CHAPITRE II
ftPIKAT-LU-SAINT-DKHIS ET U BBICUE, SAKNOtS, rBAKCOMIIXl, CORNEILLES ET MONTIGKY, HEBBLAY, COXrUNS-MICTK-BOtCO- BIKB, SAINT-OUES, LACMÔNE ET MAUBUISSON.
g i- .— Kalaa?-lf»-Mlat-Deala *• La Sto-teac
Épinay est situé A trois lieues de Paris, A une lieue de Saint- Denis, sur la rive droite de la Seine, et sur la roule de Pans A Rouen.
Ce village est fameux dans l'histoire; les rois de la première race y avaient une maison de plaisance. Lorsque Dagobert eut vaincu les nations voisines, il se rendit A Épinay, accompagné de ses deux fils, Sigebert et Clovis ; les grands du royaume s'y trouvèrent. Là, élevé sur un trône d'or ou doré, la couronne en tète, il harangua l'assistance, et finit par faire son testament. Il conjura ses enfants de l'approuver, et ordonna aux évéques de prier Dieu pour lui. Quelques années après U y tomba malade; et, sentant les approches de la mort, U ae fit transporter A Saint- I lents, qu'il avait fondé six ans auparavant, et y mourut. Plusieurs rois, ses successeurs, ont choisi leur sépulture dans le même lieu.
Ce roi avait fait beaucoup de bien aux moines : les moines, après sa mort, en firent un saint. Il était cependant aussi cruel que débauché : il répudia sa première femme, et puis en épousa trois autres A la fois; il vécut avec elles, et leur associa plusieurs concubines. Après avoir subjugué les Saxons, il eut la cruauté de faire couper la tête à tous ceux qui excédaient la longueur de son épée. L'abbé Loagoerue, en parlant des premiers rois que les moines ont sanctifiés par reconnaissance, dit qu'ils ne valoimt ritn rov-t faut qu'itt it oient.
Il y eut anciennement, à Epinay, une paroisse sous le titre de saint Médard.et une chapelle entre Épinay et La Briche, dédiée A saint Marc. Les ducs de Montmorency y avaient un château. Ils étaient seigneursd'Épinny, dès le commencement du xn* siècle. Dès le ix* siècle, l'abbé de Saint-Denis était aussi seigneur en partie d'Épinay. Dans la suite, la seigneurie de ce lieu passa A diverses personnes.
On voyait A Epinay un arbre fameux au xti* siècle : c'était un orme, sous lequel se réunissaient les arbitres chargés de décider les différends qui s'élevaient entre les ducs et l'abbaye. « C'était alors l'usage de tenir bous un orme des assemblées « d'importance, où l'on discutait et où l'on réglait des diiïé- « rends1. »
Il y a quelques années que le territoire d'Épinay présentait des marécages, A cause du voisinage de l'étang de Coquenard; mais M. de Sommanva, propriétaire de cet étang, Ta fait dessécher eo partie. Alors les exhalaisons malfaisantes et l'humidité qui affligeaient les habitants d'Épinay ont disparu.
Aujourd'hui, on trouve dans ce village plusieurs maisons de campagne très-remarquables, parmi lesquelles H faut citer celle de M. Laeépede, et celle de madame de Montmorency-Luxembourg.
Les hameaux de La Briche et d'Onnesson sont en partie sur la commune d'Épinay, en partie sur celle de Saint-Denis. la bsjcrb.
Il y eut d'abord dans ce lieu une de ces anciennes maisons de campagne qui furent plus tard qualifiées de château; cette maison fut, en 1365, donnée par son propriétaire A l'abbaye de Saint-Denis. En 1433, le roi d'Angleterre, arrivé au tronc de France et maître de Paris, confisqua cette maison et en fit don A Pierre de Footeuay, l'un de ces Français qui avaient déserté la cause de leur pays pour embrasser le parti de l'étranger.
Le château de La Briche appartint depuis à Cabrielle d'Estrées, qui y lit planter un parc et construire une chapelle. 11 est aujourd'hui à M. de Sommariva.
Le château d Ormesson appartient également A M. de Sommariva, de même que le moulin et la ferme de Coquenard.
l Ltbeut, Butoir* du iiect,, <St Paru, lom, m, p*g. SAS,
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HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
On connaît le t"oût de M. de So'wmriva pour le» arts, et 1rs encnornaenv nrs qu'il • e cesse de prodiguer aux artistes : indépendamment de «n snp rbe ta'erie de P.iri«, M. de Sommariva pos Me, dons s<m H. à te»u d'ÉpInay.de fort beau» lahlraux, du pinceau de maîtres (ameux; plusieurs morceaux de sculpture du plu» grand mérite, des émaux, des ramées, etc. Le parc est ent>etruu a\ee le plus grand soin; la rivière qui en baigue le bo.d lui prête «in charme qu il est impossible de décrire.
Dans la chapelle du château, on trouve sur uu marbre noir cette inscription :
< Etirait des dernier** volontés <TEIts»beth-SonMe d*Houdetol, née . de Lalive de Bellrgirde, déiédre è Puris, te <a janvier IM3
h Tarda*»* qui am» earmr ioil mil à part rt porté rfon» U toai- « 6m* om prié U ioautau ét «on père et é* ma «ire d Êyinaf. •
Près de celle Inscription en est une autre qui fait connaître le lieu où se trouve ce tombeau. (Foyes l'article Eautxntn*.)
g II
Le village de Sannoig est situé dans la belle vallée de Montmorency, sur le revers des coteaux qui regardent Argenteuil, Sarlrouville, Maisons, eie., à quatre lieue* au nord-ouest de Pari», sur la route de Rouen.
L origine de Snnnois est très- incertaine ; l'nbbé lebruf, qui le nomme Çoniwy, lui donne p»ur premir nom Captrmarum ou Catonacum ; i< prélen » que c'est U, et non à Cbatou, que Tut le château des rois de la prcmiëie race; il retrouve ce château dan> celui du.Vuii.dnnl les ruines existaient encore de 6on temps sur la paroisse de Sannois. l e nom de ce cnaleau lui venait, selon cet auteur, des assemblées du chaîna de mai que les rois étaient dans l'usage d'y tenir; il rapporte, à l'appui de cette opinion, une cliarle du temps du roi Jean, portant que Uirtuitel du Mail *era détruit, de craiute que les cnuemi» du royaume ne viennent s'y loger
La paroisse de ce lieu existait déjà au xiii* siècle ; le prieur d'Aigrntruil ciait seigneur dr- Sannois.
Sur un coteau de cette par issr était une fontaine de Salnl- Fl uve rt un ermitage, qu'un v..yali encore, en 1 720; mais alors MVI. de BlaJnvilileis, en claul devenus propriétaires, firent construire uue maisou bourgeoise et une ferme à la place de cet ermitage.
Gui Patin a écrit qu'un laquai» étant entré dans l'église de ce vi'lage, le jour de la Pente oie. pendant la messe, avait voulu arrneber l'hostie des mains du curé.
Ma ame d'H<>u tetot avait à Sannois un chàt-au que les amis des art-, i égrènent aujourd bui : il a rte démoli. On voit dans ce lieu une belle maisou, appartenant au baron U>cré.
|III — rrwirMtlIlr
Ce village est situé sur la grande route de Paris à Pontoise, et au bas d'une des collines qui bordent la vallée de Montmorency, à quatre lieues et demie, au nord ouest de Paris, à une et demie a I ouest de Montmorency.
I.e plus ancien monument qui en Tasse mention est de 832. C'es< une c arle qui d siine les reveuu* de cette terre à fournir des vêtements et dt SMiuli. rs aux moines de S.iint-Ueuis, «rigueur* «le FrancorwnvUla. Les charte», en latinisant les noms, les ..ni dénaturés dans plusieurs tities; ce lieu es« plus convenablement nommé Francovilla, feime nu propriété de Franco, appellation fort commune sous la se onde race.
La cure de Fraue ovl le existait au xiu* siècle, puisqu'elle est portée dans le pouillé de cette époque; dés lors il y nvait aussi dans ce lieu une léproseitt ave* riche, puisqu'elle devait recevoir les malade* de |lus>eurs villages des environs. Cette paio sse est, avec Sannot«, l une des première» où l oo songea i établir les sœurs de la charité, instituées par les soins de saint Vincent de Paule.
Mous avons dit que les moines de Suint-Denis étaient seigneurs de Francon ville; plus tard ils partagèrent cet avantage av.c les ducs de Montmorency ; plus tard enliu, nous vojons le titre de scLnt-ur de r'rauconville. dans la maison u'O. C% rt en fav. ur de Jae.ims d'O que la seigneurie de Prancon-
vfl e fut érigée en marquisat. U (Ils de Jacques vendit ce i quisat à sou cousin, seigneur de Viiliers, en faveur duquel le
1 Vojr*i VBUioir» 4» (toetu i» Prit, Un. rw, SS «ItaWiatet. j
rot, par lettres de loet), renouvela le titre de marquisat de Fran< onville.
Ce»t uni' fortune singulière qiie celle de ce Viiier*. Il ét»it lieutenant du vaisseau portant l'arotascadeur qui remplaçait à Constautinople M. de Cuilleragoe. ré-emmeut décéiié; le même aisseau ramena en France la fille et la veuve de Guilleratme. illiers était fort bien fait ; a avant de partir de Turquie, et chemin faisant, il fit l'amour a mademoiselle de Guillerague, et lui plut ; et tant fut procédé que, sans biens de part et d'autre, la mère consentit à leur mariage. « Lés vaisseaux relàcl*rent queiqu s tours lur les bords de l'Asie Mineure, vers lea ruines de Troie. Le lieu étoit trop romanesque pour y résister : ils mirent pied à terre, at s'épousèrent. Arrivé», avec les vaisseaux, en France, madame de Guillerague amena sa fille et son gnHre a Paris et à Versailles, et les préten'e é madame de Maintcnon. Ses aventures lui donnèrent compassion des leurs. Viiliers se prétendit bientôt d'O. et en prit le nom et lea armes. Rien n'étolt si intrigant que le mari et la femme, ni rien aussi de plus gueux, lis firent ai bien leur cour » maiiamo de Maiutenon, que M. d'O. fui mis auprès de M le «orn e de Toulouse, avec le titre de gouverneur et d'administrateur de »a mais «n. Cela lui donna un être et une grosse subsistance, un rapport continuel avec le roi. et des privautés et de» entrées a toutes les heures, qui navoil aucun usage par devaot. Sa femme fut louée avec mi dans l'appartement de M. le comte de Toulouse, qui lui entretiut soir *t «satin une table fort considérable. * « Peu après avoir changé de forme, lui et sa femme tendirent à leur fortune par des voles entièrement opposées, mais entre eux parfaitement de concert. Le mari étoit un 'grand homme froid, sans autre esprit que du mun-ge, et l'art cl imposer au sot par un silrnce dédaigneux, une mine et une contenance, grave et ausié e, tout le maintien Imorta»t. dévot de profession ouverte, assidu aux ofuYet de la eha|>elle, ou dans d'autres temples, on le voyoit encore en prières ; et n'avnit commerce qu'avec des gens en faveur ou en place, duul il espéroit tirer i«rti, et qui, de leur cô é. le ménageoieit a cause de se* amis.
« Madame d'O vivoit d une autre, sorte. Elle avoit beaucoup d'esprit, plaisante, complaisante, tout» à tout, et amusante ; son esprit étoit tout tourne au romanesque, tant pour elle que pour autrui. Sa table rassembloit du monde cWx elle; et son humeur y eloit cbmmodc a beaucoup Je gens, mais avec choix, et dont elle pou voit faire usage pour sa fortune; dans les premiers temps où M. le comte de Toulouse commença à être hors de page et à se sentir elle lui plut fort par ses facilites ; elle devint ainsi amie iutime des vieillis et des jeunes, par des intrigues et des vues ifférentes. « Cet alliage de dévotion et de retiaite, d'une part, de tout l'opposé de l'autre, mai» avee jugement et prud> m*e, étoit quelque chose de fort étrange dans ce couple si uni et si concerte. Madame d'O se donuoît pour aimer le monde, le plaisir et la bonne chère ; et pour le mari . on l'auroit si bien pris pour un Pharisien, il en avoit tant l'air, l'austérité, les manières, que j clois toujours lente de lui couper son babil en franges, par derrière. Brer, tous ces manèges firent madame d'O dame du palais1. •
Son mari mourut lieutenant-général des armées navales. Dsi s l'église de Franeonville, on conservait « une croix enrichie du bois de la vraie croix, laquelle avait été leguoe à cette église par te testament de Simon Racole! , imprimeur « de Paris, neveu de Simon Devaux, dont le père l'axait eue « du cardinal de Bourbon, duquel il avait été parfumeur'. »
La position de Frauconville, dans la partie la plus agréuble de In valU-e de Montmorency, sur le penchant d'une co'.ltne, d'vait nécessairement y faire multiplier les maisons de plaisance ; on en volt un grand nombre, telle» sont celle qui appartint à M. de la Crosnière, celle du comte de. Tressa n, H celle du comte d'Albou , où mourut le savant Court-dc- Gebelin.
Les jardins de celle de M. de la Crosnière, conseiller à la Cour des aides, plantés par Le hostre, étaient décorés d'uuc
1 Soint-Sinvon, SMpplSmnl *hjt VémMm, Ion. m, psg* SIS-11S. * USM«t, BiêUirt éu 4(—t** i* Pari*, itm. n, pSf* ï*.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
r\èce d'eau, d'un bols touffu, bu milieu Juqu -I *> !• vait un beau knwque place sur un rocher. M. de In Crnsni'Ve, qui s'occupait d'horlnuerie. avait m uble différentes snlles de celte maison d'une g ando q anlilé de pend tes. dont le mécanisme comp'i nié faisait l'a Imir lion des curieux.
Près de 14 était la demeure d i Ira lucteur de l'An >»tr. de l'Anarréon français, dont la m ose en rheveut blancs paraissait lo jours couronnée de» roses du printemps et des myrtes de l'amour ; M. le comte de Tressan, 4 l'âge de quatre-vingts ans, faisait des vers comme a vingt-cinq. Une de ses dernière* poésies est intilulée : les Charme» de Franconriltt.
La maison du comte Camille <f Albon, dont l'entrée se trouvait sur la grande route, était ornée de castes jar lins qui »Ytendiirnt jusqu'au sonm'l de la col Un Camd'e d' Albon I s ivaii p antés et dessiné» en pay-age, et y avait placé plusieurs m ■iitimciits intéressants, notamment le tombeau de Court de- Cebelin. des fabriques pittoresques, des inscriptions françaises, lia l-eii nés, latines, etc.
On ne décrira pis ici tous les monunv nts dont ce jardin était orne; ils nexis'ei.t plus. M le comte Cam I e d'Albon était l'ami de» arl*. de l « littérature et de l'humanité ; Il avait d"s mœurs do. .ces et simples; mais il état roi. roi d'Le ol. Dans une d s constructions de son va»t* Jardin, H n'avait pa« omis de réunir t >u» l s lu ignés de sa petite royauté. Mais ce roi d'Iceiat avait, par l'érection d'à itres monuments, racheté ce léger trait de \anilé; et, a chaque pis, on en voyait qui respiraient >a morale la plus doue**, la plus persuasive.
Il e t remarqunbc que le comte d'Albon soit le premier en France qui, b en avant la Révolution, avait planté un arbre de la liberté. Au-dessus d'un groupe de ruines s'élevait un long mat couronné par le chapeau, véritable symbole de la liberté.
tttleelio tlberntori (lulUirmo anao 1 1H&.
portait :
A le i,btru. rêmiUêtAUm.
Sur la cime du coteau on jouissait d'une vue