‹ Histoire physique, civile et morale des environs de ParisChapitre 49 sur 144 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

I v Mil lin, DUGKV, I.K BOURG ET ET BUNCMENIL, ARNOtTVILLK ET G ABCES, GONESSE, LE TUIU.AT , VAIDERI.AK, GOUSsAI.NVIU.K, ROISSY-E.WlUilCE, LOUVRES, MORFOÎITAINK.

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Village situé au nord-est de Paris, et presque contigu à ses boulevurts eitérieurs, sur la route de Flandres.

Le village de La Villette n'a pris d importance que dam les temps modernes ! jusqu'au xviii* siècle ce ne fut qu'un simple

hameau.

Ce lieu est connu dès le xii* siècle sous le nom de Yilleta Sancti Lizari : c'était alors une ferme dépendante du Saint- Lazare, qui n'en était pas éloigné. Au xv siècle il avait pris de l'accroissement à cause de sa proximité de Paris; et les uilTérci.ts partis qui troublèrent alors ia France s'en disputèrent la possession. En 1118, les Armagnacs, réunis aux Anglais, le réduisirent en cendres.

En 1503, les conférences ouvertes à Suresne pour la conrerston de Henri IV se continuèrent à La Villette, d.ms une maison de campagne appartenant à Émcric de Thou. C'est aussi à l-a Villette que, la même aonée, fut conclue la trêve entre les royalistes et les ligueurs.

La Vi h lté s'est beaucoup accrue depuis trente ans; plusieurs établissements de commerce et des entrepôts de vins et autres marchandises s'y sont formés.

Ce qui favorisa surtout l'accroissement de La Villette, c'est le superbe bassin qui reçoit les eaux du canal de l'Ourcq pour les communiquer dans l'intérieur de Paris, alimenter plusieurs fontaines cl des réservoirs destinés au nettoiement de« rue*. Dans notre Histoire de Paris, nous sommes enré dans de grands détails à l'occasion du canal de l'Ourcq et du uuss n de La Villette : nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit ailleurs.

En 1814, les étrangers poussèrent le 39 mars, leurs avantp s il jusqu aux limites de La Villette; de là, les tirailleurs hatee èrent, pendant toute la journée, les Français qui se ralliaient sous les murs de la capitale. Piesque tous les liabiUnti de La Villette s'étaient réfugiés à Paris, tandis que nos soldais se fortifiaient dans leurs maisons.

Le lendemain, 30 mars, les généraux prussiens dirigèrent lenr corps d'armée vers La Villette et Pantin, (tendant que les Français se portaient dans 1rs villages et sur les hauteui s voisines, dt Tendues par de larges fosses inondés la veille, au moyen dé ruptures faites au canal de l'Ourcq.

Là s'engagea un combat : l'artillerie tira peu; et, presque aussitôt, on s'aborda à la baïonnette. Les Français pliei.t d'abord; mais, couverts pur le feu des batteries pari»icuns, ib

■ £<«•) '• gfafrapkit mintrttof tf ut éti Antiriti it ftru, Kkëp u t A.

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

s'élancent de nouveau, enfoncent à leur tour les Prussiens, et restent maîtres du village.

Cep ndnnt de nouveaux régiments prussiens s'avancent au secours des leurs : ils se rallient; et tous ensemble retiennent à la charge. Les Français épuisés, et dont les rangs étaient déjà éclaircis, reçoivent avec intrépidité les assaillants, et, à l'aide de leur artillerie, repoussent une seconde fois les Prussiens.

Enlin, six nouveaux bataillons sont envoyés au secours de ces derniers; le prince Guillaume de Prusse vient lui-même les animer; mais la pré>enre «lu prince est sans effet; et bientôt des cris d'allégresse annoncent un troisième succès.

« Ils étaient réellement inutiles ces succès partiels qui ne « s'obtenaient qu'au prix du sang de nos plus braves so'dats. « Furieux de cette résistance prolongée, et instruits que le gé- « néral Barclay de Tolly était prés de s'emparer Ce Bellcville, ■ le point le plus important de la ligne française, les généraux « ennemis Kleist et Yorck envoieut la totalité de leurs troupes « contre l.a Villetle; et eux-mêmes viennent en personne com- « mander l'attaque. Les Français, loin de songer à fuir.secon- « centrent aussitôt dans le village, et se disposent à le défendre « avec leur dernière arme, le désespoir.

« C'était fait de ces braves soldats qui se dévouaient, au nom « de l'honneur et de la patrie, pour la défense d'un poste qui • n'était plus tenable. Entourés de tous côtes par 1rs troupes « prussiennes, ils allaientétre écrasés sous leur masse invulné- « rable, lorsque tout-à-coup le bruit de la suspension d'armes, « obtenue à Belleville par le duc de Raguse. vint les arrarher « a une mort certaine. Les deux partis prêts a s'égorger, s'ar- « rélent; et, la capitulation ayant été conclue quelque heures a après, les Prus iens prirent possession du village, et y bi- « vouaquèrent pendant la nuit qui précéda rentrée des alliés a < Paris. ■

En 1815, après la période appelée les cent jourt, de larges fossés furent de nouveau creusés autour de La Villetle. Le Si juin, ces fossés furent inondés comme ils l'avaient elé en 18 M. C'est â La Valette que fut établi, le 30 juin, le quartier général de l'armée française rassemblée sous les murs de Paris. C'est aussi dans ce village que fut tenu, le 3 juillet, un conseil de guerre composé de tous les maréchaux et généraux présents à Pans, afin d aviser aux moyens de défendre cette capitale Le conseil décida que la défense était trop hasardeuse, et lit proposer une capitulation qui, le 3 juillet, fut signée à Saint- Cloud.

Le village fut occupé par des troupes anglo-prusslenncs. Comme la population île La Villetle s'aceroit de jour en jour, il serait difficile de la déterminer d une manière précise.

Dugny, village situé sur la route de Flandre et sur la petite rivière de Crould, à trois lieues au nord-est de Paris.

Ce village était connu du temps deChailes-le-Chauve, c'està-dire, au ix* siècle. La teigneuric de ce lieu appartint longtemps à la maison de Montmorency : alors le Bourget était une dépendance de la paroisse de Dugny.

En 1423. il existait à Duguy une belle maison qu'on nommnit l' Hôtel d» la Pointe. Le roi d'Angle crre la confisquit n Jacques de I, tuilier, parce qu'il était reste fidèle â Charles VII, et en fit présent à un Français qui avait embrassé son parti : voilà comment les rois corrompent les mœurs des peuples, en récompensant la trahison.

Blanc-Mmil était autrefois un hameau dépendant de Duguy; mais, en 1358, le roi Jean y fit bâtir une chapelle dédiée à iSotre-Dnme; en 1463, il s'y établit une confrérie.

Le président Guillaume de Lamoign<>n fut seigneur deBlanc- Ménil ; il y possédait un château fort solidement bâti et flanqué de quatre pavillons; ce château a ete détruit.

Avant la Révolution, Le Bourget faisait encore partie de Dugny. Mais ce hameau était depuis longtemps connu sous le nom de Burgellum diminutif de Burgum. Au xi* siècle, il y avait, dans ce lieu une léproserie.

Le 30 juin 181$, Bonaparte, revenant du Mont-Saint-Jean, s'arrêta au Bourget pendant deux heures, pour ne rentrer que de nuit à Paris, et diminuer autant que possible l'effet fâcheux que devait produire sou retour dans la eapi'ale.

Le Bourget n'a qu'une rue ; Dugny offre plusieurs maisons de

campagne remarquables. Dugny, Le Rou get et Blanc- Méni appartiennent a l'arrondissement de Saint-Denis.

g Ht -Arnoutlllr «* «sarge*.

Le village é'Arnoutille est situé à quatre lieues au nord de Paris, à un quart de lieue au su I- ouest de Gonesse.

l a terre d'Arnouville fut, en avril 1757, érigée en comté, en faveur du ministre d'Etat, ancien garde-des -sceaux de Ma ekault. Le château que ce magistrat entreprit de bâtir ne fut jamais achevé. La chapelle, l'orangerie, et les écuries trè>-remarquables, «ont les seules constructions terminées. Il faut y joindre la principale entrée, dont, originairement, la grille, exécutée sur les dessins de Contant, était presque entièrement dorée. Ce luxe déplacé déplut à Louis XV, qui, passant à Arnouville, en témoigna son mécontentement : aucune des grilles du ebàtcau de Versailles n'était aussi magnifique. La chapelle est élégante. On assure que cette propriété est restée dans la famille de M. Machault.

Le parc, qui contient trois cents arpents, a été tracé d'après les dessins de Contant etdeChevetot; les eaux delà Crould s'y élèvent à plus de cinquante pieds de haut au moyen de machines hydrauliques; les eaux de cette petite rivière y sont répandues avec profusion, lui principale pièce d'eau qu'elle alimente a près de vingt-cinq arpents.

Le v illace fut entièrement rebâti par son seigneur dans un nouvel emplacement : fts rues sont très-régulières, plantées d'arbres, et aboutissent toutes à une vaste place décorée d'une fontaine publique exécutée sur lesd(ssins d'Aubry.

Louis XVIII s'est arrêté dans le château d'Arnouville pendant les trois jours qui précédèrent sa seconde entrée à Paris. Trou mille hnirmes, députes par la garde nationale de Paris, s'y rendirent le 7 juillet 1815. pour le complimenter.

Garget. Le village de Garges, voisin d'Arnouville, est trèsancien, puisque le roi Dagobcrt y avait une maison royale ; on trouve dans les faits et gestes de ce prince, qu'il indiqua a Carges une assemblée générale de tous les grands de son royaume, qui y Tut u nue en eflct le 33 mars 635. Le nom latin de Carges est fiigarjium.

La situation du lieu semblait être un obstacle à son embellisfement. Les efforts et le gnut de M. Blondel dp Gagny parvinrent à le surmonter avec succès : il procura, â force de travaux, de la vue n son château, qui en était entièrement privé, et donna de l'étendue à ses jardins, en faisant l'acquisition de la terre de Bonneufl.

L'nnclm bâtiment fui conservé; on ajouta seulement un pavillon a l'italienne. Line vaste prairie, où serpente la rivière de Crou'd, fait face au château, et >ui présente les poirtsde unie* plus variés et les plus champêtres.

On remarque à Garges plusieurs autres jolies malsons de campagne.

Gros bonrg situé au milieu d'une plaine fertile, sur la petite rivière de Crould, entre les deux routes de Coiuioègne ei d'Amiens, à quatre lieues environ au nord-ouest de Paris.

I.c premier nom connu de ce bour^ est Gauniua; on écrivit depuis Gnnrtta et enfin Gonesse.

U terre de Gonesse appartenait à Hugues Capet , duc de France. Lorsque Himues Capet eut remplace sur le trône les descendants de Charlemagne, la terre de Gonesse devint terre du roi, mais non de la couronne : ce qui était i.i.is différent; c'est-à-dire que la terre de Gonesse n'eut plus de seigneur suzerain que le roi. tandis que les terres de la couronne dépendaient d'un seigneur qui relevait lui-même du roi, dont il méconnaissait très-souvent l'autorité.

Dans ces premiers temps de la troisième race des rois do France, les habitants de Gon s e étaient assujettis à des s ervitudes communes A plusieurs lieux : ils devinent «mener à Paris les voleurs, et garder, chacun leur tour, pendant les nuits d'avril, la grange du roi à Gonesse. Ces servitudes leur ôtaient l'avantage d'épouser des femmes libres. Ils firent d* s réc a nations; et Louis IX, dit-on, en le* affranchissant de ces servitudes, les autorisa à faire de leurs nuits ce que bon leur semblerait. Le bienfait de saint Louis, dans cette occasion, fut très-grand , car, à cette épnque, ce n * st pas sans raison qu'on était si jaloux dVpouser des femmes libres : des lois sévères veillaient à la conservation de leur honneur. Le litre 33 de In

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loi snlique s'exprime a'n»i -. • Celui qui aura serré la mnin d'une • femme libre sera condamné n une amende de quinze sous ■ d'or: au douhle, s'il lui prenait le bras; au quadruple, s'il lui u touchait le sein. • Kt l'amende allait toujours croissant selon l'importance de l'outrage.

L'an i ms, Pliilippe-Auuusle naquit à dont «se ; et ce roi nimait à se faire appeler Philippe de Gonesse.

En l3oo, il y avait h Goues e une manufacture de draps; et le commerc e considérable que taisaient les habitant" leur avait fait obtenir à Paris une balle particulière, placée au bout de la rue de la Tonnellerie, dont elle faisait le coin. On rappelait alors la halle aux bourgeois, habitants pelletier* et drapier» de la trille de Gantne Elle prit ensuite le ru m de Petit Palaii. Les drai» de Gonesse étaient si estimés que les rots Pbilippcde-Y'alois, Jean et Charles \ u t n employaient pas d'autres pour leur vêtement.

Ces fabriques de draps ayant été détruites, les moulins qui les entretenaient furent converti» en moulins h farine; e», le territoire de Gonesse produisant d'excellent blé en abondanc», l'industrie des habitants se créa un nouveau genre <le commerce. Le pain de Gonesse fut bientôt remarque pnr sa U indien r et s» délicatesse; le» habitants du bourg venaient le vendre à Paris, dans la halle qui leur a» ait été concédée; mais ce commerce tomba comme le i rentier ; et les boulangers de Goneste vinrent presque tous -'établir i Paris, dan» les faubourgs Saint-Denis et Suint Mm tin. Aujourd'hui Gonesse fournit encore du pain a Pari»; mai» c'est du pain très-commun, recherché seulement par h s cl isses indigentes.

En 1858, Cnarlcs-Ie-Mauvais, n>i de Navarre, nommé capitaine de Paris, vint, avec d'autres ofliciers, camper à Gonesse, et la même année, ses allié», les Anglais, y passèrent tout le mois de septembre : visites l'on onéreuses et dont les habitants se .seraient irè» bien pjissés.

Le 24 juin Mii... tous le règne de Louis XL les Boiinnngnons s'emparèrent de Gonesse et y ravagèrent tout ce qui appartenait au roi.

Dans In même année, ce roi fit un échange avec le comte de Dammartin, par lequel il céda au comte le domaine et la souveraineté de Gonesse. Gournav-gur Marne et Créev-t n-Brie, pour le château de Blan que r.irt en Oa»cogne. Les habitants de Cottes»! ne durent rien gênera cet échange; si Louis XI, quoique très dé» ol, fut un fort méchant homme, Antoine de Chabanne. comte de Dammartin, n'était pas meilleur.

Henri IV, après avoir échoué dans -a seconde 'ensuive contre Paris, se retira à Gonesse, et y campa pendant un mois entier.

On sait que François 1" se qualifiait simplement seigneur de Gone-se et de Vanvres\ lorsqu'il écrivait a Charles-tjuiut, pour se moquer de la longue liste delitrsque prônait cet empereur.

Les habitants de Gonesse. eu 1601, dans In ri lirulc guerre des Jacobin» de la rue Saint- Honoré, fournirent des secours aux Jacobins contre les prêtres du \tont-Valerien, qui, de leur coté, étalent soutenus par le» habitants de Nanterre '.

Il y eut anc iennement un Hôtel- Dieu a Gonesse, fondé en Uio, et protège d'une manière toute spéciale, par les rois, seigneurs de Gonesse, qui lui firent plusieurs dotations : cet hôpital est conservé.

L'église de Saint- Pierre, placée sur un»' éniinence, est d'un beau gothique*. Nous l'avons ciue dlgne.de figurer Ici parmi les nionun ents lemarqunbli » des muions de Pans.

11 se tient â Gonesse deux foire» par an ; I une le 2 février, I autre le IA juillet; et deux marchés pur semaine : l'un le lun li. l'autre le vendredi.

Le 2h juin 1815. après le désastre île Waterloo, le timrèrhal Grourhy arriva, en deux jours, de Charlcrol à Gonisse, avec qu.ii aute mille homme» et cent vingt pièces de canon, volant I la défense de Paris.

Le a juillet suivant, Wellington avait son quartier-général à Gonesse.

Gonesse compte une population de 5,008 habitants.

•"•—■> ThlIU). Vaiidi-elan l.miwiluilll.

Le Thilla»/ est un | et II village (tue a quatre lieues et demie au nord ils Pan», par (i„nHS»e.

« ftn r»tticl« fmtfu.

• » »»»• l'aniol* «mi. YmHritn

La terre du Tliil'ny fut autrefois seigneuriale; on prétend qu'elle tirait son nom des tilleul» plante» sur les bords de la petite rivière de Crould. M. de Veimerance y fii exécuter, sur le» dessins de Rellanger. des jardins, dom l'i lésante et magnifique distribution atteste le bon goût de l'artiste et du propriétaire. Le château qui existe encore n'a rien de remarquable. La popula'ion du Thillay est de .us habitants.

Vaudeilan. Ce petit village situé à trois quarts de lieue au nord-ouest de Goncs-e, est moins important encore que I* Thillay ; il n'est guère composé que d'auberges bordant 'a grande route: maltiré »on exiguïté, les religieux de Deuil et le curé de Gonesse s'en disputer* nt quelque temps le patronage. Odon de Sully, évêque de Paris, régln entre eux le pmtage de» dîmes : et toute di-cus»lon cessa : citron sait que l'intérêt avait pl i» de part a ces disputes que la piété.

La population de Vanderlan est de 115 habitants.

Goutnainr ille situé à trois quarts le lieue au nord de Goiiev-i »ur le penchant '"un coteau, dont le bas est arrosé par la ictite rivière de Crould, fut autrefois terre seigneuriale, avec titre de marquisat. Cette terre et son château appartiennent, depuis environ trois siècles, à la famille INicolaî.

Ce lieu fut célébra par une fontaine qu'on voit sous une voôte près du village Pierre Petit, fameux médecin, composa en î'hi.nnur de cette fontaine un p«ëme lutin d'environ quatre cent» vers, intitulé h\m> Gonmrilla).

Ce village compte une population de 251 habitants.

S VI.- itlMi-n^rM»

Village situé entre la roule de Pans à ( o npiègne et celle de Paris à Soissous, entre Gonesse au sud-ou> st et Louvre* au nord.

On voyait autrefois a Rois»y un beau château htti A l'antique. A ce château et à la terre de Roissy étaient attachées U haute, moyenne et basse justice, dont les appels res»ortissaienl nuement au parlement de Paris, la terre relevait du mi, a tause de sa tour du Louvre. En I1A7, Jean de Billy en tendit aveu et dénombrement au roi.

La lerre de Roissy fut successivement possédée par Jean Juvencl dis Ursins et par la maison de Mesmc». En 1704. le comte cl' \ vaux abattit le château, et en Al construire uo nouveau.

Le château de Roissy, en 1713, sortit de la maison de Mesmeset Tut acheté par la marquise de La Caite. qui, en 1711». le revendit au fameuv Lato, dont la fortune colossale grandit et s'evanoult avec la même rapidité que son système, qui ruina tant tic familles en France. Cette terre passa dans la famille do Caraman, qui la possédait encore lors de la Révolution.

Depuis celte époque, le principal corps de logis du château a été détruit; les bâtiments qui restent sont simples, mais trèsagréables; le parc, qui contient plus de cent arpents, e»t remarquable p. r le urniU nombre d'arbres étrangers qu'il renferme.

La population du village de Roiss) est de 910 habitants.

8 vu . — i iiinrfi

Louvres est un bourg traversé par la grande route de Paris à (kimpiègne, à cinq lieues et demie au notd de Paris, a lieux au

sud-est de Luzarches.

Ce bourg e»l tres-nneien ; car on lit dans les actes vrais ou fnu\ * de saint Rieul, que ce saint, qui vé ut probablement a la lin du m* siècle, ail uit de Paris a S. nlis, s'arrêta à Louvres, cl entra dans un timple de Mercure, dont il renversa l'idole, et gagna au christianisme la plupart des païens de ce lieu, qui fermèrent leur temple el renoncèrent à leurs première» idées religieuses. Ap es la mort de saint Rieul. on changea le temple en une chapelle sous l'invocation du samt. Celte chapelle subsistait niiore ver» la lin du \v ur s e le.

Louvres est cite plus d'une fois dans des chartes anciennes ; il possédait autrefois deux églises parallèles qui n'étaient séparées que par un passage : elle de saint Rieul, et I église paroissiale du titre de saint Justin, martyrisé dnns ce lieu.

Plusieurs fondations pieuses datent, à l-ouvn s, du xm* nu du xiv siècle; telles sont un Hôtel Dieu et une aumône >lr paiu, qu'un assure avoir été fondes par la reine Blanche, mon

i for** »rucl»S.nlu, »i.

de saint Louis, et par Philippc-'c-Rel, pdit dis de ce roi. Toutefois, cette aumône on distribution de pain, ne se faisant que le jour de la. mi -carême, tenait plus de l'ostent'ition que de l'esprit de bienfaisance. La léproserie de Louvres était encore un établissement qui parait dater du xm* siècle; elle est citée dès l'an 1241 : ce:te léproserie n'était tenue do recevoir quedes malades de Louvres seulement.

Les premiers seigneur* de Louvres sont inconnus; ou plutôt, dans les premiers temps, le territoire de Louvres forma un grand nombre de fiefs relevant de divers seigneurs ; et le premier qui paraisse avoir pris le litre de seigneur de Louvres <st l'un des possesseurs du fief rt'Orville, dépendant de la même paroisse. Il pren l cette qualité dans un acte de 1468 : il était de la tamillc d'Aunoy. De cette famille, la seigneurie de Louvres passa dans celle des Baillet, et ensuite des Nicolai, qui en jouissait encore en 1580.

On trouve une charte du roi Jean, datée de Louvre*, de l U4. Les chroniques de Samt-Dcuis et Christine de Pisan nous apprennent que l'empereur Charles IV, lorsqu'il vint à Paris, en 1377, coucha a Couvres, et que ce fut là que le roi Charles V, son neveu, lui envoya un char.

En 1545, il fut permis aux habitants, par lettres de François I", du clore leur bourg de mit1 ailles.

Kn I56ï. lors des guerres i'e religion, le cure de l ouvres, suivant un usage as ez commun a celte époque, ne résidait point dans sa cure; les habitants de Couvres portermt plainte au parlement, et représentèrent que, quoique la cure du lieu fut l'une des plus riches, et valut quatre cents livres. Franco)* Cent ils, s'en disant pourvu, en nci-vait, depuis deux ans, tous les produis, sans résider, comme tant à sa place un vicaire incapable, qui exigent des droits au\ baptêmes. Le parlement en lit parler a Tchèque de Paris, qui nomma un bon vicaire.

La «erre de Couvres passa ensuite n la famille Hennequin, et enfin à la famille Ce >V..m. qui la vendit, eu 1 766, au fermiergénéral de la Haye de Uaxjiivi',1*.

Le bourg de Couvres est connu aujourd'hui par les dentelles de fil et de soie qui s y fabriquent et oar ses ratalia»; il s'y Meut trois foires par an, deux ilcsque les durent chacune trois Jours. Ln population de ce bourg est de 9AI habitants.

L'ancienne église de Couvres fut démolie è la Révolution; mais son clocher e>i encore debout ; sa partie inférieure pa>ait être du ix* au x* siècle; le reste est évidemment beaucoup plus moderne. Ce qui reste de cette église sert actuellement de prison.

L'egllse de Saint-Justin a un portail en plein cintre, qui parait être du xi* siècle; sur le coté méridional et au bas de I église, est un autre portail tres-orné, dans le goût du vv» siècle.

Barttiélemi Tremblet. sculpteur, naquit a Louvres. S Tiai—naorfautaiM.

Morfontaioe est un village situé a deux lieues et demie au sud de Senlis, è huit au nord-est de Paris, par une route joignant celle de Flandre.

Ce village n'a d'importance qu'a cause de son superbe château. C'est dans ce château qu'en 18<>0 les envoyés de- États- Unis d'Amérique reçurent une féte brillante a l'occasion de la signature du traité conclu entre les Français et le gouvernement américain. Les consuls, plusieurs conseille- s d État, des niions, des légis ateurs, tout ce que la capitale offrait de plus distingué, coniposa e.it cette hrnlanle assemblée.

Ce cliàieau appartint a Joseph Bonaparte, qui y fit exécuter plusieurs embellissements et construire une salle de spectacle, regardée romme l'une des plus élégantes des environs de Paris. Le cbftteau de Morfontaine est l'un des plus remarquables dont nous a>onsa parler; ses dépen lances territoriales, l'étendue immens- du grand et du peti' parc, les points de vue admirahhs qu'ils présentent, en l'ont un séjour délicieux.

Le petit parc qui offre des plantations extrcim ment variées, et u» e glacière, avec un pavillon à trois étages, communique au grand parc par un souterrain.

Le grand parc offre une. infinité d'objets également variés; des pièces d'eaux immenses, bordées de colline; couvertes de bois; des fabriques dune belle construction; des g'Oltes, des rochers, des sources et des ruisseaux nombreux. Enfui, plus on parcourt ce lieu, plus on est étonné de rencontrer toujours des

objets nouveaux. La Mature et l'Art semblent s'être concertes pour faire de Mo fonaine un «éjour drl cieux

Au hameau de MontmeUiiiM se trouvent une tour ancienne, et, un peu plus loin, les ruines d'un vieux château.

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