CHAPITRE PREMIER. — COUP-D'OEIL GÉNÉRAL
Nous allons décrire ici le plateau de Saint-Germain-en-Laye » et sous ce nom il faut comprendre non seulement le sol qui porte la forêt de Saint-Germain, mais encore celui que, vers le sud, couvre la forêt de Marly Saint-Germain et ses environs forment la matière de ce livre.
a On sait qu'on monte rapidement lorsqu'on veut gagner le « sommet de ce plateau h Saint-Germain même. Ses bords a escarpés présentent la coupe des couches calcaires qui le
• composent : on voit dans les couches inférieures les grains « de chloritc et les espèces de coquilles qui annonecut te voi- « sinnge de la craie.
« La colline de Luciennes appartient à ce plateau : les a fouilles qu'on vient d'y faire, depuis le pied de l'aqueduc de
• Marly, qui est situé sur le sable de son sommet, jusqu'au
• premier réservoir de Marly, près de sa base, font très -bien « connaître la nature de cette colline... . On a percé successi ve- « ment les sables sans coquilles des hauteurs, les marnes du a gypse, le calcaire marin jusqu'à l'argile plastique qui recouc vre la craie, et qui a ici une épaisseur considérable.
■ Ce plateau descend au nord, en pente insensible, vers la « Seine, et se confond avec le terrain d'alluvion, par lequel il c est en grande partie recouvert1.»
Il faut faire ici la même remarque que nous avons faite plus haut : les bords immédiats de la Seine présentent du limon d'atterri ssemenl et de» cailloux roulés.
En sortant de la presqu'île formée par la Seine entre Saint- Germain et Poissy, on trouve au sud, d'abord de l'argile plastique et du gypse, et au-delà, du sud-est au nord-ouest, un banc de meulière, de grès et de sable, sans coquilles : c'est sur ce dernier sol qu'est située la forêt de Marly.
L'étendue de pays que nous considérons ici porte donc deux forêts : celle de Saint-Germain et celle de Marly.
La première est regardée comme l'une des plus belles de France ; elle est la plus vaste des environs de Paris ; les arbres y sont en général fort élevés, et fournissent à la capitale le meilleur bois qu'on y consomme. Plusieurs routes, très-larges et très-unies, la equpent en divers sens; et, afin que le voyageur ne puisse s'égarer dans ce nouveau labyrinthe, des poteaux plantés dans tous les carrefours, de distance à distance, indiquent les chemins et les lieux où ces routes aboutissent. « P luit sieurs croix se trouvent aussi élevées dans cette forêt en « mémoire de certains événements remarquables qui y sont
• arrivés, ou par d'autres causes aujourd'hui inconnues. Près ■ de la route de Poissy, dans un bocage, on voit la Croix Pu- « celte, ainsi nommée parce qu'une jeune fille qu'un vil séduca leur avait attirée dans l'épaisseur de la forêt, aima mieux se a tuer en cet endroit que répondre à ses désirs, Sur la même a route est la croix de Poissy, érigée en 1640 par le roi « Louis XIII. Plus loin, se trouve la Montchsvreuil, a monument de reconnaissance élevé par les habitants de ces a' cantons à la mémoire du capitaine de Monlchevreuil, qui a avait, par ses soins, rendu cette route praticable. Sur le che- « min de la Muette , on trouve la croix de Berry, placée en a 1 540 par les parents d'un individu de ce nom que des voleurs c avaient assassiné dans cet endroit. Enfin, non loin de là, est « la croix de XoaitUs, autre monument de la reconnaissance a de la ville de Saint-Germain, qui l'érigea à côté d'un pavillou a de chasse que le maréchal avait fait bâtir au milieu de la a forêt*. »
La forêt de Marly s'étend depuis Rocquencourt et Marly jusque vis-à-vis de Poissy, mais sur une largeur peu considérable, et ne dépasse guère en étendue carrée la moitié de celle de Saint-Germain. Elle forme & peu prés notre limite sud-ouest dans ce livre.
L'étendue du pays dont nous venons de parler renferme un
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grand nombre de lieux ; nous les diviserons en trois chapitres : 1* Snint-Gcrmaln ; 3* toute la partie septentrionale , v compi-U Poissy ; 3* toute la partie méridionale jusqu'à la limite sud de la forêt de Poissy.