CHAPITRE
DIUll 1T MIÎIT-caATIXN, AJIMU.T, »U««INCÏ, IA0BONM IT
, SOlST, CROULAT,
SAiirr-PKix.
mais, en 1709, on n y
comptait que vingt-quatre feux. La nomination à cette api artenait aux abbé» de Saint-Denis.
l a terre de Yillc-Tancusefut.en i «57. érigée en comte, elle avait alors un château, accompagné de deux pavillons et entouré de fossé, pleins d'eau avec un parc considérable ; eue relevait du duehé de Montmorency. Le château exhve encore.
Saint- Gratitn. Cette terre était, au xm» siècle, connue sous le même nom ; elle dép ndait de Montmorency.
Catinat fut plus tard'seigneur de Sainl-Cratien ; et l'on c-olt que c'est lui qui fit. lever dan* l'émise un monument à Jacques Poille, marié a la fille d'André Tiraqueau cousetll. r au Parlement, sous François I". et qo, »rlon I épi aplie, eut trente tn~ tant* et fil trente-un lirree ir ■■t-utimé». r...;.« «A il
llatinat aimait beaucoup le léour de Satui-Gral.cn o* il passa une grande partie de se* dernier* jours, occupa a*T,1 de son jaroin. Son château esleoeorc aujourd ll«i I M des P,u* remarquable, de la » allée de Monthw. ncy : or» y voit un g <* orme planté de la main du maréchal, et d ..ni I éjjMf le m» iumcnl funèbre de ce uuerrtar. avec m* épitaphe d.".ne nu sujet.
Dent, frt «tué à un quart de lieue au sud de à tro s Heue.s un quart nu n.»r I de Pari».
Si Ton pouvait ajouter foi aux fiction» de* légendaire* I origine de ce vlllane remonlen.it aux lemp» de la domination romaine. Voici ce qu'il» racontent : Saint Eugène prétendu disciple ou compagnon de salut Denis, ayant souffert le martyre dans le lien nommé Dioilum, soneorp* fut jeté dan* le uc voisin nommé. Marchât* in larum intrcaiii tillm Diotto tient; un domine ill. stre, Ereold. fut averti eo *onc.e de faire relir.r du lac le eorp> du sainl, et de le faire porter dans sa terre de Dent»; Ereold obéit et sur le tombeau du saint fit construire une petite rh p Ile ou il s'opéra bien 6t un grand nombre de miracle* comme il an i»ail loujeur* en pareil eas: la vue fut rendue a»» 'aveugle*. Toute aux sourds, la santé aux malades. Ces miracle* continuèrent pendant longtemps.
On voit p .r un diplôme de l>a.L »-le-Chau*et de l an »62, une IHmHû ou Deuil avait de» vigne», qui, avec celle, de pjusienr* villages voisin», contribuaient à feo/mr le »»u néeesaa.re nnx moine* ie Saint Denis.
Dan, le viciée e. l'égl se paroissiale, car. dès lor*. Deuil était paroi-se, appartenait, ainsi que le village, aux setgneors de Montmorency. Herv^ de Montmorency s'en .lessaisll en faveur . el abbavede Samt-Florent, en Anjou, qui y établit de* moines ; ceux-ci furent, en 1071. approuvés uarl'éveque da Paris, e* ilolés auxM'Mècle.parBoudiard de Monlmoren. y. fil* d'Hervé. Le prieur. ie Deuil eutledroitdepré>enteràla eu e.ielaparois-e.
Pour tant de bienfait» acc «rdé* au prieuré de Deuil, ce prieuré pavait aux teiimrurs -ic Montmorency une re levauce singulière, • Il doit, dit un ancien manuscrit, aux quatre léte* s..le«m. Iles « en l'ao, certain deu nommé ro>*sole» 1 avec gasuaux d'é- « uii-e* ..... et au cas que faute y auroii de paiement, tantosl « une ledit Jehan (Jean de Monto orencv) est servi dero*t, ledU « p leur est en amende d'un muid de hled pour eltaque fois *. • I e villa "e de Deuil donna naissance à Odon, qui de inone de Safnt-Deni*. en devint abbé, et succéda, en I il 43, au célèbre Soger ; il mourut en l lai. Il fut «ecrétair* de Lnuw Ml, du le Jeune, lewWit dans son voyage à la Terre-Sainte, et en coinpa»:. une relation en sept livre», dont la lecture prouve «ne I auteur était plu» eouriwHU qu'ami de a vanta.
Parmt la» maisons de cami>«g«e de Duo il, il faut celle qu'on nomme U Chét>am : »Ho est *«tuce d»i.s le de la Barre; sen pare <■> trente arpent* et de très-bille» eaux (ont se» principaux a^racbauU. Uan* le village même de Deuil, »ji ,^.i^i.,iiti •.('. 5o ttMvi al »t> J.v<io'.»H«- ' r-iwvttoti tb roouou» *viiod ru .sar oo» ,Ja*i>uxl al i>v *xt$\u mv<\yy>
' E»p*« <l« pAUmié*.
ment lunenre ae ce Luerrwr. « .v m-»c .i»...^
L'étang de S ai frt- Gratim, dit aussi de Montmorency, ressemble à un tac par sa grande étendue.
f II.-MOB
uAnimni«ne« nelite ville e*t «Ituée à trois lieue» et demie
cita est "lustre et recommandable ; ainsi André Du. hesne pour illustrer ce H-u et ses seigneurs, voudrait prouver M"' "Jo. t morency e^tlc même Mo.antiacum d où le» empereurs Val* * Gra icn et Valentinicn ont date la loi dtof/ict» rerleru r-roe'arùe; mais toute* ce» «.clions, toute» ce» îilu.iratluus d.spaïa.*s. nt devant la lumière de l'histoire, .
Hugues Ba»»e h possédait une forleres e dan* I le saint- Déni»; «a veuve épuisa H-rrAard «urnommé le »^tm. et ui porta en dot cette foriere»se ; Burchard s y établti. et ue i», comme nous I avons »it ailleur», faisait de*»KCapio^a^f«^ bave de Sainl-Dcni», sur »es ferme», sur se> villages , mail et dévastait ses propriété». Vivien, abbé de ce monaa-êre. «en plaignit souvent au roi Robert, qui enfin cédant aux m» an ce* de cet abbé, lit raser la forter.»* de l Ile. Alors, ver. I an T«08 un traite fut conclu ..ure l'abbé et B;rehard JH u , convenu que l al.be accorderait à Burchard In faculté d eteb tr. m ta lieu appelé MnntmorenciacMm, nue forteresse pré» de la routaine de Saint- Waluric .
L'abbé prit dans ee traité le* pte* grandes précaution* pour se préserver, k l'avenir, des bri.and-ge» dç Boreharil, qnll qualifie dVonemt de l'É^ se et de génie malfaisant; il «i-ea que, deux fols l'an, ses compagnons * rendissent en oia^e ^a l'abbaye de Sain«-I>eni*, Jusqu'à ce que Burclwir.1 eui re»tuue ce qu'il avait envahi et volé •<•» biens de cent abbaye.
Cet accord e»i>tc, André Duchés, e s'est bico ^ardé d* le reproduire dans >on hislo.rc gém a ogique •. ... '
Telle fnt l'origine de la ville de Mou.rooiency et de la famille qui a porté ce nom.
U té.Mlal.lé par *'« vice», le» seigneur*, par leur tyrannie et leurs bri' audace» avaieut lari to..te* m s«»ur c* de la prospérité publique, cl t.wt appauvri : pauvre* «ix-mème*, ce. seigneur» pnn .ient le. bien, où 11» se tr.mvahnt; le. bien* a t*n daient dan, le» n.onaslère«. et il* ne c^ereitt, peoa«»t trois ou quatre >i-cle», d'at.aquer et de piller le*
l^s précaution* extrêmes qu'avait prise* l'abi* de Sa-nt-Dem. contre Borchard furent ln.pui**-nie* contre m» auc-e «ur*. Burchard IV, seigneur .le Montmorency, se m t. suivant i sage, à dévasUr et piller le» bien» uu monastère d* saini-Deni*.
éee mut***» te èW», mm x, pat* »••» •»». ••»•
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
Adam qui en élait abhé, se plaignit an roi. qui ordonna au imble bricancl de respecler les biens de ettle abbaye; Bnrchard continua à piller les terre» et a tuer les cultivateurs.
Le AU du roi Philipp», qui détint roi souk le nom de Loulsle-Gres. l'axant, pour eette désobéissance, ajourné à comcaralire à la cour de Polssy. il y fut condamné; mais comme, au lieu de se « •unMtre, il ras-emhhvt des Iroupes, appelait à son <••« nrs plusiru-s seivnrurs du voisinase, tels que Mathieu de Baumont et Droton de Money, dans le dessein de résister, ce prince se mit à la téte d ur»» ai mi e, rntra dans la terre de Montmorency et «««m font par feu et par glaive disent les grandes chroniques. Il ne brn'a po nt la forteresse; mats voyant qne Bnrchard voulait s'y défendre, il l a siégea, et obligea le seigneur rebelle de venir wrend.e à merci*.
Il est présumable que le premier château de Montmorency fut construit en bol» ; le» forteresse» des tf et m* sè. 1^-s n'é- Ule i pas hatirs en pierre. Quant aux autre* habitations, qui a«nisinaicnt ce chà'eau, elle- ne devaient être que des chaumières occupées par des serf*. 11 n'y «Tait point d*é|ilis" dans ce lieu, qui dépendait, pour le spirituel, de la pnrolsse de Groslay.
Dans la suhe. le» seigneur* de Montmorency flrent bà'ir. pour leur pi opre commodité, wne église sous le titre de Saint- Martin, comme était « elle de Groslay. « Leur» officiers, leurs vassaux
• voisins augmentant en nombre, ils se forma sur le lieu une « paroisse desservie dans la même église. »
Cette éirltse fut érigée en ehapitre. on ne sait à quelle é oqor ; mois il est certain uue Mathieu de Montmorency, connétable de France, donna, vers le commencement du xiif siècle, à l'église de Sa nt-Vtet -ht de Paris, une prébende de l'église Saint-Martin de Montmorency i ce qui prouve qu'alors le chapitre existait. Plus tard H fut , indépendamment de réalise collégiale de Saint-Martin, construit une chapelle dans le château seigneurial
Le chapitre de Montmorency se composa d'abord de neuf chanoin< s ; le nombre en fut. [du* tard, porté à plus de trente. Dans le* dern ers temps, le chnpitie était desservi pur des waitinrns; ces pères avaient reconnu •<§ seigneur le droit de pourvoir s leur place, en cas qu'ils vinssent i s'écarter de leur règle.
On conservait dam l'église les reliques de saint Félix, dont la fête attirail à Montmorency un grand eoncours de fidèles ; ce jour-là. le « lia ilic de Montmorency avait droit de Justice; ce même jour é ail encore remarqu.ihle p;iruue autre singularité; « r'esl que tri habit mis, tant h'tnmi* que femmes, de la pa- « rois»c de Siint Félix , située au diocèse de Beauvais. sur la « rivière du Trerin. entre Beauvais et Crefl, à douze ligues de a Montmorency, suivant une ancienne coutume, se rendaient « tous les ans, par députes, a Montmorency, en l'église collé- « pale; e», a une procession solennel e qu'on y faisait dans
• le» pnncipa.es rues, ils portaient la chasse de saint Félix , et a les parois»!, ns de Montmorency leur cédaient cet honneur,
• auquel ils participaient après eux et à leur défaut, ne s'eu « croyant point exclu», a
On ne sait pourquoi les sefuneurs de Montmorency ont pris Ir titre de premier» IsIrnN cajvftsiM. première baroilt, première chrrtiem Ou explique d'une manière plus satisfaisante le titre de premiers fcoroaj de Frante : c'est, dit-on, par. e que leur for en sse se trouvait la plus fortifiée du Pansis, qu'on appelait Autrefois du nom de France ; peut-être aussi, parce que la haute barormie de Montmorency était la plus voisine de Pari», demeure de- rois
Quant aux titres de prrmieri ehrétiens, premiers baron, t\r*tient, ce sont des inventions vaninus s, un cri de gu-rre qui a pu être adopté pendant les croisade. Suivant l'ordre chronologique , les Montmorency ne furent ui le* premiers barons , ni le» premiers chrétiens.
Quatre villages formaient, an temps de Philippe-Ie-Bd, c'està-dire . an xiv» siècle , la seigueurie de Montmorency : cette si ig neu rie relevait directement du roi.
On connaît la part qu'ont i ue les Montmorency aux événements de oo re histoire; les noms ne Mathieu II , de Anne de Mou.m .reney, sont devenus fameux par leurs bonnes ou mauvais actions. Le dernier surtout, mort à soixante quatorze ans, et dans des temps fertiles en troubles .avait servi souscinqrow,
i M»mtil4» UÊl»Hm ittrmmn, ton* SB, p*f« IS, ISS, TS*.
s'était trouvé a p-ès de deux cents combats, a huit batailles rangées, et av ait . dit-nn . été employé à cent traités. Il ava t tait ses premières aunes sotis Françnls I", et mou rat sou» Char es IX, à la bataille de Saint-Denis, donnée en IS67 -ont rie prince de Ondé. Suivant Branld ne. il se conduisait en homme brutal, sanguinaire comme les seigneurs de son temps : il était orgueilleux comme un riche Ignorant. Il esi certain qu'il ne savait pas lire, qu'il portait un livre à l'éJise, mais par pure représentation ; il signait sur la parole de son secrétaire ; et la eho<e se passait drune façon singulière : il Msait de sui'e une vingtaine de gr*n4s et long» pied» de nVHicne ; et son secrétaire l'arrêtait en lui disant : Montrigue ur. en uo<U attez.
On raconte aussi un trait peu honorante potir te connétnb'e, et qui justifierait bien l s reproches que lui ont adressé» quelques é ri'ayis: on le tmuvedans une histoire de Bordeaux, par Dom de Vienne.
Un impôt »ur le sel avait cansé une émeute dans celte ville ; ce connétable s'y présenta a la téte de tro ipes nombreuse». De- députés du parlement vinrent lui annoncer que l'ordre était rétabli ; tous les habitants se i» posèrent à lui faire In réception la plus bienvelPante. Le connétable traita Bordeaux en ville en ■ e d'assaut ; Il entra, précé té de ses canons, a la tête de ses bataillons , Cépée nue , la lance en arrêt . tambours buttant et enseignes déployées, et fit dresser sur la place de l'Hôtel ém ' Vil e un grand nombre de potences et d'éctiafauds , où cent bourgeois et magistrats des pin» marquant» furent suecea-ivement exécutes; on ajoute que les habit <nts furent d cimes. L'un des condamnés, nommé l'Bstonat. avait «ne femme jeune et be le; elle va se jeter aux pieds du connétable et implorée la
Cce de son mari ; Mont norency la promit a nne condition iteuse: cette femme . dé»espérée, sacrifia s >n honneur p«ur conserver les Jours de * m mari. Après avoir, pendant la nuit, assouvi «a passion brutale avec cette malheureuse r. ni me , le lendemain, le connétable la conduisit à la fenêtre, et lui montra, sur U place, son mari pends à une potence. Anne de Montmoreney était extrêmement dévot , mais, « Brantôme dit , qu'il se
• ru II h i garder de» patencslres de M. te connétible; car, en les « disant en marmottant, lorsque les oc a- ions se présen'oient,
• il di-mt: allez-moi pendre un tel : attachez celui-là * un « arbre ; faite» passer celui -lé p»r les piques tout à cette heure, « ou les ar<|uebusez tous devant moi ; laille/-moi en pièces tous « ces marauds . qui ont voulu tenir ce elocher eonire le roi ; « brulez-moi ce village; boutez-moi le feu partout, a un quart a de lieue à la ronde, a
Mai» tous les seigneurs de Montmorency , surtout ceux qui ont vécu dans des temps plus réeeuts, ne ressemblaient pa» * ce connétable.
Henri II, de Montmorency , Jouait un Jour un coup de troi» mille pistoles ; il entendit un gentilhomme qui disait à voix basse : Voilà unr tomme qui ftroit Ut fit' tuas <t' un honnête komme, l.e duc ga^na le coup, et présenta aussitôt la somme au gentilhomme, eu loi disant : Je voudrait, Mo iiinr, qm» rolre fori%nt fdi plut grande. Ce même seipndr, vou anl connaître si , avec une fortune la plus bornée, ou pouvait être plus heureux que dans le sein des richesses, que-tlonna quatre cultivateurs qu'il rencontra: trois lui dirent qu'ils éta'ent heureux ; le quatrième avoua qu'il soupirait après une partie de son patrimoine, qui était passée en de» mains é rangères. Mai», ri t* l'arai» , MrotVfu krmreuJt t demanda le duc. — Auumt , mnnttigtnr , on on peut l'être dan* ce monde — Combien caui-etlt r — Deux
mil tfratf.— Qu'on le* lui ionnt, a le due. H fVil soit Ht
que fut (ait aujourd'hui un heureux. Plusieurs autre» traiu de cette e-pc-e caractérisent ce seigneur.
Ce fut le même qui. entra né >ia»s la révolte de Gaston, duc d'Orléans, fut pris au combat deCaMsinau bmry, et eut, ma'gré Us sollis Italions des plus grands pl i -nouages, la t« e tranché» a Toulouse. Richelieu voulut faire un exemple qui épouvantât les hommes puissant- . Mimtmorency mourant lit legs au cardinal d'un tableau de Paul Veronèse, de très-grand prix.
La terre de Montmorency avait été érigée en duché- pairie, en faveur d'Anne ; mal» cette terre, ayant été confisquée sur le dernier duc de Montmorency , fut donnée au prince de fondé, qui avait épousé la su>ur de ce duc, et de nouveau érigée en duché-pairie. Louis XIV , par lettres-patentes , données à Versailles, su mois de septembre tes», changea le nom de Montmorency en celui d'Enghien, à la requête du prince de Condé :
niSTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS.
mais les lettres- patentes n'ont pas le pouvoir de reformer les manières de parler du peuple ; ainsi, la vallée, l'étang et la ville conservèrent, malgré les ordonnances, le nom de Montmorency. Le château était alors à peu près détruit ; et les princes de Condé n'en eurent jamais dans ce lieu.
A la fin du xvui* siècle , tout ce qui restait de la magnificence des ducs de Montmorency se trouvait dans l'église collégiale et paroissiale de Saint-Martin. La principale façade offre dans sa perfection l'architecture du xti* siècle, époque où cette église fut reconstruite.
Les bâtiments qu'occupaient les prêtres de l'Oratoire méritaient qu'on s'y arrêtât -, dans la salle des étrangers on remarquait un Christ, peint par Philippe de Champagne, et un autre tableau en face, dont le sujet était fort hétérodoxe; il a fallu, ou que le peintre fût très-ignorant en matière de croyance , ou qu'il fût un peu incrédule: il a représenté les qualrcs évangélistes, accompagnés de leurs attributs, occupés à composer ensemble leurs évangiles. On sait que ces ouvrages sacrés ne furent point concertés , et que chaque évangéiiste les écrivit ■fatrcniiht.
La bibliothèque était assez considérable: on y conservait un exemplaire de V Emile , dont J.-J. Rousseau avait fait présent à cette maison, peudaut son séjour à Montmorency. A la téte du premier volume était l'original de la lettre écrite à cette occasion :
■ J.-J. Rousseau prie messieurs de l'Oratoire de Moutmoa moreney de vouloir bien accorder â ses derniers écrits une « place dans leur bibliothèque. Comme recevoir le livre d'un
• auteur n'est pas adopter ses principes, il a cru pouvoir, sans « témérité, leur demander cette faveur. A Montmorency, le 29 <( mai 1761. >
Une autre maison fut célèbre à Montmorency : c'est le Petit Mont-Louis, habité par Rousseau; voici cequ'en a écritec philosophe : a Pendant un hiver assez rude , au mois de février, « j'allais tous les jours passer deux heures le matin, et autant a l'après-diner , dans un donjon tout ouvert , que j'avais au a bout du jardin où était mon habitation. Ce donjon, qui ter-
• minait une allée en terrasse, donnait sur la vallée et l'étang
■ de Montmorency , et m'offrait , pour terme de point de vue, « le simple, mais respectable château de Saint-Gratien, retraite a du vertueux Calmai. Ce fut dans ce lieu, pour lors glacé, que, « sans abri contre le vent et la neige, et sans autre feu que a celui de mon cœur, je composai , dans l'espace de trois se- « naines, ma lettre a d Aleinbert sur les spectacles.
« Quand M. le maréchal de Luxembourg m'était venu voir à c Mont-Louis , je l'avais reçu avec peine , lui et sa suite, dans a mon unique chambre, non parce que je fus obligé de le faire « asseoir au milieu de mes assiettes sales et de mes potsébréa chés, mais parce que mon plancher pourri tombait en ruine, a et que je craignais que le poids de sa suite ne l'effondré t toutci à-fait. Moins occupé de mon propre danger que de celui que « l'aflab i hté de ce bon setgueur lui faisait courir , je me hâtai « de le tirer de lâ, pour le mener, malgré le froid qu'il faisait
• al ors , à mon donjon tout ouvert et sans cheminée. » Rousseau acheva à Mont-Louis la Nouvelle- Iléloïs» , qu'il
avait commencée à l'Ermitage.
Cette maison existe encore ; ou y lit plusieurs Inscriptions relatives au séjour de Rousseau. Sur la terrasse du jardin qui conduit au donjon, on voit encore une table de pierre qu'il y fit poser, et sur laquelle on lit ces vers gravés sur une plaque de cuivre:
• Cest tel qu'un grand homme * pitse ses besot Jours; < Vingt chefo-d'œurre divers en ont marqué le cours :
• Cest Ici que sont nés et Saint-Preux el Julie, -
• Et celtt simple pierre est l'sulel du génie. •
Au-dessus de la porte de la maison on a placé cette inscription : « Cette maison, appelée ci-devant le petit Mont-I.oins, a « été habitée par Jean-Jacques Rousseau à sa sortie de i'Ermi- « tape, depuis le 16 décembre 1767, jusqu'au 9 avril 1769, « qu'il en fut arraché à deux heures après minuit, par ses amis, a le maréchal de Luxembourg et le prince de Conti, qui vou-
■ lurent le soustraire au décret de prise de corps lance contre a lui le s du même mois, par le parlement de Paris, après la pu- « blication de YÉmile.
« Il écrivait le 7 * l'un de ses amis: J'ai rendu gloire à Dieu,
a j'ai parlé pour le bien de* hommes ; pour une $i grande cause , « je ne refuserai jamais de souffrir : c'est aujourd'hui que le a parlement rentre; j'attends en paix ce qu'il lui plaira d'ora donner.
« Indépendamment de Y Emile , Rousseau composa ici sa c Lettre sur Us spectacles, le Contrai social, et mit la dernière c main i sa Nouvelle Ililohe. >
Le château dit Je Luxembourg , construit sur les dessins de Cartaud, avait appartenu à Lebrun, et loi devait une partie de ses beautés ; il appartint ensuite à M. de Crozat et à la duchesse de Lorgcs. Rousseau a fait ainsi la description de cette maison : « On voit à Montmorency une maison particulière c bâtie par Croizat*, dit le pauvre, laquelle ayant la magnifier cence des plus superbes châteaux, en mérite et en porte le ■ nom. L'aspect imposant de ce bel édifice, la terrasse sur laa quelle il est bâti, sa vue unique peut-être au monde, son vaste « salon peint d'une excellente main', son jardin, planté par le « célèbre Le Nostre : tout cela forme un tout dont la majesté « frappante a pourtant je ne sais quoi de simple qui soutient a et nourrit l'admiration. •
Rousseau habita un instant un logement dans l'endroit appelé le petit château, a C'est dans cette profonde et délicieuse soli- « tude, dit-il, qu'au milieu des bois et des eaux, au concert des c oiseaux de toute espèce, au parfum de la fleur d'orange , je c composai, dans une continuelle extase, le cinquième livre de a Y Emile dont je dus en grande partie le coloris assez frais à la c vive impression du local où je l'écrivais. » Le château de Luxembourg est détruit aujourd'hui.
On distingue encore â Montmorency deux maisons remarquables ; la première appartient à M. Monroy : elle eut autrefois pour propriétaire M. deLavalette; l'autre appartient à M. Goix: elle a un parc d'une grande étendue qui domine toute la vallée.
Du reste, l'heureuse position de Montmorency et l'agrément des campagnes voisines en font encore un des lieux les plus célèbres et les plus fréquentés des environs de la capitale. A quelque distance de la ville, sur le bord même de l'étang de Montmorency, on trouve des bains d'eaux minérales , établis depuis peu de temps ; l'heureuse position et l'élégance des bâtiments jointes à la vertu des eaux de cet établissement, doivent lui attirer de la célébrité.
Enlin, l'Ermitage, où Reusseau passa plusieurs années de sa vie, et où mourut Grétry, est digne d'une mention particulière.
EBMITAGB 01 ROUSSEAU.
Cette maison est située â un quart de lieue environ vers l'est de Montmorency, sur la frontière de la vallée et de la forêt. Eu I6S9, un ermite nommé Leroi fit bâtir une chapelle et une cellule j les travaux ne furent terminés qu'en 1676.
Celte même année , un second ermite , nommé Le Rret , prit la résolution de se retirer avec Leroi, et acheta un terrain con- Ugu au nord à celui de Leroi.
Un nommé Cavilller, propriétaire d'un terrain et d'une fontaine attenants, fit bâtir une terrasse, et au-dessus une chambre contiguè aux bâtiments de l'Ermitage.
Le 29 septembre 1690, les deux ermites firent, en faveur de Cavillier, ep considération des bienfaits qu'ils avaient reçus de lui, un acte solidaire par lequel ils lui accordèrent pour sa vie une chambre dans l'ermitage, et la jouissance de leur jardin et de ses eaux.
Le 4 mars 1G98, Leroi, le survivant des trois, vendit son ermitage â Richelieu , mais à condition d'en conserver la jouis» sance jusqu'à sa mort.
En 1716, l'ermitage de Leroi appartint au prince de Condé, et, en 1722, â un sieur Mathas. Alors les bâtiments et le jardin n'occupaient qu'une superficie de 1 6 perches.
Un sieur de Galau , qui possédait tous les terrains environnant l'ermitage, fit construire un petit bâtiment à peu de distance et au nord de cet ermitage.
Ces deux propriétés devinrent des dépendances du château de la Chevrette, appartenant â la famille d'Épinai.
Les écrits des philosophes du xvm« siècle et ses propres Mémoires ont rendu célèbre une femme de ce nom. Un ami de Rousseau, M. de Francuell, amant de madame d'Épinai, mit
• C'ett eue erreur, i Têt Lifowe
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
dans l'esprit de cette dame de monter i la Chevrette un théâtre de société; Il mit la troupe en train, en fut le directeur; on débuta par l' Engagement téméraire, comédie de Rousseau, qui, présenté alors a madame d'Épinai, devint acteur dans sa pièce avec cette dame et madame d'Houdetot, dont nous aurons plus d'une fois occasion de parler.
Vers ce temps, Rousseau, se promenant un jonr avec madame d'Epinai , arriva jusqu'au réservoir des eaux du parc a qui < touchait à la forêt de Montmorency, et où était un joli potager c avec une petite loge fort délabrée qu'on appelait l'Ermitage ;■ c'était le bâtiment élevé par Galau. Ce Heu solitaire et tranquille frappa l'imagination du philosophe ; et il lui échappa de s'écrier: Ah! madatnt, quelh habitation délicitute ! voilà un a*iU tout fait pomr moi. Madame d'Epinai sembla ne pas avoir remarqué ces paroles ; mais , au retour de Rousseau d'an voyage fait à Genève, madame d'Épinai lui écrivit: i Vous m'avez souvent « ou! parler de l'ermitage qui est à l'entrée de la forêt de Mon t- « morency; il est situé dans la plus belle vue. Il y a cinq • chambres, une cuisine, une cave, in potager d'nn arpent, une a source d'eau vive, et la forêt pour jardin : vous êtes le maître, « mon bon ami, de disposer de cette habitation, si vous vous « déterminez à rester en France. » Rousseau vint à la Chevrette; c mais à ce second voyage, dit-il, je fui très-surpris de trouver, c au Heu de la masure, une petite maison presqoe entièrement « neuve, fort bien distribuée et très- logeable pour un petit
■ ménage de trois personnes. Madame d'Epinai avait fait faire « cet ouvrage en silence, et à très-peu de frais, en détachant « quelques matériaux et quelques ouvriers de ceux du château. « An second voyage, elle me dit, voyant ma surprise : Mon « ours, voilà votre asile; c'est l'amitié qui l'offre; j'espère
■ qu'elle vous dlera la cruelle idée de vous éloigner de moi. » Rousseau, qui pensait alors à se retirer à Genève, écrivit quelques jours après : « Enfin, madame, j'ai pris mon parti, et vous « vous doutez bien que vous remportez : j'irai donc passer les « fêtes de PAques à l'Ermitage; (et j'y resterai tant que vous « voudrez bien m'y souffrir. » Madame d'Epinai dit à ce sujet : « La joie que me causa cette lettre fut telle, que je ne pus « n'empêcher de la laisser éclater en présence de Grtram qui « était chez moi.»Grlmm avait alors auprès de madame d'Épi-
nai pris la place de Francueil.
Ici le* :
i plus remarquables de ce siècle se préseni point de vue peu favorable, et nous donnent une bien pauvre idée de leur temps : il faut le dire, Rousseau .luimême, si grand, si sublime dans tant de circonstances, paraîtra quelquefois déroger à son caractère.
Le 9 avril 1 750, madame d'Epinai vint chercher à Paris, rue Crenelle-Saint-Honoré, hôtel du Languedoc, Rousseau, madame Levasseur et Thérèse ; « son fermier vint chercher mon petit « bagage, et je fus installé le jour même. Je trouvai ma petite « retraite arrangée et meublée simplement , mais proprement « et avec goût.
Quelle était cependant la société au milieu de laquelle Rousseau allait être jeté ÎDans le cbàteau de madame d'Épinai, mariée à un homme riche et dissipé, se trouvaient M. de Francueil, 8upplantéparGrimm,avec lequel madame oubliaitles infidélités de son mari ; une demoiselle d'Ette, sa confidente et son amie, qui, dit Rousseau, passait pour méchante, et vivait avec Valory, qni ne passait pas pour bon, et la comtesse d'Houdetot maltresse de Saint-Lambert. Voilà quelle était la société ordinaire de la Chevrette, où se rassemblaient souvent les beanx-esprits et les f» mmes aimables de ce temps.
Cependant, Rousseau, tranquille à l'Ermitage, s'occupait à écrire sa Soute IU H Moïse. Ne pouvant trouver chez des êtres réels les perfections que son cœur cherchait dans les femmes, il s'était créé des êtres fictifs, qu'il mettait en scène, au gré de son imagination. « Rientôt, dit-il, je vis rassemblés autour de moi « tous les objets qui m'avaient donné de l'émotion dans ma « jeunesse; je me vis entouré d'un sérail de houris.... ; l'im- « possibilité d'atteindre aux êtres réels me jeta dans le pays « des chimères; et, M voyant rien d'existant qui fût digne de * mon délire , je me nourris dans un monde idéal , que mon « imagination créatrice eût bientôt peuplé d'êtres selon mon
« cœur J'imaginai deux amies ; je les douai de deux carac-
« tères analogues, mais différents; de deux figures, non pas a parfaites, mais démon goût, qu'animaient la bienséance et la « sensibilité ; je fis l une brune et l'autre blonde, l'une vive et
« l'autre douce, l'une sage et l'autre faible, mais d'une si tou-
« chante faiblesse, que la vertu semblait y gagner Épris de
a mes deux charmants modèles, je m'identifiai avec l'amant et « l'ami autant qu'il m'était possible ; mais je le fis aimable et « jeune, lui donnant, au surplus, les vertus et les défauts que « je me sentais. »
Au plus fort de ses rêveries, Rousseau reçut à l'Ermitage une visite de madame d'Houdetot. Bientôt cette première visite fut suivie d'une seconde : « C'était un peu par goût; à ce que je «nuls croire, dit Rousseau, mais beaucoup pour complaire à « Saint-Lambert, qu'elle venait me voir....; elle vint.... , je la « vis...., j'étais ivre d'amour, sans objet; cette Ivresse fascina a mes yeux ; cet objet se fixa sur elle : je vis ma Julie en t madame d'Houdetot, mais revêtue de toutes les perfections « dont je venais d'orner l'idole de mon coeur. Pour m'achever, « continue Rousseau, elle me parla de Saint -Lambert en « amante passionnée. Force contagieuse de l'amour I en l'éc routant, en me sentant auprès d'elle, j'étais saisi d'un fré- «> missement délicieux que je n'avais jamais éprouvé auprès de « personne. Elle me parlait, et je me sentais ému ; je croyais « ne faire que m'intéresser ft ses sentiments, quand j'en prenais c de semblables ; j'avalais à longs traits la coupe empoisonnée, a dont je ne sentais encore que Ta douceur ; enfin, sans que je a m'en aperçusse , et sans qu'elle s'en aperçût, a pour elle-même tout ce qu'elle exprimait a Hélas I ce fut bien tard, ce fut bien a passion non moins vive que malbeiu , « dont le cœur était plein d'un autre amour. »
Les tialsons de Rousseau et de madame d'Houdetot ont quelque chose d'étrange; madame d'Houdetot semblait flatter sa passion avec coquetterie, mais sans partager son amour. Si parfois Rousseau était entraîné par le délire de la passion, madame d'Houdetot lui rappelait son ami Saint-Lambert; il se taisait et versait des larmes. Mais il faut l'entendre lui-même : madame d'Houdetot avait , comme Saint-Lambert, une maison à Eaubonne ; Rousseau allait souvent l'y voir de l'Ermitage ; quelquefois il y couchait, a Un soir, dit-Il, après avoir soupé a téte-à-téte, nous allâmes nous promener au jardin par un a très-beau clair de lune. Au fond de ce jardin était un assez « grand taillis, par où nous allâmes chercher «in joli bosquet, a orné d'une cascade, dont je lui avais donné l'idée, et qu'elle o « «t « «
et « en « « «
avait fait exécuter : souvenir immortel d'innocence et de jouissance! Ce fut dans ce bosquet qu'assis auprès d'elle sur un banc de gazon, sous un acacia tout chargé de fleurs, je trouvai pour rendre les mouvements de mon cœur un langage vraiment digne d'eux ; ce fut la première et l'unique fols de ma vie ; mais je fus sublime, si l'on peut nommer ainsi tout ce que l'amour le plus tendre et le plus ardent peut porter d'aimable et de séduisant dans un cœur d'homme. Que d'enivrantes larmes je versai sur ses, genoux! que je lui en fis verser malgré elle! Enfin, dans un transport involontaire, elle s'écria : Non, jamais homme ne fut si aimable , et jamais amant n'aima comme vous! mais votre ami Saint-Lambert vous écoute, et mon cœur ne saurait aimer deux fois. Je me a tus en soupirant ; Je l'embrassai; quel embrassement ! mais a ce fut tout »
Cependant, Saint-Lambert reçut une lettre anonyme qui lui apprenait que Rousseau et la comtesse se jouaient de lui, et qu'ils vivaient ensemble daus l'union la plus Intime et la plus scandaleuse. Rousseau accusa madame d'Épinai d'en être l'auteur. C'est une noirceur, disait-il, que sa passion pour Saint- Lambert rend vraisemblable. Madame d'Épinai, au contraire, soupçonnait Thérèse ; et M. de Lizieux ne voyait dans l'amour supposé de madame d'Épinai pour Saint-Lambert qu'un moyen imaginé par Rousseau pour brouiller Saint-Lambert et madame d'Houdetot. Il est plus naturel de croire que le sentiment de jalousie qu'éprouve toute femme en voyant une autre femme l'objet de préférences marquées aura porté madame d'Épinai à écrire la lettre.
Quoi qu'il en soit, les liaisons de d'Houdetot furent moins suivies, et il se madame d'Épinai, alors dominée par "
Sans doute, Rousseau a peut-être, dans ses Confationt. exagéré les torts de quelques personnes envers lui; mais on ne peut mettre en doute qu'il ne se soit formé alors une espèce de ligue pour le tourmenter. Madame d'Épinai écrivait à
1 os
HISTOIRE DES BNVIRONS DE PARIS
• Rousseau est malade, j'ai envoyé seulement savoir des» s « nouvelle», san» lui é.'rircj il m'a répondu quatre mot.», qui « marquent la fermenta ion de m bile, mois où il n'y a rien « qui vaille la i»eine de vous étrs dit. » Rousseau é|nit alors venu se jeter aux pu-ds de madame d'Epinai, et obtenir «on pardon. G ri min répondit : «J'ai tant de choses à vous • irr . « ma tendre amie, que Je ne sais par où m'y prendre. Voyons « répandant, et traitons < l'abord le chapitre de Rous-eau Sou « histoire m ainte : »t h»mme lliira par eue fou. A'ntw U « préroyon* depuis longtemps; mais ce qu'il faut consilé.cr,
• c'est que ce sera ton aéj.mr a l'Ermitage qui en aéra cause : a i) est impossible qu'une tète au-si chaude cl M«i mal orga € niti* ftiipp-u te la solitude. I <• mal es» t <\< : «oui l'avez voulu.
• ma (mu m- amie, quoique je vous ir toujours ilit que vous « en nuriez du clva.nn. Je prends aisé netit mon parti su> lu* ; « il nt mérite po< ait «a $'§ intiT'ut, parce qu ii ne connaît ni
• 1rs droits m les douceurs 'le I amitié. »
• Je trouve votre réponse faible. Quand on e-t outrage.
a il faut laisser voir qu'on le ressent : il fallait ordonner a « Roussean de venir, sans ajouter un mot ; il fallait attendre « t«ul rm qu il avait a dire; ensuite, vous lui auriez f.nt sentir « l'indignité de sa conduite, et roua f usinas m-t à la porte, «avec défense de jamais rentrer chez vous :|c'»sl alors qu'il ■ aurait pu n mber a vos genoux et obtenir son pardon; mais
• non : nu ère le irait» mrnt de Tarn toi .... La seule coos->- « talion que je puise é. lonver, c'est d'apprendre que vous a liait»! Rousseau très fro dément. » Grimm avait été iulrodi.it par liousse»u chez ma lame dÊpinni. Dans le même trm^s. Dtd. rot écrivait a Rousseau, et b'àinail fortement si na-smn pour madame d Heud loi: le baron d'Ohach, qui fiéquenlait beaucoup In Chevrette, en parnissait scandalisé.
Bientôt madame d lin .il lot oe «it plus Rousseau qu'avec froideur ; hJentol miin D drrot, dont G< imin étiit devenu l'ami, pour censurer l'isolement de Rousseau lui envoya un ex>m plaire de »>u FiU nalmel, ou il lui appliquait celte maxime, plus, nrcii ntiese que juste : Il n'y a i/ut le méchant qui toit nul. l e « sur de Rousseau saigna : bientôt enfin, Grimm qui n'avait jamais manque de sn s'r toutes les occasions de brouiller R u >eau avec madame d'Épinai, lira adroitement parti d'une circonsan e qui se présentait.
Madame d'Epinai allmt faire un voyage à (ienève; e'ie montrait le dé>ir d'emmener Rousseau avec elle: Grimm qui connaissait l. us les obstacles que -levait rencontrer ce projet, cependant l'i nenurauen fortement <lans sa résolution; il fil lui— nu'me U proposition à Rousseau. Rousseau lui rrpondtt : « Considérez mon êut. me« maux, nmn humeur, mis
• movens. ma manie e de vivre, plu« lorle désormais q ie les
• hommisel la raison mémo. Voyez, je vous piie. en quoi je « puis tenir madame d'Epi- ai dan-» ce voyage, et molles « peines il faut que je s o- ffre sans lui être jamais bon a tien.
• Fui— je espérer d'à hever »i rapidem» ni une si langue route, ■ s-ins a rident»? Firai-Je à ehiqur instant arrêter pour de-
• scenire, ou acré é.erai-je mes tourments, et ma dernière « heure, pour m' être Conlraiott
• Je pitrraù $uivre la roiiure à i>itd, comme dit IH terni « mai» la boue, la pluie, ta nei|te, me retarderont beaucoup « dans cet'C *»ison. Quel |ue sort que je coure, romment fuir. « vingt-cinq lieues tar jour? et, si je laisse al.er la » halse, de
• quelle utilité s-erai-jcà la personne qui vn tteilan»*»
Ces r.iisoiisqui éta ent tout-à-fail concluantes. Gr-mm 1rs préfenta comme de vaines rxeu*e>, et Rousseau, e iirtmê coupable de la plus noire Ingratitude; puis il suffit a remplir 1 rftl.refusr. Bientôt Roms au recul de ma lame d'Epinai une lettre
!|ui famcta be.iiienup. et qui fut suivie d'une autre, dais aque le se trouvaient ces mots : ■ Puisque vous vouliez quitter t l'Ermitage, «t q"ë vous le deviez, le suis étonnée que vus « amis vous aient reUou ; pour m«l. je ne consiste point les « miens sur mes devoli*. et je n'ai plus rien a vous dire sur t les vôtres. »
Rousseau pensa, avec raison, qu'il ne pouvait p'us rester a rErmitage; et il en sortit en 1U8: c'e-t alors qu'il alla habitir, a Montmorency, la maison du Mont-louis.
Cependant, des que madame il'Epmal apprit que Rousseau n'y était plus. et. comme p .ur tépaiet ses tons envers ce grand homme méconnu, elle Ut ériger « n *n Mémoire un monument qui se reti . ine mi-ore à l'Ermtlaçe, et snr lequel on lit ces vers:
Toi dont les plus brillants écrits Purent crée» «ans eet bambl* ermitage, ftomarao, plus rtoqueitt «ftteMge, Pr.n r«nii .1 n>" la* 10 BM>n |ia J s '
Toi- même avais rkoisl ma retraiie patsIbtS' Ja l'offris le bonheur, et la l'as dédainnt;
Tu fusingrat, mon rœur en a saigné :
Unis qu'ji-je a relrirer à mon âm» lenstbta? le le «oie, Je ta Its, et toal tM parflenaê.
On peut juger si le reproche d'ingratitude «et fondé, l'lua tard, l'ErmitaKe appartint a M. de Belzunee, «endre de madame d'Epinai. Lors de la Révolution, l'E milage devint propriété nationale. H fut loué à plusieurs perronms, en re autres, a Regnaud de Saint- Jean d *ngely. qui fut contraint de le céder à R»bopierre. Kobesplerre y »ourhn la nuit du 6 au 7 thermidor de l'a* Il (U«3), ei y dressa une li*te de proscription pont Montmorency1; et l'ombre de Rousseau ne retint pas »a main.
Plus tard, l'Ermitage fut vendu plusieurs fois; enfin, le troisième Jour eiHnpiémentairede l'an iV.Grétryen lit l'acquisition; il était digne d'y su» cédvr à l'immortel auteur du lïrvin du vil- Utft. • J'ai acquis pour lO.OnO francs, (lit-il ', 1 E mitave de
■ J.-J. Itou-teau. que je u'aban ionnerai dt ma vie. si je n'y « suis forté par le besoin.» Gretry. avait alors soixante ans environ : là. il composa s-n opéra d' Eli<ca; là aussi il é-rlvit huit volumes, realéa manuscrits, sous ce titre : Réflexions d'un toli taire*.
Cependant oa meu-tre affreux dans la personne d'un vieux meunier, voisin <<e I Ermitage, arracha M erao.i homme de sa lelraile ; « mais voyant sa lin approcher, Grétry parut s'inquié- « ter du lieu ou il irait rendre le dernier soupir. Un j'mr que
■ nous étions rassemblés auprès de son lit de uouleur. «t qu'il a sentait ses maux s'areroltra, il nous dit et comme inspiré : « Je suis convaincu que ma dernière heure approche, et je « désire mourir à l'Krmitage, auprès de Jean-Jacqu--*. s De» la lendemain, on diapo a tout pour ce iriate voyage, qui fut le dernier. En effet, « peine étailMl arrivé, que sa maladie augmenta, et bientôt il ne fut plus. ...
Grétry vit toujours la mort avec courage : Il avait composé un De Profundie, qui ne devait être exécuté qu'à ses funérailles ». Un jour, M. B» rlon étant aile le voir, il wl parla avec beaucoup de sang-froi l de ce De Profundie, qu'il reaar ait comme devant bientôt être exécuté. • Mon cher Berton, lui
• dit-il. c'est loi que je charce de ce soin ; mon bon Persms me « rea ra le service d'en diriger l'exécution, lu l'enten Iras « avec lui : mais écoute, mon bon ami. j'ai toujours rcmar tué
• que les contre-basses avaient, dans les églises, un son extré- « moment sou d ; p »ur éviter cet Inconvénient, je te prie de les « fane placrr sur des marche-! i«ds Ires-elevés. . ., . Puis il
• ajouta : Tu devrais, mon ami. passer cette nuit à l'Krmi'aje. « Par l impossibilité que M. Berton allénua. Gréiry de lui dire : « Tant pis, mon ami.— Mais je compte revenir vous voir aprèsce demain. — Après-demaio ! il ne sera plus temps. ...» Il expira deux jours après.
Ce De Prxfandie n'a point été retrouvé dans le» papier» de Grétry. de même qu'une messe qu'il avait composée aussi, di'-on, pour ses funérailles '.
L'Kroiitaue appartient aujourd'hui au neveu de Grétry, 11. Flamand-Greiry.
Celle batiilaliuo « «t loin de ressembler à celle qu'illustra le séjour de Rousseau; eelle-ci est cei en (tant conservée intacte, mais ne forme qu'une petite poniun de la mnismi nouvelle, il en est if même du jardin, ou l'on trouve cepen tant encore un laurier planté par le philosophe, et un rosier qu'on croit aussi p aille par lui » c'est, dit-on, ce rosier qui lui inspira la musiqur de «elle chanson si connue : Je l'ai planté, je lai vu naître, etc. Du rea le, son buste et celui de Gréiry i or m.- ni le plus b' I ornement de ce jardin : le buste de Grétry termine une colonne sous laquelle repose le cœur de ce compositeur célèbre,
• Varet rà>a*>aj» éti-l. «»»»««• et ét tTrttrf, par t. ». rlimiod- Qr*n j nue IT».
» Dr m l'ériU, l«n>e INi pagelS7.
> / Irwftlif *e J.-J K.iujjrou il ie Grttm, paga I»».
'• Btuii —r le muii^ue, par GftHrj-
• VKrmUae* «V J-J. JlmaatsM ai «V Grttry, page «IT
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS. «03
objet d'un proeé» fameux, sont nu n*ru*re parle prrtprieta rc 1 0> l'Ermitage eontre In vill* de Lege. pairie rte Grelry. Uue chap. Ile va être élevée, pur son neveu, à la mémoire de
Cm- y.
Dans un salon, on montre plusieurs objets qui ont apparient à Roussrau et à Grétrv, entre autres 'e ht du philosophe, cou» •er»é avec on »oln rrlKleux. par M. Flamand ».
Près de l'ermitage est uue mai on, connue sou* le nom dn Chà'el de l'Ermitafe : ce fui d'abord une très-minee habitation, élevée par Grélrv pour se procurer un voisinage: file fut t-it premier lien habitée par Boyeldieu. et, aptes lui, par le petit» I tils if Franklin. Aujourd'hui le Chalet est devenu une char* mante habitation.
( an m»7, o>iii «y. a»«h»v. awimi,
Dans la vallée et dans les environs de Montmorency sont plusieu'S vil âges peu importants ; nous en réunirons ici quel» ques-uus sous te même paragraphe.