‹ Histoire physique, civile et morale des environs de ParisChapitre 18 sur 144 · SAINT-GERMAIN EN-UY · texte numérisé non relu

SAINT-GERMAIN EN-UY

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Satut-Gkmiaïh et son château royal sont situés sur une montagne, au pied de laquelle coule la Seine, et sur la route de Paris à Caen, fl quatre lieues et demie à l'ouest de Paris à deux lieues et demie au nord rte Versailles.

La ville de Saint-Germain est Tune des mpins anciennes des environs de Paris.

Dans les temps reculés, la capitale était entoure de forêts; celle que renfermait le circuit de la Seine, depuis Année jusqu'à Poissy. portait, du lemps de Charlemagne, le nom de JJda- Sylca. Avant le règne du roi Roher. , c'est- a-dire avant le xi* siècle, il n'y avait dans toute cette étendue qu'une église du titre de Saint-Vandrille, appartenant à l'abbaye .le Fo iteneites. Le roi Robert en lit construire une rouvehV sur la crête de la colline qui supportait la forêt de l.ida. et la dédia à saint fiermain, et a saint Martin, évêqne de Paris. Cette église, qui possédait déjà, vers le milieu du même siècle, des terres as»cz considérables, fnt donnée à l'abbé de Coulombs, au diocèse de Chartres.

Plusieurs rois de Franc* se plnrent à augmenter les biens du monastère; et, environ cent ans après sa fondation, il s'éleva dans ce lieu un château, qu'on appelait tout simplement Saint- Germain. Un diplôme de louis-le Gros, daté de II», porte

aetum publiée apud eanetum Getmanum aietantibut in

ptilatio Mttro, ete.

Depuis cette époque , il n'est plus que-tion du monastère ni du village de Saint-Orn ain, qu'A l'occasion drs disputes continuelles des abbés ei évêques de Paris; nous n'entrerons pas Ici dans ces détails.

Un seul prieur de Salnt-C.ermain cn-f.ave, vers le milieu dn xv« siècle, fixa l'attention des hist >- iens : « Les chroniques de « Saint-Deni«, Monstre et et Ca ru in. racontent que ce prienr « nommé Guillaume Ëdi-liuc ou Hrdelin, lequel, auparavant, « avait été augustin et était do'-tenr en théologie, lut arrêté à « rtvreux, en 1453, pour crime de magte. On l'accusa it de « quelques pactes faiis pour avoir In faveur d'une dame. Il « reconnut qu'il s'était '*onné au diable; qu'il avait assisté ao « sabbat ou consistoire des malins esprits, et qu'il s'y était « transporté à l'ai ite d'un balni »ur lequel il montait. Il revint « de son erreur, et fut condamné à une prison perpétuelle, au « pain etàTeau1. » Le prieuré fut par lettres-patentes de 1671, réuni à la cure de Saint-Germain.

L'établissement du monastère de Saint-Germain avait attiré quelques paysans dans cette partie de la forêt de Laye. Le château royal y attira des seigneurs : telle fut l'origine de la vjllc de Saint-Germain. Kilo était déjà considérable lorsqu'elle fut, eu 1348, pri-e et pillée par les Anglais, qui y firent un copieux butin, et la réduisirent ensuite en cendres, ainsi que le > hàleau. Les Anglais s'emparèrent une seconde fols de Saint-Germain, en M 19, pendant les troubles qui signalèrent le règne de Charles VI, et y evrreèrrnt les mêmes ratages.

C'est à Saint-Germain que s'éleva , sous le règne de Charles IX. la première manufacture de glaces, à l'instar de celtes de Venise : le procédé fut apporté en France par un Vénitien nommé Thesco Mutin, que le roi naturalisa et anoblit eu i5«i Henri IV voulut anssl donner à Saint-Germain nne ma <|ue de bienveillance toute particulière, et exempta les habitait de toutes charges et impôts : privilège qu'ils ont conservé jusqu'en t78«>, ou cessèrent tous les privilèges. Cette circonstance contribua peur-être plus que tout à l'eloianement qu'ont toujours montré les habitants de Saint-Germain pour les principes de l i Révolution.

Les l abitanis prenaient sî peu la peine de cacher leurs opinions que la ville fut plusieurs fois deelarée en état d'insurrection : . bien différente «n eeir» de In vitie de Versailles, qui ,

r *»» <., icmein.pt,,»**.

« dit un écrivain, honorée du séjour royal des Bourbons, et « plus à même de connaître de près leur vie privée, fut la « première A se déclarer contre eux, et è embrasser tous les • principes qui devaient renverser leur tronc*. »

Le t juillet 1815, le* Prussiens prirent possession de Saint- Germain; et l'on a remarqué que, restés dans la ville depuis cette époque jusqu'au 30 octobre, ils n'y avaient commis aucun exi'ès. On ne peut pas en dire autant des Anglais, qui leur succédèrent; pen s'en fallut qu'ils ne traitassent celte ville comme Us l'avalent traitée jadis. « On assure, continue le même a auteur, qu'ils volaient dans les rues jusqu'aux bonnets des « femmes, pour faire des jabots de chemises, » La ville de Saint-Germain se souviendra longtemps de leurs dévastations.

Château vieux — Nous l'avons déjà dit: un acte de Louis-le- Gros ne laisse aucun doute qu'il existait déjà sous son règne un château royal à Sainl-Gerasain : ce château parait avoir été la demeure favorite de plusieurs rois successeurs de Louis- le-Gros, et avoir pris des accroissrmenfs rapides.

Après Louis-le- Gros , son fila l.ouis-le-Jeune , Philippe- Auguste, saint Louis, Philippe-le-Hardi, Pbilippe-le-Bcl, y firent de fréquents séjours.

Nous avons dit aussi que, lorsqm'en 1346 Édouard III, prétendant au trône de France, prit la ville de Saint-Germain et y mil le feu, le château devint, comme la ville, la proie des

du règne de Jean ne permirent pas de le réparer entièrement ; et . e soin fut laissé à Charles V. roi paisible et ami des constructions, qui, dit Christine de Pisan, (U monlt notablement rMifitr Uehdttlde Saint-Germain en 1370.

Pendant le règne suivant, en 1890, le roi Charles VI et la reine Isabeau de Bavière • étant allés prendre l'air au cbàieau « en I aye, à l'heure que l'on chantait la messe devant eux, et a que le conseil était assemblé d un autre coté pour aviser à

• met ire de nouveaux impôts ci à établir une taille générale,

• le ciel, qui était serein, s'obscurcit en peu do temps, « l'espice d'une lieue seulement, qui faisait le tour du ehà- « teau ; et il survint une infinité d'éclairs et de coups de ton» « nerre. I>e vent brisa toutes les fenêtres, et mil en morceaux « tout le vitrage de la chapelle de la reine, qu'il porta jusqu'aux

• pieds de l'tratel. Ou fut obttgé de cesser le chant pour finir o plus tôt la messe, de crainte que le vent n'emportât la sainte k hostie. Tout le monde se jeta par terre ; le conseil même cessa. « Les plus srands arbres de la forêt furent arrachés ; et on rapa porta à la cour que le tonnerre était tombé entre Sdint-Ger- « main et Poissy, tmr quatre officiers du roi, dont 11 avait a consumé Icros et le dedans du corps, en sorte qu'il ne leur it était resté que la peao, qui était noire comme du charbon. Ce m mal inopiné, arrive dans ce canton, fit un grand bien au peu- » pie du royaume. La reine remontra que le ciel s'était opposé « à l'établissement de l'impôt ; et relie princesse, qui était près n d'accoucher, obtint qu'il n'y en aurait point'. •

Quelques années après celte aventure, les Anglais, aidés par Isabeau rte Bavière, s'emparèrent de nouveau du château de Saint-Germain, et le pillèrent comme la première fois.

Kn 1435, le parti du dauphin Charles, ou d( n'empara .lu château de Saint-Germain, ei de presque 'toutes les places qui avotsioaienl Part»; mais, trois ans après, en 1488, les Anglais le reprirent. Voici comment l'auteur du Journal de Paris sous Charles VI et Chartes V II rapporte cet événement.

« Un religieux de Sainte-Geneviève, prieur de Nanterre, c nommé Car bonne t. parvint à se concilier l'amitié du capic taine du château de Saint-Germain. Il eotrait prit émeut dans « l'intérieur de cette forterose, sans inspirer la moindre a méfiance ; il savait où les clefs des principales portes étaient « déposées. Un jour il les prit furtivement (sans doute pour en « foire fabriquer de semblables), et, sans être aperçu, les remit « à leur place. Muni de ses fausses clefs, le prieur Carbunnet e te rendit promptement à Rouen, s'adressa au comte de e Warurick, qui commandait dans cefe ville, et lui promit de « le rendre maître du château de Saint-Germain, s il consentait « a lui donner trois cents saluls d'or. Le comte de Warwick

• Oicli'Miutr, AitfortfM. tte , «1*1 » MuMr r* « Aurfei VI, i I'm tS»0.

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HISTOIRE DES ENVIRONS DB PARIS

a accepta la propositino ; le moine partit avec une troupe c anglaise, et l'introduisit dans le château. La trahison fut « connue: environ quinze jours après, le religieux fut arrélé et « condamne à être détenu perpétuellement daus une prison, « charge de fera < t réduit au pain et à l eau '. ».

Louis XI. qui n'aimait guère le séjour de la campagne, peutêtre parce que le sentiment de sa tyrannie ne lui permettait pat d'y vivre sans craint.-, ht don, en I48S, à un président de la chambre des comp es, ton premier médecin (Jacques Coy lier), des places, château, prévôté et seigneurie, de Saint-Germainen-Lnye. etc ; mais, à la mort du ro», le parlement cassa la donation, et rendit a la ronronne la propriété aliénée.

Cest à Saint-Germain qu'en* lieu la célébration du mariage de François I". (Te prince en .limait beaucoup le séjour ; il lit relever l'ancien bâtiment, qui tombait en ruines, et le fit construire de nouveau. Tous 1rs arts, rappelés alors en France, concoururent a l'ornement de ce château.

Plus tard, et alin de donner pies d'agrément encore au séjour de Saint-Germain, on Ht enclore de murs 4 1 6 arpents de beis de la forêt, ce qui formait a c cite époque un parc tres-eonsi<lérable, et l'on y enferma toutes espèces de bétes fauves, telles que cerfs, daims, sangliers, qu'on amena de Fontainebleau.

En 1S47, pendant le séjour de Henri II h Saint-Germain, eut lieu le fameux duel de Jarnae et de la Chateigneraie. Ces deux seigneurs étaient liés de la plus tendre amitié ; quelques propos indiscrets les h- nui lièrent sérieusement ; et la Chateigneraie demandai François I" la permission d'un combat à outrance. Ce prince la refusa constamment ; et la permission ne fut obtenue qtie sous Henri II, le 10 juillet ti 17 Le combat se fit en champ clos dans le parc de Saint-Germain, en présence du roi, du connétable de Montmorency, et de quelques autres seigneurs. La Chateigneraie, après avoir reçu une blessure très- dangereuse au jarret, tomba par terre. Sa vie était à la discrétion de Jarnae, mais il ne voulut point la demander; plusieurs fois le vainqueur supplia le roi de la lui faire accepter. Lnlin. le roi. se laissant gagner parles prières de Jarnac cl par celles du connétable, donna ordre qu'on portât la Chateigneraie dans sa tente pour le panser: mais la honte d'avoir été vaincu jela ce seigneur dans un tel désespoir qu'il rendit bientôt mortelles des blessures peu dangereuses par elles-mêmes, en s'obstinanl à arracher les appareils qui les couvraient : il mourut trois jours après, à piine ii-c de vingt-huit ans. Le coup de Jarnac a depuis passé en proverbe pour signifier une ruse, un retour imprévu de la part d'un ennemi. L'intervalle dts formalités qui précédaient ces sortes de combats avait été employé par les deux champions à s'exercer dans les armes. Jarnac avait, dit-on, si bien profite des leçons d'un maître d'escrime qu'en s'exerçant avec lui il ne manquait jamais le coup qu'il porta à la Chateigneraie. Ce combat en champ clos est le dernier qui se soit vu en France. Le regret qu'eut Heuri II de la mort de la Chattigneraie, sou favori, lui lit jurer qu'il n'en permettrait plus.

Déjà la Ligue, en 1574, menaçait la tranquillité de la France; Chai les IX et sa cour, ne se croyant plus en sûreté à Paris, se reiiierent à Saint-Germain ; mais un de\in ayant prédit à Catherine de Médicis qu'elle mourrait près de Saint-Germain, cette reine quitta au plus vite la ville. File voulut habiter le Louvre; mais, se rappelant encore qu'il était sur la paroisse de Saint-Gerinain-l'Auxerruis, elle abandonna le. constructions <l u elle y avait fait commencer,

L'assemblée des notables, convoquée en 1583 par Henri III, pour la se formation des abus, se tiut a Saiiit-Gernia:n en-Layc : on sait que le résultat de cette convocation fut de préparer tous les éléments de la guerre civile.

Chdtrau neuf.— Henri IV aima fort le séjour de Saint-Germain, de même que Marie de Médicis V u Quand le cœur du « roi fut épris des charmes de la belle Gabrielle. ce prince galant o et libéral, qui déjà lui avait prouve son amour par le don ■ d'une infinité de maisons de campagne auv. environs de Paris, « voulut encore lui donner une preuve de sa tendresse en balis- « saut pour el e, a deux cents toises de l'ancien château, une . nouvelle et belle habitation, qu'ott appela Château neuf . l'une

i Journal <tt Paru, pttt 179.

' Elle en pir'aii m jour lu marMhal de Sa «iom fil erre ; et. pour M »triimer I* «allafaetion «ur loi proenrail e» •<•..«•«. elle <litM : Quand ffj Mdf, j ai mn ptrl à Sè»H.G*rmmin e< lautn à Pari: Le fatal

• des ailes de ce bâtiment s'appelait même le Pavillon de Gabrielle1. >

Voici une lettre de ce roi à sa maîtresse, qui caractérise la destination du château neuf de Saint-Germain : a Mon cher cœur, « yls ont bien fayt le diable vers ma famé. Je vous voync a demayn au matyn, el vous conterré Imit. Je veus fayre des a myenes, c'esl pourquoy je ne désire pas qu'an ce tandis la ■ vous soyes ycy, afyn quel'on ne vousaccuse de ryen. Je mana voys demayn à Saim-Germayn. Prépares vous à partyr a demayn, car mirdy je joueré mes jeus, et vous voyrres si je

• suys le mettre. Je te donne le bon soyr, mes chères amours, a et un mylyon de besers, H. »

Selon Mathieu, c'esl dans la construction de cet édifice qu'eut lieu, pour la première fois, l'application des principes hydrauliques propres à élever les eaux plus haut que leur source.

Peu à peu, l'ancien château fut bientôt oublié, el le château neuf devint le plus fréquenté. Ce château était orné de bu«*es et de médaillons : un de ces bustes ressemblait parfaitement au président Fauchet, auteur des Antiquités français»» el gauloises. Cet historien sollicitait depuis longtemps la récompense de ses travaux littéraires auprès de Henri IV, qui, pour s'en débarrasser, lui dit un jour à Saint Germain, en lui mnnirant le buste qui lui ressemblait : Monsieur I» président, j'ai fait mettre là votre effigie pour perpétuelle mémoire, Fauchet, peu content de cesuecès, composa les vert suivants :

T el irfioTé dedans | De mes longs (rivaux le salaire :

Le roi de pierre m'a fail toi** :

Tant il est courtois e I humain.

S'il poavoit aussi bien de (tin Me itranlir que mon lange, Ab ! quej'turols fsll bon voyage!

Je relournerois des demain.

Viens, Tacite, Satlnsie, et toi Qui «s tnnt honoré totfcrae; Veaei ici foire la moM Ko quelque coin, ainsi que moi.

Henri IV lut ce» vers, el donna à Fauchet te titre d'historiographe de France, avec une pension de 600 écus.

Louis XIII était à Saint-Germain lorsqu'il fui atteint de In maladie qui le mit au tombeau. Dans un de ces intervalles de repos que lui laissait le mal, il voulut voir encore une fois le beau paysage qui se développait aux regards depuis les fenêtres du chàlcau ; ses yeux s'arrêtèrent sur le hVp où reposaient ses aïeux. Ce spectacle le frappa ; il se retourna du coté des spectateurs, et, leur montrant les tours de Saint-Denis, il leur dit d'une voix émue : Mes amis, voila ma dernière demeure, et il se lut.

Revenu de ce moment de mélancolie, il voulut faire célébrer avant sa mort, dans la chapelle du château, le baptême du dauphin (Louis XIV), qui n'avait pas encore eu lieu. Au retour de la cérémoni», il demanda à «on fll# quel était h» nom qu'on venait de lui donner; celui-ci répondit avec force : Je m'appell« Ia>u>* XIV. Louis XIII vit dms cette réponse un pronostic de sa fin prochaine, et repril avec humeur : Pas encore, mon fils ; puis il ajouta peu de temps après : mais ce sera peut-être bientôt si t'est Ustolontéde Dieu. 11 mourut en effet quelques jours plus tar i, le 14 mai I64S.

Dés qu'il fut en âge d'avoir une volonté, lirais XIV. qnl ne se plut jamais à Paris, fixa sa résidence à Saint -Germain, lieu de sa naissance. Il fit faire de grands embellissements au château, et des changements considérables nu parc : la direction de tous ces travaux fut confiée à Le Nôtre. C'est lui qui dessina cette magnifique terrasse commencée par Henri IV, et qui n'a peut-être rien de comparable en Europe, ainsi que ce vaste par terre devenu aujourd'hui un tapis de verdure, ombragé par une belle allée d'arbres touffus, sous lesquels viennent se délasser les habitants de Saint-Germain. A l'ancien château furent ujoiiiés les cinq gros pavillons dont il est flanqué, parce que ce château ne pouva.l plus sulfire à la cour du monarque le plus fastueux de l'Eut

•c rappelât <p« le villace de Wanlerre est plaré ta m»irm mm et» lai répondit : Un n et: martamr, ft rowlrti, Hrt à fiontim l i » >,rrr Jat,lArff«« Je» ntmil al> Pnrtt. tmir » Vojeid'apréaunfnrmnirrntamatrrHii'ii lent)» de UaieltV. le depente* («le» «u rtUteau or Neinl-Oermaia ei au Vai, «Malawi *

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Cependant tant de merveilles ne pouvaient satisfaire l'ambitiou de Louis XIV; on raconte qu'il fut question d'y construire un palais propre à la résidence ordinaire des rois ; mais ou préféra à la magnifique situation de Saint-Germain le local sauvage de Versailles ; et cette préférence est attribuée à la volonté particulière de Louis XIV.

On prétend que le clocher de Saint-Denis, qu'on aperçoit de Saint-Germain, épouvantait l'âme de ce grand roi. La vue continuelle du lieu qui devait être sa dernière demeure l'aurait entretenu dans des idées lugubres et affligeantes ; c'est pourquoi Saint-Germain ne fut point adopté. « Saint-Germain, dit

• Saint-Simon, lieu unique pour rassembler les merveilles de

0 la vue, l'immense plain-pied d'une forêt toute joignante, « unique encore par la beauté de ses arbres, de son terrain, « de sa situation, l'avantage et la facilité des eaux de source « sur cette élévation, les agréments admirables des jardins, les

hauteurs des terrasses, qui, les unes sur les autres, pouroient aisément se conduire dans toute l'étendue qu'on auroit voulu, les charmes et les commodités de la Seine ; enfin, une ville tonte faite, et que sa position eotretenoit par elle-même, il l'abandonna pour Versailles, le plus triste et le plus ingrat de tous les lieux >

Nous avons vu qu'une discussion sur la hauteur d'une fenêtre avait entraîné une guerre extrêmement calamiteuse pour la France; aujourd'hui, la vue des tours de Saint-Denis épouvante Louis XIV et le porte à enfouir des millions dans un cloaque : voilà les grands rois.

Avec Louis XIV, la cour disparut donc de Saint-Germain ; elle y fut remplacée par la douce et intéressante la Vallière, qui cherchait à y oublier les infidélités de son royal amant, en faisant aux pauvres tout le bien qui dépendait d elle ; mais cet esprit de bienfaisance même fit perdre leur protectrice aux habi • tants de Saint-Germain. Voici comme est raconté le fait dans un ouvrage auquel j'ai déjà empruté plus d'un passage. « Ma- « dame de la Vailiére apprend qu'un village voisin de Saint - « Germain vient d'être là proie d'un incendie. Elle forme a aussitôt le projet d'en secourir les infortunés habitants. Afin « d'y réussir plus sûrement, elle fait prier le curé du lieu de

• venir la trouver. Il se présente; mais quelle est la surprise

• de madame de la Vallière en reconnaissant dans ce pasteur c celui qui, dans son enfance, l'avait instruite des mystères de « la religion ! Aussitôt le souvenir de tous ses chagrins se ré- « veille à l'aspect du guide de ses premières années; elle verse t dans le sein du pasteur d'abondantes larmes; et, lui raconc tant toute la suite de ses Infortunes, elle lui demande ses

1 conseils. Celui-ci répond mal à sa confiance, ou plutôt il lui « répondit selon l'esprit de son temps : il lui donna le conseil « de se retirer dans un cloître ; cl madame de la Vallière, qui « trouvait des consolations Inespérées dans l'exercice d'une

I pour I« temps, et qui

Ht. It mm;

■o («pilai beaucoup plu* fort.

• L'eue maison, illustrée par la naissance du roi, esl Irés-aneienne. Elle

• consiste es dcui châteaux • l'un «taux, l'autre neuf. Le xieui château est a beaucoup pins beau et mieux bJli que le neuf; U» ne sont séparés l'un de

• l'autre que par une grande basse-cour, qui pourrait servir de manège.

« Le Val est un jardin dépendant de Saint-Cerroaio, que Sa Majesté fait cnt Irelenir avec sein, et qai produit une infinité de beaux fruits dans taules lea

• Misons, surtout des précoce* ; je ne dis rien des

• Saînl-fiermain, nain te d'eanuier. >

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