CHAPITRE II
NEOILLT-SCR-Slllînt , PITEAUX , SCBISSB , LE MOST-TALBBIKK,
kaktirri , bcul, u malmaison, bocgival, lociennks,
MABLÏ-LB-BOI, FOBT-ilABLÏ, CBATOO ET CBOISSY.
Gros village, dans une très-belle situation sur la rive droite de In Seine, et sur la grande route de Saint-Germain, à trois quarts de llcuo des barrières de Paris.
Longtemps Neuilly ne fut qu'une dépendance de la paroisse de Villicis-la-Garenne. Là , vis-à-vis le chemin de Nanterre , était établi, en 1 232, un port nommé pnrtut de I.ulliaeo, ou Lugniacum, d'où l'or/ fit d'abord Xully, puis Neuilly.
En IfiOG , il n'existait pas encore de pont à Neuilly, et l'on traversait la rivière avec un bac ; mais un événement imprévu , qui manqua de faire périr Henri IV et sa suite , détermina la construction d'un pont sur cette route.
Ce roi revenait de Saint-Germain avec la reine , son épouse , dans un carrosse à quatre chevaux; les ducs de Montpensier, de Vendôme, la princesse de Conti, et le cardinal du Perron, les accompagnaient dans la même voiture. Lorsqu'on fut arrive à Neuilly, proche de la Seine, les chevaux, qu'on avait oublié de faire boire, se précipitèrent dans Tenu malgré les efforts du cocher, et entraînèrent la voiture dans un endroit si profond, que, snns les prompts secours de MM. de l'Isle-Rouhot et Chastmgneraye, qui se jetèrent dans l'eau avec leurs manlcnux et leurs épies, le roi et sa compagnie se seraient infailliblement noyés. l)e prince, étant hors de danger, se remit dans l'eau pour aider à retirer la reine; celte princesse avait bu morne un peu d'eau ; ce qui fit dire à la marquise de Vcrncull, maltresse du roi, qui n'était pas de la partie: Si j'avois vu et ipeelaele, je me teroit mi*e à crier : La Reine boit !
Cette chute guérit Henri IV d'un grand mal de dents; il en plaisantait, en disant que jamais il n'avait trouvé de meilleure recette.
Le pont que l'on construisit a l'occasion de cet événement ne dura que trente-cinq ans; il fut en partie détruit en 163». Louis XIII le fit réparer; en attendant , on y suppléa par des bacs ; mais cea réparations ne lui donnèrent pas une consistance bien durable , et l'on fut obligé de reconstruire , un peu plus haut, le magnifique pont en pierre que l'on voft aujourd'hui.
La longueur de ce pont, d'environ sept cent cinquante pieds, est alignée avec la grande allée des Tuileries. Cinq arches trèssurbaissées le composent; elles ont chacune cent vingt pieds d'ouverture et trente pieds de hauteur sous clé.
La construction est moins solide que commode pour la navigation, et plus étonnante par sa hardiesse que par sa beauté.
La poussée des arches, qui est très-consi'lérable, a été rc- Jetée contre les deux culées, auxquelles on a donné cinquantedeux pieds d'épaisseur. Les piles en ont treixe, et les voûtes cinq à la clé.
On a employé pour cette construction une excellente pierre de Saillancourt.dont on remarque des morceaux d'une longueur extraordinaire. Une pierre du p ira pet a trente-six pieds de longueur. Ce pont a été construit d'après les dessins de M. Pcrronnet, ingénieur en chef de* ponts et chaussées.
\& décintrement fut exécuté avec solennité, le 22 septembre 1772, en présence du roi et d'une foule de curieux. Il dura cinq minutes; et Louis XV passa le premier sur le pont dans sa voiture.
Dés lors Neuilly commença a prendre de l'importance ; et Villitrs-li-Carenne, dont il dépendait autrefois, en est à son tour devenu une dépendance.
En 1815, Il y eut à Neuilly plusieurs engagements entre les Français el les Anglais; le village el le pont furent abandonnés aux puissances étrangères par composition. 1-e lord Wellington établit, le 6 juillet, son quartier-général dans la maison de Saint-James; mais il en partit deux jours après. Alors les troupes anglaises et prossiennes pillèrent et ravagèrent cette belle propriété.
Comme le village de Neuilly est tout à fait moderne, il est en général bien bâti; on y remarque surtout un grand nombre de maisons de campagne charmantes, dont quelques-unes peuvent être placées parmi les plus belles que l'on connaisse. De ce nombre sont celles qu'on nomme de Sainte-Foix et de Saint- James.
La première, située près du pont de Neuilly, est construite sur plusieurs terrasses qui descendent vers les bords de la Seine : elle fut bâtie, en 1755, par le comte d'Argenson. Son architecture est à la fois simple et élégante ; de vastes et magnifiques jardins dépendent de cette belle habitation qui appartient au roi Louis-Philippe. Un beau pont suspendu réunit lesjardinB* une Ile de la Seine. La famille royale habite cette résidence pendant une partie de l'été.
La seconde n'est pas moins élégante. Elle a appartenu à la princesse Borghèse, qui y donnait souvent des fêtes brillantes, auxquelles son frère lui-même assista plusieurs fois. Les jardins sont dessinés dans le genre anglais; ce qu'on y remarque surtout, c'est le rocher. Les petites choses ne produisent qu'un effet nul ou ridicule; les grandes choses étonnent: l'habile dessinateur de ce jardin l'a fort bien senti. Ce rocher immense s'élève en forme de voussure , et semble protéger un péristyle d'ordre ionique couronné d'un fronton, dont l'architecture, déVorée d'ornements, fait un contraste bien frappant avec la forme rustique du rocher. Au milieu est une voussure en cul de four , d'où s élève une gerbe qui semble jaillir du fond. Aux deux cotés sont deux portes d'une construction analogue à l'ensemble du lu iment ; au-dessus de chacune, s'élève un piédouche, soutenant un bassin avec un jet, dont l'eau retombe en nappe.
L'intérieur de ce rocher est composé de plusieurs chambres et'galcries souterraines, et principalement d'une belle salle de bains décorée en stuc. Au-dessus de ce rocher est un vaste réservoir pour le jeu des eaux.
Le château de Villiere , appartenant au duc d'Orléans , est encore une des habitations les, plus remarquables. Le poéie Desmahts, dans son Voyage à Eponne , parie d'une petite maison située à gauche du pont de Neuilly, où se réunissaient autrefois Courtin, La Fare et le Joyeux Chaulieu.
Ijt hameau de* Terne*, situé près de la barrière du Roule, est rempli de jolies maisons de campagne; on y distingue celle qui porte le nom du Château.
Le village de Neuilly fait partie du département de la Seine et de l'arrondissement de Saint-Denis; c'est un chef-lieu de canton . Sa population est de 1,860 habitants , presque tous blanchisseurs de linge.
Ce village est situé à trois quarts de lieue à l'est de Nanterre, à une lieue et demie de Paris.
Les anciens titres donnent à ce village le nom de Puteoli ,-on le voit désigné plus tard dans les chroniques de Saint-Denis sous celui d'Aiguepainte; c'était alors un hameau dépendant de la i<aroisse de Suresne, où les habitants étaient tenus d'offrir à Saint- Dents chacun un cierge éteint le jour de la Toussaint et le jour te Noèl, et un troisième allumé le jour de la Chandeleur; on voit même qu'ils furent excommuniés pour avoir refusé de payer re tribut.
Les habitants de Puteaux furent affranchis en 1248 , par Guillaume, abbé de Saint-Denis. Un autre abbé, de l'abbaye de Saint- Germain, Guillaume Briçonnet, qui avait droit de nomination à la cure de Suresne, leur permit de construire une chapelle, mais à condition qu'elle ne serait jamais érigée en paroisse, et qu'ils ne recevraient le» sacrements qu'à Suresne. oii ils assisteraient à l'office, les jours de Pâques, de la Pentecôte, de la Toussaint, de Noël et de la Purification. La chapelle fut bâtie en 1528. Kn 1573, elle devint succursale de Suresne; enfin, en 1 7 1 7, les habitants de Puteaux représentèrent qu'il v avait dans leur village 500 communiants, que la fabrique était riche. D'après ces représentations, l'église succursale fut érigée en pa-
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roisse, « en conservant cependant, dit l'abbé Lebeuf ', des mirât ques de son aiicienne dépendance. Par exemple, le clergé de « celle nouvelle paroisse est teuu de venir, avec le» habitants, « à Suresac, le jour de Pâques, el d'y chauler compiles daus « leur ancienne enlise paroissiale. I.c lendemain . le clergé de « Suresnc *c transporte avec les paroissiens dans l'égli>e de « Pu:eau<t , où il chante la grand'niesse. Outre cela, chaque « année, les marguilliers <'e Puteaux doivent offrir le pain bénit « à Surcsuc, le dimanche dans l'octave de saint Leufroy, leur « an en patron. » La seigneurie de Pulcaux passa des abbés de Saint Denis à la communauté de Saint-Cyr.
Plusieurs personues d'un rang élevé ont eu des maisons de rampagne dans cet endroit: telles sont la maison de la duchesse de t.unhe; relie du duc de Grammont, acquUc plus tard par le due de l'enihièvre, el qui appartient aujourd hui à madame de Rosier ; on la nomme h or enfin».
Vis-à-vis Puteaux, la Seine forme une lie, où un M. de Bourgs, correcteur des comptes, donna souvent, dans une maison do campagne qu'il y possédait , dis fêles et de» divertisM lueuts. Les habitants de ce village cultivent beaucoup les roses. Il esl un champ immense, nommé Champ de Coq, qui eu est tout planté.
Pulcaux (ait partie du département de la Seine , arrondissement de Saint-Denis, canton de Non terre; sa population est de 1,000 habitants.
Village «toé sur la rive gauche de la Seine, à deux l'ouest de Paris.
Ce nom parait dériver de ers mots : twr S*4n* , et la position île ce lien, près le bord de la Seine, semble confirmer celte étymologie. Opendant I • plus ancien titre qui mentionne ce lieu lui donne le nomde£uri«*a«.Chartes-le-Simple, au mois rie mars 9t R. Ht pré ent de Suresne à Robert, abbé laïque de Sam -Germa in-des-Prés , et à ses moines. Mais cette dénomination n'est pas une raison pour repou-aer l'étymologie précédente: dans lis temps barbares, on dénaturait les noms déjà corrompus, en les htioisant.
Ce-t versée temps, à ee qu'on présume, que Suresne commença à devenir une paroisse séparée de Nanti rrc Voici ee qu'en celle occasion rnppale l'abbé Lebeuf*. a Saint l-eufroy , « aimé du diocèse d Rvreux. dans le vnr> siècle . y mourut en « 7SH. Les moines de son abbaye, s'élant réfugiés 'a Paris, avec
• le corps de leur saint abbé, à ea^e de la crainte des Nor-
• mands, s'en retournèrent lorsque la paix fut faite avec eux :
• mais les religieux de Sajnt-Germain , chez qui fis avaient « caché ces retniues , ne voulurent point les rendre, et se con-
■ tentèrent de leur en laisser emporter un bras. La terre de u Sure«nc ayant été donnée alors a la même abbaye de Saint* « Germain, comme pour suppléer aux terres rie l'abbaye de In a Cr»>x-Sainl-Leufroy, dont elle avait espéré jouir, on songea
■ à v bâtir une église, et à y ériger une cuve. Ainsi, ce fut alois, u c'est-à-dire , depuis l'an 918, que les hameaux de Suresne a et de Puteaux furent démembrés de Nanterre, chef- lieu de a lonte la Péninsule. L'église fut dédiée sous le titre de sain! « Leufroy, dont l'abbaye possédait le corps, et dont on il é ta dm a sans dôule quelques particules, pour la cérémonie. Il n'v a « pas d'apparence qu'il y eut une église en ce lien , avant le
■ transport de ce saint corps h Paris, et avant la donation de a Suresne au monastère qui possédait cette relique.
a L'édite de Saint-Uufroy. de Surefne, reçut encore, par e la suite, deux rois des reliques de son saint patron. En ma, a lorsque le corps fut transféré de la vieille chasse dans un# « nouvelle, l'a bue de Saint-Germain en lit tirer une cote, qu'il
• donna à la même paroisse; et derechef, en I50H, les anor cienws reliques ayant été perdues ou brûlées dans le temps « <li s guwres de la religion, le clergé du lieu vint recevoir, a a Paris un petit os rte la jambe du même saint, que les nabia tanU promirent de rapporter a l'abbaye, en temps de guerre a on autres dangers. »
Suresne eut beaucoup à souffrir dans les guerres de la Ligue : quelques ligueurs «'étant réfugiés dans le clocher de l'église de Saint Leufroy , et refusant de se rendre , l'armée royale v mit le feu. Le» traces eu
I llittotrt ilti iiatitt tit l*«n«, t„m. VIII, • IHd., tomr vu. arUflr tmum
Bientôt ce bourg devint célèbre par les couféreir'es qui y fun-nt tenues en 1493 entre les catholiques royaux et les au licvéques, conféreuees dans lesquelles on fit sentir à Henri IV la nécessité où il était d'embrasser la religion catholique. On pre- I para 1rs logements pour les députés rie la Ligue el ceux du roi. i Afin que le hasard seul fixât l'habitation de chacun, on donna I à un paysan un quart d'écu pour jeter le sort à croix ou pile. Il arriva que le quartier où était l'église échut aux catholiques: ce qui fui jugé de Iran augure.
Sur la fin du dernier siècle , M. Héliot. ancien secrétaire de la feuille ries bénéfices, fonda le couronnement d'une rosière, à Suresne. Otle fête se célébrait tous les ans, le jour de l'Assomption, avec beaucoup de cérémonie.
Suivant les statuts, le curé doit choisir trois filles de Suresne, au-dessus de dix-huit ans, à l'issue des- vêpres, el uotifier son choix aux syndics el nmrguiliiers de la paroisse, qui se réunis- >ent ensuite vers les six heures du soir pour procéder, par la voix du scrutin, à l'élection de la rosière. Le présent est de »oo fruncs. Cette cérémonie respectable se faisait avec beaucoup d'appareil , et attirail à Suresne. ce jour-là, un grand nombre de personues, pour lesquelles une vierge de dix-huit à viugt sus était un objet de curiosité.
dette institution de M. Héliot s'est maintenue. La cérémonie du couronnement est toujours accompagnée de la même pompe, et attire comme autrefois un grand concours de spectateurs.
Il parait que Suresue s'était acquis autrefois un autre genre de célébrité ; pendant longtemps, ses vins furent cilés parmi ceux de Kraucc les plus estimés. I n poète du xvn* siècle, Raoul Bouterais, a célébré, dans un long poème latin, intitulé Luiélia. les vins de Surcxic, qu'il place sur la même ligne que ceux d Orléans. D autres éciivains ont été beaucoup plus loin ; et la réputaiiou de ce coteau s'est tellement répandue que, en 1724 et 1 725, des do.' leurs de la Faculté de médecine de Paris soutinrent des thèses publiques pour prouver que ce vin l'emportait en qualité sur les meilleurs de Bourgogne et de Champague. Il faut avouer que de no» jours il a bien perdu de sa réputa ion. Aujourd'hui, un grand changement s'est opéré, si ce n est riant le palais des buveurs, du moins dans la culture de la vigne c da,us le territoire. Le vin de Suresne passe pour un des pic mauvais que produisent lis vignobles des enviions de Paris. L seule cause est qu'on n'y attend pas, pour veudauger, que 1 raisin soit mûr.
Ce village , dépendant de l'arrondissement de Saint- Denis el du canton de Nanterre, compte I ,J00 habitants. 11 est situé uaus une position agréable sur le bord de la Seine, et renferme plusieurs jolies maisons de campagne. En 1633,'Colbert y possédait une maison de plaisance, et M. de Lyonnc une "autre en IC09 ; mais la plus remarquable était celle que le du.; de Cbaulnes avait acquise de la marquise de Flamauville.
On nomme ainsi la montagne la plus élevée de toutes celles qui bornent l'horizon de la capitale ; elle est située à deux lieues ••I un quart à Tout si de Paris, sur la rive gauche de la Seine, eutie les deux rouit s de Yersadles et de Saint-Germaiu.
On a pense que le nom de celte montagne lui venait de Va~ làrien , père de l'empereur Gailitn ; quoi qu'il en soit , ce lieu est depuis un icmps fort reculé hubite par des ermiles et plusieurs communautés de moines, qui s'y sont succédé jusqu'à la Révolution.
tu 1400, il y existait déjà un anachorète nommé Antoine, dont la vie auslére est prônée dans les OEworudt Jean Gtrton, qui n'oublie pas de raconter combien sa cellule était étroite.
Cet « rmil.ige fut ensuite habile par soeur Guillemet!* Fauttarl, native de Paris, laquelle, sous le règne de Henri II, lit bal ir la chapelle et une grande cellule, par le moyeu des aumônes de quelques dévot» particuliers; cl ci qui t*t énerva Habit , dit naïvcineut <lu llreuil, de nuit ayant prié Dieu, elle prenait Je l'eau an pied du nuint , et port il au tammet d'icelui, en telle quantité çu elle*uffi*oit aux maçon* tout U long du jour. Elle mourut en làoi.
Jean Uouttet, adolescent, succéda à sœur Guillemtttt. On remarque qu'il parlait Ircs-laconiquement, et fut/oit en su devis lu prolixiU de* parole*. L'auteur déjà cite assure aussi que Jean lloussi i avait des usions chaque fois qu il psalmodiait.
Le* premiers ermites du Mont-Valérieu avaient élevé sur
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celte emmenée iroi> grandes croix, qui rappelaient la montagne du Calvaire, oii Jésus-Christ fut cruclfio entre deux voleurs. Ce rapprochement frappa l'imagination d'uo jeune licencié de Sorbounc , lluberl Charpentier , qui résolut d'y établir une communauté, dan» le but de maintenir le eultede la croix, que l.s calvinistes avaient, dit-on. tâché d'abolir ; el il obtint II Louis XIII. eu 168*. la permission d'y bâtir une église de la S,inlc- Croix et un couvent pour les préires destiné* à la servir.
Voici comment ce fait ist lapporté dans uu petit ouvrage contenant toutes les cérémonies usitées «u Calv.ure' : Hubert Charpentier, ri'nbord grand-vicaire de l'archevêque d'Auch, u lit' fut pas plutôt dans les fonctions du ministère qu'il se livra a tout mtier au salut des Ames; et, pour le faire avec plus de a mi ces, il inspirait à tout le monde la dévotion a la croix ; il «T pail.nt souvent des soulTiances de Jésus-Christ, el avec Innt « île Huit que les plus grands libertins eu étaient touches jus- > qu'a m verser dis larmes, l^e nouveau missionnaire s'attira a bientôt la confiance de tous lis peuples. On venait en foule a pour écouler et prolier de ses instructions; on le regardait a déjà dans le pays comme un apôtre suscité du ciel, pour ■» attirer a Dieu tous les peuples qui auraient lv bonheur de e l'écouter.
« Il fit boiir un Calvaire à Betharan. dans le diocé«e de « l.rscar, et forma un autre établissement à Garaison, où le
• Seigneur répandit ses bénédictions. La foi s'accrut, b s crimes
• dispurarail ; et l'on vit en lres-|.eu de temps d'heureux elian-
• gi-inenls dans les cœurs.
« Des fruits si abondants ne liront qu'exciter encore davan -
• tage le zèle du saint missionnaire ; les effets merveilleux et « les prodiges éclatants qu'il avait vus s opérer dans ses courses « ap stoiiipns pi.r la vertu de la croix lui firent naître le deso sein île ranimer une dévotion si précieuse, et de la faire em
• brasser s un plus grand peuple. Incertain de quel i ôte il tourc lierait ses pas . l'esprit de Dit u lui inspira, pour notre bon- « heur, de veuir planter la croix à la porte de la capitale de ce « royaume, qui, par lu multitude prodigieuse de ses habitants « et la magnificence de ses édifices, était regardée dès lois
comme la plus belle et la plus considérable ville du monde, mais aussi comme le théâtre où le luxe et la vanité régnaient < avec le plus d'empire. Ce saint prêtre le persuada qu'en ele- « \unt un Calvaire a côté de celte superbe ville, il opposerait « une barrière a l'impiété et au libertinage; U espérait même « que l'objet adorable de notre rédemption , placé sur un e lieu éminenl , se ail pour fous ces riches sensuels un conll- « nucl avertissement de pénitence, et que peut-être plusieurs « de ces mondains . apercevant ce nouveau Calvaire . auraient « boute de couler leurs jours dans l'oisiveté et la mollesse, et a viendraient au pied de la croix de Jesus-< hnst briser leuis a idole», et lui faire l'heureux sacrifice de leur vanité.
•< Animé par de si grandes espérances, il quitta, au grand « regret îles p up'cs, le diocèse d'Au-h, et vint, sans différer, a ou le Seigneur l'appelait La Providence le conduisit sur le a Mont-Valcrien. Il vit que celte montagne dominait sur tout a Paris ; que, par son heureuse situation, elle pré-enlait un speca tacle qui , en effaçant tout ce que l'art a jamais inventé de « plus beau, donnait a l'homme une riche idée de la grandeur
• et de la magniûccuce du Créateur. Tous ces villages, remplis « de peu pli s lideles, dont la montagne est environnée, lui assu- « rnicnl pour la croix un grand nombre d'adorateurs. 11 apprit « même des habitants que, du temps de François I". on y avait
• plante trois croix, et qu'on y avait trouvé une grande pierre
• sur laquelle étaient représentées les circonstances de la Pas-
• lion de Jéaus-Christ : ce qui faisait qu'on lui avait donné le
• nom de M.mlnijne de» Troit-Croix.
« M. Charpentier ne poiivHtt désirer un endroit plus propre ■ " «.plus convenable a sou dessein : aussi se detcrmina-t-il à y " gkjgtnn Calvaire. Mais comment réussir et lever les obsta- " sriiiiéi.se présentaient? Ce terrain appartenait a plusicuis Suinte tieni n'avaienl nulle envie de le céder. Messieurs de u p,t-ien'inis ; ne et les religieux de Samt-Deniay avaient des pour l'squcrir ëf't du rredit et des sommes considérables „ tait'- il ^vait par ïûfife un établissement tel qu'il le dési- " ^e aucune ressource; il se trouvait
« sans biens, sans appui ; on lui faisait même chaque jour de « nouvelle* difficultés, et, à ne consulter que se* propres forces, « ton projet ne pouvait réussir. Mai» lemmt homme, qui avait « éprouvé plus d'une fois que Dieu n'abandonne jamais ceux « qui travaillent pour sa gloire, ne se décourage pas. Dés qu'il
■ eut obtenu la permission «M. l'archevêque de P«iis de bâtir
■ son Calvaire, plein de confiance dans le secours du ciel, il va u ni cour, obtient une audience de M. le cardinal de R.ohe- « lieu, lui expose simplement sou projet et les fruit» qu'il en « espère. Ce grand ministre lui fit un accuci' des plus fa>ora- « bles, lui promit sa protection, et, pour l'en a-surer duvautage, « il lui fit des ce moment de grande* libéralités.
o Un si heuri ux commencement lui lit espérer de nouveaux « sucées. Son projet s'étant répandu a la cour et à la <i'le, il y ii trouva de grands prnbcteuis. M. le prince de Conti et M. le » cardinal de l-aioche'oucault, alors abbé de Saiiitc-Ccnc*iè*e, « emp'ovèrent leur crédit pour le faire réussir; il en tre»-|>eu a de temps toutes les difficultés s'évanouirent.
« Des que M. Charpentier se vil en po>s ssion du terrain, il a planta trois croix sur cette montagne , lit bàir une c«li e et
■ une maison pour servir de retraite â plusieurs prêtres i|u'il f s'était associés; il obtint des lettres-patentes de l ouis XIII « nu mois de février 1640, qui rurent enregistrées au parle- « ment ; elles don.ient permission d'établir une congrégation de I prêtres au Mont-Valerien, pour v vivre conformément aux « statùU de M. de Condy, alois archevêque de Paris, avec le « pouvoir aux iils prêtres de s'établir partout ou les evéques « voudraient les appeler. »
Des privilèges furent accordés par Louis XIV a celte congrégation chrétienne : ce qui attira plusieurs ecclésiastiques qui lui i onsite rerent leurs biens rt le reste de leurs jours.
Cependant , après In mort de Charpentier, arrivée en tfi.'.n, ses confrères, ennuyé* du séjour du Calvaire , vendirent, en ifiria, leur communauté aux Jacobin* de la rue Saint-Honore. De leur côté, les ermites, fatigués aussi de la solitude, vendirent leur communauté nux mêmes Jacobins; mais le chapitre de la cathédrale de Paris, dont dépendaient les deux communautés, refusa de ratifier les traites, et se hntu même d'y placer d'autres prêtres; aussi, dit Saint-Foix . « lorsque les reliai- ux se •' présentèrent pour en prendre possession, la montagne souffrit « une espèce de siège. Les prêtres et les Jacobins formiient les n deux armées; les gens de Nantcrre vinrent au secouis des
■ premiers; les religieux éiaient secondes par les habitants du
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a delà place. Cette guerre ecclésiastique lit tant d'éclat q ie le « rot ordonna au parlement de prendre au plus tôt connaisu sance de cette affaire ; et . par un arrêt contradictoire , iuter- « venu eu tutSI, les logements et les biens furent restitués a « leurs premiers possesseurs. Celte aventure fut célébrée dans (i plusieurs écrits, et surtout dans une pièce de deux mille vers (i de la composition de Jean Durai, prêtre et bachelier eu thé.i- « logie: elle parut imprimée l'année de l'arrêt du parlement a sous ce titre : Le Calvaire yrofani par le* Jacobin» de la rue « Saint-Hongre, etc. ».
Le calvaire attirail autrefois un grand concours de dr\..ts , qui venaient la nuit du lundi et du vendredi -sainl pour faire des stations: les uns portaient une croix bien pesante, ou se fai- aient fustiger en chemin; d'autres, ne pouvant jouer des rôles si difficiles, se contentaient d'être simplemei.t spectateurs bénévoles. Comme ces actes de dévotion se célébraient à la renaissance du printemps et dans le milieu de la nuit, les pèlerins et les peleiines faisaient souvent des stations dans le bois de Boulogne, avant d'en faire sur la montagne du Calvaire. I.a galanterie et le plaisir remplacèrent plus tard le zèle et la pénècnce ; et plusieurs-péchés se commirent «u lieu même de leur, expia-
Les religieux, pour attirer davantage les fidèles par l'appât de la curiosité, avaient fart construire derrière le grand autel de leur enlise une représentation du tombeau de Jesus-Chri«t, orné de statues de grandeur naturelle; et, pour faciliter l'accès de la montagne, ils avaient pratiqué dans les endroits les plus difficiles des rampes et de* terrasses De chaque coté de ce» rampes, de di-lnnce en distance, des chapelles, qui figuraient les stations de la Passion, étalent également décorée* de ngure* de grandeur
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naturelle, et offraient les principaux actes de la Passion de Jésus-Christ. Ces chapelles étaient fermées ; et les bonnes gens jetaient, par dévotion, de la monnaie à travers les barreaux de la porte
Ces pèlerinages, et les désordres qu'ils entraînaient, furent . enfin sagement réformés. Kn ioîiï, l'archevêque de Paris dé- \ fendit aux prêtres de la croix d'ouvrir dorénavant lenrs cha- , pelles pendant la nuit du Jeudi au vendredi saint ; et enfin les deux communautés furent supprimées par suite du décret de l'Assemblée constituante, du 18 août 1791.
Cependant l'église et les bâtiments des couvents subsistèrent longtemps encore ; et, lors de la tenue du concile convoqué à Paris par Napoléon , ils devinrent le rendez-vous d'un grand nombre de prêtres et d'évêqncs, qui toutes les nuits y tennient des conciliabules. Napoléon, déjà indisposé par l'issur du concile, donna sur-le-champ aux grenadiers de sa garde l'ordre de se rendre sur le Mont-Valérien, d'y saisir les con$piratturs , et de raser jusqu'aux fondements et le couvent et l'église, l'ne nuit suffit : tous ceux que les grenadiers rencontrèrent furent arrêtés; et la maison fut détruite de fond en comble.
Toutefois , comme une aussi belle position ne pouvait rester inoccupée. Napoléon voulut que sur les ruines de l'ancienne communauté s'élevât un édifice destiné à recevoir unesuccur-
rale de la maison d'Écouen; plus tard il ïhangta d'avis, et voulut en faire une caserne. Ce bâtiment touchait à sa fin, lorsque l'Empereur rut précipité du trône.
Depuis cette époque , le Mont-Valérlen fut donné aux pères de lu Foi, qui habitent de temps en temps les restes des monuments renversés sous l'Empire. Ces religieux ont converti une partie de la caserne en église, dont la façade et le chœur sont seuls achevés. Le fond de l'église est encore à construire ; les deux ailes du monument sontdestinées aux logements des pères, qui paraissent prérérer le tourbillon du monde â la solitude du Calvaire.
Les pèlerinages à la croix ont aussi repris leur ancienne ferveur; et cette dévotion, réchauffée, attire, chaque année, le 3 . mai et le 14 septembre, sur la route du Calvaire, une certaine quantité de mendiants, de dévots, de curieux, etc.
Dans le cours de cet ouvrage, il a été plusieurs fols et il sera plsicurs fois encore question de reliques de la vraie croix ; c'est surtout en parlant du Calvaire, et de la parcelle de cette croix qu'on y conserve, qu'il convient de donner des détails sur l'authenticité de cette relique. Ce qui suit est extrait du petit livre imprimé â l'usage des fidèles qui fréquentent le Calvaire '.
L'impératrice sainte Hélène, depuis qu'elle avait embrassé la foi catholique, était tourmentée par le désir de découvrir la vraie croix : ses tentatives, souvent répétées, furent toujours infructueuses. Elle voulut, à l'âge de quatre-vingts ans, accompagner dans la Terre- Sainte son fils Constantin, bien résolue à relever tes temples détruits par les juifs et par les païens.
« Sainte Hélène eut des conférences nvec les chrétiens les « plus vertueux de Jérusalem, et fit venir même quelques juifs a qui passaient pour instruits, afin de savoir ce qu'était dea venue la sainte croix '. » Elle n'apprit rien de positif, sinon que , selon la tradition , les juifs l'avaient cachée sous terre , à côté du Calvaire ; mais on ignorait en quel lieu ; et l'étendue de la montagne rendait très hasardee l'enlrcprise de sainte Hélène. Cependant cette impératrice ne te rebuta point. « Elle fit « fouiller dans un endroit que l'Esprit-Saint semblait lui indi- < a quer. Un grand nombre de soldats et d'habitants du pays a furent employés par ses ordres à ce grand travail. Après bien a des peines et du temps qu'il fallut pour remuer une quantité a prodigieuse de terre, l'on découvrit enfin le Saint-Sépulcre, a auprès duquel on trouva trois croix.
a Ce fut une grande joie pour sainte Hélène, et pour tous ceux a qui l'accompagnaient, d'apercevoir ce monument si respec- « table. La joie cependant fut bientôt troublée parla difficulté
< La CBiHtUnlMM, qui pcaetre partout, «'«labUl juaqae «ir II montagne do C*lT*lrc. Pour réveiller ta grnéroaiu* *•» booncs Amen, H lea déterminer A jetrr dévotement beaiiMHip de monnaie dut lea rbaprlle* on sont représente* le» anjalere* dr li l'ution, on j clouo par terre pluaieura piteee itc monnaie. Mal» lliaaiidilé, qui n'avait pat le lue la in*me empreinte sur le fer de» eloua que aar le eul»re desgrot tout. Il découvrir la ulule niae.
» PHfrinf, «ta Caiaatrw, aar U Honi - Y oUri** , par M, de pTéif« »tre»* du Monl- Valérie».
» PiUrimf du Crteair», rte , page SI t.
a de reconnaître la croix du Sauveur d'avec celles des deux lara rons: le titre de celle de Jésus-Christ et les clous avec lesquels a il avait été attaché auraient pu la faire reconnaître; maison « les en avait arrachés, ils étaient confondus dans la terre; et, « quelques indices que l'on eût, les preuves paraissaient trop a faibles pour s'en contenter.
« Dans cette circonstance, sainte Hélène fit apporter un mort, a L'on appliqua sur le cadavre les croix l'une après l'autre ; les « deux premières ne firent aucun effet ; mais, à la troisième, on a vit le mort se lever tout-à-coup, et, comme un autre l,a»are, « ressusciter à la voix du Sauveur. A la vue d'un prodige si a éclatant, tout le monde se prosterna pour adorer ce bols sarré ; a et, dnns le même moment, on fut témoin d'un autre miracle a non moins éclatant :
a Saint Maeaire , évêque de Jérusalem , pour augmenter la « foi des peuples, fit transporter les trois croix chez une dame « de la ville, qui était à l'extrémité, et qui était même agonl- >i santé; ce fut là qu'en présence de l'impératrice, et d'un grand u nombre de peisonntsqut l'avalent suivie, il appliqua sur la a malade les croix des deux larrons, mais Inutilement. A l'apa proche tic celle du Sauveur , la moribonde ouvrit les yeux , o sortit du profond assoupissement où elle était ensevelie ; la « joie parut sur son visage, et elle rendit elle-même grâce a c Dieu de sa guérison ». »
La découverte dont nous venons de parler fut faite l'an Sîfi de l'ère chrétienne.
Sainte Hélène envoya un morceau contidérnblt de la vraie croix à l'empereur Constantin , son fils , qui le reçut avec une joie et un respect inexprimables. De là viennent toutes ces reliques de la vraie croix conservées dans un grand nombre d'église?, et entre antres au Mont-Valérien. Voici ce qu'on trouve encore à re sujet dans l'ouvrage.
a Le morceau de la vraie croix, qu'on voit sur le Mont-Vna lérien, est une relique des plus authentiques : elle a appart* m< a à Manuel Comnène , qui gouverna l'empire d'Orient depuit a l'an 1 1 43 jusqu'à l'an 1 1 80; et elle est parvenue dans la suite a des temps à madame la princesse palatine, qui la légua, en « 1683, aux religieux de l'abbaye de Saint-Germain- des-l'rés , « avec sa croix de pierreries.
« Celte pieuse princesse attesta, dans son testament, avoir « vu cette portion de la vraie croix dans les flammes sans bru- « 1er; et madame la duchesse de Brunswick, sa fille, dit que « ce prodige arriva en présence de plusieurs princes et persona nés de qualité.
« Les religieux de Saint-Germain, se voyant en possession a de ce sacré dépôt, pour répondre aux pieuses intentions de a madame la p • incesse palatine, crurent qu'il était de leur « devoir de consacrer celte sninlc relique à la vénération puer blique : ce qu'ils firent, le J'J septembre 1684, dnns une » translation solennelle, où feu M. de llarlay officia pontillcn- « Icmcnt. Ces religieux, en mettant le bois de la vraie croix o dans un reliquaire, coupèrent une petite croix dont ils tirent a présent a M. Hugues Jannon, prêtre, ancien obédieucicr de a l'église collégiale de Saint-Just, à Lyon.
« Le sieur Jannon, après avoir gardé plusieurs années cette a relique, la donna it sa mort à M. de la Chetardie, eun- tic « Saint-Sulpice, qui, du consentement de M. le cardinal de « Noailles, archevêque de Paris, la remit à M. les prêtres du « Mont-Valérien *. »
La croix, signe adopté par les premiers chrétiens, était-elle la même que la croix instrument de supplice? Il est certain que Ici croix des premiers siècles du christianisme différaient pour la forme de celles qu'on voit de nos jours.
8 V. — nTaaSMTa).
Village situé sur la route de Paris à Saint-Germain, * ~° près à égale distance de l'un et de l'antre. ^anciens
L'abbé Lebeuf place Nanterre parmi les lieux taranièrp cerdu diocèse de Paris. Il est du moins connu d'vfteir*todorum~ taine depuis le v» siècle : il portail alors le note lieu Huit c©n- D'après cette dénomination, il parait,,^ |C même ndroit uû sacré", du temps des Gaulois ; ainsi
.,-» ht, *««. »•••
' IV/rriaaje du Calmire, '*r-,^ej ju à SIS.
« PrltHnegedu Caltoirt.rfa' ■ r(,ll)nicncrOt pir la r.n* i»rm ;0((i ' Toua Ira nom. a/oira. ■•.,jYbbi.<w , -tanlM ; ,V,m«i«»'*m ; \rmot,t ■jurnljrs «actuaire». '
HISTOIRE DES ENVIRONS DE i'AMS.
culte moderne tarait succédé à un culte antique, a Ce lieu se « trouve sur la route que saint Germain, évéque d'Auxerre, « tint pour aller gagner un port de mer, lorsqu'il fut envoyé
• dans In Grande-Bretagne par les évéques de l'église gallio cane, vers l'an 429. Saint Germain, y passant, y discerna la « lille de Sévère, habitant de ce lieu, parmi la multitude de a personnes qui s'étaient rassemblées peur le voir, avec saint a l.oup. évéque de Troycs. Il la fil approcher, la mena à a l'église, où il récita les prières de nones et de vêpres; et, le « lendemain, H lui fit déclarer, ainsi qu'elle le lui avait promis « la veille , qu'elle désirait embrasser l institut des vierges « chrétiennes : il l'affermit dans cette résolution, el lui donna « une pièce de cuivre, ou < ''oit gravée In figure de la croix, lui « disant «le la forUr il Min cou. an lieu de ces colliers que les « filles mondaines portaient, n Saint Germain, dit -on. assura les parents de celle jeune lille qu'à sa naissance' les anges en niaient été si joyeux qu'ils avaient fan ce jour-là une grande fétc dans le ciel.
A la mort de Geneviève, il s'opéra une foule de miracles sur son tombeau. On éleva dessus une chapelle; et la jeune fille fut presque aussitôt déclarée sainte. Alors la ville de Paris, elle-même se mit sous sa protection, et la prit pour patronne.
Un poê'e du xm* siècle raconte l'un de ses miracles; c'est la récité soudaine de ta mère de sainte Geneviève, pour avoir empêché sa fille d'aller n l'église, où l'attendait saint Germain, et sa gtiérison par la grâce de Dieu.
Cette guérison miraculeuse est sans doute l'origine des fréquents pèlerinages qu'une multitude de personnes affligées viennent faire à Nanterre, pour y chercher des consolations.
Il n'e*t plus fait mention de Nanlerre jusqu'à l'an 591, où Clotafre 11 y fut baptisé. En le tenant sur les fonts, Gonlrand lui adressa ces paroles : Croissez, mon enfant, roulez- vous digne du grand nom que tous portes et décernez autti puissant que Clolain
On voit par une bulle d'Alexandre III qu'en 1 163 Nanlerre i appartenait à l'église de Sainte-Geneviève de Paris; en 1S53, l'abbaye de Saint-Gerniain-des-Prés était en contestation avec relie de Sainte-Geneviève sur la dlme d'un canton de Nanlerre. Les habitants de Nanterre étalent encore soumis à un droit assez singulier envers le maréchal de France, a Ils lui devaient « chaque année, le jour de saint Jeau, trois sous pour son droit
* de maréchaussée : outre cela, tous généralement, excepté « les hôtes de l'abbaye, demeurant dans le cimetière, deveimt a au même maréchal de France, le lendemain de Pâques, un « denier, et un pain de la granleor du pied d'un cheval. Vnum « panent ad magniiudinem pedis equC.n
Du reste , l histoire de Nanterre offre peu d'événements dignes d'être rapportés. On sait seulement qu'en 13-10 les Anglais, qui venaient de prendre et de brûler Saint-Germaùven- I.nyc, tirent éprouver aux habitants de Nanterre les mêmes désastres; et qu'en Mi 1 ce fut un des lieux où les mêmes Anglais, réunis aux Armagnacs, commirent le plus de cruautés : u pendant les uns, dit l'auteur de la Vie de Charles F/1, noyant <r les autres , ou exigeant des malheureux habitants plus de cr rançon qu'ils n'avaient de bien, n
' Il y avait à Nanterre deux églises : la paroisse, qui est du titre de salut Maurice, el dont la tour parait être de la fin du xm* ou du commencement du xiv* siècle, et la chapelle de sainte Geneviève, la pins ancienne des deux. Suivant la tradition, cette église était située à la place de la maison des père et mère de cette sainte. Au milieu était un puits qui servait au ménage de cette famille : c'est pourquoi l'eau qu'on en tire a la réputation de faire beaucoup de miracles.
ou fftmttis, Clermool en Auvergna; Kemttaeum, Arra*; ftenutu, peuple de l'AlMCe, etc., donnent loua un Heu eonMer* * qorlqu« dltinilr<. Le poêle Foftunat, qui écrivait dans sn lentp» ou la langue celtique CUii encore rn vigueur, 1 propos du mot vtrntmtlii, dit que utmtiti tignifle (tnum ( lieu i»cr«).
Sam,», xiwd'i «od.it vectoi* m*uM< OW «Mil /■■«<• injcn» ««Mira liuynm rtft n.
Ail»! de Ifantrrre, qui du tempa dea Gaulai* «lait on «eu de culte. < llisloir, du HœUt dt Paris, par l'abbe Lebour, lomc VIII, page « I S et suivantes.
t UisMr* du diettu dt Paris, par Pobbé Lebeuf, tome VIII, page» 1 13 et .uiiontM.
» te Laboureur, Hisloirtdt Charttt »7, paï« 7S*.
Autrefois, le peuple venait en foule s'en abreuver. On en remplissait un baquet de pierre, auquel étaient attachées avec une chaîne deux grandes cuillers de fer, où les dévols buvaient à longs traits cette liqueur miraculeuse. L'eau du puits de cette chapelle- opéra, en 1590, dit l'abbé Lebeuf, un prodige sur les cheveux du marquis de Souhisr; et il arriva une autre merveille, dit-il encore, sur un gentilhomme huguenot de sa compagnie.
Louis XIII, à son retour de Savoie, en 1630. vint à cette chapelle rendre grâces h la sainte de la guérison d'une maladie. La reine, son épouse, qui, pour avoir un fils, avait fait des vœux dans toutes les églises où était un saint un peu en réputation, vint dans cette chapelle le 3 janvier K.SG, y lit ses dévotions, et y laissa des présents d'argenterie et de linge. Plusieurs autres personnes distinguées ont fait également des dons à cette église. Le puits ci-dessus mentionné subsiste encore dans une petite cour ; mais la chapelle est détruite. Sur le puits ^st placé (1 un coté un tronc, de l'autre un seau toujours rempli et un verre pour la commodité des buveurs. A côté, on voit une ligure de sainte Geneviève.
En dehors du bourg, sur le chemin de Chatou, était aussi une très-petite chapelle de sainte Geneviève, placée, à ce qu'on assure, dans l'endroit où cette bergère gardait les troupeaux de son père. Les ge>is de bonne foi, qui croyaient que la protection des bienheureux s'achetait, jetaient, par la porte, des pièces de monnaie, afin de se rendre la sainte favorable.
Cette dernière chapelle a été détruite, et sur son emplacement on a élevé une simple croix en bois pour en perpétuer le souvenir.
Nanterre était autrefois un lieu fortifié, entouré de tours el flanqué de murs; on voit encore les restes de ces fortifications, ' qui, depuis la Révolution, ont presque partout été remplacées par des promenades garnies d arbres. Sa population, qui s'élcvafl en 1750 k 1.858 habitante, est aujourd'hui de 5,860. C'est un chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saint-Denis, et la résidence d'une brigade de gendarmerie. Le Calvaire fait partie de la commune de Nanterre.
En 1815, Nanterre fut témoin d'un engagement des plus vifs, où un bataillon prussien fut taillé en pièces par les Français.
Fort village situé près de la grande route de Paris à Saint- Germain, à deux lieues de la capitale, et à une lieue et demie de Marly.
Si Ruel est le même qne le Rotalajum ou Rotalagtnsis tilla, dont parle Grégoire de Tours, comme le sourient M. de Vallois, et après lui Piganiol, il fut la première maison de campagne que les rois de la première race ont eue aux environs de Paris ; mats si les noms latins cités par cet historien signifient • Roule, comme le prouve assez bien Sauvai, alors le bourg de Ruel ne doit point se prévaloir de cette haute antiquité.
« 11 est certain' qu'il y avait anciennement sur la monn tagne, au midi et nu couchant de Ruel, bien plus de bois e qu'on n'en volt aujourd'hui. Les premiers rois de France en « firent couper pour se bâtir en ce lieu un château, d'où ils a allaient chasser dans cri forêts conllguês et voisines; et, par « la suite, ce lien, qui était du territoire de Nanterre, en a « té « détaehé lorsqu'il s'y rst trouvé un uombre suffisant dVhabi- • tants pour y former une paroisse, s
Dans les chartes , ce lieu , situé dans le pays appelé pincerais, est nommé Riolium, Riolitu, Riogitus. Kn 817, l'empereur Louis-le-Débonnaire donna au monastère de Saint-Germaindes-Prés une pêcherie située sur la rivière de Seine, dons le lieu de AtoiiHf, nom que tous les annotateurs traduisent par Ruel.
En 840 , Cbarles-le-Chauve fait don k l'abbaye de Saint- Denis du lieu (rifto) de Ruel (Riogilum) avec toutes ses dépendances, à condition que les moines de Saint-Denis feront après sa mort, nuit et jour, devant l'autel de la Sainte-Trinité, brûler sept luminaires : un pour son père Louis; un autre pour sa mère Judith; un troisième pour lui; un quatrième pourHyrmlutrude, autrefois son épouse; le cinquième pour sa femme Richilde, reine; le sixième pour tous ses enfants morts on vivants, et le septième pour Boson et Widon, et ses autres familiers. Il
< IMoirt du dMudt Ptrit, par l'abbé Lebeuf, tome VII, page I4«.
HISTOIHE DES ENVIRONS DE PARIS
veut aussi que le réfectoire de celte abbaye soit éclairé par quinze (lambeaux \
Depuis ce temps, l'abbaye de Saint-Denis lit des augmentations à la terre de Ruel ; et eetle propriété était devenue trèsconsidérable, lorsqu'en I63& elle fut vendue au cardinal de Richelieu, moyennant 12,000 livres de renie
Apres la mort du cardinal, cette vente fut révoquée; et les abbés continuèrent d'en jouir jusqu'à ce que la nnnst? ablmtiale fût attribuée à la communauté royale de Snint-Cyr {Voyez ci-dessus, article. Sauvt-Cyr).
Richelieu choisit Ruel pour son séjour ordinaire II fit réparer, augmenter, et considérablement embellir le château et les jardins; en sorte que sa maison de Hnel surpassait en magnificence toutes les maison « royales alors existantes. C'est dans ces vastes jardins que l'on vit pour la première fois des cascades artificier es.
Pendant le gouvernement de ce fameux ministre, il se passa à Ruel plusieurs événements importants, qui ton* caractérisent sa puissance tyrannique. Le malheureux maréchal de Marillac y fut condamné le 38 mal 163ï; et c'est encore dans le même cbà'eau que se faisait, dit-on, une foule d'exécutions secrètes, où la vie des citoyens était sacrifiée a la cruelle politique de ee cardinal. On a beaucoup parlé des oublitttt* du chMeau de Ruel.
Un autre homme y finit ses jours le tH novembre tfiSS : c'est le père Jouph, capucin, aussi adroit, et plus ferme peut- ! être que le cardinal, dont il était le conseil. Il fallait à ce mi- : ntstre un homme qui le secondât dans ses projets : il le trouva dans un couvent de capucins.
Sous le régne de Louis XIII, il mourut à Rue) un nommé Zoga-Chri$t. qui se qualifiait de roi d'Ethiopie, f/es uns le reconnurent pour tri; d'au'resle regardèrent comme un aventurier ; le cardinal de Richelieu en faisait peu de cas. Apres sa mort, on lui fit l'épitaphe suivante :
Ci-gist do roi d'Ethiopie L'original ou U rnpie. - Fut-il roi ne le fui-ll pas?
La mort termine les débat».
Après la mort du cardinal de Richelieu, le château de Ruel échut à sa mère, la duchesse d'Aiuuillon. Celle-ci en jouissait lorsque la coin-, en 1648. menacée par In Fronde, s'y retira. Quelques années plus tard, Louis XIV manifesta le désir d'en fai e l'aequisiiiin ; et, comme les désnsdc Louis XIV étaient à peu prés des ordr.s, la duebesse d'Aiguillon envoya à Colbert un mémoire des lomm s énormes auxquelles s'étaient élevés les embellissements et Jes réparations de celle terre, avec une letire »u elle exprime le regret qu'elle aura de se défaire de sa prop iété. Ce mémoire, qui serait encore eflrayaut de notre temps, et qui donne une idée de la fortune du cardinal-ministre, se montait à 9ît*.«Oo francs ».
Quant à la ville, elle eut lieaucoup à souffrir, en I3<6, des troupes anglaises de Henri IV, qui, après «voir saccagé Saint- Crrmain-en-l.uye , firent une irruption sur Ruel, où elles piller, ni et ravagèrent et- qu elles ne réduisirent pas en cendres. Cciciitnnt tout fut bientôt réparé; et lorsque Itichelieu vint s'y fixer, la Mlle commença à se peupler, car, la plupart île» air lires publiques se traitant à Ruel, un grani nombre des m» ml> cs du < oustil y achetèrent ou y fnent bâtir des maisons de fatnraroe.
On a donné a Ruel le titre de ville ; il est certain que ce lieu était entoure de murs, et que sa population s était considérablement accrue depuis le séjour de Richelieu : il y avait, en J 709. 400 feux , cl le Dictionnaire universel de la France y compte, en 1726, l .03-1 habitants.
Depuis, l'importance de cette ville diminua par degrés; et «on cUteau, mmis 1 s successeurs de Richelieu, perdit sa vogue. Cette terre subit, en 1 7113, le sort de toute* les propriétés uatioiialts, et, après avoir passé entre les mains de plusieurs acquéreurs, devint le domaine du mai échal Massi.ua Ko i»iâ, Itu I lut pris et p lté par les troupes anglo prussiennes ; les
• Hcruril dt>H„ior,rK, J- France, luim- MU. |IJ(:.- i.i-..
■ liuliU tknni»»m, Umr VII. roi ir H l — lliil-f, 4» ,»>■*■>$* 4c
PririM. I ll.riil. 1 ni-.i- V||
' rr "''■■">"" Quille ilau, ii- f„r,.jr de il. Uch.rl aux <Kr„ ,» , i/,<
Prussiens dévastèrent le parc du château, pendant que les Anglais >uraîenl sur la Malmaison.
Aujourd'hui, Ruel conserve encore \tn air de ville : les rues i y sont bien pavées, les maisons bien bâties, et ses monuments mériicnt quelque attention.
L'église de la paroisse est belle pour une église de village. La première pierre m fut posée l'an 1684, par Antoine, premier du nom, roi titulaire de Portugal, et par ses (ils, Don Emmanuel et Don Christophe, qui se trouvaient alors à Ruel. Le portail de cette église, dû à la munificence du cardinal de Richelieu, a été élevé par l'architecte \* Mercier, le même qui a fait le portail de la Sorbonne, à Paris; il est orné des ordres dorique et ionique. On y voit deux statues s -ulptées par Sarrasin.
Dans l'Intérieur, on voit un monument sépulcral élevé à la mémoire de Joséphine.
Eu bâtissant cette paroisse, on a conservé le clocher de l'ancienne église ; il est de forme octogone, hàli dans le genre de toutes les églises de l'Angleterre : ce qui a fait penser qu'il fut l'ouvrage des Anglais, qui multiplièrent ces sortes de clochers, pendant leur séjour en France.
A l'extrémité de la paroisse, sont les ruines d'une ancienne chapelle dédiée à saint Cueupkai. que les gensdu pays appellent Quicuenfat, et que quelques-uns honorent encore par des pc- Ic'inages et des bougies, peut-être à cause de la singularité de son nom '.
On voit, à l'entrée du village de Ruel, du colé de Pans, de superbes casernes bâties en même temps cl sur le même plan que celle de Courbe voie : elles se composent de Iroi* rorps tic logis, précédés d'une grande cour, fermée par une grille élégante. Ces casernes furent, en l»U. de même que celles de Couebevoie, converties en hôpital militaire, puur recevoir les soldats russe*, blessés sous les murs de Paris; en tsi-î, elles furent occupées par les troupes prussiennes; aujourd'hui elles sont affectées aux Suisses.
Le parc du chatea i a été fort embelli par le général Mas«éna. pendant qu'il en était propriétaire. La superficie de ce parc est de 160 arpents. Il fit aussi réparer et décorer techaleau.
Le village de Ruel f-it partie du département de St iue-et- Oise, et de l'arrondissement de Versailles, canton de Morly-le- Roi ; sa population est de 8,414 habitants.
§ Vit - La MBlaaalMa
Ce château, situé sur la roule de Saint-Germain, au-delà du village de Ruel, est un des plus renommés des environs de la capitale.
Ce lieu tire sou nom de mala domu, ou mauvaise maison. En 1244, elle n'était encore qu'une simple grange dépendante de la paroisse de Ruel. On voit, au xiv' siècle, des hommages de ce lief rendus à i'abbé de Saint- Denis. En I6ï3, Christophe Perrot, conseiller au Parlement, en était le seigneur.
Au commencement de la Révolution, la Malmaison était devenue l'un des plus agréables séjours des environs de Pans. Delillc, dans son poème des Jardins, le place parmi c> u\ qui ont mérité de fixer sou attention, et Dcdlle avait clé S même d'apprécier tous les agréments qu il offrait. C'esl la qu'il traduisit une partie des (jeorgiques.
Ku i;uj, la Malmaison, vendue comme propriété nationale, fut achetée par M. Lecouleux de Cauteleux, qui fut depuis sénateur. Joséphine Taseher de la Pagerie, veuve Rvauhainais, eu lit peu de temps après l'acquisition. Elle mit dès lors tous ses soins à embellir cette retraite, déjà connue par la beauté de ses jardins et des eaux abouilantes qui les arrosaient C'est à lu Mfllmïtison que te retirait Joséphine, lorsque son second mari, suivant le cours de ses victoires, volait à ces destinées inouïes qui en ont fait un homme extraordinaire ; elle y donnait des Mes brillantes que son époux savait faire tourner au profit de sou ambition.
C'est à la Malmaison, a-t-on écrit, que furent préparés tous les ressorts qui devaient opérer la fameuse révolution du is brumaire.
Devenue impératrice, Joséphine conserva sa prédilection pour lu Malmaison : c'est là qu'elle passait tous les mon» nts que lui
i i;i- >.MiilCucij|*al«i«|*aBi^^ .1 fol un d« bl*nh»ur.-u« .ju. wuffrirnil le uiaeiji.- wu» l>m»«r.i. n>«- 1 -u, „
IIISÏOIIIK DES ENVIRONS DE PARIS
la ssaicnt les obligations de ton rang. I.n Malmaisou reyut alors do grands embellissements; l'impératrice y établit uu musre cnmnrré surtout à l'histoire Dalu relie, et où elle avait réuni le- production* de toutes les parties du monde. Par ses soins, un jurdin botanique, uo« ménagerie et une école d'agriculture, , furent établis.
» l e jardin botanique contenait, soit en plein air, soit dans « (U s serres chaudes, toutes les plantes les plus rares qui- l'art « et la patience de l'homme ont pu faire végéter dans notre dite mat1. La ménagerie, l'une des plus complètes de l'Europe, « renfermait tous les animaux terrestres, aquatique* et volatiles « qui peuvent vivre dans notre atmosphère- Enfin, l'école « d'agriculture établie dans le genre de celle de Rambouillet a étnit consacrée a des expériences utiles, qui toute* avaient « pour but «Je perfectionner le premier des arts, et de conti iu buer autant qu'il était en elle au bonheur du peuple français,
■ en préparant pour lui de nouvelles sources de richesse et de
■ prospérité. Dans ces divers établissements, l'utile était t >u- « jours A côté de l'agréable ; et Joséphine, au milieu de ses jar- « dins, entourée de ses superbe* mériuos et des autres animaux a consacrés aux besoins de l'homme, semblait à tous les Frau- « çais une divinité bienfaisante, uniquement occupée du désir « et du soin de 1rs rendre heureux Elu- a sac ri lié des sommes
■ immenses k organiser ces divers établissements, et elle n'a « pan songé une seule fois a piodiguer l'or a l'clfei de se con-
■ strutreun palais digne de celle <mi » lait alo s la f mme du plus « puissant monarque de l'Euro, c l a modeste haliitalion de la « Malmaison, composée d'un simple n «-ile-chriussoc et d'un pre- « nier étage, parut toujours sui lisante a son ambition. Mais, si c l'aspeetde ce réduit champêtre' n'annonçait point à l'étranger o l'impératrice des Français, le récit de .ses vertus, de sa douce « bienfaisance, les pleurs d'amour que répandaient, en parlant « d'elle, tous les habitants des villages voisins, la faisaient bien « vite reconnaître; et le voyageur s'en retournait pénètre d'ad- « miralion pour une femme qui semblait ne vouloir régner que « ^MHirM foire chérir *. »
La Malmaison avais fâil les plus chères délices de Joséphine pendant la période de sa grandeur ; après sa déchéance, elle Ût sa plus douce consolation.
En 18 1 4, l'empereur de Russie vint plusieurs fois visiter Joséphine a la Malmaison. Il lui semblait d>gue de la majesté royale d'honorer par de respectueux hommages l'illustre infortunée sur laquelle reposèrent pendant oeuf ans les destinées de I Europe. Ce passage rapide de la puissance suprême à une condition presque ignoiée; ces souvenirs si glorieux, ce malheur si pres.nt ; plus encore It s grâces, l'aménité de Joséphine, devaient naturellement exciter la vénération profonde d'un monarque tout récemment porté par la fortune au comble de la prospérité.
Le 3C mai, Alexandre avait accepté le diner offert par Joséphine ; le soir il désira se promener dans les jardins ; Joséphine, malgré le froid, voulut l'accompagner et lui montrer toutes les curiosités de son habitation; «lie était déjà malade; le soir elle se trouva plus mal, et trois jours après elle n'était plus.
Alors la Malmaison i assa au prince de Beauhxrnais, et devint, en 18 15, le refuse ou Napoléon, après la bataille de Waterloo, alla cacher son désespoir. •
Le 1*' juillet 1816, la Malmaison fut ravagée et pillée par 1rs troupes anglaises et prussiennes. Voici ce qu'on lit dans un journal du temps : « Cette belle propriété, où depuis quinze « *ns les produits les plus brillants des arts, lu recherches les u plus curieuses du goût, les chefs-d o uvre de nos plus habiles « artistes se trouvaient réunis, offre aujourd'hui l'aspect le a plus triste. Us statues de Canova, de Caitelier. de Lemot, ' • etc.; les tableaux charmants de Vernet, de Taunay, de « Richard, ont été détruits par le sabre et les baïonnettes des « Anglais et des Prussiens. Quand la victoire faisait tomber « I Italie en notre puissance, les tableaux de Raphaël et les sta- <r tues antiques venaient décorer nos musées. Nos ennemis ont « appris de nous l'art de vaincre ; ils devraient bien, avoir appris a en même temps & ne pas déshonorer leur victoire. » rius tard, la Malmaison perdit de sou ancienne splendeur :
1 Ut plant» ra™ ée ta Malmiito* oo4 Ht pHntn p*r a. Bedonte, n dwrilm par M. RonpUniJ ; « lolsmc In-foll», tar )éfa> ttrpctSn Tébo. Pari», tibrairit de Gutllaume.
2 />irl>»itiiflrr« AiM^f»', rf« environ» it ForU, jMfe 4*4.
tout y dénotait l'absence de celle qui l'avait habitée; une partie du parc fut même convertie en terre lalwjuree. et l'on n'y vo>ait plus guère, de toutes les richesses empruntées de Joséphine à l'histoire naturelle, qu'un beau troupeau de mérinos. La Malmaison est r.slée longtemps dans la famille du prince Eugène.
Village situé près de la grande route de Paris « Saint -Germain, sur la rive gauche de la Seine, à une lieue a l'est de Marly et à trois lieues un quart à l'ouest de Paris.
Ce lieu est mentionné pour la première rois dans quelques titres du xnr» siècle. Il avait pour seigneurs ceux de Marly ; le comte d'Assy portait ce titre eu 1683, et vendit, la même année, 'son domaine à Louis XIV.
L'église de Bougival, petite et bien bâtie, parait être du xtii* siècle. A l'etlremiié occidentale de cette église est gravée, sur un marbre blauc, l'épitaphc suivante : cï auvet uomobibi.es personnes, SIEI R BKNNKQl'lN SL'ALEN,
KBt'L INVENTEUR DE L.t MACHINE OB HABLY, BTC.
ce qui dément formellement la plupart des histoires, qui donnent à l'Ingénieur Ueville l'honneur d'avoir inventé celte machine.
On peut présumer, avec quelques écrivains, que cet ingénieur s'empara de la découverte du sieur Suaient, ainsi que de l'honneur cl du profit qui en. résultèrent. Sualem, retiré à Bougival, y termina une vie abreuvée d'amertumes et de dégoûts.
Cette machine de Marly, si merveilleuse, si étonuante sous le siècle de Louis XIV. on l'art de la mécanique était dans son enfance, parait aux mécaniciens du xix* siècle une conception mesquine et trop compliquée.
L'église de Rougi val est sons le titre da la Vierge; mais elle reconnaît, pour second patron, saint Avertin, fameux pour guérir de la folie. Voici ce qu'on lit à ce sujet dans l'abbé Leheuf : a On y en conserve, dit-on, une relique; mais il n'y a « pas de preuve que la vénération de ce saint ait commencé « autrement que par une confrérie, car on n'aperçoit aucun a rapport entre l'abbaye de bénédictins de Saint-Florent de « Saumur, oui revendiquait au xn* siècle l'église de Notrea Dame de Bougival, et, Saint-Avertin, qui était d'un ordre
« tout différent La chapelle de saint Avertin, que l'on
« invoque contre les maux de tète, est dans le fond du même « côté; et I on y voit son buste de bois doré, élevé au-dessus « du retable, avec une capsule de reliques sous ce buste; mais o la principale est un morceau de son chef renfermé dans la c tête de ceue figure, et qu'on aperçoit sous un cristal'. •
L'abbé Lcbeuf pense qu'il s'agit ici de saint A*enlin , qui fut évêque de Chartres, et non de saint Avertin, mort en Touraine en 1 18», et il ajoute que, les deux diocèses de Parut et de Chartres ctant confondus l'un avec l'autre, le >ami évêque aura pu opérer dans les environs de Rougivnl a quelques miracles, a dont le souvenir aura déterminé à lui ériger une statue. < A Chateaudun, où son tombeau est dans l'église de Sainl- « Médard, il est invoqué contre les maux de tète. Mais, parla t suite des temps, la ressemblance des noms Aventio et A\cr- « tin aura fait confondre l'un avec l'autre, en sorte que >a ut « Avertin est regardé aujourd'hui comme second patron de • Bougival, et qu'il y a une confrérie en son honneur. »
Le village de Bougival fait partie de l'arrondissement ,|c Versailles et du canton de Marly le-Roi. Sa population . qui , en 1726, n'était que de S6S habitants, s'élève aujour riuii A 951, en y comprenant les hameaux de Saint-Uirhtl et de la Ckamuéi. L'exploitation de la craie est la principale occupatiou des habitants de cette commune.
La Ckauuét. Ce hameau doit son origine à une pêcherie que fit construire dans la Seine Charles Martel, et qui, en l'an 8 17, fut donnée par Louis-le- Débonnaire ou monastère de Saint- Cermaln-dcs-Prés. Il s'appelait alors Caroli-Vanna, Charltuinne.
En 1 122, Louis-le-Orus voulut faire construire dans ce Heu un chiilcau ou une forteresse, pour empêcher ses ennemis de venir faire des courses près de Paris ; » mais Robert , nioiue de « Coulombs, résidant au prieure de Saint Germaiu-cu-Layc, vint
» lebeul, Hittoiredn diode, de P»i,t, Uiiur VII, ,,Jliw 1*7 cl l*«.
HISTOIRE DES ENVIRONS l>K PARIS.
a lui remontrer qu'en bâtissant un fort en celle place il dimia nuerait le don qu'avait fait le roi Robert des dimrs do vin à « ce prieuré; et le roi changea de dessein. » Ainsi toute une province fut exposée aux ravaRes, «1" que l*"s moine* de Saint- Germain pussent continuer a boire le meïne nombre de coups. Il faut lout dire aussi : le vin de ce canton était en réputation ; et le même abbé Lrbwuf nous dit que a les moines de Sainta Denis recherchaient fort les vignes de Charlevanne. »
Dès l'an IJS4, il v avait à Charlevanne une léproserie qui formait une espèce de communauté. Quinze paroissts avaient le droit d'y placer leurs malades ; ce qui fait supposer qu'elle était une de» plus riches du royaume.
En I34C, les Anglais s'emparèrent de Charlevanne, qu'ils pillèrent et brûlèrent. Ce lieu n'est plus connu aujourd'hui que sous le nom de laChaussée. On y voit un vieux château, qui n'est remarquable que par son antiquité et pour avoir été le séjour de Gabrielle d'Estrées. C'est une maison bàtlc on briques, d'ailleur» peu remarquable; cette inoison appartenait en dernier lieu au marquis de Mesme ; elle est située sur la grande route
Le hameau de Saint-Michtl prend son nom d'une chapelle de ce saint qui existait au moins dès le xui" siècle. L'abbé Ubeuf dit même qu'elle fut fondée au ix" siècle, pour remercier le saint guerrier de ce que les Normands avaient été répoussés de ce lieu.
Nous ne devons pas omettre de parler ici du château dit pavillon delà Jonchèrt , charmante habitation située sur le penchant de la colline qui s'étend jusqu'à laCelle-Saint-Cloud. Il a appartenu au général Bertrand.
g ix.-UmImmm« - MWHiaMi.
Village situé sur la pente d'une montagne, près et à gauche de la grande route de Paris à Saint-Germain, à trois lieues trois quarts dè la capitale.
Le nom de Louvcciennes vient sans contredit de celui de Mont Ltipicinui, que porta la montagne sur laquelle il est situé : c'est ainsi qu'elle est nommée dans un acte du ix* siècle. Cette terre appartenait alors au monastère de Saint-Denis; depuis cette époque, Il n'en est plus question qu'au xn« siècle. Dans le siècle suivant, les seigneurs de Marly s'attribuaient des droits de suzeraineté sur Louveciennes , et Maubuisson qui était un canton du territoire. Vers la fin du xvn* siècle, la seigneurie de ce lieu appartenait à Jacques de Béringhen, premier écuyer du roi et chevalier de ses oi 'ores.
Ce qui a surtout rendu Luciennes fameux, c'est le pavillon bâti par la trop célèbre Dubarry, maltresse de Louis XV. Ce château avait, dit-on, coûté plus de six millions,
La beauté du local le talent des artistes, tout avait concouru à produire un chef-d'œuvre. Cinq croisées de face en tous sens éclairent ce bâtiment, de forme carrée; la façade présente un péristyle de quatre colonnes ioniques, dont le fond est orné d'un grand bas-relief sculpté par lecomte.
Rien n'est plus riche ni plus recherché que les meubles et les ornements de ce petit palais; les tables, 1rs feux, les chambranles de cheminées, les serrures, etc., étaient d'un fini prédeux ; mais, comme le bon goût prescrit des bornes au beau , on s'éloigne du beau lorsqu'on le pousse jusqu'à l'excès.
Ce qui concourait surtout à l'agrément de ce séjour, c'est la superbe vue dont on Jouit à Luciennes.
On sait qu'à la mort de Louis XV la comtesse Dubarry fut reléguée dans -l'abbaye de Ponl-aux- Dames, près de Meaux, d'où Louis XVI la retira en lui rendant, avec une forte pension, son château de Luciennes. Désormais étrangère à la cour, où elle n'eut jamais dû paraître, madame Dubarry ne songea plus qu'à embellir son domicile jusqu'au moment de la Révolution, ou sa maison devint le rendez-vous des courtisans dignes d'une telle pntronne. On prétend même quctbns le temps elle ne fit courir le bruit qu'on lui avait volé ses diamants, que pour en assurer la valeur à quelques émigrés, valeur qu'elle-même leur porta en Angleterre. On sait que cette femme finit ses jours sur l'échafaud révolutionnaire.
Le pavillon de madame Dubarry fait aujourd'hui le principal ornement de la propriété de M. Laffitte.dont le château a succédé à l'ancienehnlcau seigneurial. Luciennes est en outrecmbelli par pluMeursautresroaisonsdecampagne.dontla plus remarquable,
; qui appartint jadis à la princesse de Conti, est maintenant à i madame Haenr.
Nous parlerons de l'aqueduc de Lucienucs dans le paragraphe tulvanl.
Le village de Luciennes fait partie du déparlement de Seine ct-Oise, arrondissement de Versailles, canton de Marly Sa population est de 71S habitants.
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Marly-le-Roi estun village situé sur la pente d'une montagne, à trois quarts de lieue au sud de Saint-Germain en-Laye, et à une lieue trois quarts de Versailles.
On voit que, dès le xi« siècle, il y avait à Marly deux églises : l'une sous le titre de Notre-Dame, qui dans la suite, dit l'abbé l.cbcuf, prit le titre de Saint -Étlcnne , parce que les habitant! furent bien aises d'avoir un patron différent de celui do prieuré de Notre-Dame; l'autre dédiée à saint Vigor; mais ces deux | paroisses furent, au xviu siècle, réunies en une seule, et l'on démolit la première. Quelque temps après, le prieuré du lieu se réunit aussi à la cure de Marly ; et l'église priorale fut abattue afin d'en faire senfr les matériaux à la réédiflcalion de ci lle de Saint-Vigor.
Les seigneurs de Marly ne remontent guère qu'au xi« siècledu moins nous n'en connaissons point avant cette époque. Le plus anciens sont Hervé de Marly et Bouchard de Marly l'aïeul et le père de ce Mathieu de Montmorency, seigneur de Marly, en 1 150, qui, après s'être distingué dans les guerres de Philippe-Auguste, se croisa et alla mourir près de Constantinople. « Celte mort fut fort sensible, dit VilleHardouin, parce que ce a Mathius étoit un des meillors chevaliers dcl roiaume de a France, et des plus prisiez et des plus ornez. »
ta terre de Marly resta dans cette famille jusqu'à l'an t J56, où elle passa à Bertrand et Thibnud de Levis; en 1660, elle fut érigée en comté, « Je trouve, dit l'abbé Lebeuf que depuis ce a temps-là le roi Louis XIV l'avait eue par sentence de décret
« et adjudication aux requêtes du palais Cependant l'wlit
a de décembre 1693 l'a dite acquise par ce prince, en, vertu c d'un contrat d'échange fait le 30 mai 1693 avec Louis-Phia lippeaux , comte de Pontchartrain , ministre et secrétaire
« d'Etat, pour Ncaufle-lc-Châtel et ses dépendances 11 csl
« certain par l'édit subséquent que la terre de Marly fut o incorporée au domaine de Versailles. »
Louis XIV se plaisait si fort à Marly qu'il résolut d'en faira une résidence royale ; on y construisit en effet un magnifique château où il dépensa des sommes considérables. Voici ce qu'on lit à ce sujet dans les mémoires de Saint-Simon :
« Le roi, lassé du beau et de la foule, se persuadaqu'il vouloit « quelquefois du petit et de la solitude. Il chercha autour de € Versailles de quoi satisfaire ce nouveau goût ; il visita plusieurs a endroits: il parcourut les coteaux qui découvrent Saint-Ger-
o main , et cette vaste plaine qui est au bas On le pressa d"
a s'arrêtera Luciennes... ;mais il répondit que cette heureuse a situation le rulneroit ; que, comme il vouloit un lieu, il a vouloit aussi une situation qui ne lui permit pas de songer à a v rien faire.
"a II trouva, derrière Luciennes. un vallon étroit, profond, à a bords escarpés, inaccessible par ses marécages, sans aucune « vue, enfermé de collines de toutes paru, extrêmement à l'c- « troit, avec un méchant village sur le penchant d'une de ces « collines, qui s'appelait Marly. Cette clôture , sans vue. ni • moyen d'en avoir, fit lout son mérite; l'étroit du vallon, où a on ne pouvoit s'étendre, y ajouta beaucoup ; il crut choisir a un ministre, un favori, un général d'armée.
a Ce fut un grand travail de dessécher ce cloaque de tous a les environs, qui y jetoient leurs voiries, et d'y rapporter des a terres.
« L'ermitage fut fait : ce n'étoit que pour y coucher trois a nuits du mercredi au ramedi, deux ou trois fois l'année, a avec une douzaine de courtisans, en charge, les plus indispena sables; peu à peu, l'ermitage fut augmenté. D'accroissement a en accroissement, les collines furent taillées pour faire place a et y bàlir, et celles du bout largement emportées piwr donner a au moins une échappée de vue fort imparfaite ; enfin, en a bâtiments, en jardins, en eaux, en aqueducs, en ce qui est
I Htttnir» rfn diixtit rf» Tarif, lome VII. w «9».
HISTOIRE DES ENVRONS DE PARIS. 77
v si curieux sous le nom de machine de Marly , eu pures, en « forêts ornées et enfermées, en statues, en meubles précieux , « Marly est devenu ce qu'on le voit encore, tout dépouillé « qu'il est depuis la mort du roi, en fori-ts, toutes venues et « touffues, en grands arbres qu'on y a apportés sans cesse de « Compicgne , et de bien plus Lin. dont les trois quarts mou- « raient, et qu'on remplaçoit aussitôt; en vastes espaces de bois • et d'allées obscures, subitement changées en d'immenses « pièces d'eau, où l'on se promeuoit en gondole, remises en « forêts à n'y pas voir le jour, dès le moment qu'on les planu tait. Je parle de ce que j'ai vu en six semaines, en bassins » changés cent fois, en cascades de même, en figures sucecs- « sives et tontes dilîércnUs, rit séjours de carpes ornés de « dorures et de peintures les plus exquises, à peine achevées, a ivchangées et rétablies autrement par let mêmes maîtres une « infinité de fois.
« Cette prodigieuse machine dont on vient de parler, avec u scs immenses aqueduc), ses conduits et ses réservoirs mon- « slrueux, uniquement consacrés à Mnrly ; que si on «joule 1rs u dépenses de ces continuels voyages , qui devinrent enfin au « moins égaux aux séjours de Versailles, souvent presque aussi « nombreux, et, tout à la fin de la vie du roi, le séjour le puis « ordinaiie , on ne dira pas trop sur Marly eu comptant par « milliards'.»
Au bas d'une superbe cascade, et au-dessus des plus somptueux jardins, s'élevait un gros pavillon isolé qui dominait sur une vaste esplanade enrichie de terrasses, de cascades, de parterres, de bosquets, de pièces d'eau, de plusieurs chefs-d'œuvre de sculpture terminée par un lointain très- varié cl très-riche, et bordée d'allées d'Ifs, de portiques en verdure, et de douze pavillons qui faisaient allusion aux douze signes du zodiaque, mmme le principal pavillon, au palais du Soleil '■ Ces douze pavillons dont l'architecture faisait un contraste si agréable avec les masses de verdure qui les séparaient et les couronnaient, servaient de logements aux minisires et aux princes. La mus? du chantre des Jardins, enflammée à la vue de tant de richesses, que l'art et la nature avaient prodiguées dans ces beaux lieux, les a chantées de cette manière :
C'ersl là qui? tout est grand, que l'art n'esi point limide ;
I mm c»l cuebante : c'est le palais d'Amiide ;
C>*t le jardin d'Alcine, ou plutôt d'un héros
Noble dans sa retraite el grand dans son repos,
Qui cherche encore à vaincre, à domplcr des obstacles,
El ne marche jamais qu'entouré de miracles.
Voje«-vou» tt 1rs eaux, el la terre, el les bois,
Subjugués a leur tour, obiir a ses lois;
A ces douie palais d'élégante structure,
Ces arbres marier leur verte architecture ;
Ces bromes respirer: ces fleuves susncuriiis,
En gros bouillons d'écume S grand bruit desrendus,
Tomber, se prolonger dans des cmaui superbe* ;
Lè, t'épaocher en nappe; ici, monter en gerbe»;
Et, dans l'air s'enflamma ni aui fétu d'un soleil pur,
Pleuvoir en gouttes d'or, d'erneraude el d'orur.'
Si j'égare mes pas dans ces bocages sombres,
Des laones, des Sylvain», en ont peuplé les ombres,
Et Diane el Vénus enchantent ce beau Heu.
Tout bosquet est un temple, et tout marbre est un dieu;
Et Louis, respirant du fracas des conquêtes,
Semble avoir invité tout l'Olympe à scs fétes.
On arrivait, par une magnifique avenue, à une cour ronde, où aboutissaient les cours destinées pour les écuries et remises. De cette cour, on passait à une avenue longue de US toises, environnée de terrasses bordées d'arbres, et qui conduisait à l avant-cour. Sa forme ronde était terminée par deux pavillons, dont l'un servait de salle de gardes, et l'autre de chapelle.
C'est surtout par ses jardins que Marly acquit une réputation prodigieuse. Une chose , entre autres, faisait l'admiration de tous les visiteurs : en face du château, du coté de la montagne, était une place appelée ampkitkédtn , occupée par un grand bassin, l'une des plus belles pièces d'eau de Marly : « C'était u' proprement, dit Piganiol, une rivière qui, en tombant de
' Saint-Simon, ârVmoirei, tome I, page 1ÎS, ISS.
i On Mil que LauU Xlt atwait a être compare a<r toteil ; qu'il avait pria cet autre pour detiie. Dan» loulea let corutrurtlora qa'tl Si établir, le mMI figurait connue l'emblème du toi : le> arliste* et les court!»» a'ernpreiuieal tir acrandi-r ee travers d'espiil, celle ranlir ri.lieiite el pilujablr.
a fort haut sur 63 degrés de marbre, formoit des nappes dVau a d'une beauté que rien n'égaloit en ce genre »
Ce bassin et cette cascade, lorsque Louis XV les fit changer, étaient presque entièrement ruinés, parce qu'on avait fait jouer les eaux très-fréquemment pendant la minorité de ce prince, et son séjour à Marly. Il aurait fallu des sommes considérables pour les rétablir ; on prit le parti de les détruire en 1728 ; el on y subsistuo uu grand tapis de verdure.
Les jardins hauts, situés du coté de la route de Versailles, consistaient en plusieurs belles allées, dans l'une desquelles on voyait le Laocoon fondu par les Kcllcr. Ces allées conduiraient à un belvéder orne de deux groupes de bronze. L'un représentait Hercule qui tue l'hydre; l'autre, Diane d'après l'antique, placé dans la galerie de Versailles. Cet ouvrage est également des Keller.
Les jardins dont nous venons de parler furent plantés par Durusé.
Kn parcourant le parc, on pouvait voir les trois grands réservoirs, qui contenaient environ cinq arpents ; les eaux qui les remplissaient provenaient de la machine de Marly, et étaient conduites par l'aqueduc.
Le duc de Saint-Simon nous a conservé 1 quelques scènes de famille qui se rattachent au château de Marly, et qui doivent trouver place ici ; on sera bien aise de voir quelquefois en déshabille le grand roi et sa brillante cour :
'< Un jour, dit-il, nous fûmes d'un voyage de Marly, où il « arriva une scène singulière. Le roi et monseigneur y tenoient « chacun une table à même heure et en même pièce, soir et u matin; les dames s'y partageoient sans affectation, sinon que a madame la princesse de Conti étoit toujours à Celle de raon- « seigneur, et ses deux autres sœurs toujours à celle du roi. Il « y avott, dans un coin de la même pièce, ciuq ou six couverts u qui n'étaient tenus par personne, et où se mettoient indiffé- « reminent tantôt l'un, tantôt, l'autre.
« Celle du roi éloil plus proche du grand salon, l'autre plus << voisine des fenêtres etdc la porte, par où, sortantdedincr, le « roi alloit chez madame de Maintenon, qui alors dtnoit souvent
a la table du roi, se meltoit vis-à-vis de lui (les tables alors « étoient rondes), ne mangeoit jamais qu'à celle-là, et sotipoit « toujours chez elle. Pour expliquer le fait, il falloit mettre ce <i tableau au net.
o Les princesses n'étoient que légèrement recommandées, et « madame la princesse de Conti, intérieurement de fort mau- << vaise humeur du yoùt de monseigneur pour la Chouin, qu'elle « ne pou voit ignorer, et dont elle n'osoit donner aucun signe.
« A un diner pendant lequel monseigneur étoit à la chasse, « et où sa table étoit tenue par madame la princesse de Conti, « le roi s'amusa à badiner avec madame la duchesse, et sortit « de celte gravité qu'il quittoit rarement, et à la surprise de « la compagnie, jottoit avec elle aux olives. Cela fit boire quel- « ques coups à madame la duchesse; le roi fit semblant d'en boire « uu ou deux ; et cet amusement dura jusqu'au fruit. A la sortie « de table, le roi passant devant madame la princesse de Conli « pour aller chez madame de Maintenon, choqué peut-être du « sérieux qu'elle lui marqua, lui dit assez sobrement que sa « gravité ne s'accommodoit pas de leur ivrognerie.
« La princesse, piquée, laissa passer le roi ; puis, se tournant a vers madame de (Million dans ce moment de chaos où chaa cun se lavoit la bouche, lui dit qu'elle airaoit mieux être « grave que sac a vin, entendant quelques repas allongés que a scs saurs avaient faits depuis peu ensemble.
a Ce mot fut entendu de madame la duchesse de Chartres, a qui répondit assez haut, de sa voix lente et tremblante, « qu'elle aimoit mieux être sac a vin que sac à guenilles, par a où elle entendait Clermont et des officiers des gardes-du- « corps, qui avoientété, les u us chassés, les autres éloignés « à cause d'elle.
« Ce mot fut si cruel qu'il ne reçut point de repartie, et qu'il a courut sur-le-champ par Marly, et de là dans Paris et parti lout. Madame la duchesse , qui avoit bien de la grâce el de a l'esprit, cl l'art des chansons salées , en fit d'étranges sur « le même Ion. Le roi, instruit de ces tracasseries, entra dans u celles qu'il trouva de part et d'autres trop fortes; monsti- « guérir s'en mêla aussi. Il leur donna un dlncr à Mcudou,
' Suf pttmm im.r ¥rWrc«, tome l, pvge M».
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
a où madame la princesse de Conli alla seule, et arriva la pre- ! « roière.; le* deux autres y furent menées par Moniteur. Klles ■ se parlèrent peu; tout fut ai Me; et elles revinrent d • tout « point comme elles étotent allées.
a l a fln de cette année fut orageuse à Marly. Madame la n duchesse de Chartres et madame la duchesse, plus ralliées « par l'aversion de madame la princesse de Confi, se mirent « au voyage suivant a un repas rompu, après le coucher du roi, « dans la chamhrc de madame de Chartres, au chhleau. Mon- « si teneur joua tard dans le salon ; en se retirant chez lui, il « monta chez (es princesse s, cl les trouva (|ui fumoient des pipes « qu'elles avoit-nt envoyé chercher au corps-de -tarde suisse.
« Mon-eipneur, qui en vit les suiUs si celte odeur gagnolt. « leur fit quitter cet exercice; mai* la fumée les avoil trahies. « Le roi leur fit le lendemain une rude correction, dont la « princesse de Conli triompha.
ii Cependant ces hrouilleries se multiplièrent; et le roi, qui « nvoit espéré qu'elles Uniraient d'elles-mêmes , s'en ennuya; « et, un soir a Versailles, après, souper, dans son cabinet , il « leur parla Irès-fortcment, et conclut par leur assurer que, « t>'il en entendoit parler davantage, elles auroieut chacune « des maisons de campaune ou il les enverrait puur long- « t. inp*, et où il les trouverait fort bien. La menace eut son « eiT l, et le calme et la bienséance les réunirent et suppléèrent j « à l'amitié. »
Après la mort de Louis XIV, le régent conçut le projet de détruire Marly ; et peut-être ce projet eût-il alors été mis à exécution, si le duc de Saint-Simon ne lui eût fait seqtir que la dépense de l'entretien de Marly n'était pour le roi qu'un point dam la carte. « que ce n'éloit pas ces petits objets qu'il devoit h regarder, mais considérer combien du millions avulent été « jetés dans cet ancien cloaque, pour en faire un palais de « fée», unique en toute l'Europe par la forme, unique encore u par la beauté de ses fontaines, unique aussi par la réputation « que celle du feu roi lui avoit do' née; que c'éloit un des ii objets de la curioMté de tous les étrangers de toute qualité « qui venoient en France; que cette destruction retendrait « par toute l Kurope, avec un blâme que ces basses raisons de « petites épargnes ne changeraient pas... En efTit, Marly fut « conservé et entretenu; ci cVt le cardinal Flcury qui, par u avarice de procureur de collège, l'a dépouillé de sa rivière, m qui en étoit le plus superbe agrément'. »
Il ne reste plus auiouM'hui du château que des ruines. C.|cnd;int une seule dépendance est ercore debout; celle qu'on appelait le Chenil. Elle est maintenant une des jolies maisons de • ampague que l'on compte en assez grand nombre à Marly.
Aqueduc de Marly. Cet aqueduc, qu'on nomme aussi aqueduc île Lueieuucs, ouvrage- digne des Romains par sa construction simple, solide et majestueuse, est composé de trente-six arcades, et sa longueur est de 330 toises; aux deux extrémités sont deux châteaux d'eau. Par le moyen de la machine de Marly, l'eau y est élevée de la Seine, à la hauteur de 600 pied*, et de là elle est amenée dans des réservoirs qui alimentent Us fontaines et jets île Versailles.
Marlv-le-Roi est un chef-lieu de canton de l'arrondissement de Versatile*. Sa population est de t ,045 habitants.
6 SI.— PvMrfeOMariy.
Le Porl-Marly est un petit village situé sur le bord de ta Seine et sur la mute de Saint- Germain, au bas du coteau que dominent Lueiennes et Marly-le-Roi ; ce village n'offre de remarquante que la fameuse machine qui porte les eaux de la Seine à Versailles.
Machine de Marly. Voici la description succincte de cette machine telle qu'où la voyait autrefois : les détails techniques et miillii liés que néce siterait une description complète seraient aujourd'hui d'ui^faible intérêt et nous éloigneraient du plan que nous nous sommes prescrit dans cet ouvrage.
Le bâtiment prineip d, qui était sur la Seine, contenait quatorze roues, composées chacune de deux manivelles, produisant des M ouvements verticaux, qui, par des coudes, devenaient horizontaux. Ces mouvements horizontaux, ou, si l'on veut . inclinés comme la pente de la montagne, prolonges et multiplies depuis la rivière jusqu'à l'extrémité supérieure, pru-
l S»fflé»ufU au* Mimrtru, {an* I, page* M (I MlvtsU*.
duisaiciit seuls tons les refoulements et toutes les aspirations. Sur la rivière, huit équipages menaient soixante-quafe corps de pompes ; à. mi-côte, soixanle-dix-neuf, et quatre- v in^t-di-ux au puisard supérieur. Tontes ces pompes faisaient monter les eaux sur une tour distante de la rivière de Cio toises, et de son pieds plus haul que le bout des tuyaux aspirants qui étaient dans les coursières.
Les soixante- quatre pompés qui élMcnt dans la rivière aspiraient I eau du fond d>s courslères du 13 pieds ou environ de haut, la refoulaient par le même mouvement de la même pompe qui l'avait a-piréc, et la faisaient monter par einj coinliiitis de 8 pouces, qui étaient raccordées à ces pompes, jusqu'au puisard de mi-côte, éloigné de la rivière de 100 toises e< de Uo pieds plus haut que le fond des coursières.
L eau, que les soixante-quatre pompes de la rivière avaient élevée jusqu'à mi-cotf, étiit conduite, par un tuyau de Ter de 18 pouces de diamètre, dans un réservoir d ou elle élait distribuée dans les deux puisard» par deux conduites di» plomb d'un pied, et relevée par soixante-dix- neuf pompes iefoulantes et renversées, qui la poussaient jusqu'au puisard i-upcricur par quatre conduites de 8 pouces, et trois autres de li pouces. Ce puisard élait distant de celui de mi -cote de 324 toises, et de 160 pieds plus haut que le dessous des pompes de mi-côte.
I»es soixante-dix-neuf corps de pompes qui étaient à mi-côte il y en avait quarante-neuf qui étaient menés par les sept peliir chaînes qui ne dépassaient point les puisards, et qniélnent ntle Ices chacune de sept cori s de pompes. Les trente autres étuienl menés dans le puisard à côté par cinq grandes chaînes, qui étaient attelées chacune de six corps de pompes, et passaient jusqu'au puisard supérieur.
Il faut remarquer que 1rs sept petites chaînes relevaient, avec les v ingt- Luit pompes aspirantes, les eaux de source de mi -cote, par les équipages qui étaient attelés entre la rivière et mi-côte, parce que ces eaux étaient plus basses que ce dernier point.
L'eau que les soi\ante-dix-neuf pompes de mi-côte avaient montée jusqu'au puisard supérieur, conduite dausun réservoir par deux tuyaux d'un pied, était relevée par quatre-vîmet-deux pompes renversées et rei'oulanles, qui la faisaient monter jusque sur la tour par six conclure» de fer de 8 pouces. La tour était disante de ce puisard de 290 toises, et plus haute de 170 pieds que le fond d>- ces pompes.
Arrivée dans la lour. l'eau entrait dans l'aqueduc, qui avait 330 toises de longueur; et de là elle était conduile,par deux tuyaux de fer de 18 pouces, jusqu'aux réservoirs de Marly, distants de 360 toises.
Il y avait plusieurs réservoirs : ceux de Marly et de Louvecieiims fournissaient l'eau à Marly seulement ; ceux du Chenais, de Ro quencoui t, de Cbevreloup et de Trianon n'en donnaient qu'a Trianon.
Quand le» eaux de la Seine étaient hautes, la machine élait dans sa force, et donnait, en vingt-quatre heures, 7 j» toises et un sixième cube, qui valeut 37,037 muidsetdemi d'eau. Quand les eaux étaient basses, elle donnait environ la moitié moins.
Cette machine, merveilleuse pour le temps, était en mouvement jour et nuit. L'invenleurestun nommé Renntquin Suaient. On prétend qu'il ne savait pas môme lire (Voyez KouutVAU.
Tout ingénieuse qu'était cette machine, depuis longtemps on s'apercevait que son produit diminuait au point de faire craindre son anéantissement ; et les dépenses onéreuses que nécessitait son entretien faisaient désirer un nouveau mécanisme plus simple, ou au moins la rectification des défauts qui s'y annonçaient trop sensiblement.
C'est d'après eette considération que le comte à' A*o«tiltier$, directeur et ordonnateur uénéral des bâtiments, proposa trois prix à décerner par l'académie des sciences, à ceux qui auraient fourni les meilleures pièces.
Ce concours, i roposé en 1783 pour l'année 1785, ne produisit, à cette époque, aucune pièce satisfaisante. L'académie proposa le même sujet pour l'anuée 1787; et, le 18 avril de la même année, les prix fuient distribués.
Sous lo gouvernement impérial, la machine se détériorait chaque jour ; et on chercha les moyens delà reiupliicer par une autre moins compliquée «t plus active. <c Tous les savants ingé- «t nieurs hydrauliques nationaux et étrangers, a du un écrit vain, ont été appelés pour concourir à ce grand oeuvre. Le
HISTOIRE DES KNYIKONS DE PARIS
« bélier hydraulique de Al. Mougolficr parut d'abord mériter
■ la préférence, et on s'occupa même, depuis l SOS jusqu'en
■ 1810, de» travaux préparatoires néressai' «s à son établis se- • ment. Ce projet ayant ensuite été aband nné, M. Raider, ingéc nieur allemand, en présenta nu autre, qui fut examiné, a en 1819, par la première classe de l'Institut. D;n s h m*me « temps, MM. Perrier avaient proposé d'adapter à l'objet
■ demandé le système «les pompe" è (Vu. Ce dernier ; lan axait « été définitivement adopté ; et déjà l'on s'occupait aclheraent a de son exécution, lorsque les invasious successives des Alliés
■ y ont mis un empêchement momentané '. » Depuis, les travaux ont été repris ; et voici longtemps que cette pompe est en pleine activité.
Le l'oit Marly, qui était avant la Révolution un hameau de Maiïy-le-Rol, est maintenant une commune du département de Seiné-ct-Oise, arrondissement de Versailles, canton de Marlyli-Hoi. Sa population est de 431 habitants. Un voit dans ce village plusieurs maisons remarquables et un fort beau château.
| XII. < haloti Irelm
Chatou est un village agréablement situé sur la rive droite de la Seine, qu'on y passe sur un pont, et sur l'une des roules de Paris à Saiiit-Grrmnm, à une lieue à l'est de cette dernière ville et à trois à I ouest de Paris.
On a fait beaucoup de recherches sur l'élymologie du nom de Chatou, mais ce qu'on en sait de positif ne icmonte pas au-delà du xiii* siècle. On I appelait alors Chalo, ce qui ferait penstr que dès lors son nom latin s'était perdu. L'église de CJialou paraît dater de ht même époque; d'ailleurs, on voit pat les fouillés que déjà Chatou était une cure su xiii' siècle; cl cependant on n'y comptait, en 1470, que 20 habitants.
L'abbaye de Saint-Denis avail la seigneurie de Ofanlou comme celle de tous les lieux voisins; mais elle partageait cette seigneurie avec l'abbaye de Malenoùe et avec quelques seigneurs séculiers.
On voit, dans ce village, un château. Du parc de ce château se prolonge une terrasse fort étendue qui borde la ri» ièr. ; il rst il> plus embelli d'une grotte faite sur les dessins de Soufilot, et d'une vaste pièce d'eau.
De t'autie coté de ce château, près de la forêt de Ve inet, est une nuire belle maison uommée la Faitandtrit- Elle est également remarquable par la simplicité de -a construction, qui représente un modeste ermitage, et par l'élégance de son pare, qui i enferme un grand nombre d'arbres étrangers.
Il y a encore à Chatou plusieurs malsons de campagne charmante , entre autres celle qui a appartenu à M I finir in I et celle de M. Maine. Celle dernière esl située sur le bord de la Seine ; on y voit de beaux couverts et une terrasse de 3uo toises de loni;u> ur.
Le pont de Chatou n'existe que depuis le xvu* siècle. F n i r.50, on passait encore la Seine dans un bac ; mais à celte époque, M. Portail, premier président du Parlciueul, enlltcoustrut'e uu pont en bois, qu'il céda, quelques années après, au roi, moyennant une rente noble et féodale de 0,500 livres de rente. t> pont, dont la longueur ut le peu de largeur sont extraordinaires, fut rompu, en 1815, pouf arrêter la marche des troupes étianueres. et rétabli depuis.
Le vi lage de Chatou fait aujourd'hui partie du département de Seine -et-Oise, arroudissi meut de Versailles, canton de Saiul-Uermain. Sa population est de 993 habitants. Il se tient tous 1rs ans, dans la forêt de Vésinet, une foire qu'on peut comparer i celle des Loges dans la forél de Saint-Ccrmain.
CBOISSY.
Village situé, dans une très-belle position, sur la ri\c droit / de la Seine, vis-ii-yis la Malin lison, à une lieue à l'est de Saint-Ccrmain, à trois heues à l'ouest de Paris.
Eu 1911, I église de Croissy fut donnée par l'évéquc de Paris au prieur de Saint- Léonard de Nohlnt, en Limousin. L'église était sous l'invocation de saint Martin ; mais bientôt elle passa sous celle de saint Léonard, probablement parce que les religieux, ses compatriotes, apportèrent du Limousin des reliques de ce saint.
Dès le xtt t* siècle, l'église de Croissy était comptée au nombrn
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des cures de l'eviVhé de Prfris. Cent ans après, dit l'abbé Lebeuf. on la regardait encore comme une cure régulière, mais on ignorait de quel ordre elle était. Un religieux de l'ordre de Clteaux en fut pourvu par l'évéque de Paris en IS84.
Le prieur le plus célèbre de tous ceux qui ont possédé ce prieure et régi la cure, est l'abbé de Vertot. qui sut allier a la pratique des devoirs de son état l'élude des bel es -lettres et de l'histoire. C'est à Croissy qu'il écrivit l'hiS'oirr de la conjuration de Rragance, publiée depuis sous le titre de Récolutiont d* Portugal.
La seigneurie de Croissy appartint anciennement aux seigneurs de Marly ; mais au n' siècle, elle avait pas-é dans la famille des Hcnneqnin.
Croissy rst dans une position charmante : aussi remarquet-on un grand nombre de belles maisons et un château avec de très- vastes dépendances.
Croissy fait partie du département de Scine-et-Oise et de l'arrondissement de Versailles, canton de Saint-Germain. Sa population est de 485 habitants.
L'Ile dite la fjoçe, que forme la Seine entre ce villa» el la Malmaisou, appartient à M le marquis d'Aligrc, pair de France, 1 1 h | >ossede l'une des plus jolies maçon* de plaisance de Croissy