‹ Histoire physique, civile et morale des environs de ParisChapitre 40 sur 144 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

KtavMft.

Le sol sur lequel s'élève aujourd'hui ce le cité de France était

habité, avant et pen 'ant la domination romaine, par les ûrllaraei, nation de la Relgiq te. très -di-tiii|juée par son couiageel ?& puissance. J. César en parle en ces termes dans ses Commentaires : plurimim tarer Belqot, Bellorarot rt rirlult, et auelmitaie et knminum numéro, rater» : ho» .«.«.<• eonfirere annota millia centum.

' Chex les Belloraei, les .ImWimi et les Attrebatet résidait le Be'gium ou la souveraineté de toutes les notions composant la confédéral ion Re Liqu- . Il ist vrai» mblahlc que les Btlloraei avaient 1 1 suprématie sur les deux autres n liions qu<, avec eux, comp soient le Btlgium. Ces dénominations de lUIgium et de Btllurati désignent des territoires et non des villes : les (>a-ilv>ii n'en avalent. point avant la ■ ominatinn rnmiiuc. Lor&q ie cette domination fut solidement é'ahlie, les Romains, pour les besoins de leur adu inistration, instituèrent au centre du territoire de chaque nation un chef-lieu auquel ils tonnèrent un uom latl . LecbeMieu des Bllovaci fut nomme rtnaromogm.

Vers le milieu du iv* siècle, ce chef-lieu comme tous ceux de la Gaule, changea de dénomination, reçut le titre de cité et le nom de lu nation Bellocari, dont, par corruption, on a rail relui de Btaurait.

11 y a tout lieu de croire que le territoire de ce peuple ne s'éteudait guère au-delà du dio.ése ocluel de lleauvais.

Bientôt après, les Francs s'emparèrent .le toute la partie de la Gaule située entre le Khin, la Seine et la Marne..

Les Bellowci eurent de bonne heure un evèqu* dépendant de la métropole de Reims. Le premier evéque de Beauvais fut saint Lucien . que les légeudaires font compagnon de t>aint l)i m- '.

De mime que l'évêque de Paris, celui de Beauvais répandit la 1 milieu; de l'Evangile, lit des mirael s et fut décapité; de même que saint Denis, son hisloite est enveloppée d'obseurilé. On connaît :on existence et voilà tout; car sou épiscopat, son mariyie, ses miracles sont, par quelques uns, mis au rang des fables », parce que les acte» originaux de son martyre, « s'il est « vrai, dit Adrien Baillet, que jamais un les ai- recueillis, i

« pins avec ceux e beaucoup d'autres saints illustres des « Gaules. » Tout ci qu'on sait de lui ue repose donc que sur des traditions.

Le s lnt éêque Odon, qui vivait près de quatre cpnts ans après saint Lucien recueillit toutes ces traditions >. Selon lui, saint Lucien et saint Quentin sont venus ensemble de Rome dans la lit Igique ; ceux qui ont écrit depuis * Obi fait de l'un el de l'autre des compagnons de saint Denis, ont d nne la qualité de prêtre à saint Lucien, Ci Ile de lai jue à saint Quentin.

c Ce qu'ils ajoutent, dit Raillet, est sujet à tant de contra-

• dictions, qu'on ne peut guère s'arrêter qu'au point de sa a mort, où chacun se réunit, quoique par dive^es circonstnn- « ces'. » Il se retirait souvent sur une montngue située à une lieue de la ville, entre le nord el le couchant; c'est là que In so'dats envoyés pour le tuer allèrent le chercher ; ils le trouvèrent avec deux de ses compagnons : Maximilien et Julie*. l'un supposé piètre, l'autre diacre. Ils coupèrent d'abord la tête

* c. s deux derniers ; et après avoir fouetté Lucien, Us le décollèrent a un tour».

On lit dans Bollandus', d'après Odon, qu'il vint à Paris avec saint Denis, que de là il fut envoyé, avec ses deux compignon*. à Beauvais, où éUi' une nombreuse armée romaine. Plein de ièle il arrive; sa vertu autant que se» paroles gagne les cœurs au christianisme ; les mirac es furent encore un moveo cllicace. car il guérit tous les malades, et omntt morbot per tirtuttm Uomini depelltbat. Il vivait dans le» jeûnes, les vigiles, ne se nourrissait que d herbages et d'eau crue.

Une telle conduite pro uisit le» plus heureux effets : on courait de toute part pour recevoir le baptême du saint. Les idoles étaient détruites par les main» de cux-là mêmes qui les

I J 'umat d* tiiKTt Ht. pu raiît-T 1 4 «rll IS»S. • r»yn ffcukMl» mMn Battait «■» UnitHiiev.

■ Voie» N. l'anitiK, f itrt 4C0, première rolaoae, ri ir.S, I y't mitai ». ftl, M-m. im 4» |M)s, rouir, rte , ilr

saNaasti

• loyri tdrirn H<illri, Tirt dn Sam»», au sjtniirr 1 taiaaVty. I. f. ipi il p. jet.

• l oUiHi.las *rt* S Loti/un.

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• Vo>n (t../«i»i, |t «30 et ' ld.m, p. «iS.

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

avaient fabriquée*. Mal* l'empe reur Domillen. qui ne >e laissait point conxeitir ordonna que nu soldai» du Chris! adorassent ks idole» ou périssent. Au mpmwl on saint Lucien annonçait la parole évangelique à une mu tilude de peuple, arrivèrent trois homme- atroces, fre* mirociuimi tiri, qui tuèrent Maxi mien et Julien

Sain Lucien leur parla théologie, lenrdit que «Dieu, (lia de Dieu, « qui tut toujours avec ion père avant les siècles, à cause de la « prévarication du premier homme, pour la rébnbilitation du

■ genre humain à la lin des temp<, avait voulu lire dut véri-

• tahlemcnt homme d'une vierge, afin qu'il fut vrai die \ et vrai

■ homme, et qu'il fut en même temps Diru et homme, un Ch-ist,

■ vrai lils le Dieu et d'un homme rrrui Dti «/ kominit /S/tut, « ec. » Il dit roenfv beaucoup d'antres eh >*'»' de ce génie: le* solda** lui repon tirent : « Ta v|. hlecM devraitdéj-i l'avoir « aveili de te défaire de ces vanités puériles (infa»tilii>ui}; « mais, puisque la vanité, puisqu'un bavardage superflu l'cn- « traîne, nous allons accabler m vi llie**e de tourments. a

Apres quelques autres paroles semblables, Lucien eut le cou coupé. « alors le corps iuanimé du saint, >e relevant, pris « dans sis propres mains, par la grâce du Saiul- Esp'il, sa

lète coupée, et, t on luit pir des ange*, se mit à pout suivre a son chemin, comme s'il eût été encore en vie, emportant a sa précieuse têle. Il parvint, après avoir travrisé le llcuve, •i distant d'environ trois milles de li montagne, nu lieu que « !•• saint homme avait choisi pour sa sépulture*.

Ce heu etaii éloigné de la ville d'environ un m Ile ; là, le saint reçut ia sépulture de la main des nouveaux chrétiens qu'il avait convertis, it jusqu'au moment où il fut enseveli, «m corps répandit tout autour de lui une odeur telle que jamais on n'en avait senti d aussi suave: ce qui lit reconnaître aux assiaumts la prést nce des anges.

Voila ce que raconte révèquo Odon ; il évalue à trente mille I le nombre de* parsounet converties par uint Lucien , nombre tans doute exa^é e; car comment trente mille chrétiens , aussi ardents que nous les montrent les légendes, eussent ils laissé saci i' er, a'Ietirs veux et au milieu d'eux, un homme qu'ils regardaient comme envoyé du ciel?

On voit assis qu* la légende de aaint Lucien est calquée sur celle destunt Denis : d'où I on doitcoo lure que toutes ces légendes cl le» faits merveilleux qu elle ra, portent ont été inventes dans des temps d'ignorance et ne repo-ent sur aucun fondement solide '.

« l.n cité qui nous reste, dans la ville , est très- ancien ne et

« vraiment romaine; presque carrée et terme de murailles « épaiss>* de huit pi<ds, accompngnées dp hautes loin s rondes

• de mesme estofe et également distantes lis unes de. autres, c aliu de se dérendre les unes les autres suivant le précepte de « Viiruve. Dr laq ieilc cité les restes se voient nujoii'd'hni pour « la plupart : le tiwt basti de petites pierres quarrees, fort dures, « emnlassées de grosses et larges br ques tellement c ni ni» es « eu-emb e que I oo n'y saurait quasi piquer. L'une des lara gcurs de celte cilé. commençant du cote de l—rient « la porte « que l'on appelé Gloria /««*, autrement du Chastel , que je « croy avoir e»té la princip.lc porte d'icrllr, et que l'on l'ap- « p.l >il Chastel ou ptusmst ( asttllvm, ou bien qu'il y a* oit un a ehasleau i I entré. d'iceUc, au lieu où est maintenant bastie « I église de Si.ii.t-Bai thél<my, tint pour « e que la miison du

■ cliastelain de Ueauvais y allouct.e , que pour ce qu'on ti nt

• qu> le etiasieiaiu est fondateur de ciste église. L'autre porte « etoil vrrsl'ëvtschcet I église de Nostrc-Dame- du -Chnstcl, ou a pouMiil estre un autre chaslel, d'oà on tournolt d<i costé de a midy vers la poterne Saincl-Cillcs et l'église Sai net- Michel , « et du cosle de septentrion derrière 1rs maisons net chanoines « i e la grandi' église. Aussi est reste cite environnée de toutes a paris d eau courante, encore* qu'elle ayt c té beaucoup amom- « drie par les iiiveitissemcnt» qui en ont esté farts au moyen a dt-s autres ruisseaux qui août en la ville de maintenant ». »

i Vajrri BnJlandm, p. les, première cal., d'»pe+» Odoa.

• v i ; 1 1 U'é , demieme cal.

* loin I, iliat »e» Utmviiu Mir I* fteaavalt», p. 78. dit que la première learad* de uiM Uteien e» icouc d*nt l'abbaie de ce non pour avoir fié eerlie par leveqat n. el qu'alla e»l t«nap«..*e vniH-iablableaieot sur

•le uini Dean.

' Ui.el, Mtmowu «m paya, ville, tie. da Btaavaia, p. M.

oit x i k m k péaiooi.

Beauvais, comme toutes les villes de la Canle, fut soumis aux Franc*.

Depuis cette époqu* peu de faits t'nlTrent à noua dans le* annatis de la ville de Reauvait, jusqu'à l'arrivée des Normands, eest-à dire jusqu'au »• siècle: ton administration intérieure mérite cependant quelques détails.

Dans la première distribution de la Gaule en évèché', IVs lirais eut au évéque el un comte pour l'admini-tralion civile de son territoire; vers U tin de la seconde race, les officiersroyaux se rendirent hervdi'airr». plus tard, la double qualié de comte et d'evéque se trouva cumu'ée sur la léle de l'évé que. I.otscl regarde Itogcr, qui vivait du temps du roi Kobert, comme le premier comte-éveque de bVauvais; mais on ignore couiment se lit cette confu-i n de pouvoir, a Ces» un grand a es, dit-il, qu'il ne se trouve rien escrit a Beauvai*, D'y ailleurs; « de ce conti act d'eschange ou donation; n'y ayant qu'une lettre a de conlirmation du roy Hobért qui en Tasse mention, et non a encores d'aucun con tract dVschange, ai, .s d'une donation a pure et simple fairtc par le comte Eudes a l'église de Iteaua vais, afin de prier Dieu pour son atne1 a

l>es évéques eurent aussi le titre de pairs de France; toutefois ils n'acquirent ce litre que beaucoup plus tard, car on les voit, pour la première fois, figurer en cette qualité au sacre de l'hilippe-Auguste. Le premier ut s évéques de U -au vais qui paraisse en avoir été revêtu est Philippe de Dreux, cousin-germain du roi Philippe-Auguste.

nVautai» fut aussi l'une des premières villes de France qui obtinrent le droit de commune : la charte lui fut accordée par Loois-le-Crus, ainsi que le portent deux lettres de Louis-le- Jeune, ton fils*. Par cette chatte, 1rs droits de justice appartenaient à la i o m nu, ne. Bientôt s'élevèrent des diï rends entre cette commune et l'évèque-comte de Beau vais L'érèque Henri de France se plaignit au roi l.ouis-le-Jeiine. son frère, et les Beauvatsiens reconnurent que la seule justice de l'évéque devait s'étendre eur toute la ville, tant que I cvéque ne s y refusera pas : mais, a il refuse, al ts les citoyens auront le droit de te rendre eux-mêmes à leurs concitoyens.

Ceprudaul lis querelles furent souvent renouvrlées et des plaintes souvent portées aux rois, soit de la part des évéques, soit de la part des citoyeii*. jusqu'à ce que les uns et les autres s'en remirent à Tarbilnige d Vn légat du pape, en France, et de dem autres personnes qui décidèrent, en 1x79, a que les « maires et pairs ne se pourront entremettre d'aucun crime ou a méfait, ores que la plainte* leur en fust premièrement faicte. « sinon .[.ie ec fust pour donner tresves. Et neanlmolus, ne a pourront l'é*esque uy ^es ofikiers faire défenses aux cotu- » muutcrs, ny les abstreindie par serment, ny autrement de a se plaindre aux man e et pairs avant que d'aller A lui, uy de u s'accorder avec la partie sans -on congé, sauf son droit. Item, a que lesdits maire et pairs ne pourraient p: end e aucune a rognoissance ouile cheut mutilation de membres ou perte de « la vie; ores que le maire ou les poirs eussent estes outragez par a aucun de la commune. Mesme leur auioit été défendu de foire t couper le poing a eeluy qui les aurait frappés. Ains le poura . oient i unir en grosses amendes péeuniaires. qu'ils app. lolcnt a hachics, tout ainsi que si on avoit outragé les jurer ue la a commune. Plus qu'il» ne poui roient cognoUtre d aucun m sa fait contre les comtuuniers quand il remit nue ti >n de playe « ouverte, sinon pour leur faire desfeuir de se mesfa re et s'ena tredotiner tresves pour an temps, et non pas assurance ou a sauvegarde, d autant que ce>a appartiendra à févesque. a Bien poui lont-ils se platndir aux maire el pairs des playes n et mesfails, d iniurrs, de coups de main ou de pied dont i y ■ eust effusion de sang par le nez, et les maire et p tira en cog<- « Doistre par prévention, en condamnant l outrageant à l'a-

« mrnde à quoy si l'accusé ne veut s»tis aire, ils le pour-

a root désadvouer de leur commune, et le faire contraindre a pur la justice de l'évesque de satisfaire à leur jugement, et a

« taule de ce, avoir recours au rov ou au baillif ne Srnlis

« Hem. qu'ils ne pourront chasser ny bannir aucun de la ville, « ains seulement le dr idvouer de leur commune qu'ils

i LaiMl, Utmciru, p. I S8.

• iatat, p. 4SS.

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

• pourront asseoir des milles, et pour la levée, obtenir lettres

• du roy adressantes à l'évesques ou ses officiers, afin de con-

• tralndre leur* communier* au paiement d'ioefles... Au sur-

• ville : mais ne les pourront arrester nv saisir leurs bleus « meubles ou cateulx sinon qu'il fust question de crime rn

« donnant par eux Hurtti et caution â'ttter à droit. Que la a police et justice du pain appartiendra du tout à l'évéque '. ■ Mus cette sentence ne fut pis plutôt rendue que la commune et | éyéque étalent en discussion devant le parlement, oui la modifla considérablement.

Ces discussions renaissaient à chaque instant, parce nue les évoques voyaient avec douleur qu'une autorité quelconque pût être opposée à la leur ; mon, sous l'evéque Simon du Nealt. Jet

• plus rancissent l'évesque «tr* seigneur de la ville avant « rte lin en garde les clefs des portes, forteresses et murs.....

« Pourront eslire les jures ou ngnards do draperie mire

« brasier les draps ou les couper selon la malfaçon uni s'y « trouvera, en advertlssant les officiers de lévesque d V faire « mettre le feu. sinon les faire donner à l'Hofel-Oteu, ou vendre

• en détail sur-fe champ en plein marché. Que les communicrs

• pourront eatre elles en la justice de l'évesque, es cas dont

Krmiinge de

« forcer la mal ton de l'évesque |4ir les gens de la commune, y a mettre le feu, r<spandre le vin tirs ca»cs, piller tes meubles, « ses chapelle-, foteer et sompre les prisons, faire évader les « prisonniers , battre et tuer ses serviteurs et officiers, Tinju- « rier et outrager tant de parole* que de faict , tellement qu'il c fut contraint de sortir de la ville. Depuis, s'accompagna ni

■ d'aucun de ses vassaux et noblesse du pays , il fit battre et « tuer nuctius des habitants trouvez par les champs , brusler a leurs maisons, et les forshourgs, se faisans guerre ouverte et

■ à toute outrance les uns con're les autres. ■ Il intervint une senlfnce arbitrale qui teimina le différend.

Cette double qualité de comte et d'évéque réunie sur une même tête fut une source de discussions, et fit éclater la turbulence des evéques de cette ville.

Avaut Simon de Ncslc, Reauvais avait en au nombre de ses évéques un certain Philippe de Dreux « qui, dit Loisel, fit plus « le comte et homme de guerre que le dévot ou religieux évesa que. » Il porta les armes, en Palestine, rontre les Albigeois et contre les Anglais, qui le firrnt prisonnier ; l'èvéque, alors, pria te pape d intercéder pour lui auprès du roi d'Angleterre; mnisreuwi envoya an pape, dit Mathieu Paris', In cuirasse

Nontnrinncy.

«le l'èvéque, lui demandant si c elait lit la robe de celui qu'il appelait i-on fils? Il demeura deux ans pris nnirren Angleterre; mais enfin il fut délivré en payant une forte rançon, et en faisant serment de ne jamais porter les armes contre les chrétiens: ce qui ne l'empêcha p«s de se trou ver à la bataille de Bouvines, où il combattit avec une massue , dont il assomma un frère du roi d'Angleterre, Etienne, comte de Salbrry , dit Longue-Kpée, et plusieurs autres. Le bon évêrçue choisissait cette arme, parce que, disait-il, assommer n'était pas verser le sang; cette circonstance est rapportée dans un poème du temps : fa Phitippide, de Guillaume-le-Brelon. Vf rtrrfe manu* oculoiqut profantl

Mais revenons à l'histoire de la ville.

Les Normands, après avoir ravagé une pnrlle de la France , se présentèrent devant Beauvais , qu'ils tentèrent d assiéger , comme le prouvent plusieurs monuments tiisroriqucs. «nUcaitrès une lettre de liinemar, archevêque de Reims, a Charb s-le- Chauve.où il l'appelle pro toltendanlaidioneurbis fttlloracrnti*. On a même dit que la ville de Bmuvais était tombée en leur pouvoir; maison n'a été conduit à penser ainsi' que par une fausse interprétation d'un passage du livre des miracles de saint

I OR seul ««il rtIUs MMN aaal)l«* djni Lnittt, ». ISS M «tWtnlH.

Benoit; aucun des tuteurs contemporains n'ayant écrit ce fait. Toutefois la ville fut brûlée en 850.

En 881, les Normands s'avancèrent encore Ters Beau vais, dont ils ravagèrent les environs; et, deux ans plus tard, ils Axèrent leur quartier d'hiver dans cette ville.

Beauvais fut encore, en 886 , consumé par le feu ; on ignore la cause de cet incendie.

En 9S3 et en «25, cette ville fut pillée par les Normands, et brûlée de nouveau en 10 1 8.

En 1109, Beauvais fut pris par Louis-le-Gros , après deux an > de siège.

Cette ville, en 1180, devint la proie des flammes.

Soua le roi Philippe-de -Valois , les Anglais firent une irruption en Fronce , et s'avancèrent jusqu'aux portes de Paris ; ils pngoèrent sur ks Français la bataille deCrccy ; cl, bieutdt après, taillèrent en pièces les communes du Beauvai>isqui tentèrent des'opposer a leur passage.

Sous le règne malheureux de Jean et sous la régence de son (ils, au moment ou les maux qui désolaient la France ne paraissaient pas susceptibles d'accroissements. «Un « nouveau genre de calamités, dit Viliaret , vint y mettre le comble, et sembla, par ses excès , suspendre et faire oublier, pendant quelque temps, la fureur des deux partis.

Les campagnes, livrées à toutes les horreurs de la guerre, n'étaient plusqu'un séjour affreux pour les h. notants.Cette multitude de troupes répandues de tous côtés

portait en tons lieux U misère et la faim. Les malheureux cultivateurs abandonnaient leurs champs à la merci des brigands qui les occupaient. Exposés a drs insultes continuelles , opprimés indistinctement par les factions opposées, qui semblaient avoir oublié qu'elles avaient affaire à des hommes: rançonnés malgré leur extrême pauvreté, dépouillés de tout, Us voyaient tous les jours croître leurs maux, sans pouvoir se flatter d'aucun adoucissement. N'attendant plus rien , leur desespoir se convertit en rage. I* première étincelle de cette révolution, qui devint subitement un embrasement général, parut dans le Beauvolsis. Quelques paysans de cette contrée, s'étant ras semblés, jurèrent entre eux d'exterminer les gentilshommes, disant que tous les nob<es honnisaoient le royaume de France, que ce seroit un grand bien

Ég'ise d Écouy.

a qui tous 1rs délruiroit. Honni toit celui par qui il demeurera « qu'ils ne soient tous détruits, s'écrièrent-ils d'une commune

• voix. *

Le premier attroupement qui se forma comptait à peine une centaine d'hommes ; mais la misère était générale , et il ne fut bientôt plus possible de les compter. « Dans tous les environs de a Paris et de l'Ile-de-France, continue l'historien, dans les pi o- « vinces de Picardie, du Soisîonois, du Beauvoisis, en un mot, « dans presque toutes les parties septentrionales de la France, a ou ne vu plus que des bandes de rustres a- > mbl », qui

« tuaient même « ceux des leurs quirefusairntde sejoindreàeox.' Ce soulèvement!

arriva presqual dâns le même jour; et, ce qui doit paraître a plus extraordi- « nalre, c'est qu'il a fut excité sans

■ qu'on eût pu « soupçonner ces a hommes agres-

■ tes de s'y être a préparés par un « concert médité.

■ l.a plupart n'a-

■ vaient aucune a linison les uns « avec les autres , u uniquement oc-

■ cupés de leurs « travaux, e* n'a- « yant jamais pris « aucune part aux a affaires du gout vernement. Dif- « férentet troun pes, s'étant réu- « nies, formèrent, a cnpeudetemps,

■ drs corps con- « sidérables. Un « historien con- < temporain as- « sure que, si elles « avaient été tou- « tes rassemblées, « c Iles auraient au « moins composé a une armée de

■ cent mille homi mes. •

Ces troupes se donnèrent des chefs; et, comme un capitaine de Beauvais nommé Jacquet se signala le plut dans celte circonstance, on désigna tons ceux qui s'armèrent avec lui sous le nom de Jacquet ,-et Ton dit encore aujourd'hui les troubles de la Jacquerie, pour exprimer la révolta de ces bandes de paysans.

Les Jacques n'en voulaient qu'à la noblesse, dont ils suppôt' taient impatiemment les brigandages. La noblesse leur avait donné l'exemple de toutts sortes d'excès; et les Jacquet firent subir aux nobles le traitement dont les nobles avaient usés envers eux. Quand on leur demandait, dit Froissart, pourquoi ils en agissaient ainsi, ils répondaient «qu'ils ne savoient; mais

• qu'ils fai soient ce qu'ils voy oient les autres faire, et pen soient a qu ils dussent, en telle manière, détruire tous les nobles et a gentilshommes du monde. »

D'abord tout prit I* fuite devant les Jacques ; la noblesse

■fooUBirtft. — bip Pll.nr, Iràre», LutliXt êl Com».

ed by Cocjg

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

Ce sont ces allions qui val ami aux femmes de Bcauvais les Irttres-pa lente, où le roi Louis XI instituait, j>our le 14 octobre, jour d1' sainte Aiigadréme, au mérite <<e laquelle on attribua la levée du s ége, une proc' ssion où il voulut que les femmes précédassent les hommrs. L'ordonnance portail qu'-n ouire toutes femmes et lilles pourraient, le jour de leur-, not», et aussi souvent que lion d ur seml lerait, prendre t<ls atours, vêlements joyaux et babillements qu elles voudraient ; cette cérémonie, interrompue pendant un temps, se fait actuellement tous les ans, le dimanche le plus proche du M octobre, en exécution <l un décret de 1806.

Avant la Révolution, il se faisait encore, en mémoire de ce sié-e, le 27 juin dcebaque année, une procession générale dite Av t'amaut '.

Par d'autres lettres-patentes <!e Louis XI, la ville obtint les plus grandes prérogatives; elle fut affranchie de toute t«i le et : la France • toit éualemeut dévastée par les Anglais le» j de toute imposition. Depuis, ses habitants obtinrent le privilège rrois et les compaunies. I es habitants des villes, d'un de pOMédi r des fiefs saris payer de droits au r<u, et '.ans éhc

j obligés de fournir de.s hommes en temps .le guerre.

Botta, dtsIcttrcs-pateiitCMlomiir* à Senlis le 22 février 1-173, portent': « Kn consilération île la bonne et vertueuse resiu slance qui fut fai'e l'année dernière par notre chère et bien- « aimée Jeanne Laine, fille de Mathieu Lalné, demeurant eu

• notre ville de Beau vais, a 1 eueontie des Bourguignons, nos « rebelles et désobéissants sujets, qui. ladite minée, s'efforcèrent

• à surprendre et gagner sur nous et notre obéissance, par « puissance de sièg«setd'as ant*, notre dit - ville de Résinais,

• ii-ihmeiit que, en donnant Icsdds assauts, elle ungn.i et relira « devers elle tin étendard thsdils Bourguignons, ainsi <|ue nous « étant dernièrement eu notre dite ville avons été duement m-

■ formé : Nous avons, pour ces causes, et en faveur du main riage «le Collin Pillon et elle, lequel a été par notre moyen « naguères traite, conclu et accorde, et pour autres considéra- « lions i ce nous mouvant, octroyé et octroyons, voulons

■ et nous pK.it d.'- grâce Spéciale par ces présentes que ledit

■ ( '.ollin Pillon et Jeanne s i femme, et chacun d eux soient et « demeurent, toute leur vie dur.-int, francs, quittes et cve-opts i de toutes Mlles qui sont et seront dorénavant mi^es et impoli sées de pur nous, en notre royaume, quelque part qu ils fassent

■ leur demeurauee en notre dit royaume. Et de ce les avons « exemp'és et affranchis, exemptons et uffranchissous de i.otie a .J te grâce, par ers mêmes présentes, etc. •

Les habit mis de Bcauvais conservent encore avec un religieux respect le drapeau enlevé sur la brèche par Jeanne Hachette : il est dépose à l'Holrl-de-Ville ; et, tous les ans, il est porté par les jeunes filles à la procession de sainte Anga tréme.

« Vers l'an 1680. dit l'aulrur de la jfotirê tur ta ville de « Beaut*>$, au milieu des guerres de la I igné, les habitants île

■ Bcauvais refusèrent, sans >icn entreprendre, de ser.ir mot « Heuri III, mais ils se rendirent v..l«.niai.emeiit à Henri IV. « Lor- qu'ils surent que ce prince était à Amien , ils allèrent u au-devant de lui, et conclureut un traité qui fut s-gué le « 22 août I51M. »

Ceci n'est pas tout-à-fall exact; la ville de I! uuvais tint encore po. r la Ligue alors même que les lieux voisins avaient, de gré ou de force, reconnu l'autorité de Hcmi IV. lierbemy, par exemple, était au pouvoir du roi et sans ces-eeu hostilité avec Bcauvais.

Voici ce qu'en a écrit un ancien historien de Cerberoy •' :

■ Le sieur de MutlJ . g-u'erneur de (ierberoy, pour le roi, après « avoir fait quelque temps une rude guerre a ceux de Hcuuu vais, avi c la ga nison de Cit rix roy et autres ven» de uuerre. u tomba enfin malheureusement en leur* muins dans une soi lie

• qu'ils firent sur lui au mois de juin l»9%. I l Us l'emmenèrent « à Bcauvais. où il fut tait prisonnier de uuenc. Celte ren- « contre fut la cause de la ruine de Cerber-y, car le roi. dési-

■ rant ta délivrance de son bon et affi ciiouiie serviteur le sieur a deMouy, consentit qu'il recherchât ions l. s moyen* puSMblea u pour être remis en liberté, a quoi kl maiie. paiis cl habi- « tauts ne voulurent entendre qu'auparavant ils n'eus-eul vu

(ierberoy démantelé cl ses murailles abitlucs; et le bureau

1 Xtrlitt nr U tilt* tl Itt ennlnpi it lltourtit, |,.n II -J. TrrmM»j . p «• • telle pi*r» en rippotUv |>m I onel, <Un, «, « «rat.ftr» -jr bctuuii ' «m du iUJih «I it U vtllt it i.rk,,,. par Jeu liilet, ivc tUctt,

épouvantée se réfugiait dans les v illes ri les châteaux forti'W?s. Mais, revenue de sa frayeur, elle se rassembla, demanda du secours ai x provinces voisines. La noblesse de Flandre, du V, ;i .mi. du HauiMilt, de ht Bohême, se réunit aux seigneurs exilés: et tous cnsemlle se miieul en campagne. Ils rencontrèrent presque lou ours des lianih s sépaiét s et les exterminèrent. Le roi de Pvava re. Cbarles-le-Mauvais, dans un si ul jour , près de Ctermonl en Beauvois's, en lit passer trois mil'e au fil de l'épie. « Lis nobles, dit Villaret, rassurés par leur réunion et « les secours qu'ils avaient reçus, tinrent alors la campagne, u met tint tout à feu et a sang, et massacrant indistinctement « tous 1rs paysans qu'iis rencontraient, innocents ou cou- « p ible- u

V. ici. d'après le même historien, le tableau de la France à ci tic i po m- : « Tontes le» horreurs que peuvent produire la u guerre nationale et les discordes civiles se trou voient rasscui-

■ hlees « Navai

• autre côté aux prises avec les nobles et les paysans, se déchi— « raient impi'oyabl. meut, et se rai soient plus de maux que les

• tr. upes étrangères ne pouvo'enl leur en cau-er. Lutin si l'on 0 > cul se former une juste idée de l'état i.ù le peuple étoit réa l ii u . qu'un se ligure que dans nos provinces septentrionales, « il n'y »iv. it pre que pas un seul petit canton qui ne fut teint

■ de sang, et d'où ne s'élev al la flamme de quelque incendie. « Cependant une partie de la noblesse s'attacha au régent

Chai les ; e< peu à peu tout rentra dans I ordre.

Le légrnt monta sur le trône, et son tègne fut paisible; il en fu' autrement de celui 'le Charles VI, sou successeur : lei iteux factions des Armagnac> ou Orléanais it des Bourguignons, la démence -in roi. l-s intrigues ue la reine, replongèrent la Francs d.ms un ubime de maux.

Bcauvais partagea la triste destinée de plusieurs autres lieux. En 1 4i7, un giand nombre de villes se déclarèrent pour le due de Bourgogne, pau-e que ce due promit S celles qui suivraient son poiti une exemoiion d>s tailli s, aides, ilimes, gabelles et aut es vexations dont k pauvre peuple, disait- il, était grève : la plupart des villes du Bcauvaisis ouvrirent leur portes aux troupes I ourgoignones. Be.ui vais lut de ce nombre.

Cette ville pu sa ensuite un pouvoir des Anglais avec tout le nord de la Fiance; nous a ou* parlé ailleurs de ce fameux ( auci'on. évèque de Bcauvais, et principal acteur duns l'assassinat juridique de Jeanne d'Are.

Lorsque les troupes de Charles VU eurent enfin reconquis sur les Anglais une partie des pro ince* septentrionales, les luiiiiiiints de Bcauvais chassèrent cet évêque et se rendirent au roi.

Cependant cette ville fut encore Inquiétée par les troupes iinjl.i-s s; «t, le 7 juin rfan , « i Iles surpri. eut la porte do « l'Hôtel- Dieu (aeliiillcm.nl porte d'Amiens) . et tuèrent « Jarifuet de Guthtnnniu, lieutenant du capitaine de la ville, « qui. a -ce Jean de LiijniértM. d'une des premières familles du « pays, a»au lait échouer leur en reprise : le premier s'était >. np osé avec force a leur entrée, en soutenant avec quelques » solda s leiireffoit a toute outrance; fin lie eut la présence u d'e put découper adroitement la corde qui soutenait la tu rse u île l'rr pendante entre les deux portes , ce qui fut cau-« que u tous le- ennemi', qui s'étaient déjà introduits dans la ville u furent mis » mort par les liatu an s. C'est en mémoire de cet u événement quefu» instituée la procession qui se faisait autre- « lois le jour de la Trinité a ta porte de l'Hotcl-Dieu. »

Mais c'est surtout au temps de Louis XI que les habitants de lleauvais se signalèrent par leur rourxge.

Le duc de Bourgogne, Chatle*-le-uardi ou (« Tr'mtraire, h la tète do quatre vingt mille hommes, vint, le 27 juin U72, a-siéger leur ville ; ce due avait déjà ravagé la Picardie, et inspirait inrtout la terreur; il se jeta sur Bcauvais alors sans garnison; les faubourg> furent emportes sans aucun obstacle; niais la ville, délen.lue par les bourgeois, ré-ista avec courage'. Bientôt ils reçuient des secours étrangers et forcé. nu |ç duc a lever le siège, les femmes et les lill.s de Bcauvais se signalèrent singulièrement a ce siéi;e conduites pai Jm ne fjitur. plus connu? sOUS le nom i C Jeanne flurhelk, qui, le jour .ie i'a ■sau", parut »ur la lirèelc. arr.icl|a le .iiap -au ln.urguijjnon qu'un y voulait arlsorer, et jeta le sohlat (JW te portait eu bas de la muraille.

HISrnlKK ni'S INMIIONS DK PARIS.

« de l'cU-ci i<>n qui y éloil établi en fui ote cl transféré a Bean-

• vais. C'est pourquoi le sieur Mouy, vnynnl qu'ils aboient

• refusé dix mille écus qu'il leur nvnit offerts pour si rançon,

■ pressé île la nécessité, proposa au conseil d • ville tenu sur « ce, le 19 juillet de la môme année IS!)2. le- irtfcles Nti«

• vantg :

« I. Le sieur de Mouy offre, tous le bon plaisir du roi de « Taire démanteler Ge> beroy et Bresles, et les remettre entre a 1rs mams <'e messieurs de Beauvais.

« II. Le château et bourg de Mouy et Chntcau-Verl demen- « rcroiil en neutralité; n'y aura aucune garnison et ne s'y fera « aucun acte d'bos iiité.

« III. Ne pourra le'it sieur de Mouy, ni l<s Fient s'aider « dot lions et i ce impenses qu'ils ont obtenus du roi défunt, ni

■ de celui-ci. ni en prête idrc sur ladite ville de Beauvais, ou « aucuns particuliers d'icelle.

« I V. Ledit sieur de Mouy promet ne fade la guerre, ni les « siens au pays de Beauvais. même apuroeher la ville de lleau- « vais, plus prè< que de sis lieues, n'éloit qu'il passât eaeOffpl « d'arme- .

■ V. Promet ledit sieur de Mouy faire sorti les garnison! c du Chati'aii-ltmi.'c, et que la place demeure, parce moyen, « en la (jante de la d une du lit lien, ainsi qu il r été accordé.

« VI. Pour l e* écutioo d-squcl* articles il sera permis audit a sieur Mouy de faire tenir vers lui deux cents hommes aussi quels sera baille pa- se port de ladite ville pour aller, vers sa u majesté, -oilicittr l'effet que dessus p n lant quiniainc, nen- « dant lequel temps ne pourront les garnisons de Gerberoy, « Bresle* et Mouy, empêcher l'entiéc des vivres, bois, vins,

■ bestiaux, grain» et fouirais il autres nécessitez communes, « lesquelles promisses ledit sieur de Mouy promet accomplir et

■ entretenir par sa fui, laquelle il donnera a la ville.

a V II. Moyennant ce que dessus, et après les susdites places u démantelées, ladite ville de Beau vais promet audit su ur de

• Mouy qu'ils feront «n torte, vois mm. seigneur de May-nne, u qu'il le mettra sur sa foi, pour traiter avec le sieur de Ses- « seval, de sa pleine liberté, suit par ranç»n ou échange.

« Cet articles furent ensuite i réseulé» au roi, qui lit imttrc « sur le premier et sur le cinquième : o le ro- trouve bon que « les fortifications de Herbe roy. et celles que le S'eur de Mou* « a fait faire à Br« sirs, soient démantelées, et que lesdites places «t iirmeuiem neutres, sans 'aire la gutned un pan n'y d'autre, a à h charité que le sieur évéqur de Beauvais et tes siens, sans

• Taire aucun «rie. d'hostilité, y pourront demeurer eu boite

• n.-i-c de ■rareté, tt jouyr librement des bims dont ils jo iis- « soient en faveur desdib s places; a la charge encore que mou « seigneurie cardinal de Bourbon, arche* ôquede Rouen, neveu a du déToul, jouira au-si du rr*ruu dis al>bayes de l-'ruldc nent c et S tint (ït r-ner, sciscs prés les Htes places de Bresle- et

■ Gerberoy, comme il faisoil a la faveur desdites places, Oue a les sut jets de sa majesté demeurait» dun* le re-sort d'ieelles

• jouiront paisihlcm. lit d- leurs bleu», et ceux de Bcauvni* a fe out le semblable du bien qu'ils ont dans les lits restons de v Bresles et lie Gerbeioy. sans aucuns contredit», n'y empè- « clicment d'une part n'y d aul-c. »

Depuis cette époque, Beauvais jouit d'une tranquillité peu historique.

Pendant la Révolution, celte ville partagea le sort du reste de la France: on a même remarqué que, dans tes temps l. s plus orageux de celle époque, il ne se pas a a Beauvais aucun événement extraordinaire1 ; celte remarque de la paît -l'un écii*am s portée de juger par lui-meni non- dispense d eiitrer dans aucun détail sur celte époque: mais nous devons du etn mot dequeliiucs institutions «iceiemonies par.ieulic.es à la tille de Beauvais.

Ln commune de Beauvais jouissait de plusieurs privilèges . t te montrait jalouse de les conserver, l'or lettres rie Louis Kl, du mois de juillet MJï, il fut permis aux citoyens a de faire c ma rn et pairs de la ville Mies personnes qu'il» avi-eront; a soient clers, yens de fief» ou autres, et ordonner que tous les a habitants d'icelle seronl tenu» d'obéir aux mai e rl |>airs, a pour comparoir aux assemblées qui, par eux. sentit ad* isées « «sire à faire pour le bien et utilité ue la ville, sur p in> de « l'amende ... L'autorité des maires paroissoil principalement

1 Nttitt tmr U Wttk fl tët «utlctu 4V U fut tu, piili -J. TrcsbU], p. SS.

« en ce que, lorsque le> tailles n'estans point ordinaires, ains a se leva s par l'advis des estais, selon h s nécessite* des « guerres et aff lires du loyaume. I» levée s en faisoit par l'im- « position de* maire et pairs.... et de ces deniers on sou.lovoit

• les . us qu'ils envnyoienl aux ituerrcs, ou auslicment étoient a employez hux nécessitez de la ville : ce qui a crs>é loisque.

• les tailles ayans esté faieles or linaircs, on les a employez a la a solde des gens de la gendarmerie du roy. » Alors la juridiction des maires fut beaucoup restreinte.

Cependo i plusieurs de leurs p niléges furent conservé* jusqu'à ta Bévohi'ion.

Ou ni à l'élection des maire et pairs de Rénovais, chaque année le dernier jour de juillet, lu commune était as-cmbUs-au son de la cloche, il us le cimetière «te l'église de Sainl-Ktirnne, où le maire, montant eu chaire, remerciait les bourgeois de I honneur qu'il* lui a*aient m l. et lie priait de le décharger de sou oflice cl de 'e remplacer par un citoyen affectionne au service du r»i et à la conservation de la ville.

Le lendemain, a six heures du matin, le moire, les pair» et les membres du conseil, faisaient chauler dans l'eulise nue messe du Saint -Kspnt, puis allaient à t'hôlel-de-ville. ou se trouvaient la plupart îles hiibituils, la, le maire les remerciait de nouveau, et remettait I s clefs de la i hambredu secret et les se, aux de la ville sur le bureau, puis se retirait

\lors le plus .-m ini | ir le- re ev: il de la main du procureur de la vnle; et ou procédait à l'cleclion.

Quatre scrutateurs étaient élus pour recevoir les voix : deux du corps de la ville el deux de la tommune I s niailres des meii r» étalent ensuite appelés a tour de rtVe, et notmnaieut Celui qu'ils croyaient le plusitignc du titre de maire pour l'année; on sortait alurs de ta chambre du secret, et on se rendait dan» ia salle où était asscmb:é loul le peuple tt ou était publie le nom do maire i lu à la pluralité des voix.

Le ri oyen • lu umire prétait un serment que r.no .a de la ville prononçait ainsi : ■ Vous Jures Dieu le créateur que vous « conserverez la ville de Beauvais sous l'autorité du roi, la

■ défendrez de tous votre pouvoir envers cl c oitrc tous i n ses

■ droits, prlvflégt-s, [ranchises et libertés, ensemble toute la -i commune. Que sitôt qu'il viendra a vulrecoiinoi*sance quel- « que péril emineni, par lequel il vous parois e quelque chose u eu dommage de la ville, et surtout contre le service du roi, « vous I ■ communiquerez a vos pairs | our en avoir a* is ; et au « contraire s'il vient à votre connaissance quelque bien pour le a profit do la *l le et commune, vous le mettrez en délibération

• Qu'en voue chante aucun p m uiimitiés ne blesserez, m pour

■ amitié ne supporterez. Une vous ne tiausp tfrrez, m p< r- « mettrez cire ir i ucuus titres ou enseignement» du

• sec ici sans délibération Q .c vous fe. ez exécuter, >don «oire o p u*oi' . ce qui sera deli icre, et vous vous r<nuport«>ea en <i votre charge comme, un bon maire el homme ue bien est « tenu de faire '. »

Jusque l i le maire restait parmi le pcupl -, et l'avocat de la ville dan* li chat e; après le serment, le maire montait en eh nrc, remerciait les citoyens, les exhortait au seivicc du roi et à la conservait. m de la ville; put- il el.ut cou >uii cli i lui par la plupart es pairs ■ t de ses ions auxquels il donna t a souper.

Le lendmaiu, u*a.t lu u I élection des pairs, qui p étaient le

même scruieiit ; « ce que font aiusi, dit l I. lou» lis aulros

« oflicier» de cette ville, sça*oir est : le* lieutenants. ad«oeat,

• procureur, ureifier et mautre de-> forteresses. (Jm montre que « loiibs te dites charges ront annuelles, et le» eh-cuons »usm dues popul nres. a C< peudaul il y avait aussi a Beauvais des olliciers royaux.

LV mree des evè|ues de Beauvais dans cette ville, leur installation, «'exécutaient eu pompeuse ivreirome.

Ln vel le du jour marque pour l'eulrec solennelle, ou tonnait toutes le* cloches de l'eghse callicdr.de, à mu et a huit heures du soir ; et, environ une beuie après, le corps-do-* ilie faisait faire une salve d'artillerie. w

l.e même jour, sur les quatre heures et demie du soir, révoque, en rochei et eu camaii, se rendait a l'abbaye de Satut-Lucienlci-Beau*ai>, où il entrait par la torte nommée d s fardons, nu >on de lonles les cloches oc l'abbaye. Il y passait la nuit.

Le jour de l'eu trée, v ers quatre heure» du matin, ou souuaal o u-

> Um-e Méwuirtê, p. il».

ICI HIST01RK DES ENVIRONS DE PARIS

les les cloches de l'église cathédrale , cl le corps-tlc-ville faisait tirer, ainsi que cela avait été pratiqué la veille, une salve de toute l'artillerie de Reauvais.

Le prélat, vétu de l'aube et les pierls nus, marchait précédé de deux nia-siers de son évêché. revêtus de leurs robts et portant leurs misses hautes; il sortait de l'église par le grand pirrtail. et de l'abbaye par la porte de< Pirdons. étant conduit professionnellement par le prieur et par les religieux de Saint- Lucien, tous revêtus de chapes. Ces religieux étairnt précédé* par 'e- Dominicains, les Cordelicrs, les Capucins et les Minimes i de Reauvais, qui s'étaient rendus auparavant avec leurs croix | a l'abbaye de Saint-Lucien. L'évèque se mettait en marche; il avait a sa suite et à ses coté* lc< oflleiers d<« sa cnmté-palrie et ceux de jon vidamé de Gerbcroy. le» flelTés de serviec de son ! évêché C sis oniciers-domestiqueii. Derrière lui marchaient les lit ntilsliommes et autres personnes de distinction Inv ités à l'enirée solennelle, et sans observer aucun rang entre eux. Ensuite venaient en ordre et par rang de compagnie les ofliciers du présidinl, ceux de l'élection et ceux du grenier ii sel. Aux deux cotés de ce cortège était nt lesserunit» et gardes-bois de I cvèehé, dont la fonction était de faire ouvrir le passage au travers d'un peuple toujours très-nombreux qui se trouvait n cette cérémonie.

Lorsque l'évèque était arrivé vis-a-vis île la rue aux l.oups, où commence la banlieue de Reaurais, deux des firiîéi de service de cet évèque se présentaient et se mettaient en inarebe immédiatement au-devant des deux massiers. Suivant les devoirs de leurs flef*, ces deux lielTés portaient devant l'évèque, leur seigneur, l'un une épée nue levée, et l'autre une lance. Kn même temps se pré entaient aussi les chanoines de l'église collégiale de Saint-Laurent de Reauvais. revêtus de chapes et avec leur croix, lesquels, après avoir fail une profonde lévérenee n l'cvéquc, se Joignaient ii la procession. I.a procession con muait sa mâche jusqu'au faubourg d«' t.ailli>n, où les chanoines des autres église* collégiales et le» ecclésiastique! des églises paroissiales de la ville, tous revêtus de clinpesct avec leur croix, attendaient le seigueur-évéqun visk-\is d'une grande croix, nommée la croix du légat. I < » chanoines et etclc>iastiques se joignaient à la procession, et pu liaient chacun leur rang, selon qu'il était réglé aux processions générales. A commencer de la croix du légal, étaient po les les oiiicicr* < t chevaliers des trois compagnies privilégiées des a: balestricrs, nr- 1 quebusiers et de l'infanterie de la vil e de Reauvais, lous sous ' les armes, ayant leurs drapeaux déployés, cl étant commandés par le lieutenant du gouverneur de la ville. A l'arrivée de l'i vèque, les trois compagnies faisaient une s»l»e générale de leur mousquelerie; et en même temps se faisait entendre une décharge de petites pièces d 'artillerie qu'on avait soin, en celle occasion, de transporter cl de placer, avec quelques drapeaux déployés, sur le rempart qui s'étend depuis la porte de l'Hôtel- Dieu jusqu'à la poterne de Sainte-Marguerite. Le seigneurevèquc, étant arrivé près de la barrière, au dehors de cette porte de l'Ilotel-Dieu, y trouvait les maire, lieutenant de maire, pairs, echevins et autres oftkiers du corps-de-ville, et plusieurs nutahl.-s habitants. AUfSilAt les maire, pairs et offiriers du corpsde-ville ainsi que les notables habitant», ayant fait de tre.vhumbles révérences, le maire, parlant en son nom et au nom de toute la ville et commune de Reauvais, faisait une harangue en termes respectueux, qui exprimaient lo double litre sous lequel l'évèque était reconnu.

I.e maire, tenant les clefs des portes de la ville, les levait en haut, et, parlant encore en son nom et au nom de ses pairs, des èchcvins, communiers et habitants, disait : « Monseigneur,

■ voici que nous vous baillons les clefs de la ville, et sommes

■ prêts de faire le serment que nous vous devons, et nous vous « suppuons de faire ce que vous nous devez. Ensuite, le maire,

• ayant baisé ces clefs et les ayant mises enlre les mains dudit « seigneur-évéque, fait, tant en son nom qu'an nom des pairs

■ et communiers. le ferment en ces termes : Monseigneur, «• nous vous jurous et promettons, de garder, selon notre pou-

• voir, votre vie, votre corps, vos meubles, votre honneur, vos « rhAtcaux et vos droits sauf la fidélité que nous devons nu roi.

• Alors le seigneur-évéque, ayant levé en haut les clefs de la

• ville, dit en ces termes : Je promets vous garder en vos fran-

■ cluse» et libertés. Et remettant les clefs au maire, il dit : u Maire, je vous baille la garde cl les clefs des portes, forte-

• resses et murs de ma boune ville de Reauvais, en telle ma-

« nierc et oui lit ion que la garde de ces clefs vous me ferez, et « me les renirc/ toutes fois et quan'es qu'il me plaira, et a de par moi eu serez requis et interpellé. Le maire, ayant reçu « les clef», dit : Je le» reçois pour les garder sous l'obéissance « du roi, comme il est accoutumé. »

La barrière étant ouverte, levêque s'avançait et entrait dans un rorps-de-garde tapl«sé et préparé exprés. Il s'y reposait pendant que les compagnies des ai balestriers, a quebusiers cl de l iufanterie, les religieux et ecclésiastiques de la procession entraient dans la ville.

L'évèque, ayant repris sa marche en suivant et fermant la procession, cuirait dans la IL par '). i :<rît de l'Hôtel- Dieu, vers les dix heures et demie du malin.

Ces cérémonies se terminaient par un somptueux festin que donnait l'évèque '. Le nombre des convives titrés était ordinairement d'environ trois cent cinquante, et l'on n évalué à quatic cent ciuquaute celui des personnes employées à préparer le festin : ce qui faisait environ huit cents personnes traitées par l'évèque, le jour de son ent ée solennelle.

Anciennement il se faisait amsi à Reauvais une cérémonie dont les détails méritent de trouver place ici; je veux parln de la fêle qu'on célébrait en l'honneur de l'Ane.

On imagina a Vérone, en Italie, que làne qui porta Jésus- Christ dans Jérusalem, après avoir voyage quelque temps eu Palestine, traversa la mer a pied sec, prit le chemin de Chypre, de Rhodes, de Candie, de Malle et de Sicile, séjourna quelque temps à Aquilée, et vint tnfin s'établir aux environs de Vérone, où il mourut. On lui lit de magniliqucs funérailles; ou enferma ses on dans un line artificiel, qui fut déposé dans l'église de Notre- D.une-dcï-Oru'ii s. >ou« la garde de quatre chanoines, qui. deux fois l'année, dans une procession So'enuelle, portèrent cet àne comme uue relique '.

De la le» fêtes célébrées, au moyen-Age. en I honneur de l une, dans un grand nombre de cathéJrales de France, et. entre autres, dans celle de Reauvais.

Le 1 4 janvier de chaque année, un Ane portant sur son do * une jeune tille couverte d'une belle chape, représentant la sainte Vierge allant en Egypte, et tenant dans ses bras l'enfuut Jésus, s'avançait en lele d'une longue procession qui partait de In cathédrale et se terminait à Saint-Etienne. La, on faisait entrer l'Ane et li jeune fille dans le sanctuaire, et on les pinçait du côte de l'Evangile. On commençait ensuite la mes«c solennelle; et, après l'epltrc, on entonnait la laineuse prou* de l'Ane, qui variait dans chaque église. La voici telle que la rappoile Uueaiige :

Orienlts pjitihu* ,

Adventaytl «si nos

Patcber ci furlissimus

Sarcinll apiissimus.

Hez, «ire utntt, car chautu.

Utile bouche rrchignn,

On aura du foin auti

Kl lit l m aint a plauli V Lenlus cm prdibu*

Nui foret txeulus

El eu iiiiii etunibas

Pungercl iculrus.

Ht:, tire amtt, tic.

Ilinc in collibus Sirbrm,

Juin nutrilus sub Kiiben,

Tnnsiil |>er Junlinem,

Salin in Ueihleem.

Het, lire amrt, efi .

Ecee nugnls luribut, Subjuxali» lit m», Asinu» egregius, Asimiruni doiiiinus.

//> :. tirt atntt, tic.

Salin viruil hlniiult».

Ii.oii.is rl ripreitlu», Super ilrouimUrin»

Veto» Mmli.ineo».

Htz, airtatnts, tir

> 0a IrMi* iin U Dicliuaaain di t atM tMfittf, .. fatuité Btauvait, ttt

l .. ii .1.- rrlui qui fui, rn 172a, Uannr par l'+viqM mil o> Bta««ai«. • Hi«on, fogajt J7(«/.>, 1. 1, p. ICI. — Ditli"* \irt .' Iflié I. I, p |S. '• la aboadtnrc .

HKroiRF. DUS ENVIRONS DE PARIS.

v h mu de Arabia, 7 but el mvrtham de Saba, Talii in cetlcsia Virtu* -noria.

•liez, tiie atntt, etc.

Itùm trahit véhicula Huila cum sarcimila, lllius mandibula Dura lerit pabula.

Ile:, tire atntt, tte.

Cum arislis hordeam Comedil «I rarduum ; Trltkrum a patca Segresal in arcà.

Ile:, tire atntt, tic.

Amen diras, asine.

Ici on fléchi i tait lt genou) Jam satur de sramlne :

Aincn, amen itéra, Aspernare vêlera.

Ile: va ' ht: va! hex ta! hex !

Hialx tire atnet, earallexi Utile bouche, car ehanttx.

Voir» la traduction de cetlt prose :

« Des conlréts de l'orient , il est arrivé un Ane beau et fort, et propre à porter des fardeaux. Hez, sire âne, car chantez, etc.

a II marchait d'un pas lent, à moins qu'on ne le frappai a coup* de bâton ou qu'on ne lui piquât les fesses avec un aiguillon. Hez, sire Ane, etc.

a Cet Ane a été nourri par Huben, sur les collines de Sichem ; il a traversé le Jourdain et a sauté dans Bethléem. Hez, lire Ane, etc.

« Le voilA ce bel Ane aux grandes oreilles, le maître des Anes, le voilà comme un enfant soumis. Hez, sire Ane, etc.

« fl peut vaincre à la cour-elcs faons, les daims et les chevreuils; il est plus rapide que les dromadaires de Madian. Hex, sire âne, etc.

» Ce sont les Ancries (tir tua a*inaria\ qui ont valu A l'Église l'or de l'Arable, l'encens et la myrrhe du pays de Sa ha. Mot, sire Ane, etc.

« Pendant qu'il traîne les chariots remplis de bagage, sa inAchoirc broie un dur fourrage. Hez, sire Ane, etc.

« Il mange l'orge avec sa tige, il se repnlt de chardons, et dans l'aire il sépare le froment de la paille. Ht /, sire Ane, etc.

« Ane déjà saoul de grains, dites amen, dites encore amen, et moquez-vous des vieilleries. Hez va! liez val liez va! hez! hialx sire Ane car allez, belle bouche car chantez. d

L' introït, le A'yrt'e eleison, le Gloria in exctltis, le Credo, etc., étaient toujours terminés par le cri Ain, han. hin. han : et, à la lin de la messe, le prêtre, se tournant vers le peuple, au lieu de dire Ut, muta ttt, commençait à braire de toutes ses forces, A quoi le peuple repondait de la même manière, au lieu de Dto g ratios*.

Les cultes de l'ancien polythéisme n'avaient rien de plus extravagant, de plus ridicule, de plus honteux. H est surtout remarquable de voir des prêtres avouer que ce sont des dneritt qui ont enrichi l'Eglise.

On célébrait encore à Beauvais d'autres cérémonies qui, pour être moins fameuses, n'en sont pas moins remarquables.

Le jour de l'Epiphanie, trois valets représentaient les trois muges.

Le jour de PAques, à matines, trois enfants de choeur contrefaisaient les trois Maries.

Le jour des Innocents, les enfants de chœur occupaient les hauts stalles, et les chanoines les bas.

Le jour de saint Pierre, patron de la cathédrale, la confrérie ou le corps des jongleurs faisait placer des musiciens dan> le cloître ; et les chanoines, sur la partie de la place dont Ils étaient fei^neurs, faisaient représenter des mystères et d'autres picusts farces.

lin autre usage se conserva jusqu'au xvu» siècle; le jour de la Pentecôte , pendant le Ytni Creator, on jetait des etoupes enllammécsdnns la nef, et des oublies de diverses couleurs dans le chœur, allu d'imiter les laugues de feu qui descendirent sur les apôtres.

Nous pourrions en sigualer quelques aut.es plus ou moins

1 Voyet peur pto* oV rfeloil» D*r«»gr, <Hmt»tre, ta mol fetlmm.

1 1/ h ic.s, qui tendent toutes A prouver que la religion d ulors avait besoin de spectacle pour se maintenir.

DHSCHIPTIO* US BKACVAIS.

Cette ville, autrefois le siège d'un bailliage, d'un présidial, d'une chambre prévoialc, d'une élection, d'un grenier à sel et d'une juridiction consulaire, était de plus la résidence d'un de>subdcléiMiés de l'intendance de Paris.

Aujourd'hui, elle est devenue chef-lieu du département de l'Oise, siège de la préfecture, d'une sous-préfecture, d'une cour d'assise., d'une cour prévàlule, d'un tribunal de première instance du ressort de la cour royale d'Amiens, d'un tribunal de commerce et de deux jiMi vs de paix. A Beauvais sont aussi établies la direction du domaine, celle des contributions direc e* et indirectes, la conservation générale des hypothèques, une chambre consultative des manufactures et arts; c'est enlln Ih résidence de l'inspecteur des enux et forêts de la conservation d'Amiens, et d'un chef d'escadron de gendarmerie.

On donnait autrefois A la ville de Beauvais fioo toise* de longueur sur 400 de largeur. Son étendue est encore à peu pré* I'' même; M. D.-J. Tremblay 1 compte 1,152 mètres du nord au sud-ouest, et 930 entre les deux extrémités les plus rapprochées.

Cette ville est bAtie au milieu des canaux formes parle Thernin et par l'Avclon, dont les eaux l'environnent de toutes parts. Elle est traversée par trois routes royales, t» celle de l'.ius A Calais ; 2° celle de Rouen ASoissons; 3° celle <! Evrcux à Itreteull.

I » mis le centre de la ville se trouve l'ancien Beauvais. désigne encore sous le nom de la Cité. Il forme A peu près ta cinquième partie de la ville actuelle. Jusqu'à In fin du xv uie siècle, le tout était entouré de remparts el de fossés, dont la construction remontait aux xin* ou xtv' siècles. Ces fossés et ces remparts sont remplacés aujourd'hui et depuis IH03, du moins dans toute la parue oiientalc, par des botilevarts de 20 mètres de large, plantés de quatre rangs d'arbres. Ces boulevarls , bordés par un canal d'eau vive, offrent un lieu de promenade lrës-m<réablc; la partie de la v ille opposée à ce boulevart est baignée par un bras du Tliéraln.

On entre dans la ville par cinq portes principales et trot» poternes ou petites portes.

Ln ville, mal bâtie, mol percée, comme le tout toutes les villes anciennes, composée de maisons e asti ite* la plupart en bois, mais couvertes d'une multitude d'ornements et de sculptures, te compose, outre ta cité, de huit faubourgs, et l'on peut considérer comme tels quatre villages contigus A la v ille, ces villages sont : Voisinlicu, Saint-Ju«l, Marisstd et Salnt-I.urien, dont nous parlerons bientôt.

«Lnvilledc Beauvais, dit l'auteur précité, comprend environ, « intra muros, cent dix-huit rues, dix placts, deux mille « cent quatre-vingts maisons; *xfra imtroj, quarante-cinq a rues, dix places et six cent soixante maisons : a ce qui donne un total de cent soixante-trois rues, vingt places el trois mille quarante maisons ; la populati n générale est d'environ 13.300 habitants ; les recensements de t sot! donnèrent 12,70) luttants.

La ville de Beauvais est a>sez commerçante ; on y trouve surtout des fabriques de draperies et d'étoffés de laines ; la toile, les indiennes, 1rs cuirs forment aussi, pour celte ville, des objets i de commerce importants, a II y existait avant la révolu'ion un ! « bureau de merceries où se déposaient toutes les marchandises I a apportées par les étrangers, et où In visite en était faite. Il y c avait aussi, et il existe encore un bureau particulier des mai- >' chauds, qui sert au dépôt et à la vente des productions des a fabriques environnantes. Elles y étalent soumises A l'examen a d'un inspecteur, l'nc halle, destinée au dépôt et à ta conscrit vation des laines employées dans' les fabriques, servait alors « et sert encore au même usage. »

Toutefois, les fabriques d'étoffes de laine de Beauvais, qni | existaient dès l'an BOo, ne sont plus ce qu'elles étaient avant In Révolution, et surtout dans l'intervalle de I7B0 à 1780 ; on y comptait alors sept à huit cent métiers battant qui occupaient de neii Ta dix mille ouvriers; A présent on compte A peine deux cents métiers dans la ville '.

■ .fnlirt l*r la rillt et ht tant m d< Beau fil, pat* St. t Yiw,v« l<r lu r,llt et Itt r«n«im« if» Borni-mt, paît SIS.

Goo

HISTOIRE DES ENVIRONS DF PARIS

Srs manufactures <'e loi es peinics on indienne» ont moins p nliiilo Irur impn - lance ; des éla ll-'ciii'iits de hlanchimrrir pnii ■ les to le* oL'cupi nt iiusH un grand i ombre de Inas; mai* c'est n si .Vnnuftv tute ro'i •!* rfe l<t/>i«rrie* que lin tustrie de Beau* ai* 'toit son prine pal lustre.

Cette mannfa lure lut fondée trois an« avsn' ccl'c du» Gobe- I us. Kn 10(14, l,ouis llina'd.aynnt prmelé l'établissement d'une ma ufaelurci'e tapissni* n B nuvais, leiwuvernemeni lui donna dix mille livre* pour laci'ilrr se* i»rem cr* achat*, cl truite mille livres p ui' les liât mcnls qu il fal ail construire.

Cependant l'elahli si nu ni en» peu d'mt|n> lance jusqu'en IfiSJ. < u II Tut coi lié a la direction <l un F anmnd nomme Beliflclc, auqu.l Colh.rt prodigua des e nrouragements. C'est à lui qu'on doit les lapi*sere-. représentant les actes des apodes qui décorent l'église de Sainl-Pierrc. Kllcs fur.nt exécutées d après lis carton» de Itaphnél. bVh;irle peut cire (Oiisidéré comme le fondateur de c<t établissement, auquel il ne manque peut-ôfr- que de beaux tableaux pour que ses produits égalent ceux di s Go'.ielins.

I*a ManvfitrtuTt de lopin dr pi>dt, de Beau vais, fournit aussi au cominrrre des objets icc' erchés par les connaisseurs.

Parlons maintenant des monuments rcma quubles de Brauvai*.

l e plus bel édifice de Peau nlse-t l'Ilot'I-de-VilIc, construit en 1 163 et 1 7 >4; il forme l'une des laces de la princip le place de lu ville ; et sa régularité cimlrasifc singulièrement avec lu bigarr- rc des mai onsqui l'avois'ucnt. « H ne manquea ta place « i e I H6tel-dc- Ville, dit un reri<nm de B. aurais, que d'être « entourée "l'une su te de bâtiments plu* réguliers, pour en « fiiire une de» plus vast<sct des plus be les de la France. »

Cette place était autrefois décorée d'un monument de la féodalité ; e était un bâtiment octogone nommé le Pilmi, conservé comme un signe de la puissance seigneuriale de lévéque Ce pilori fut déiiuii en i7hk, et remplace par un pfcdc-lal surmonté d'une sia ue équestre de Louis XIV, qui fut à son tour, renveisée le 13 août 1792.

Le p dois éi>iscup»l est un édifice de construction très-auclcnne; ci les dehors annonceraient plutôt mie forteresse que la .demeure d'un homme de Dieu: il est llani|ué de deux gosses tours c« i n'ourc de hautes ei forte* murailles ; l'escalier < si p ntiqué dans un |mvi||,mi i u avanl-coi ps d'un bon gnvt' t!olh»|ue; la faceoppoxe A ce pavillon donne sur I s fossés de la ville et sur le» bras de 1 1 rivière qui l'en oure; on voit encore que les tours étaient crénelées: ces tours Curent hâtas d> s deniers de la vil e. p«r ordre do Simon de INesIe, évêque deBeuuv»is; le palais rut relioti mi xv* siècle.

I.c palais ép si opal fut converti en préreelure : alors la chapelle renfermait des archives ; le feu y prit et tout fut consumé ; la chapelle est à peu prcsdctiutte.

Venons aux église*; elle-* etiient en grand nombre a Beaurais avant In dévolution : on y comptait lu cathédrale, six autres égli-cs i nlléjiialcs. duu/e parois -es, dont neuf dans l'intérieur fi trois hors des murs de la ville, -ix couvents d hommes et deux de femmes II ne rote plus aujourd'hui de toute cette pmnpc ecclcstû-li |Ue que deux paroi ses: celle de Saint-Pierre , ancienne cathédrale, et celle de Saint Etienne, avec deux succursales dans les faubourgs.

La cathédrale de Beauvalscst un monument souvent cité par les admirateur* de l'architecture dite gothique.

Les fondements de cette église furent jeté* vers l'an 9s» l ; un Incendie en consuma le comble et Ica voûtes vers 1226, les grandes voûtes du chœur cl quelques piliers s'< croulèrent en 1284. «tl'on ne pul y eélébter la m es se que quarante ans après Ju-qu'au commencement du wr siècle, celte ■•glise m- consista que dans le chœur: la croisée ue fm entreprise qu'en iioo« . et lu nef n est pas meure cumnviicée.

Telle qu'elle est. la taillé Irale de Brauvnis mérite de fixer l'attention ; elle est surtout remarquable à cousr de l'élévation et de la légérelé de ta voûte de >on chœur qui passe peur un ebef-d'œuvie d'architecture gothique. On dit piovcrhin'ement que le chœur oc Beau vais, la net d'Amirns. le portail de Beitus et les clocher» de Chartres formeraient une cgnse parfaite. Le portail, sans offrir lu même intérêt que ceux de plusieurs autres

« r»yM if* Craibrr. ««««ira* é» étfmrUwuml m l'Oit», ..roc n, mmSSS. le» iê,t*4* vS**e»tii.»*n*A tm «f».iui.

cathédrale* de France, nous « cependant pi ai assez remarquable pour mérite d êlre reproduit par le huiin.

On remarque dan* l'intérieur de l'éjili c un mausolée de marbre blanc élevé a la mémoire du cardlnal-é»êqnc de Beauvois. Forbûi de J.inson : sa slatuc, aussi en marbre blanc, est due au risc nu du célèbre Coustou.

On v voit encore une tapi»scrie curieuse <*e In fahr'que d'Arras'. Elle est placée nu fond de la troisième chape le du chœur, a droite Kllc est divisée en trois compai timents séparés par un grand arbre.

Sur le premier compartiment on lit U date de isso. et d ms le bas on volt , sur toul^ la longueur, une iuscriptlon ponant :

Uil 'et on* tnixantt H;t en $âmt

/>;>»■> ledctutit : tî itrtinl qui ftul Th5m*

Régi tri p i r ((r<ic* d'éfique

Uil v iiuihi moy qu'on nome

llcltjiu* rou tn r. : on rafi eôute

l'oitday Itcawais dnni vïni Ctiul Btlgiqm.

Dans ce premier tableau est représenté en effet te roi Belgiu» qu'on a pendant longtemps ri gardé comme l'un des rois <|ui ré-uc ent sur les Gaulois. A sa paurhe et sut le second plan, on voit la ville cl la cath-dr. le de Heauvais; a se droite est réprésen ée la ville de Oermoni.

Le second tableau représeule Jason et Dardotius, et porte aussi une longue ii>scrip'i..n.

Le troisième se pré^> nie da< s le fond ; et sur le devant on voit le roi François I** s<ms le nom du beau Pans; le roi est accmnpaimé de plusieurs | eisonnages. L'inscription que porte ce tableau ctt remarquable : on lit r

Mil v". ans il et irpatset Du dfluge : Pc ris le noble rcy Diihuyiittme ■ fimdi 'n grand ariog VitU et cité de l'a i*. Wlr au s Df>«nt qmi Rime eutl det gens nwvitw, vr«. re rrm irquat* ti vin «/ïmi ero^.

Prés de Saint-Pierre sont les restes d* l'ancienne ég'ise de Sotrt-liatnx -dt la Ba rt-OEut te , distinguée de la non» elle nommée de *a llaut^Œwre. Celle église, suivant quelques amateurs de l'ancieniicle, nu in* siècle. Ils pré .ndcut même que ce fut d abord un temple de Jupiier, temple qui, vers le milieu du iv" siècle. Tut converti en église: elle servit de cathédrale jusqu'au temps de la nouvelle construction.

Saint-Etienne, seconde paroisse de la ville, quoique moins vaste cl moins c evée que Saint-Pierre, mérite que l'on s'y arrête. Si I on en croit des traditions mciisoiifréie*, elle fut vers l'an 220, Coudée par saint Firmin, à la place d'un ancien édillec dont on ignorait I origine; on éleva en l'an 997 le bâtiment qu'on voit aujourd'hui.

Les peintures des vitraux sont les objets les plus remarquables de cette église.

Au fond duenosur, l'un deccsvilrnux représente la généalogie de Jesus-Onist, avee le poitrail et les costumes de plusieurs rois de France, parmi lesquels on distingue Louis XII ; tous les dessin* sont d'une grande beauté. Dans un vitrail latéral, un groupe repré ente, selon le* habitant* de Beauvnis. le roi Charles IX el sa famille; mais les savants n'y voient que des buurj;eois la pays. *

C'» si près de celte église et dnus la partie septentrionale du ■ cimel ère que l'on recevait autrefois les maires de la ville.

l*s autres cdillces sont le c»lé-e. ancien couvent des Ur>u- | lines. le bâtiment ou siège la cour d'assises, celui de la manu- ! fa lmedc tnpisseiies, lu salle de spceluelc ci les éeuries des gardes-du-co-ps. I eux uulret elahlissi-mcnls iv doivent pas cire oublies, le bureau de* pauvre* ou Uotpùe dr» Indigent*, cl ï 11 I rit lieu.

L 11 Ici Dit n était autrefois desscr. i par des religieux et r> |ipieuscs de Saint - Augustin ; il a n aint. unut «les su-urs hospil.ilières de celle i-ou^régatiou; on \ >e< ol des hummes cl île* femmes de In ville, nin*i que lis pri*onn et * malades : il y exi le quaninii-huit hts; c'est la que se font les expériences ue chirurgie et les cours d'accouchement p >ur tout le dépaitemcnt.

Le bureau de* pauvre* fut établi en I6ât parla munillceuce

l *.t. r .,, h, rai* ,i lu «Mirai U BmkmWi, ftte l *.

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

de* habitant* de Rrauvais : il est garni de trois cent- lit*. «Ou « y nroit des vieillards et des orphelins de* «'eux «i-xcs, ainsi « que les enfants abandonnés. D>* ateliers de draperie où se « font lotis les ouvrams, dipuis le uctoii-mrnt des laines jus « qu'A la lahrcalnn du «Irap. sont établis dan» c> t ho.-picc, sur « ses f ml- et pour «on compte.

« Cel étuh isscnn nt est une source abondante de seennr- de « tout genre : la multitude de pans res qu'il reuf. rmc, b s noura riecs qu'il salarie, tous les ouvriers en laine qu'il on-upe dm- « les temps malheureux, rendent bien ehere à la ville la mé- « ni"ire du dune évoque, Augutin l'olit r. qui, en 1629, eu « posa les premiers fondements, et eelle de tous les bienfai-

« leurs de eel utile établissement Mais actuellement les

« hommages et le- bénédictions des pauvre», ainsi que ceux de a tous le- habitant- de la ville, s'adressent principalement a « madcmois'lle Cu-rin qui . depuis cinqiinnte-etnq ans. dirige » cet uti e I tablisscrneui. Celte personne, aussi picu-e que chu- « niable, a consacré -a vie entière nu soulagement de- pau»r s, • qui ne dniv.nt pmnoneer son nom qu'avec la vénération qu'il a inspire •. •

Lm revenus de ces deux hospices s'elévent * environ •m. non francs.

BloutlAPHIF. DM MOMMFS "Il Hlll !U,< A IBADVAIS.

N 'us pourrions Ici donner une longue liste de p'rsoiinag»* connus nés à liVauvais : nous nous bomeron-a parler des plus célèbres. Cinq grands-maîtres de l Urlre >te Saint-Jcaii-de-Jéru- Mlrn : Jean a fhilippe de Vil iers de I Ile-Adam, Claude de la Sangle, A la pli et Adren de Vigna* ourt. naquirent à Reauvai- . mais aton« parlé ailleurs des deux premier*.

l'Iiilipp -ile-Crèvecœur, urand capitaine et habi'e négociateur: il -d-aii : m Je consentirais à passer un an ou deux en « enfer, pourvu que je pusse ch-s-cr les Anglais de Calais, o I. nui- XI en mourant le recommanda à son flls comme un homme aussi sage que vaillant.

Anton. e !.. is. I na.pjit , en tSSO. à Rcauvais. d'une famille fertile en h»muic- de la'ent; di-ciple >'e Ramusct de Cnjas, il fut lami du président de Tbou et du cbancelu r de L'Hôpital. Il exerça plusieurs emplois honorables dans la magistrature, et mourut laissant p'u-ieurs ouvrages estimés, «titre aulrrs les Règle* du droit fr«*çai*. L'an ibs membres de la Convention, d. s.rndaut de l.oisel, deman a que l'auteur des Règle» ,!roit fût placé au i'anthéon: mois, un autre membre ayant j.nt, observer que l.oisel avuit publié ceue maxime despotique . Si reut le Roi, $i veut la loi, la demande fut unanimement rejctie.

Clément Vaillant publia vers 1600 plusieurs ou\ rages de jurisprudence. Ricard, autre jurisconsulte, se distingua honorablement d ns la même carrière.

Jean-r'oy Vaillant, ne à lleau\ais en M132, antiquaire aussi rcsp.ctablc par son caructtN que par son savoir, a public sur la science iiumi-malique un grand nombre d'ouvrages.

Iji vie de Vaillant présente des circonstancts particulières. Il se destinait à la médecine, lorsqu'un laboureur lui apporta un coiïie plein de médailles qu'il av. i trouve dans son el.amp : dès ce moment le jeune médecin se Inra lotit évitai a la reclicnhe d s monuments de l'Antiquité. Il se forma en peu de temps un cabinet curieux en ce genre , et bt cm me plusieurs v otages, d où il rap p m d -s médailles ir-s-rarcs. Dans I un de ces voyages, s étant embarqué a Mars ill. pour al ee a Home, il touilla au pouvoir d un corsaire, qui le cou luisît à Alger, ou on le mit à la chaîne. Ayant obtenu la Incubé de retenir eu France, il fut, dans lu traversée, attaqué de nouveau par un corsaire de Tunis; et. pour >auvcr quelque chose dons ce second danger, il avala une quinzaine de médailles il or qu il avait sur lui. Enfla, ayant truuve le m -yen de se sauver avec sou c-quif, il arriva à Lyon, cl tendit a I un de .-es amis une médaille faisant partie de la collection qu'il n avait pas encore recouvrée, mais qu il obtint bientôt après. De icb.ui * Pari», il enl> éprit, par or re du roi, un nouveau voyage, et poussa jusqu'uu fond de l'Egypte et de la l'erse, où il trouva des médailles très-précieuses et iresrares.

Denis Simon, conseiller au présidbl et maire de Beautaii, a

■ rr<rti-t .wr U ►,//- <„ miimi 4» Bwm44, p»i» Ht.

Mtbbé un -u pli ment II histoire du Biauvai-iset une bibliothèque ici auteurs de droit .

Jeiu-RH| ti-le Dubns notait * nVaavajsttl ?n70 Il fat chargé d'affaires imi ortanle* 'mis t s diffêrèn'c- cours de PB rope , en Allemagne . eu Italie, en Wiglel nv, en liolnnde , et se II ( remarquer partout eoinuie un homme consomme dans les négociations. Il mourut sécrétai eperiélueld - 1 Académie française. Ses différents outrages prouvent l'étendue et la variété de ser connaissances.

On a de lui : p Réflerinne critlqure *ur la jmétit et tur la peinture, ouvrage lre*-esllmé . !t" llunire de* quatre Qmikn», pfmvee tt •llutt'-. r par le* mélaille* : S" Hi*in>r* rntigue de iît'ihliurment de la 3ln>wrrhie francai*e dan* le* Haut t: ouvrage erroné, sans doute, mais ou se trouvent foil bien dénié e» plusieur» po.n-8 obscurs sur I état politique 'ela Caule pendant la domination lomame . |« BUttirt dr la ligue de Cambrai faite, en to80, rentre la téfmtoiMi de l'en te: nuvrHge qu'on peut rctjarder comme un modèle d 'n- >t genre; h* Ijn intètft* d» l'Agir frire mal entendu* dan* la guerre pretente; 6' Le Slanift>tt de Maximititn, élerleur de Darière, contre Lropold, empereur d'Allemagne.

I englet Dufresnoy , ne a Renuvai* en 1674 , s'app'iqua d'aboi d à la théologie, qu'il quitta pour s'abonner à la politique et à l'histoire. Admis eu qua lté de secrétabe auptès de l'eleet>ur de Cologne, il y découvrit plusieurs complot*, entre autre* celui où était entré un comman ant de Mina, qui devait lis rer la ville et les électeurs de Cologne et de Bavlîrai le commandant fut rompu vif. Lan de la conspiration du prince de UN la marc , Lenglct fut choisi |K>ur pénétrer cette inirigue; mal» il ne voulut s'en charger qu'à combtlou qu'aucun de ceux qu'il firait eonnt iire ne serait condamné à mort. Plusieurs rin ouslnnccs heuretntH ouvrirent à t ablié l.englet le tc up c de la fortune: mais sou amour pour l'indépendance ne lui pet mit jamais d'eu p otiter. Libelle! liberté! ui&all il ; et il voulut agir, penser, é rbe bbremeut. Il écrlvniteu elTel avec beaucoup ue bardi<*-eet de liberté: aussi fut-il souvent en querelle avec les censeurs royaux, a II ne pouvait souffrir qu'on lui retrau bA une seule a phrase ; et, s'il arrivait que l'on rayât quelque en iroit auquel « il fût attache, il le rétablissait toujours â l'impre si -n. • L'abbé Lengbt aimait mieux perdre sa bbeité qu'une re- « marque, qu une seule ligue. Il fut mis a la l!a-tille d<x ou « douze fois dans le cours de sa vie : il eu avait pris en quelque a soitc I h ibitude. •

Même dans un Age avancé. H aima mieux travailler et occuper seul un logement obscur que d'ac cepter un appartement cliezune de ses sueurs très-riche, qui l'aimait bcaueoup La mamerc duntect homme terminas sjnurs estala fol- tra-

gique et dt-plorablc : il s'endormit eu lisant, tomna dans le f. u, et y périt. Ses eciii* sont trop nombreux pour que imus en doaoiont Ici la liste : plusiems sont lres-e-t més. Sa Méthode pour étudier ihiituire eA un excellent ourrage; se* Tab etttukionolugiqutt sont toi t utile» à ceux qui écrivent l'hUtoire.

Pierre Itestaut, grammairien di-ilngué, naquit a Heauvris en I69i. Il fut pourvu, eu 1740. 'd'u ue charge d avœat aux conseils du roi. Le» sciences, les lettre* et te* an* étuieutle* seuls délassements des travaux de sa profession. Il u publié trois out rages sur la grammaire et sur l'orthographe.

ERVIBOlt* DB BBAUVAIS.

On trouve dans le* environs immédiats de Bcatrvnfs plusieu'-i lieux remarquables sou» divers rapports; tels sont Suiut-Lucirn, Marisscl, Biesle ou Presle, Kniiduiout , etc., etc.

S I — ■•lai-l.arirn

Ce village doit sou nom à ce que saint Lucien, après avoir porté sa téie coupée dans ses bras depuis la montagne deMonttilllle, viul te repo-erdans i-e lieu. Celle >ableest, comme nous l'avons dit, une imitation de eelle qu'au x* siècle l'ubbe Hilduin composa poursaiut Denis *.

< On prtlrnd, ilint le qur Ir rbenin par leqgrl piqi Lucien t* Iroote loiij.ior» garni dr quantité de ro«e» lltÉ IUS|4*. Tnlcl ïe que dh Lsntel dani •en fMliH 4i Jmïuii : • i> que li folle «nllqnlié raiDenienl t rreu de te»

• «nui, qu* U plu» grande prlie dr* belle» Beur. ru», ni »«r«et e*p*ooulri

• k I* htvcut dn tant im dieui Mette*, eu du laie: de* tftcMM. ' '/us lé pou-

• <on» vraiment .ur hurr i no< marlji». d'autaai qu» rV«i ebot* rAiiubl.

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

Anciennement ce village se nommait le Thil ; 7'iïiinri ) , et (ton éeïse étant sous l'invocation rie ISntre- Dame, il prit le mm de \otre-Dame-du- Thil; celui de Saint-Lucien ne s'appliquait qu'a l'abbaye fondée sur le lieu de la sépulture du martyr : plus tard l'un et l'autre furent désignés sous ce dernier nom.

SI l'on en croit quelques écrivains, les premiers chrétiens élevèrent sur le tombeau de saint Lucien une église 1 qu'ils nommèrent Notre-Damc-du-Thil ; mois, celte église avant été ruinée par les Huns, les rois Cliildcbert, Chilpéric et Oontran, au vi* siècle, construisirent près de ce lieu l'abbaye de Saint- Lucien, où furent transportés les corps des trois martyrs Lucien. Maxian et Julian, que l'on plaça séparément dans trois chasses de plomb sous le principal autel de la nouvelle église.

Anciennement on était dans l'usage d'enterrer les évéques de Beauvais dans l'église de Saint-Lucien; et les abbés Unirent même par regarder comme une prérogative de posséder les cadavres des évéques et des chanoines de Beauvais, droit qui leur fut confirmé par une bulle de 1157. Mais, si les chanoines faisaient ainsi abandon de leurs corps à l'abbaye, d'un autre côté l'abbaye était tenu de régaler, quatre fois par an, les évéques, les chanoines et les chapelains de l'église de Beauvais en l'honneur de* §aint$ marti/rs : elle trouva sans doute cette obligation trop pesante, s'en plaignit au pape, qui l'autorisa, par un rcscrit, n refuser de donner les festins accoutumés. A leur tour, les chanoines trouvèrent que si l'abbaye cessait de les régaler, ils ne devaient plus lui livrer leurs corps morts: point de repas, point de cadavres. Un procès s'ensuivit; et les chanoines obtinrent un rescrit du pape Urbain qui leur permit de prendre leur sépulture où bon leur semblerait : cette pièce est curieuse, o Nous avons appris des ebauoines, dit le sainl-pére, qu'ils o avaient pris, de leur propre mouvement et par pure dévotion, a l'habitude de se faire enterrer dans le monastère de Salnt- « Lucien. Maintenant, les moines de cette église, voulant faire « une obligation de ce qui jusqu'ici ne fut que spontané, ne « permettent pas que lesdils chanoines choisissent ailleurs le • lieu de leur sépulture: ce qui, d'après l'institution canonique, a est permis a l'universalité des enfants «lu Christ, etc., etc. »

Le pnpc nomme ensuite un commissaire pour examiner la question et lui recommande, « à moins que les moines n'allé- « guent quelque chose de raisonnable et de prouvé sur te droit «: qu'ils prétendent à la sépulture dis chanoines, de donner à « ceux-ci, par autorité apostolique, la libre faeulté de choisir « leur sépultureoù lis voudront, a

Par «esprit de vengeance, ou autrement, du temps du cardinal Chalillon, évéquede Beauvais, et abbé de Saint-Lucien, un de ses grands vicaires Ht enlever du chœur de l'église de Saint-Lucien toutes les tombes des évéques, des chanoines et autres personnes de marque, et en fit paver ses cuisines.

Ln événement d'un autre genre affligea plus tard l'abbaye de Saint-Lucien : clic fut. en 1346, priseet brûlée par les Anglais, lors île la bataille de Crécy;àcctlc occasion fut vendue, au profil de l'abbaye, une statue d'argent massif, placée sur le tombeau du cardinal Jean Cbolet, légal du Saint-Siège.

Dans le commencement du siècle suivant, il s'éleva un grand débat entre les religieux et les chanoines de Rcauvais. Les évéques et tout le clergé de la cathédrale allaient tous les ans en procession le jour de Pdtque floune, faire la bénédiction des rameaux n Saint-Lucien ; l'an M03, l'abbé, revêtu in pontifirali- 6ui, prétendit, en l'absence de l'évéquc, avoir le pas devant les chanoines : les chanoines, l'année suivante, firent ailleurs leur procession. Les religieux portèrent plainte devant le parlement.

Us disaient que leur ab^é doit être préféré à tout autre dignitaire après l'evéque, iree qu'il était décoré de la qualité de prélat ainsi qUc l'évlque, qu'il portail les ornement* pontificaux, l'anneau, le bâton pastoral, la crosse, la mitre et donnait la bénédiction solennelle; qu'il avait juridiction ordinaire en son couvent et pouvoir de suspendre , interdire, excommunier ses religieux, lever les interdits et excommunications; que sa Juridiction sur son abbaye était semblable à celle de l'évéquedaus son diocèse, qu'enfin il élail dont- »u<r quilibtt rtx.

• <|iir le» goutte* île «nst «lu cher de noalre martyr, dont It terre fut rmpour-

• prêt, engendrèrent irtlc quantité de rw»in» garni* de rote* vermeille* qui

• onl paru joxjn'a prêtent, «pie le Hm du •> > Iji «appelle encore la Roitrre. > ■ Louvcl, lltt.oirt «I sufiguilrt du diorri* dr lUimran, tout. I, cliap. il,

cl min II, chap. v. Un «cil encore une ruapclle «tan» ce lieu.

Les chanoines disaient, au contraire, qu'ils pouvaient élre conservateurs des mendiants, offices qui n'élaîcnt confiés qu'aux personnes élevées en dignité ; qu'ils devaient précéder les abbés ayant l'usage de la mitre et du balou paumai ; qu'ils étaient les prélfcs du premier degré u csqucls la révérence est deûe par le « diocèse; cl pour ce sont appelés frères de l'csvesquc, duquel a seuls ils reçoivent le baiser, sont appelés co iidjtitenrs et con- « seillcrs de son sénat et ses membres ; que marchant en corps, « ils représentent l'église cathédrale qui par-dessus tout autre «< devoit estre honorée. »

Eofin intervint une transaction qui fut homologuée par le parlement. Klle portait : < Dorénavant à ladite procession, o le jour de Pasques flouries à l'église de Saint-Lucian, l'abbé « dudit monastère , quand il fera le service du bois bénit, mono sieur de Beauvais, ahseut, le président lors en chapitre soit o digiii'é ou chanoine; lequel tant comme il sera au cœur de a ladite église Saint-I.udan ledit jour de Pasques flouries, soira u ès chaires du coslé dextre, iront ensemble derrière toute la u procession, dedans l'enclos dudit monastère, et sera ledit ■ abbé au costé de vire, et à l'issue dudit enclos, qui est au a dessus de l'église de Nostre-Damc du-Thil, ou lieu où on a n accoustuiné faire le service ou prédication pour ce jour, du- « rant lequel sermon ou prédication lesdits religieux ne sonnea ront point leurs cloches à ce que le presclieur qui fera la a prédication et le peuple assistant ne soient empeschez de ouir « la prédication; et si pour ce jour le siège éplscopal vaquoi», « ledit président en chapitre ira derrière ledit abbé à ladite « procession, et par ainsi cessera le procès, etc. »

Ces disputes où l'on voit la vanité sacerdotale violer ouvertement les principes de l'Évangile, où la religion est outragée par l'orgueil de ses ministres, se renouvelaient fréquemment dans les églises où se trouvaient des autorités rivales. Les tribunaux ont longtemps retenti de ces quereller scandaleuses.

On a remarqué que depuis la fondation de l'abbaye de Saint- Lucien, jusque vers le x* siècle, elle n'a eu pour abbés que les évéques de Beauvais i la possession de cette dignité, par ces évéques, dut, comme on peut croire, attirer de grands biens <i l'abbaye; aussi fut-elle de bonne heure comptée parmi les plus riches du royaume. Les miracles aussi ne contribuèrent pas peu h l'enrichir; en voici un dont le récit prouve quels moyens étaient mis en œuvre dans les monastères pour raviver la dévotion dis lidèlcs croyants, u L'an 1002, dit Louvet ', il arriva « que le vendredi précédent r!c la Pentecoste une lueur semblait bit? à celle du soleil illumina durant la nuit quelque temps <i l'église de Saint-Lucian, en laquelle lors un religieux, nommé a Gérard, faisoit sis prières. Ce religieux, nonobstant qu'il vist a la lumière pénétrer le maistrc-autcl , par plusieurs fois, « néantmoins, «'estimant personne de basse qualité et de pe- « lite estime entre les hommes, ne l'osa révéler de peur d'estre « veu raconter plustost un mensonge que la vérité. Quelque « peu de temps après, l'autel s'estanl divisé et la terre ouverte, c il advisa comme transporté en extase dedans une cave souci terraine uu coiïrc de plomb long d'une comlée, dans lequel u estoient quelques vestemens du glorieux martyr saint Luciitii, a et des lors fut divinement admonesté de dire à son évesque u et abbé les choses qu'il avoit veues, afin que, par l'intercesu sion de ce saiuct martyr, Dieu regardast sou peuple eu pitié u qui lors estoit grandement affligé et tourmenté, et qu'eiilen- « dant ses pleurs et gémissemeus il le garantis!. Ce religieux, a n'obéissant au commaudement qui lui avoit esté fait, corna mença se porter mal à cause du soin qui le rongroit, de sorte a qu'il fut contraint de révéler a son prieur ce qu'il avoit veu « en vision, lequel n'en tint pas graud compte.

a Un autre iour, le mesme religieux veillant en oraison, ayant a apperçu un abbé accompagné d'une multitude de religieux « chantants les sept psaulmes iusques devant le grand autel, et a I un d'iceux puis après prononçant la litanie, auquel les au- « très qui suivoient re«pondoient, le mesme abbé l'admonesta « regarder attentivement ce qu'il lui monstroit restant d.s « vestemens de saint Lucian à sçavoir les sandales, l'aube cn- « corc In mpéc de sang, et que, sans plus temporiser, il le ma- « intestat à son évesque et abbé. Ix: religieux, voulant dtlayer, a se trouva plus tourmeute que devant, de sorte qu'il lut con- « Iraiut d'en donner avis à son abbé et confrères, lesquels,

' UUioirt tl aufïijuilr* du duntu dt Jfcauraii, Ion. u, lit. il, pagt <7t-

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

• aynns fairt fouir nu lieu désigué, trouvèrent un coffre lequel « Tut nussitost recouver! de terre par les religieux.

a Quelques lours après, la mesme personne qui s'rstolt apa parue au religieux, se représentant à lui pendant qu'il e»toit a en prières, accompagné d'une grande lumière, lui donna un « soufflet qui le fit choir par terre, dont les abbés et religieux, a qui comme lui veilloient en oraisons furent grandement es- « merveillcz, ce qui donna sujet de rapporter le tout à Roger, t évesque de Renuvais, lequel flt ouvrir le lieu durant la nuit, « puis le lour ensuivant, furent les vestemens, sandales et au-

■ très ornemens de saint Lurian enlevez, montrez au peuple « et puis mis en des chàssrs de bois '. n

L'abbaye de Saint-Lucien était au nombre des plus riches de France; les habitants de Beauvais prétendaient qu'il n y avait que deux abbayes notables en Fiance : Saint-Denis et Saint- Lucien. Son église, située fur une montagne couverte de v|gnohles, était uu des monuments les plus remarquables des environs : elle renfermait une grande quantité d'objets curieux, entre autres des stalles qui fournil eut à Callot toutes les bizarreries qu'il consigna dans sa Tentation de saint Antoine et dans d'autres dessins; elles sont conservées , et les sujets méritent une description.

« Les stalles de Saint-Lucien, dit Cambry, d'après lesquelles « (iallot a gravé les extravagances de la Tentation de saint

• Antoine, etc., etc. ; d'après lesquelles Sedaine a fait son can- « tique bizarre, sont sous mes yeux ; je cède au plaisir de les t faire connaître.

a Tous les ornements de Snint-Lucleu, les décorations du « chœur, les stalles, sont du moment de la troisième recon- » struction de cette belle et riche abbaye dans les \W, lui», et « xiv* siècles.

« Os ornements sont faits d'un bois dont tout annonce l'ex- « trème vétusté; on est étonné des folies que les sculpteur» ont « conçues, ont exécutées, surtout de l'incroyable mouvement « des figures, dans un temps où les peintres de l'Italie ont re- « présenté leurs personnages droits, immobiles, pla , és par « compartiment, avec symétrie, des deux cotés du personnage « principal.

« La Tentation de saint Antoine est un des principaux mor- « ceaux des stalles et des balustrades que je vais essayer de « décrire, avec l'impossibilité cependant de faire connaître la

• chaleur de leur exécution.

« Saint Antoine, assis sur un tronc d'arbre, est appuyé sur

a le livre qu'il lisait, quand un diable vient le distraire, et que « Proserpine. dans une attitude gracieuse, vient lui présenter |

• un bouquet. Le diable nu, couvert d'un poil droit et roide, a saisit le saint par les épaules et l'arrache à la méditation ; ses » moins, en forme de pattes d'oie, sont couvertes de rudes na- « geoircs, armées de griffes acérées ; les cuisses et les jambes >< du diable sont celles d'un satyre; sa tète, à mufle d'hippopo-

■ tamc, est garnie de cornes rompues, une énorme queue cir- j u culc autour de ses cuisses.

a Proserpine. modestement vêtue d'une loimue tunique, la

• taille bien marquée, a les bras couverts, dans la partie haute, « de grandes manches plissérs. nouées par d< s rubans à franges « qui ne descendent que jusqu'au cou :c; l avant-bras est en- « v. loppé d'une large chemise qui tombe jusqu'au-dessus des « doigts : elle tient un livre de la main droite; une chniue .for « est sur son sein: ses cheveux tressés se relèvent a\ee grâce, « ornés d'un gros diamant de forme carrée ; elle a dans le

■ maintien la modestie qui doit séduire un vieux solitaire; une a ceinture, un large manteau sont le reste de sa toilette. Elle a serait Ventu sans un pied d'àne qu'elle ne peut cacher. La | « queue r*e Proserpine, u larges franges, est portée parle plus ; « grand diable d'enfer : on eu juge par les débris qui restent de « ce monstre; ses pieds sont ceux d'un lion aux larges griffes; a sa queue cannelée finit en tète de chien à larges oreilles, dont

• le nez se termine en bee d'oiseau et de poisson ; il a pour ora m ment, ou pour genou, une énorme tète de requin; le reste « du corps n disparu.

« Le saint, vêtu d'une robe à grands plis, couvert du bar<h<- « cucullus, ayant une gouide pendante à sa ceinture, détourne • « la tète; il a l'air de la résignation et de la patience : son alti-

» Loutet, BuMre et enitquilée du dierhe de Benuriit, lom. n, pig* 176 «I 177.

a tude en général est vraie et d une exécution très-bonne; les o extrémités de ses mains son finies avec beaucoup plus d'ait « qu'il n'en existe dans nos plus jolis manuscrits , dans nés ! « meilleurs dessins de romans de chevalerie; les plis de ses vé- « tements sont larges, vrais et simples, et laissent distinguer ses « formes ; la barbe de saint Antoine se sépare en deux touffes • u égales.

a Ce tableau se dessine sur un fond de rocher couvert d'ar- « bres, que domine une ville défendue par des murailles et des o tours; une haute colonne les surmonte, et pourrait être une a informe image de la colonne de Pompée.

a Dans un autre tableau , saint Antoine est horriblement « tourmenté par l'enTcr : il est à demi renverse; un affreux « monstre à focc humaine, dont les yeux ronds s'élèvent nu- « dessus d'un petit nez aplati, de la vaste gueule duquel sortent a deux dents de sanglier, le tire avec force par les cheveux, « tandis que son pied d'oie pose sur l'épaule du saint. Au bas | « des reins de ce monstre, est la tête énorme d'un animal qu'on a ne peut décrire : sa cuisse, son genou, sont formés de la mà- I a choire d'une béte a longues cornes dont les dents aiguës pél « nètrent dan* les jambes.

a Un autre démon à pird d'onagre, dans une attitude singu- « fièrement combinée, pose un de ses pieds sur Testomne du n saint, l'autre sur son geuou, et des mains de devant, terminées « par des pattes de griffon, le tire par la barbe et l'oblige à sentir « l'exécrable odeur qu'il exhale par le derrière. Il est imposable « ïaus gravure de donner une idée du poil de sanglier, qui, par « touffes, couvre son eorps, et de la tète extravagante que l'nr- </ liste lui prêta, espèce de mufle de tigre à va«te gueule, aux a larges oreilles de chauve-souris. 11 est inconcevable qu'à cette « époque un dessinateur ait pu combiner tant de raccourcis, et ■ les exécuter d'une manière si naturelle et si précise, en se « servant surtout de membres dont l'original n'existe et ne peut <( exister dans la nature. »

L»s bâtiments de l'abbaye de Saint Lucien furent détruits en 1810, et n'offrent plus aujourd'hui que des ruines, l'ne tour seule est bien conservée et indique la place où fut l'église.

Le village ou hameau de Saint-Lucien forme une espèce de faubourg dcBcauvais ; on prétend même qu'autrefois ce hameau faisait partie de la ville. Les alentours offrent une espèe'e de lab)rinthe et un des lieux les plus tranquilles, les plus frais elles plus agréables qu'on puisse Imaginer-dans les brûlantes journées d'été.

La commune de Saint-Lucien ou plutôt de Xotre-Damt-dr- Thil renferme deux manufactures assez importantes, l'une de toiles peintes, l'autre d'étoffes de laine.

On trouve dans cette commune plusieurs écarts, tels sont Villers-Saint-Lueicn, le Plouy-Saint-Lucien, Praillonou Prélong et Mlauroy ou Mie-au-Roi qui offre un paysage charmant On y voit un oratoire ou chapelle où se fait tous les ans un pèlerinage. Des tourelles ruinées par le temps laissent deviner un antique château ou peut-être un vieux monastère consacré par l'amour d'un de nos premiers rois pour sa mie ' ; ce qui, selon quelques-uns, est devenu l'origine du nom lA-mie-au-roi.

Saint-Lucien est la patrie de René Rinet, professeur distingué ei traducteur de plusieurs ouvrages.

ft ll.-Marlaacl.

Ce village limitrophe de Beauvais est situé sur un coteau qui longe la vallée du Thérain à l'est de la ville.

Dans les titres latins, Marissei est nommé Maria Sella ou Cella, ce qui fait que quelques personnes écrivent aujourd'hui Mari$*tllt. Ce village ou hameau peut, de même que Sninl- Lueien. être considéré comme un faubourg de Beauvais; el quoiqu'il n'offre ni des souvenirs ni des points de vue aussi intéressants que Saint- Lucien , il e.-t cependant le lieu de réunion et de promenade le plus fréquenté par les habitants de Beauvais.

Ln monument toutefois est digne d'attention a Marcel : c'est son église construite avec tant de soin et de goût, qu'a la faveur d'un microscope on la prendrait aisément pour une des belles cathédrales de France. « Le portail de l'église est cu- « rieux ; il est orné de guirlandes de vignes, copiées peut-être « d'après h s ruines d'un temple de Baccbus qui existai* jadis

• NMet eut Unit* et lu etmtoeu 4e Beaur+ù, nage est.

HISTOlnF. DES ENVIRONS DE PARIS.

c datâtes tilt irons sur un mnntirule appeté te Munt Caperon... « Quelques jvntonms pensent même que celle église, qui nest « pis tournée vers l'orient rmume le -ont toutes 1i> églises « chrétiennes, était jadi* elle-même un temple païen. Kllc do- « mine agréablement un coteau chargé de vignes et y t raie

■ un beau point de vue V •

Mi 1636, furent trouves des vesllgesconsidéroMc^du temple

■ ic Bicchus; I' - itirns mura de Bcauvai* furent construit* des débris de ce temple dont la fnç*de égalait, dit-on, en langueur et lie du Louvre. Od trou vu parmi ces ruines, des frises. d>* colonnes, des chapiteaux, des crnemetils d'un excellent sl\ le. On trouva aussi, en «676. non lui» de l'église de Mûrisse), une stalue de Mercure qui fut gravée par Monlfaucon.

fi >>■ Un il noii,

Grand village et ancien 'lia'eau situe sur la rnuti> de Benuvnis a Germon t. à trois lieues à l'est de cette première ville, et à quinze de Paris.

Brésil* «si, daas une charte du roi Robert, de loin, appelé ailla e/iùenp», tarée que l'évêque de R aurais était seigneur de ce lieu : il y avait une maison de campagne que conservèrent ses successeurs.

£n i2io ou lits, Philippe de Dreux, plus connu par ses faits d nrmes que par les fonctions de sw éniscopat. flt bâtir à Bresle uu château ou une forteresse «proche cl continué des « confins et limites de la comte* Be de.Clermotil en B'-a«voisis, « qui eslult parente du comte de Boulogne ; par le moyen .de

■ biquette ledit évesque nnuvoit doresnavant nidnmmager le « pay- de cesle dame : elle en flt sa plainte à Renault de ï)am - « ma> tin. comte de Boulogne, lequel tout aussitôt vint. ruiner la « fort' reste. LYresque se ressentant c ccsle injure, ne faillit <t d'mcr de revanche ; car sach int qm Raoul ci i:te de ("1erc mont, avoil fait bastir de nouveau, en l'an ns; . le bourg et « cbîisicnu de la Neuville, en la foresl de He*, Il y fut avec « force*, et rasa le ehasteau à fleur de terre. Ce qui fut eause « que In guerre s'eimul entre les deux seigneurs, l'un desquel». «. a scHMiir I cv.squr. estoil favorisé <iu pape et du roi.de « France ( Philippe- Augwit), l'autre de l'emperejir Olhco et « du roi o'Augtcûrrt

•« Or la pu. ne que nnstre dit évesque avoil contre le comte « de floulogm' s*é;hauffa lejjeracol qu'ell&^t.c^use de laJxa-, a taille de li Divines, le *3t6 jour de juillet j 9.1.4,' où l'évesque | u de Ueauvais y couduisît ses troupes avec l'évesque de Lao», ' » von Irèrc *. »

Nous avons vu ailleurs la part que prit l'évêque h la mêlée.

Plusieurs I abilauts de Benavais furent eutralnes dans le parti de la Ligue. L évèque de celle ville^Nicolaif F^mée^homtne probe, dit d<- 1 hou. M du peut o »ùi^^ qui refu-

sèrent de se ranger dans ce rarti *. Il résista aux ligueurs, et l'ut force de soitir de Ueauvais t-t de se retirer à bresle. Les li.'ueun vinrent l'attaquer dans ce château. Voici le récit de celte attaque :

« Du jeudi doue au soir (JO novembre 16S0),ayant mis une u | anie de leurs gens en cmbnsci de assez, proche du pont du a château, et d'autres s'étanl cachés dans une ailée qui répond t à l'autre poitedu même ehàlcau, h s premiers s'aperçurent i< qu'on venoit d abaisser le petit pont: aussitôt les voilà qu'ils u sortent comme des lions d'une caverne et se saisissent deoe « pont et de la petite porte, tandis que leurs compagnons ac-

< courent au signal donné. Ainsi assemblés. Ils entrent avec <i furie sur la conduite du sieur. Desmasures et s'emparent du u palais de leur évè iue, frnpimnt et mnllraitant ceux qu'ils

r rencontrent. Ils pillèrent, non-seulement toulc la v ai- selle a d'argent du prélat, et ses tapisserie*, mais aussi tous les u autres meubles qu'ils trouvèrei-t, tous lc*que!s meubles et « ceux qui npparteuoient nui lu bitan-s v lîiislc ledit De-ma- « suies lit conduire en la ville de Ueauvais, par plus de cent « tant chariots que charrettes. Non content d avoir encore pris u la mitre de l'évcque, il voulut en lérisimi contrefaire I eveque, « nonobstant les remontrances à lui faiic*. Lu gentilhomme de <t la troupe eut aussi la huruiesse de mettre ses mains saerl-

' .Y«(,V»»ur tatUIretU» im/mi de B*emréit, 9*t* ISS.

* Liintei, UUtairt tl eMltnitH <hr àierttt dt Dtamteti, ptft Ht H SIS.

* Mrnti* FiiSiéc fui an des ts-éi|ari mvoï*» JUfjf*. it Henri IV, pour ta.

rr r»t - ">>#<<* 4Mr4 U M« 4» VfJIM HMlitfê.

. « léiii's s-.ir l'oiticl de Dieu, son propre pasteur, el de l<i arra- I c cher même les marques de son car»céie, je veux dire son ! « anneau pastoral '■ mais il nVul pas sitôt corn» is cet attentat,

■ qu'il entendit une paioletcrrib'eile In bmc-he de son eveque : I « que dans l'an il iroil comparoflre infailliblement devant le

« Dieu des vengeances, pour y rendre compte d'un tel «-rime. | a Le qui arriva en effet, selon que l'avait prfrdit le prélat ou- « Iraué, qui. regrettant de voir ainsi vi ipeuder sa dignité sa* « crée, Ol plusieurs munitions audit Desiuasures et a s s com- « plices, et ensuite fu'mîna son exeo nmuni ation, dont puis a après ils ressentirent les effets, ledit Desmasures ayant « té tué « et malheureusement mas > se ré '. n

L'évêqne fut détenu cinq jours prisonnier dans son château et conduit ensuite it Noy on. « Où, combien que leur capture eût « été déclarée injurieuse par le duc de Mayenne, » et nonobstant l'excommunication lancée, le prélat pava neufeent-séc-us alin de sortir plus vite des mains dm Hcueurs.

Peu de lemps après, la prise du seigneur de Motiy, pnr les Reamaisiens, fut, comme nous l'avons dit ailleurs, cause du démantèlement de Ricsle ; le pacte porte : « ï.e sieur de Hotiy « oflïe, sous le bon plaisir du roi, de faire démanteler Oeebe-

■ roy et Bresle. » Kl l'approbation du roi est ainsi conç«e • « le roi trouve bon que les foit licatious de Gcrh<rov el elle» « que le sieur de Mouy a fait faire à Br»»lt soient dêmantc-

œ léVs. • y?-

Gci lieroy fut le premier démantelé ; et la garnison se relira au villiee dc Bresle, où, d'après la convenlioti fuite, elle resta peu tant cinq i- urs, au bout desquels fut fait l'entier démanlèlimeat de Brcsle.v<- '

Dans les derniers temps la terre de Rresle avait le titre de cl>Atellenie;tet', quoique les furtidraiions du château fussent entiercineut démolies le principal bâtiment fut toujours la maison de campagne des i*vequeg de Benuvais. Le pare contenait environ cent arp- nts : sa distribution et les imbellissrmenls m avaient fait ondes séjours les plus agréables des environs. Les bâtiment» qui restent encore sont occupés pnr une brigude de gendarmerie.- .

Près de Brrsle, au sud-ouest, et entre ce village et l'anebnne i abbaye de Froidmout, est un lieu nommé u Camp de Cëear. On donnait ce nom à tous I s camps romains-, eelui-vi est d'une forme ovale, el placé sur une émineuce fort escarpée, nommée elle-même Moni-Ce$ar : ce camp, de qulnxe àseixe cents pieJs de longueur, était forlilié par un retranchement, dont les ruiues rappellent le genre de la castramétaiiou romaine.

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: Froidmoot, en latin Frioidw Mon$, était une abbaye d'mrav mes, de i'ordi-e de liteaux, située h quatre lieues au sud-est de Ueauvais, A quatorze au nord de Paris.

L'abbaye de Lioidmont fut fondée le î» janvier 1134, par Lancdin,*M«tMtaé$#de Bulles, et par leur mère et leur sa ur, pro remedio animant m en arum, porte l'acte de fondanoo. Klle se nomma «l'abord 7Weou jS»tn-Dam*-dt-Tiit do nom d'une petite.rivière près de laquelle elle était située, t.lau.ie de Bète. oncle du fameux ibéodore de Bèxc, en fut le premier abbé régulier.

Avant l'établissement de l'abbaye, une maison d'ermites existait è peu près vers le même i mplaeemeni. Ils firent atmndon de toutes, leurs .propriétés aux religieux, et se retirèrent duus uu autroas'le. -

Au un- sièc e celte abbaye était peuplée par cinquante religieux de cbieiir et cent irei^s con vers. On tiouve dans d'anciens registres qu en U»o ils vendirent jusqu'à sept mille toisons de brebis.

L'abbaye de i-'roi Iniont, comme toute» le» autres, tomba en rommeude : Odct de Col gnv, c irdlm l et prote-tant, en fut le premier abbé commend. tmre; elle valait a l'abbé environ vingtcinq mille livres de rente.

t/esl dans celte riche abbaye qu'au xna siècle se retira un [m mue dont les talents pai tirent extraordinaires pour son timps. Cet homme, nommé Héliuand. fut d'abord un poète do temps des rois Louis VII et Philippe -Auguste, ou, comme on disait alors, un Câaafeire; il avait une érudition rare à celte époque : il eut une jeunesse trés-débauchee, ■ courant el rWant

< Weletre é» U ■•'■> et 4m tkêUan ée Gertenf, r«C" SSO.

niSTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

« Is tnondr. suivant le* cours 'es princes ci mni*ousde«urmids. " ilii'iiiui 'es mise mé lisant es autres, à la fnron 'les jon- « gierrcsct chanter rcs du temp. : entre lesquels il ga^na fin-ile- « ment, |«i>on savoir, le premier ran^'. » C'est ce qu'on peut juger par un passage du roman d'Alexandre :

Quand li rois ol minci», s'appela Hfllnand Pour M i - 1 1 . . 1 1 • > ; i r . romtnatnla que il chant : Cil eoinmrn>T h noter ainsi corn' li jayanl s^ans) Moiiirr vnlilrrnl au rirl rominr prnt mécréant, Etilre 1rs .lin y ol une baialUe «rond ; Si ne fuM Jupiter à la foudre brtiMiil Qui los les dérocha, Ja neciunent (tnrand.

Il a donné lui-même son portrait en ces mots, dans nn livre, qui n - st qu'un vrai ga imalias, intitulé De réparation* lapti. m Vous RTel connu Helinand, mais qui n'a connu cet homme,

• si cependant c'est un homme? car il éloit moins né homme « pour travailler qu'oiseau pour voler , courant autour du « globe, cherchant quelqu'un à dévorer, ou en le flattant ou « en le maltraitant. Voici qu'il est enfermé dans un cloître,

c celui pour qui le monde entier éloit non-seulement un cloître,

■ mais une prison ; et cependant il étoit aussi lever que la

« légèreté même : en sorte qu'une si grande légèreté, changée

« ri legcnm-nt, n'est regardée par plusieurs que comme sa

« propre légèreté. De la il arrive que sa conversation quin-

o qungénairc est à peine un motif n'y c oire. Chose étonnante:

« autant il a donné <le preuves d incontinence, autant il s'ef-

« force de prendre une autre route ; rougis done, malheureux,

« de ne pas suivre au moins ce prédécesseur plus jeune, plus

• foihle, plus débile, plus délicat, etc. »

Ailleurs, il dit de lui : « Il est devenu un spectacle pour les

• anges et pour les hommes par la légèreté du miracle, celui a qui d'abord ovoit été un spectacle par le miracle de sa lé- « gérc'é : tandis que pas une scène, pas un cirque, pas un « théâtre, pas un amphithéâtre, pas un amphicirqut, pas une a place, pas un gymnase, pas uue arène ne résnnnoit sans qu'il a y fut » » Il drvint. dit on, l'un des moines les plus pieux de sou abbaye. Sa société fut lrès-reclierchée par une foule de grands et surtout d'evéques, avec lesquels son eaiactere le rrndatt tres-lamihcr Ses dernières années furent consac rées à écrire d<s murages plus sérieux, entre autres, une Chronique en quarante-liuil livres.

L'abbaye de Froidrnont est aujourd'hui remplacée par une • ferme.

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