qui venaient à la Chapelle pour montrer leurs mains et se faire donner la bonne fortune Elles contaient aux maris les infidélités des femme», et aux femmes les fredaines des maris, de cetic manière ; Ta frmmt la femme, la femme l a fait eaux; et a la f. mme. Ion mari l a faitroulpe. On murmura, un les accusa de coup r les bour es des curieux, ou bien, par an magique, d enlever l'argent qu'elles contenaient, et d'y mettre le diable en I . place. Lévéque de Paris alla les «oiravec un Dré dlcateur nomme le petit Jacobin. Ce moine leur lit un beau sermon ; et l evêque les evcomroun.a. Etant ainsi sennonnésetex-
zxiïiïsF*^ d<can,p*rent de cb^ik et
Deux cents ans plus tard, le village de la Chapelle acquit un autre genre de célébrité ;cinq ou six prêtres, admirateurs particulier» de saint Jérôme, venaient dans I église de ce village célébrer, deux fois l'an. 1'oflhe en l'honneur de ce saiut I eue zèle pour le culte qu'ils lui rendaient alla même « jusqu'à obtenir!
I IflMTMl &t Pari» H(ll Ctitrlri VI, page* t cl S.
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» l%pïcr dr «iglhondt ririnurn, connut dant iont IT..ito| .• iou >rrm» : il »'. n iront*!! carorc m Fraatc, tout Louis XIT. ♦ Jnurtal ér Pari» WM I h«rh - VI cl l.hiil<» VII, saga Ht.
« fit l'abbe l.ebeuf nu os de son corps, que l'abbessedu Pre le/.a Douai, ordre de Clie .ux, Ht tirer de h table d au'el du ehu ut « de celle abbaye. L'archevêque de Paris leur permit, « n Ifiô7. d'exposer cette relique dans l'église de la Chape.le Saint-Denis.' en accordant quarante jours d'indulgences à ceux qui la vénéreraient pour In première fois; l'exposition aitin.it un concours considérable de dévots au vil âge de la Chapelle ; mais le pèlerinage tomba peu à peu en oubli; et. vers le milieu du dernier siècle, ou ne savait plu» ce qu étaient devmues les reli iu<s.
Le villaue de In Chapelle Saint Déni, a donné naissance à l'un des plus aimables poètes de France, lits n iturel du maître des compit s Françoù Lnillier, et connu sous le nom de Chapelle, emprunté de celui du villace ou il reçut le jour. Epicurien par goût, il aimait la joie, le vin, surtout si liberté, et refusa toujours de sacrifier ses goûts même aux plus grand* avantages. Son voyage, écrit avec Bachaumont. peint son caractère et la tournure de son esprit. On raeon'c que le grand Con té, l'ayant invité à souper, lui reproclu.it un jour d'avoir mieux auné s'amuser à boire avec tics amis que se rendre à son invitation. Chapelle lui répondit : « En vérité, monseigneur, c'étaient de « bonnes gens et bien aisés a vivre, que ceux qui m'ont, donné « a souper! »
Le village de la Chapelle , en grande partie composé d'auberges, appartient à l'arrondissement et au canton de Saint-Denis. Sa population est de 1,400 habitants.
Montmartre est un village situé sur une montagne très élevée nu n«rd et n très-peu dedistnnee des murs de Paris.
Dans VHistoin de Paris, j'ai pailé de Montmartre, de ses antiquités, des fouil.es qui y furent faites, etc. J'y renvoie les lecteurs'.
L'église de Montmartre avait le titre de paroisse ; un rV/u/ier- P n/en et sa femme Hodienne en firent la cession au prieuré de Snfnt-Martin-des-Champs.
Ce Vautier, possesseur de la paroisse de Montmartre, était laï |ue : -te pareils exi mplessont si fréquents à celle époque, qu'il est inutile de le faire remarquer. D'autres iBÎ pjesdonnèrei.taussi »u même couvent une petite église, située sur In penle de la montagne, dans laquelle était établi un pèlerinage trés-p oduclit : elle portait le litte rie chapelle du Saint-Martyr, parce qu'on pensait qu'en ce lieu saint Denis avait été martyrisé.
« On ignore, dit l'abbé 1-ebcuf», s'il y eut un monastère ou « prieuré de mo nés de Saint-Martin mué à Montmartre, aussi sitôt après la d»nn<ion rapportée. » Mais il est certain que, dès 1 133, les moines cédèrent leur église et la chapelle du Siint- Martyr au roi Louis eGros et a son fils, pour quilsy établissent une communauté de religieuses.
De bénedi tins furent établis à Montmartre, la même année par Unis le Gros cl la reine Adélaïde, sa femme. Elles curent l'église p iroissiale.
La reine Adélaïde, fondatrice, après avoir vu mourir le roi son époux, ci Matthieu de .Vontmorenty, connétable de Fiance, qu'elle avait épousé en secondes noces, >c retira, en 1 1 1 5, dans celte abbaye, y finit ses jours dans la retraite, et fut un exemple «le pieté monastique. Se» religieuses surent profiter des »irtus de celte illustre dévote; et la réputation de leur régularité se répandit jusqu'à la cour d'Angleterre. Slalhitde, première lemmc du roi Etienne et fille d \ Eutlathi ///, cnnve de Boulogne, leur donna, en consider itlon de leur sainteté, le droit de prendre tous les ans à Boulogne, la quantité de cinq mille harengs.
Le temps ralrntit bientôt cette première ferveur ; ces pieuses célibataires se lassèrent d'immoler la nature à des devoirs sa-
la rtre
erés Cette mère nature, appelée dans les cloîtres i. chair, reprit enfin ses dr.ûts ; et les religieuses de Mont, cessèrent de mériter les cinq mille harengs de Boulogne.
En secouant le joug d'une rè.le trop austère, les religieuses de M ont mai tre ne surent point se faire une nouvelle règle que la raison pûl avouer; elles ne lltcnt qu'un pas de ii première infraction à l'excès du désordre, que les circonstances semblaient encore favoriser.
On essaya d'opnoser une digue à leur débordement. Vers l'an 1500, Jean Simon, pour lors é»êque de Paris, conçut le dessein d établir la -' ■ — J —2-^- - —
1 Toy. UttMrt de Pmrù . Hitttirr 4h i t.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
Êii'ntit Pnrrhtr. !«.••>« de l'exécuter. Kn ISO*, il mi». iWru lahhaye de Montmartre, de* n li.iVi se* fie l'ordre rte Ki nie. vrnuli! tirées il s p ieurés d<- l> Madeleine I x Orléins cl de Foutnini » dun* leniorèae de Set lis, afin ■><■ fai-e gemu r. |«rnil ces ga<a»tes réélus»*, 'es fiUhs do la b nue discipline; Di»ii ou le mal éta l sans temple, ■ u le renè-te itaii loeufllsant, ou bien Ici lirenustan '«s If renduent tel.
Penrim t I * |tu< rres de I» Ligne. Montmartre éprouva les rnwi|r a or innées aux lieux voiins de* vll»s astiéuér* ; la plupart «'e* religieuxrs de l'ahiune se réf-giérenl dans Paris, p Urévi e iisg ltmlei esorspui ni i» de ce lempx. qui hvnieul un ■.eu» p-rttei !«• r pour le gtmUIr» *tmn*i«$; moi* trll.-» lom bénit d unécueil dans un autre. « Le changement .!<• lieu leur « lit . l aiu cr «le vie. .lit Sauv .1, e> a 1'nbln s*c 'oulo la premicc • fiiix-i hicu q-rau* elu>pel irtv • l es iCwicu-es qui e aient resé n Mott*ninrtrr éiHMj il. dil-on. les | lur jeunes : le» o lli i. ra d«' l'armer de Heurt l\ s'occupaient a rn faire ta Cttnquele, en attendant qu'il* lisent celle île la Mlle de Pari*.
l'nrmi ces »ierges o.nsa réesnu Sei.neur. se trouvait JUarit tt' Hninrillin$, a pe'ne Agée de dix-" pl un*, et dont In ligure oiai a-i**i b' I c *ine *on èae. Hi-tiri IV lu vit. t t ils s'aimèrent. Ce prince ii'a.nu t p i» à languir, et il ue languit pas.
Prlni** et roi» vont fort vile en imitât.
T.. ne jeu. e relig eu»* »entlt al«r* que da>t le monde II y avait quelque chr.se de • l> * ngiénh e nue dans la rctra te. Lorsque son dlnete amant fut obl^é «le «piLtior Moulinait ie, no pouvant se résoudre à ae sép.ner de lui, elle con* nul à le uivn- à Henli*. Elle fol tiMivnilk|ii#mcut rrc«c ilans « cite ville : mai* • Ile y éprouva combien soil fragiles les joies de ee monde. Maue de lit an *> i I ns a>ait cédé f edcmtnt : el.e lut oubliée da mê ce. Ilenri IV vit Oabrirllt d'E'Ine*; el a - o ueferie de celle lel'c eut plu* e p uv.-ir aur ton cœur que le» chai met de la tendre Cl iiaiv.- religieuse '.
Ap raqu-lque* mois de se o»r àSenlis, persuadé de l'inconst<n« e du roi, elle p it la courageuse résolution de se n tirer à Mmi martre.
Ma gie eitte disgrâce, HinH IV conserva toujours pour elle de la • ouxidémttou. Sept a ln.ii ans npics. l'abuse de Montmartre étant moite, le roi nmnm, eu iûbk, à cette ab'.'ye, M."ic de luauviliers. Ainsi, elle ne fui poi> l notasse <le Mou'm rire dan* le li nu» qu'elle était inuiiresse de Henri IV, eotuinc la iiisent i<rr»>iue lous les historien*.
t>p ndant le» r. Luieuee» <ie Montmartre, dont le inona«icre était i.is longremp» (romn eon s'cxt'iim il i«lm»] un l<en >lt |»/«Mrr, en p<oi< aux ftiuours île» miUtiirrs, auliii'i*é:-ft p l't elre par I exenipv de Marie d>' Itcauvillic s, ne comcrvervnt plus atténue iiéettiice: leursdértorilemeiit» se miunfeslè ei ta»cc i.-uit de Mandate, qi e l'on ootuaiailcommuticimnl l'abbaye le maga- $in «/?« /#.... dr (armé*.
enw nbbetse do Monlmartre, Marie de Brauvillicrs, que la dignité. I'*ge, « t p-ut-elrv l. s retnor..* nviii ni n n lue plus snje, fut fiatirx e dis désordres honteux qui régnaient dmi* le eouvi ni. et t'cflo ça d'y rétablir la règlf. Après bien du lemps et de* |»»ines. rie |«rvun à réformer une miii*on où l'ind «tlilé, l'iiupudenee et le liherl nage avaient • epui» longtemps pris In |.|iiee d«s tranquilles vertus de la »ie religieuse.
<*e ne fut qu'au bout de dit ans que eetto alibi ss? put se flatter de q<iel pirs MiC'-c* dans sa I mable entreprise; nie «mp o.va d'aï ord inu ilement l"s «oies de la d««uerur, ensuite c'ie es*«yn 1 niiiou de la doinlnatioit, < t nsM>eia le» iiltgicuaes à la di^ndc abbiiiflc, eu obtenant de Umri IV, qu'âpre» stt mort, ou p.ir en d< mission Tuloulai e, l*ai-bes*e »craii élue de t' ois ans en tro s an* par les reiigi*u*e*i mais, voy.-mi ie p< u d'efTci de • c moy. n, elle l abandonna, en feW'-c'i' ni de* eoa «jutricea. Les reliiiei.t.es ende< inrem plus furietiMSionire elle. C«s esprit* lnil..itipt<bles, •iipp u laul aveep n e I M»ujeit sw ment de la nouvelle réforme, te t'orièn nt au\ exirémiiea La ( lus viob iiUs, c allemil jusqu'à emp o\er le poison pour se iwiraj e <ie c> lté rtforu.airiiT. VCi aniid»ie" pris i. propis sauvéïenl la w i- lie l'. libc>&<-, mais ne la garantirent pat> u'une nr.<n !•• ■ il il eu I tè de pjuler it de ropircr, qui û touunenia jut iu a la meit, ait. m que de* pet sei;uueut de la plupart des rrU^ieu.cs.