CHAPITRE IV
PONTOUI.
Cette ville est située sur ta rive droite de l'Oise, sur la cime cl le penchant du coteau qui domine la rivière, et sur la route de Paris a Rouen, a sept lieues de Paris.
Si l'on en croyait les Amiquitét d* la vilU it Pontoiu, cette \ille aurait été ba ie mil e ans après le déluge, p-»r un Moïse B-lg'UN, *iv roi des Gaules. On sent que nous ne rapportons ci tiç opinion que pour en faire ressortir l'absurdité.
Toute» les fois qu'il est qination de In Gaule, il faut bien se pénétrer de celle Idée que les d'«umcnls positif ne remontent qu'au temps de» Romains: au-dela tout est conjectures.
Brira-harœ rat le nom que l'Itinéraire d'Antouiu et la table tlié»d»sl( nnc donnent à cette position géograplii jne. Brita ou Bricat, en celtique, signilie un pont ou un passage sur une rivière, et luira est le nom latin de la rivière d'Oi»«. Duns les le ■ ps plus récents on • traduit Brita en lutin Pom. et nn a écrit Pon* l^ara. La voie romaine, partant du bourg de l'Estrée prés >*fiit-l)cni». arrivait jusqu'au lieu de Saiui-Ouen ; au ha» et rn Tare Je l'abbaye de Saint-Martin était l'ancien pont. Ou rencontre dans citle direction des rentes de ta v() je romaine et même des restes de ce pont : cette voie p <ssaitau bas de Poutoise et ne sV levait point comme la route actuelle jusqu'à la hauteur de cette ville,
Pontoise ne parait sur la scène historique qu'au xi* siècle, du temps des incursions des Normands qui Incendiaient, pillaient tous les lieux placé* sur leur pasoage, et en egnrx* aient les habitants '■ans défense. En l'an 88J, les Français s'occupèrent enfin de leur résister ; H» construtsir» nt des forteresses ; ils en etdblirentuuen l'on toise (/'on (mHi>flra);AlatiamnrulcJkargé de la défendre; et l'évéquede Paris,Go»lin.yenvoy* des rounitioits.
Au mois de novembie, le» IWmawls, montes sur leurs bateaux, entrent dans l'Oise, sas égeut la ville et coupent les conduits dis eaux de la riuere qui seule abreuvait les habitants. Le manque d'eau obligea les défenseurs de la fortere** à demander la paix et la vie saute, ce que le» Normands accordèrent. Alatramn avec se/hommes m retira dans le Bcauvaisis. Les Normands enlevèrent tout ce qu'ils t obèrent dans la forteresse et y mirent le feu*. Delà le» Normand» marchèrent sur Paris.
L» s forteresses de cette époque étant en bols, on les construisait et on les bi ùlait racilement.
Apres la mort du roi Robert et pendant le* guerres qui s'élevèrent entre sa veuve et Heuri son fils aine, qu'elle voulait écarter du tiône pour y placer Robert son fils puîné, Henri demanda du secours à Robert, comte de Normandie <:elui-ci
■ La rtaaulte lli-meltir,* Vàhbmt Aagyiiipir 4'1-lr^n Util »mtl manne qvt celle ér m m»r* m Se mn Rkoto, SuaeWrM, abbé d« MirMi, ei ht Chaplin «• eei irtn, m isis, U éê^mttttt m W ti«M nlmw «•«< «a c*uv«ot à r«if, «<i rW. m<m,9i M et 11 ntaM loi Mabl,. «tua I*
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s'empara des principales villes r>e Prance ; la n me effrayée renonça a son protêt, el donna au duc Robert Pantoise, Chaumont et tout le Vexin français.
De* lors il y rut d-» comte* du pays Pon'otsten et de Chau-
mont. Drogon et son til* Gantier furent ce» premiers romU*.
Pontoise n'avait nlor.t rien de ce qui caractérise une ville; on voit qu'une fortere»*e en bois y fut con-truite pnur nrréter lr* Normand*, qu'elle fut brrttéc ; et dan» le récit de cet événement il n'est point parlé d'une ville. Le* eom'es«iue je viens de nommer ne prennent point le ti tre de comte» d-' Pontoise, mms celui de comtes du pays Po'iioisîen t ee qui suppose l'nWncc d'une ville et In présence l'une fjilbleboiirjra'le. Lecliatcaud' Pontoise, brûlé parles IVormandv fut. sous les premier* rois de la 'ruineme race, entièrement rétabli. EniOfi». le roi de France. Philippe I", y séjourna, et, par lettres de cette année, accorda des privilèges a l'abbaye de Saint Martin.
I.'abbaye de Saint-Martin n'était pas encore environnée de muraille*. I.e« seigneurs du château contrlbuC-viil ans fr;iis de leurconstructi.m. terni Philippe en 1069. accorda aux moines la faculté de posséder en loutc sé -uri<é les bleus qu'on leur donnerai! et ceux dont ils feraient t'acqui ilion Ce monastère n 'ét/tit alors habité que par un peiit nombre derelig eux. Gautier, premier abbé, ne s y plaisant point, en pat lit furtiv, meni el se retira à riuny. Les moine* mécontents, ayant découvert le lieu de sa ."étroite, ob'i^èrenlen 1072 leur abbé A revenir dans son abbaye : Gautier s'y ren 'it, mais n'y vécut pas longtemps Près du monastère était une grotte obscure et profon.ie ; il »'v retira et y (it penilence pnr des abstinences >t 'tes fl •gellatlon*. Il ne put y rester Ion u'iemps encore, et a la habiter une Ile de la l.otre, eu race de la ville de Tours; d'«ù il partit bientôt après pour f lire de nouvelles coins- s. Ce carne ère inconstant attira a (iautier de* réprimandes de la part île ses supérieurs. Omis un concile tenu a Paris il manifesta des opinions qui le lirentchasser de l'assemblée: il fut même empilvim é*. Cependant 1» turmil née de son earatère n'empêcha point qu'il ue 10 1 mis au rang des saints. Il mourut en 109-1.
L'abbaye <ie Saint -MelU ou Mellon fut établie, on ne sait a quelle époque, dans le Heu de Pooloi** On est certain qu'en 10'M Philippe I" la donna en fief à Guillaume, a ebevéque de Kouen. Cette église fut sécularisée ; et un doyt-n succéda à son abbé.
Il existait dans le même temps à Pontoise une église de Saint- Pierre, desservie perdes moines de l'abbaye du Dec; les moines de Sain'-Me ton leur interdirent la faculté de sonner leur cloche. En 1089, le pape Urbain II écrivit à ce* derniers moines pour se plaindre de leur conduite.
Ces trois établissements religieux et le château donnèrent de l'importance à Pontoise, et le mirent au ramt d«* villes de cette époque. Les habitants augmentèrent en nombre, ma>s n'en furent pas plus heureux. Placé sur la fron ière du duché de Norm/mdie. et du royaume de France, ce lieu devint fré4uemment l'objet des attaques des souverains de ces deux États, le théAire de* guerre* airoc s, des brigamlag. s des comtes et seiguaura de ee teoip». En 1097, au mois d octobre. Gui laune, due «ta Normandie, s'iivança jusqu'à Pontoise, pillant, démolissant, brûlant et tuant tout sue son pas*age. Le roi Lnuis-le-Grus tut oblige de céder a ce duc Pontoise, (Ibaumonl, Mante» et tout le Vexin.
Sous le réirtme féodal, tout ee qui portait un caractère d'utilité devenait une occasion de malheurs; le pont bàli sur I Oi»a était important pour le passage des homme» de guerre; n devint •un poste militaire aouveut disputé par les divers partis. l> pont fat' reconstruit à une époque in.-onoue. un peu plus haut que ( ancien, qui était en bois et ae fnt détruit qu'en 1680. Le pont sauvant aujourd'hui est un ouvrage du xvfaede. Sur (e milieu de aa longueur était ane eapèee de fortification qui Kén<*it le pa*sa«e. elle a été démolie pendmtla Ré oluliou. Il était aussi fermé par d. s portes aux ueux extrémités de ce pout.
Ponioise et le Vexin étant de nouveau soumi* aux rois de France, les habitants d'une partie de la ville, qu'on nommait la Ville-Neuve Sauit-Mellun. et qui «voisinait e en* tw situé près de l'église de ee nom, en 1 196, achetèrent de Pnilkppe Auguste une charte de commuue. Cette charte ourla que : te» ba-
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paieront un cens dp cinq sons par chatiu* ma»nre nu m.ison. et un seiler d'avoine, mesure de PontnNe; qu'ils ne seront plus siije's a aucune redevance pour ce qu'ils arheterout ou vend'oiit, si ce n'est un denier pour chaque muid de vin. Les amendes pour le- crimes >ont réduites de soixante sols a sept s- h e» demi. I nrsrin'iU suivront le roi à l'armée, on ne
pourra les obliger a sYloigmr au point qu'ils ne puissent ieve le soir dans leurs maisons, etc. Des lors cette ville fut gouverme par un maire ri «loi*.- pairs. Au xiV siècle, on donnai» au maire la qualité de maire-prévot et voyer de la commune de Pantoise
En m t. le 5 mai, le pape Innocent II séjourna dans Pontoise; et une de srs lettres i II datée de celte ville.
Isabe'le de Hniuvl première femme de P> itippe II, lorsque lesévêques eurent ea-sé son mariage avec le roi, fut reléguée a Pontoue. Le fut là que celte im'oitunée princesse travailla h.ibi- Icminl îi> «• KM père. réussit à ran ener le roi par la douceur, et repoussa les conseils violents du comte de Flandre, son be.<ufrère, q i voulut entrer en France à main armée.
Saint louis habita aussi Ponton*. Cita t. dit Joinville , le lieu qui lui plaisait le plut, parce que mi cb.nnb c était située au-dessus de celle de la reine Marguerite son épouse; et. comme la mère de ce roi. Blanche de C stille. ne voulait point quilvlt Marguerite p n ia. t le jour, Ls deux époux, pour t luder ce caprice tyrannique, te , ai lai. nt par le vide d'un escalier è vis.
Louis des^ndait-tl dans la chambre de Marguerite, des huissiers, en :eiili..elle«, en fr«pisnl la porte a»ic leurs verges, avertissaient h s deux époux de l'ai rivée de la reine-mère; à ce signal, te roi remontât pminptcincnt i liez lui.
Marguerite fut malade à Pont, use; le roi se rendit dans ta chambte. Blanche le surprit au pré» de son é, ou le ; elle le »ai»n par le bras pour le 'aire sur îr avec elle, en lui disant ; Feurjcotti-en. rou* ne fai>t> ri n ici. Indignée de cette dureté, Marguerite s'adressaula Blanche, s'ecrie : H. la» t vous ntme tuit-trtz voir montriuruur ni morte ni rie* En di-.Jit ce» mots elle tomba évanouie'.
En dé emb ede l'an 1243, pendant son séjourà Ponloise.ce roi éprouva une longue maladie qui alarma le» puissants du royaume; plusieurs abbés, évèqueset archevêque» se rendirent dans celle ville ; il» ordonner, ni des prières publiques, de» processions, des aumône», et I mposition a de. ouvert des reliques de Saint-Denis. Le roi, après avoir langui longtemps lecouvra la santé *.
On cro t que le faubourg, ta versé par la roule de Pari», doit
circonstance
Ce fut vers la fin de celte maladie qnc le mi prit la résolution de se croiser; et, des qu'il lui en. iéiemenl rétn'li, il partit pour la crois».!-' : résolu 'ion Incousidéiée, et qui prouve que dans un priuce les excès sontdnng reus, même ccux^lc ladevo-ion, Quoique la charte de eoinniune garantit aux habitants de Pou loi se que leur ville f rail «onstamm. nt partie du domaine de la cour une de France. Charles roi de Navarre, dit le Mau-
iniutque l'Uilipie-de- Valois lui avait cédé ses droits »ur wtle ville, lit, avec s s MHS, plusieurs efforts pour s'en emparer. Le roi Jean, p.r leitr.» de mai iSâO, et Charles régent, son (Us, par I. ti r*l de mai i 35», dcclarermlque Pontoise restait uni au domaine de la couronne*.
La population de l'onioi.se croissait : vers l'an 1 107, Hildcberge de Gnlardon, f mine riche et pieuse, avait donné de grand» bi. n> à l'abbaye de Saint-Martin, el fonde un hôpital autres de cette abbaye '.
Sans doute, il arriva à Ponloise ce qui arrive dans plusieurs autres lieux : les biens des pauvres fur.nt envahis par l.s momes. Les bourgeois de celle ville se constituèrent en coq f érie et fondèrent un nouvel hôpital; .elle confrérie cl celle
1 nitinr, it Mini Lmiii, par le lira it Joinville, édition île <T»l, pa«r IH.
• nu., i«t »i it».
» OrtUmwc 4m r«w <U Franee, K»me if , pe«e« Sx et i»s. » Rm-imi' dti //iiiorieiw it Franet, tome HT, pige 45». » (Mmmuii <Ui rois i* Franc», tome *t, pige SI
Pontoise, pendant les guerres du xv* siècle, eut befucoup à souff. ir des calamités qui en sont les suites ordinaire».
Le M juillet 141». Cette ville Tut | lise parles Anglais. Les h"hiiants e toat sexe, de tout état, dans le plus grand desordre, pleurant sur le pillage et In rolne de leurs maison», sur la mo-t violente de leurs ami-, de leurs parents, s'enfuirent du côlé de Pan-, et se présentèrent » l« porte de àaint-DenU. De cette Iroupe de fuir t fs.. les uns étaient bles-és les autres dépouillés: on voyait des femmes porter leurs enfant* dans leurs bras ou dans des hottes; la plupart étaient sins chaperon ou n'avaient qu'un simple corset ; quelques-uns étaient en chemise. On y remarquait des prêtres qui n'étaient «êtus que d une chemise et d'un surplis par-dessus. Tousse lamentaient et criai ut, nom $ammei de Puntoite .' etit* cilU. r» malin, a rit pritt jtar Ifi Anglais; ce malin noms itiont tranquille» dam no» maiutn$; il à midi nom ni ont été réduite nu dé$e$poir. Motif ioiiH'I comme gent e.iiièe et demandant notre pain. La eha'eur était exeessiv c : c s malin u. eux en étaient accablés, et de plus prr»&é> par la faim. l'Iu leurs femmes grosses accouchèrent dans le chemin et moururent misé ahlcment. Les Parisiens, quoique manquant 'eviviv». accueillirent ces malheureux, lit »'él«i.iiéreni de ce que le roi et le duc de Bourgogne, étant à Saint-Dcni* avec une bonne iroupe de gendarmes, lors de la prise de Ponioi-e. au lieu de venir au secours de cène ville, s en uvaient do co«é opp sé. vers Charenlon et L»gny'. Le roi en démence, le duc d^ Bourgogne trahissant la Fiance, livrèrent bientôt, car le fameux trai é du 31 mal 1462. le royaume à l'Anulelerre. La guerre se continuait entre le parti du dauphin ou de» Armagnacs el 1rs Anglais.
Ces derniers conservèrent Pontoise Jusqu'en* 143S. Wiby, oblige de se endre a Paris,' laissa le commandem> nt d.' la ville à un chevalier nommé Rtpel ay. I n jourqne cr Ripeilay avait envoyé <a uaru'S <u nu fourrage, les habitants ferme** ni I sportes pour empêcher le* so dats de ren rer. I s envoyèrent aussitôt demauihr au roi l'He-Adam pour les uouven er, et rendirent crtte ville au nouve .u gouvem ur, qui la con.»-r«a (usqu'etl I4S7, que les Anglais la reprirent par un futez singulier artifice.
Le 1 3 février 1 437 , les campagnes étaienl couvertes de neige ; Talbol. général anglais, re-olut d eserdad. r la vi le, rl de fa.re concourir à «on pronl la rigueur même de la saison; il fit vêtir tous s s soldais de toile blaucle, el, i la faveur de la blanch. ur de la n. igeel de r»b»curile de la nuit, Il s'avança avec ses troupes assex près de la ville Les soldat-, tépmés les uns des autres, couchés sur la newe. se train, nt jusqu'aux fossés sans être aperçu»; et sans brun ils plantent de» éd. elles, mont ut sur les murailles av«c le même su ces ; et, entres dans la ville, il» s'emparent des princii aux pistes.
L'He-Adam fi.t à la fois accusé de négligence et de lâcheté : il n'opposa aucune résistant- a l'ennemi ; et, quoiqu'il eiu des troupes et des vivres suffisants, il s'enfuit en chemise par une po'erne. Les habitants, livrés au va nmeur, éprouvèrent tous les malheurs de leur -iluation : beaucoup d . ni e eux furc> t massacres; et ceux qui échappèrent a la mort, renfermés dans les prisons, lurent taxes a des rançons qu'il» M purent p tyer; plusieurs de ces dernier» périrent dans des cachots*
Le 4 juin I44i, le roi Charles VII, a In lete d'une armée de douze mille hommes, vint faire le nége de Pontoise, qui dura trois muis. Le 19 * plembre, on donna un assaut général.
Ce roi Charles VII n'était pas en f.inds : il abandonna souvent le siège, afin d'aller à Paris et a Heurs lever des cntribut mis extraordinaires pour alimenter ses troupes. Cependant la ville fut prise ; et, malgré les longueurs n - c. il ne périt que dix ou douze Français. Le roi, étant inaltie de la place, donna des ordres pour empêcher le pillage , il défendit de faire aucun mal aux habitants, qu'il savait avoir été fort affectionnes a sa personne ; el il alla lui-même h cheval , accompagné de son fils, pour rassurer les bourgeois.
Lors de la ligue, dite du Hien Public, formée contrel.ouls XI, le commanlant de Pontoise, Louis Sobicr, livra ce poste aux ennemis du roi, qui le conservèrent jusqu'au moment où celui-
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» Journal it CUrh, Tl ,i U CkarUt Ml. panel 5S el IS. * JtunuU d» Périt tous Ourle* VI el CUrl«i VU, p«|« «TS.
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Plus Urd , la fille de ce même Louis XI , Jeanne de France, reçut, de Louis XII, la ville de Pontoise, pour la dédommager de la répudiation dont ce roi l'avait affligée.
Dès làeo, des états-généraux avaient été convoqués à Orléans, au sujet des troubles de religion; l'année suivante, de nouveaux états-généraux Turent réunis a Pontoise.
Les états de 1 50 1 ne se composaient que de vingt-six députés : treiie de la noblesse et treize des communes.
Ces états eurent a délibérer sur la formation du conseil d'administration, sur la pacification des troubles du royaume et sur la liquidation des dettes du roi.
Sur le second point, les états représentèrent que le bannissement, la (u non , les gibets et les bûchers, qu'on avait opposés
aux progrès de la nouvelle religion, devaient nécessairement allumer un feu que toutes les puissances humaines ne pourraient plus éteindre ; en conséquence, ils requéraient qu'on n'inquiétât plus personne sur sa croyance, pourvu qu'il remplit les devoirs de citoyen : et qu'on cédrat , dans chaque ville , ou une église vacante ou quelque terrain vague sur lequel il fut permis au • réformés de bâtir un temple, de s'y assembler, et de pratiquer en toute liberté leurs exercices religieux : détermination sage , et dont l'exécution eut épargné bien du sang à la France.
Mais les deux ordres pensaient bien que ce projet trouverait une vive opposition dans rassemblée des évéques. Aussi, pers'iales qui' l'inlluenre i!u clergé tenait on uratiile partu a ses richesses, les deux ordres furent d'avis, chacun in particulier,
("linteau de Saint-Germain
de ne rien payer, et, tous ensemble, de rejeter toutes les charges sur le clergé, excepté quelques sommes peu considérables qu on devait se procurer parle redressement des comptes des employés du gouvernement.
Les nobles disaient : cette petite diminution de la dette effectuée, le reste sera partagé en trois parts, dont les deux première* seront acquittes par le clergé. Comme ses biens ne sont ordinairement que des libéralités des rois et des anciens barons, et que ceux qui en jouissent n'en sont, à proprement parler, que les administrateurs, il dépend toujours du roi et de l'ordre de la noblesse d'en affecter l'usage à des objets d'utilité publique.
l e tiers-état, pour acquitter la même somme, proposait deux plans différents : le premier consistait à saisir, au profit du roi, les revenus de tous les bénéfices dont les titulaires ne résideraient pas sur le lieu ; à déchirer le roi héritier de tous les évéques, abbés, prieurs et simples religieux; à lever, sur tous les bénéfices , depuis trois décimes sur tous ceux qui n'iraient pas à 500 livres, jusqu'aux deux tiers pour ceux qui excéderaient 8,000 livres ; à diminuer le traitement des évéques, archevêques et cardinaux, jusqu'à concurrence de 6, de 8 et de 13,000 liv. Pour les Chaitreux, Célestins, Mathurins qui n'avaient droit à rien dans ce monde, qu'à la vie et à l'habit, on pouvait, sans
scrupule, s'emparer de leurs épargnes, des trésors de leurs églises et de leurs immenses revenus.
Ces délibérations font connaître l'esprit du temps. On était peu éloigné d'une réforme générale ; la cour sentait le besoin de céder; elle avait fait un pas : elle allait en faire de nouveaux ; le clergé s'agita ; et l'issue de ce grand débat fut la Saint-Barthéleroi.
Plus tard, Henri III et Henri, rot de Navarre, s' étant réunis contre les Ligueurs, et, apprenant que les Parisiens commençaient à se lasser de la Ligue, s'avancèrent vers Paris avec leui I année. Après quelques avantages remportés par des détache-1 ments de leur parti , et ayant sous leurs ordres le maréchal d< Biron et le duc d'Épernon, ils prirent la ville de Ponloise, défendue par d'Altncourt, qui en était le gouverneur. De là, ayant reçu un renfort de dix mille Suisses, ils marchèrent vers la capitale, dans l'intention d'en faire le siège.
Pendant les troubles de la Fronde, le roi se rendit à Pontoise; et, le 6 août 16T3, ily transféra le parlement; l'assemblée ne fut pas très-nombreuse. En I7J0 et en 1755, le parlement y fut encore transféré.
En 1601, Pontoise fut le théâtre de débats fâcheux entre un curé de l'église de Saint-Pierre et le chapitre de Saint-Mellon. Les chanoines de Saint-Mcllon , comme curés primitifs de
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toutes les paroisses qui composaient le doyenné, administraient seuls, à l'exclusion dos cures de leur ressort, le .sacrement de l'extrême-onction; ils jouissaient encore de plusieurs exemptions et droits honorifiques qui leur ont été moins disputés que leurs droit» curiaux. Uu curé de Saint-Pierre, nommé Robert Subtil, soutenu par Charletde Bote, grand-vicaire de Pontoise, voulut abolir ces droits. Os deux hommes, entêtés, violents et faux, ne se contentèrent point d'employer contre le chapitre des moyens juridiques, ils ne purent se défendre d'user de voies de fait. Le grand-vicaire de Bore, voyant dans lY^Uc de Saial- M ado u, le 1" mai I601, un chanoine de Saint - Mellon
qui allait coramen- v cer la messe, lui arracha de force sa chasuble en présence de tout le monde. Le curé Sut>iit, un jour de la Fête-Dieu, où les chanoines de Saint-, Mellon ont droit de figurer au premier rang, |>or- U à la procession une sainte hostie, et prit place audessus de celle que portaient les chanoines. Un autre jourdeféte.rc mémecuréSubriïempécha violemment les chanoines de célébrer les premières vêpres et la messe : pendant que ceux-ci entraient dans son église, il s'empara des sièges du chœur avec ses ceclésiastiques.chan- U les vêpres, et ameuta le peuple afin de faire sortir les chanoines. Le lendemain , il fit arracher de force la chasuble a un chanoine qui commençait la messe au bas de l'autel ; le chefecier de Saint-Mellon ayant repris cette chasuble pour la rendre au chanoine, le cure Subtil le frappa '^ualUSi de plusieurs coups fifrllilrsln de genou dans le ventre et d'un coup de poing dar.s le visage. Un chanoine de Saint-Mellon, secrétaire de cour d église, avait, en cette qualité, pris séance au synode du M novembre 1006 : le grandvicaire de B»ve ne put, en le voyant, dominer sa colère ; quoiqu'il fût prêt à commencer la messe et vétu des habits sacerdotaux, il courut sur lui, le prit au collet et s'efforça, à coups de pied et à coups de poing, de le jeter hors de l'assemblée.
Tant de fiel entre-i il dans l'amc des devolsf
Voyons quel était Pontoise À cette époque, et quel il fut jusqu'en 1789.
La ville de Pontoise renfermait une collégiale sous le titre de Saint-Mellon, et cinq autres paroisses dont la principale était Sainl-Maclou ; une abbaye d'hommes de l'ordre de Saint-Benoit,
sous le titre de Saint-Martin; un couvent de cordeliers; une abbaye de bénédictines anglaises ; des chanoines régulières de l'Hotel-Dieu, sous le titre de Saint-Nicolas; l'ermitage de Saint- Michel; les carmélites de Saint-Joseph; les ursulines de la Visitation de la Vierge ; le prieuré de Saint- Pierre, etc.
Nous avons déjà parlé de l'église de Saint-Mdlon: c'était d'abord une abbaye; elle fut, au xiu' siècle, changée en collégiale. Le bâtiment de Saint-Mellon n'avait rien de remarquable; l'église était renfermée dans l'enceinte du château de Pontoise Elle n'existe plus.
L'église parols- * siale de Saint-Ma-
clou, la principale paroisse de la ville, passait aussi pour une des plus anciennes. U y avait dans cette église une cure d'où dépendaient seulement les habitants du château.
L'abbaye de Saint -Martin av ait , comme nous l'avons vu, resté isolée dans la plaine.
La paroisse de la Trinité, qui avait pour église celle de Saint-Martin, fut d'abord d'une grande étendue; mais les religieux érigèrent une chapelle de la Vierge dans les limites de cette paroisse ; cette chapelle devint plus tard paroisse ellemême ; en sorte que l'ancienne paroisscdelaTrinlté, dont le curé était en même temps prieur de l'abbaye, fut réduite presque à rien. L'architecture de l'église de Saint -Martin était d'une hardiesse surprenante: six frêles piliers suffisaient pour soutenir la voûte du choeur et la tour. Le réfectoire des moines était très - beau.
L'église de Saint- Martin est détruite ; il n'en reste qu'une tour.
Les Bénédictines anglaitts étaient à l'entrée de la ville, sur la nouvelle paroisse dont on vient de parler ; elles avaient été, en 1659, transférées de Boulogne-sur-Mer à Pontoise. Jean d'Igli, frère du comte de Bristol, étant devenu bienfaiteur de l'abbaye, eut dans son église une tombe sur laquelle on grava cette inscription modeste :
II k ) a et I umbra, et pu in s et m'Ai/. Cl git une ombre, pals de U poussière, pals rien. Le courent du Cordelière fut fondé par la reine Blanche en 1348. Basé par les Anglais, en 1441, lorsque Charles VII prit Pontoise d'assaut, il fut rebâti plus tard. Dans l'église était déposé le cœur de Georges d'Amboise, cardinal et archevêque de
ilpnlnunre. — lue I'illot frrrr». I.» ..mm <| Ciiap.
Rouen ; les jardin* du couvent éla'ent beaux . Os' là que furent | lenu- les élats-vén raux.en tSflt. Sur les ruin.s de ce couvent fui conslrni e, par M. Auraham, une dos pins belle» maisons d- Powoisc
L*co*ttnf d<* C*rm¥lilt$ e«t le second (|ue cel ordre ait ou en France ; f a tonné nuis met à c-mix de Boume». du Louvsin, de It. ims. de Dijon. d« Tours de Dole, de ll.om. d'Amiens, < c Itouen , de Gi*ora . de Rnixeil- s ; le» Carmélites furent reçues à Pontoise , en teos. On voyait dans leur église le tombrau du chan cirer de France Pierre Sé»uier.
L'église des Jésuites , làtie sur le modèle de la chapelle de Ver a lies, servait, dans les derniers temps, de grenier n sel. j
Indépendamment des établissements religieux , il y en a» ait quelques aulres a Ponmise qui méritent d'être moutonnés: lel était le eolUgê. Ce collège dépendait de la collégiale de Saint- Mo lon.quiavail introduit un mage singulier ; elle assujettissait le in.iitro d école à p rlcr lous le* ans, au chapitre, la démission de s i plitre ; et il était rétn' li surle champ, si l'on était content de I .i. Le mallre était obligé, dans cette cérémonie, de porter aux chanoines ses verg>s symbole de son p >u'0.r-, et le chapitre, en les lui remettant, lui renda'l aussi toute son autorité Cette éc -'e fut plus tard remplacée p.r i.U collège en Tonne. :
I. I.ô ital des tt>n(rtrr,dt S"int-Ja que$. doi.l j'ai mentionné la fondation, a subsisté ju-qu'en tr.^o. Ces confrères étaunt | sérieu-emenl qnaliliés de beUlrt* mot devenu inmrieux.
Sous le rap ort administratif. Pomoisc émit, » la même époi| e. te che lieu d une élection, ayant une vlcomté. une prévôté, une mairie roy -le, une chàlelïcnie, un grenier à sel, ui e ma éci aussée et un bailli -ge.
Aujourd'hui, l.i ville de Pontoise n*a plus que deux paroissrs : Sa nt-Maclnu la pùnc pale, et Notre Dame moins conndnabc; l'Hot I Dieu est dilruit nin«i que l'eglse, ou plutôt cuiivi rt< en l'Hospice es InOrmr- ; c'est un bel cdiiice. Klle a . un collège et pluM ur$ mni-.ms d'éducation i le couvent d. s Tri- ' liilu re* est une ma son de campagne: celui des Carmélites renferma quelque loups une tt In turc de coton ; il est rétabli sans autre autoris.ilio». que celle du maire. Le couvent de Saint-Jac que» u i te converti en ma.asin a blé, ainsi que.elui des Irsu- Lues. qui a, »« ndant un temps, servi de .-a le de spectacle
Il Vtsl él.'ildi à Pontoise, oepurs la Révolution, des fabriques de bonne c ie , .le bijoux d aiier, de bleu de Pr^se et d'autres produits chimiques , et une Fon lerie eu cuivre. Il s'y fait un gra. d coiniieree «1e Hé et de bestiaux.
Sur a roule de Itouen, » l'un ■ d' s extrémités, et à la porte de la ville, était une tour qui n'a été démolie qu'en 18H; hors de la v .Ile e»l le diàti au de Mar.ouv Ile, autrefois seigneurial. Près du lieu où exism l'abbaye de Saint-Martin, on trouve Celui qui a appartenu au cardinal de Uowllun, it qui, auparavant, formait la maison ulibatiaie; le i arc spacieux de ce ctiAleau a été dessine i ar le célèbre Le >o*tre. On avait trouvé moyen n'y faire monter l'eau i ar la terras»* do coté de la ville: parmi plusieurs ims-ins avec leurs jets, on en distiut ui.it un qui s\ levait à une hauteur • ousiderable : toutes ee- dé oratious n existaient plus même avant Iî8». I.e duc île Bouillon avad fait détruire les eaux ; et plus tard le prince de Cnnti lit abattre les anciens ari.n s; tua s le . hai. au existe toujours.
P ntoise est le chef-ijeu il une -ous-préfecluredu d part ment re S. ine rt-Oi-c; il a un tribunal i!e première ii.stau. e, une jusli e de piix ; c'est la résiilen e d'un lieutenant et l'une biiya e degi'i'iîiir ' cric Sa popu ation . st de A, 339 habitant'..
Ltirrondisscminl de Pantoise a me population totale de RG.uîo habitants -, ou y compta, en IM30,S no naissances, dont 1,178 garçons, i.iO» lillcs légl iuus; Ui enfants naturels reconnus, C3 ubandonné.s. Il y eut, la même année. 02» mariages, dont $i> entre garçons et lilles, it enire garçons et veuves, 8« enlre veufs et filles e' 18 entre veuf* et .eu.es. Le nombre des Jetés fut de 3,3.10 , d'où il suit que le nombre des naissante- sut passe e. lui des dét és de 1 7 1 .
Le même arrondissement | avait de contributions 1,091,656 fr. 77 cent.
L arron i.sement de Pantoise compte sert canions. qui sont : Ecouou , K ■kIvich ou Mommoreocy, t;onts«, l'Ik-Adaoi, Lusarclics. wj,ineel rontoisc
—tos—