CHAPITRE IU
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Dans l'antique Belgique se trouvait une petite nation nommée Silmiurtet, qui, sous la domination romaine, fut rangée dans la province dite Seconde Belgique. Une de ses bourgades fut, par les Humains, érigée eu chef-lieu, sous le nom d'Auguetomagut; ce chef-lieu, comme la plupart de ceux des nations gauloises, changea de nom, et reçut celui de la nation Sitvanecten, ou 5</raiMcfi, dont, par corruption, s'est formé le nom de Sentie.
Pline, qui nomme ce peuple Llmanetee ou Ulbaneetee, le ' qualifie de libre. Cette qualification indique un privilège qui j consistait en ce que les habitants élaieut soumis à leurs lois na- I tionales, et non â celles des Romains.
I lleslvraisemhlablequelenompriinitirdecettepelitcnationélait | Utbaneettê. et que ce nom fut changé par les Romains en celui ' de Silcanectee, a cause des forêts qui couvraient et couvrent I encore en grande partie son territoire.
Une chaussée romaine conduisait d'Amiens à Soissons par Senlis : c'est ce qu'on apprend par l'Itinéraire d'Antonio : l'auteur de la table de Peutmger a tracé sur sa carte un aucien chemin de Senlis à Meaux ; on n'en retrouve plus de traces.
Sous les Romains. Senlis fut protégé par .les murailles flanquées de tours dont on voit encore -les restes ; elles sont construites en brique» et parpaings. Ces couches de briques et de parpaings forment divers cordons disposés les uns au-dessus des | autres ; on rapporte ce genre de construction au règne de Vesj pasicii.
Régulus, dont on a fait saint Rieul, vint prêcher l'Évangile parmi les Silvanectes; il parait qu'il eût la plus grande part à la conversion de ces peuples au christianisme; mais on n'a aucune certitude louchant l'origine de saint Rieul, ni sur le ) temps précis ou il a vécu et où il jeta les fon tementsde I egl se I de Senlis. Usuard lui donne la double qualité de confesseur et : d'évéque de Senlis; le Martyrologe romain dit que saint Rieul fut éveque d'Arles, et qu'il est mort à Senlis; le Martyro oge de saint Etienne u'Auxerre le fait simplement éveque de Semis. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'on conservait son corps bien entier à Arles, et qu'on le conservait aussi à Senlis. Les Uollandiotes et quelques autres savants n'ont pas hésite a trancher lad fficultéen faisant deux saints Rieuls. l'un é équed Ailes, l'at.t eevéque de Senlis. L'historien du Valois. Carlier, trouve même dans l'existence des deux corps une preuve *an* rf tique que l évêque d'Arles et l'évèque de Senlis ont été deux personnes dilléreutes: nous ne regardons point cette preuve comme sans réplique; il est assez, connu qu'on a attribué à un métne saint plusieurs corps, plusieurs têtes, etc. Il existe un grand nombre de pieuses fraudes, bien autrement graves que ccllc-cl.
l-es actes de saint Rieul, regardés comme vrais, lurent brûlés ou dispersés par les Normands. On leur substitua des lé- ■ geudes laites a plaisir, et ou. conforméu.cnt au gout de ces ! temps d'ignoiance, qui préférait le merveilleux au vrai, se trouvent rapportées les fa des le» plus extravagantes. Ces légendes se tio'uvcnt dans les Uollaudisies; elles furent composées çour être débitées pendant l'octave de la dédicace de l'église bâtie à Senlis en 1 honneur de saint Rieul par le dévot roi Kot ert, (ils de Hugues CapeC
Il reste cependant quelques lambeaux d'actes regardés comme véritables : ou y lit que le saint parcourait ave-1 une même ardeur le> villes, les earrpagm s. les chaumières, les bourgs, les I châteaux', c'est aussi la qu'on trouve les exploits faits par le | saint homme a Louvres*. I.atndition veut aussi quesa nt Itieul soit souvent venu prêcher dans la plaine située < ntre Rniilly et Chavcrcy ; car il sermonnait en pleine campagne, à cau>c de la
1 Le l»ti« porte Cailell*.
* Vt.n I <Uicl« Louent cMiiuu
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HISTOIRE DES ENVIRONS DE PAUIS
foule qui venait l'entendre. On raconte même qu'il imposa silence aux grenouille* de la grande mnre de Reuilly parce qu'el es rouvraient sa voix pur leurs coassements , mais qu'après son sermon, il permit a une seule de recommencer, en sorte qu'on n'entendit plus qu'une grenouille dans la mare t>e Reuilly, tandis que. dans les environs, taules les mitres grenouilles faisaient retentir l'air du bruit confus de leurs eris,, « L'hl-loire de la grenouille, dit Otrlier', est si établie dans le « pays, uuc les habitants de Ri-ully l'ont fait représenter sur « le tableau de leur ehapelle de Saint-Ricul.
Ln mémoire de saint llieul a toujours été en gminlc vénération dans le Valois, ou. un grand nombre de chapelles furent dédiées en son honneur.
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A la fin du v« siècle, la domination romaine s'éteignit dam la f.aule ; Senlis rut l'une des villes où durent d'ab »rd s'étah ir les Francs; sous la première race des rois, on y battait monnaie.
Les rois francs des deux premières races eurent un grand nombre de maisons dans le Valois, et prenaient -ou vent le plaisir de la citasse dans la forêt de Cuise ou de Compiè«nc.
Les rois enrlovingiens possédaient un pal.iis à Smlis; Pépin, roi d'Aquitaine, fut, en 858, enfermé dans le château de cette ville.
Il ?c trouvait à S nlis. comme dans les autres ciïés de la
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Pont de Rouen.
Gaule, un fonetioniuiire quji'illé <lc comte. Ces fonctionnaires, d'abord par les usurpations p o^res>tves qui s'opérèrent vers la fin de la seconde race, deviurmt des souverains dans 1 arrondis-ement qu ils étaient chargés d'administrer. Le comté de Senlis fut enclavé t'ans le duché de Valois, mais dépendit cependant du comté de Vermandois, créé eu 818, parce que l'empereur Louis I", ayant fait crever les yeux à son neveu Bernard, roi dl'allc, en eut tant de remords, qu'il donna le Vermandois a Pépin, fils de Bernard. Pépin figura dans les guerres civiles des enfants de Louîs-le- Débonnaire.
Du temps du comte Pépin, l'an 873, eut lieu à Senlis un de ers événements trop fréquents dans ces âges de barbarie. 11 faut reprendre la chose d'un peu plus haut.
Ce fut à Senl'S, en l'an 870 que l'empereur Cbarles-le- Chauve fit détenir pri»onnier son fils Carloman, et le priva de toutes ses abbayes, pour crime de révolte. Carloman, forcé par son père de se faire diacre, avait cru devoir s'affranchir d'un état contraire à »es goûts. Les légats du pape intercédèrent pour le prince prisonnier. L'empereur lui accorda sa liberté ; mais, instruit que Carloman continuait ses intrigues séditieu.-es contre sa personne, en l'an 818, il le fit arrêter de
I Wl.l ir. du Juché J< VmMl, lo mr l, ftft »t.
nouv eau et dégiader : par son ordre, on lui arracha les yeux, et on le relégua t'.ans le monastère de Corbie. L evulsion des yeux était fort en usage sous les princes de la seconde race; et celte atrocité donne la mesure de la barbarie de o tte époque.
Le comte Pépin mourut en 87 j , laissant trois fils : Bernard I*', llerbrrt l" et Pépin. On lit dans Flodoard que Bernard, comte rte Senlis, voulant mortifier le roi Louis- d'Outremer, enleva ses meutes et ses équipages, lorsqu'il se disposait a commencer la chasse dans la foret de Compiègne.
Après U mort de Bernard lH, Herbert et Pépin se partagèrent ses Etats : Herbert cul le Vermandois, et Pépin les comtés de Senlis et de Valois.
Pépin l" est la tige des premiers comtes de Valois. Il gouverna Senlis depuis l'an 8«2 jusqu'à l'an "joî.
Pépin laissa deux enfants: Pépin II et Herbert, qui gouvernèrent successivement le comté jusquVn 940.
Leur successeur fut Bernard, qui eut une port trè<-aclivc dans les troubles qui signalèrent le règne de Louis-d'Ou- Iremer. On le vit tantôt prendre les armes pour le prince, tantôt contre lui. Il mourut en 945, laissant pour lui succéder son tlls unique Raoul.
Raoul I" mourut en 987.
Raoul H lui succéda; il était petit-fils d'Herbert par sa
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
mut.', et conte de Crespy. Il quitta alors le litre de comte de Ore»py i>nur celui de Senlis; il jouit d'une grande faveur À la cour du roi Robert.
Raoul II «c maria à la fille du scisneur de Breteuil, de Clermont et de Nanteuil-le Baudoin, ce qui le rendit Irès-puissant.
A Raoul II succéda, en 1045. Simon, son fils, qui ne se marin point. A sa mort, en 1077. sa soeur Adèle, qui avait épouse Hubert IV, comte de Vcrmandois, lui succéda, et réunit aiusi une seconde fois le comté i <• Scnlls au Vernianlois.
Après la mort du roi Robert, sa veuve Constance voulut s'approprier une grande p.irtierlu ro\au.ue, «i notamment Sentis ; niais son fils, le roi Henri, mit des bornes a son ambition '.
En II 11, les seigneurs se soulevèrent contre leur roi Louis VI. Thibault et se* vassaux de la Bric, Hugues avec ceux de Troyes , attaquèrent Paris et Sentis \
La charte d'établissement de la commune de Senlis est datée de Paris, en 1 173 , elle fut contrôlée par lettres de Pnilippe- Auguste, en 1201.
En H80, Phi* lippe Auguste, aprés avoir été marié à Reims, vint célébrer à S-nlis ses noces avec Elisabeth de Hainault.
Au xu* siècle, plusieurs seigneurs avaient divers droits, ou exerçaient di verses exactions sur les habitants de Sentis et des environs, flaulier de Sentis, dit Pinferna. tenait du duc (l'Anjou le droit de perfora ge des tonneaux de vin sur les habitants extra ssssfMJ droit odieux et d'un grand rapport. ».
En 1214, se donna la fameu«e bataille de Rouvims; on y vit Cuérin. évéque de Sentis, et favori du roi, ranger l'armée eu bataille, diriger lis manœuvres, et, par ses talents, concourir au succès de cette journée; mais il ne combattit point comme cet évéque de Rennais, qui, pour concilier les maximes de l'Kglise avec les intérêts du prince, frappait les ennemis A grands coups de massue.
• Htrvril ,Ut litiorim &, trait; t»m- xii, pat* fia?
• /«Va, une ni, pige s».
• /*. Um, tosw xji, M-( 494 .
Oiàtcsu d'Écouen.
Lorsque Scnlls f >rma un comté dépendant de la couronne, le bailli royal de cette vifle fut un personnage important : sa juridiction s'étendit même très loin; on le volt en 1315 et en 1313 tenir ses assises à Pierrefonds ', ce qui prouve que le bailliage de Sentis comprenait la plus grande partie du Valois, et la ville de Compiègne en particulier. En 1341, le bailli de Scnlis tenait ses assises à la Ferté-Milon Nous avons parlé ailleurs des Jacquet', c'est-à-dire de ces
paysans de la Picardie, du Beauvaisisetdu Valois, que l'orgueil et la cruauté des nobles forcèrent à prendre les armes et a brûler les châteaux. Dans le Valois, les choses se pr. sentent sous un aspect différent de celui qu'elles ofrent dans les deux autres provinces.
Le régne du roi Jeau ne fut qu'un eue liai ne ment de désordres et de calamités. La France supporta tout le poids des malheurs que peuvent causer cesdeux lli aux réunis, la guerre civile et la guerre étrange e. Le roi d'Angleterre , le roi île Navarre, les signeurs particulier» et l'armée royale. dévastaient tour à tour les malheureuses campagnes.
Pendant ce temps, une espèce de vertige s'empara des nobles clans le Valois*. Tous se li m ci .ni subitement à un excès de luxe dans leurs habits et dans leur table. Ils couvraient leur» rubes
Ct leurs cl), permis
de pierreries, de dorures et <i o nements de toute espèce ; ils chargeaient leur» toques de plumets et d'aigrettes. Fiers de ces parures, il* marchaient la téta liaule, et traitaient avec le dernier mépris, Insultaient même quiconque n'et titpas velu aussi richement qu'eux. Ils parcouraient ainsi les campagnes, entraient dans les fermes et dans les chaumières; et, comparant leurs vêtements à ceux des paysans, ils accablaient ceux-ci des plus in^uit-mtes milleries. La plupart faisaient pis encore : ils rançonnaient les laboureurs, leur faisaient violemment payer les irais de leur luxe; et, pour peu qu'ils trouvassent des résistances à leur Injustice, ils en venaient A des traitements cruel* ; ils nom»
> Chrmtfua dt loni-Pont, pige SIS .
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BJonimiirtr».— Imp. Pilloi fivpt», Laocro» <il Orap.
HISTOTRE PFS ENVIRON*» T>F PARIS.
maient par dérision les gens d» la campagne Jarquet tionsbo(iifitu, ou simplement Janjuiert.
A ces extravagances les pay ons n'opposèrent d'abord que la patience ; mais, comme celte conduite ne fai.vati qu'exciter de phi' 1 1) plu lis U"Llcs, ils curent re< ours aux armes, et fonnen ni des partis nombreux. Knfin, voyant que la rour ne prenait aneune mesure pour réprimer les brlgan lapes des nobles, ils tombèrent sur eux. et prouvèrent, par leurs emportements, qu'ils étaient dignes de inarclicr sur leurs traces.
L'Indignation de ces paysans opprimés les rendit vrnels: ils se portèrent contre leurs persécuteurs à des < xces, liolcnts; ils détmisirenl les chate <ux et leurs seigneurs, prirent même et ! illcrenl des villes. Seiilis tomba entre leurs maius : on sait comment fini! cette faction.
Cep ndnnt la soumission des Jacques ne ramena point le calme en ces contrées : les partis opposes continuèrent toujours leurs hostilités. Let Navarrois désolaient le Valois; le château de Chavery tomba en leur pouvoir, et se racheta moyennant florins d'or au mouton; la taille fut assise sur tous les bourgs châteaux, villes, villag» et hameaux situés à cinq lieues autour de Chavercy ; la ville de Sentis se trouvait comprise dans ce rayon : elle fui taxée en conséquence, l es bourgeois refusèrent de payer, attendu, disaient-ils, que leur place n'axait jamais été exposée aux incursions des ennemis, parce quille était iiéfeO'tue par de bonnes fo tific liions. Les commissaires chargés de la repartition portèrent leurs plaintes au parlement, di-ant que, si les habitants de Sentis n'avaient eu rien n craindre pour leurs personnes, 1 s axaient autant gagné a I elo'gnemciit des Navarrois que les habitants des campagnes, parée qu'ils tiraient toute leurs provision* du dehors de la ville, el que, tan! que> 1rs \axarrois avaient occu|>é le château de Chavercy. let terre* et vtrtuaillu dti (h'findrurs axaient été mnmH-rahlemtnt en lommageet. Les habitants de Sentis furent condamnés a payer leur part de la taxe.
Kn MUT. fut rédigée la coutume de Senti», dont voici quelques articles :
Elle porte que « les chAlelleulc» ou prévôtés dépendantes du
• duché île Valois rcs-ornssent par appel devant le gouverneur
• de Va'ois. les appellation- duquel n «sortissent, par appel, a au parlement: et. quant aux cas nivaux, ledit duché de- « meurx au bailliage de Sculis. » Ainsi, la juridiction du bailliage de Senlis s'étendait alors sur tout le Valois.
I.a coutume de S< i.li- < t ut une réuni n. en un même cahier, des anciennes routunv s île cette ville, de celles du Valois et de Clermont in Iteauvnisis; c'était un recueil d'exceptions touchant ees trois pays, sans règles fixe s.m» principes, i.c •;ihi<-r ' contenait des dispos ions diiïereo is a l'égard de chacun des trois batlliaucs; mais, lorsqu'une que t ion décidée par l'un des trois et non prévue par la coutume dis deux autres, venait à se présenter dans l'un ou l'autre cas, la décision adoptée pour le premier devenait loi. I.e bailliage du Valois fut supprime en I4it, et réuni a celui de Senlis
I* due d'Orléans, créé duc de Valois, prit plaisir à répandre dans son duché des marques de bienveillance : mais cette prédilection attira sur ce même pays toute la fureur des ennemis du duc Longtemps le d c d'Orléans avait joui du plus grand crédit en France: la fortune l'abandonna et tourna du cote de Jean-sans-Peor. duc de Bourgogne, son rival. Ix»s querelles de ces deux princes furent le lléau du xiv* siècle. ,
Les hostilités prirent surtout un earaclcrc grave sous le fils du duc, Louis d'Orléans, assassiné par les gens du duc de Bourgogne, qui élait a son tour devenu tout-puissant , et qui, sou» le nom du malheureux Cha lc> VI tyrannisait le royaume.
Ou se mit en eampagne ; le duc de Bourgogne, qui prétendait combattre pour la cau«e du roi. parcourut le Valois en armes. Le due d Orléans tonna le dessein de s'emparer de Senlis, qui. ainsi que plusieurs autres places de la province, tenait le paru de* Bourguignons ; mais il fut prévenu par le duc de Bourgogne, efcn'osa attaquer la place.
Plu» tard, te duc d'Orléans, campé prés de Paris, envoya dis troupes dans le Valois pour se procurrr des vivres : main II capitaine et bailli de Senlis sortit de la plao- ave cent vfngl hommes d'élite, et tua quatre-vingts orléanistes pendant l'action ; les Bourguignons llreul alors prisonnier Ouillaumc-de Saveuse, dont les deux frères et le père, tous inns au »ervici du duc de Bour^o^ne, servaient dans Senlis. Bientôt le Y'ulois
tout entier tu' soumis aux Boumiignons. Pour comble de maux, les Anglais débarquai' n' en France.
Mais, en M 12, la p^'ix d'Auxerre fut conclue entre le roi et le duc d'Orléans : le roi", par ce traité, donnait au duc la permission de rentrer dans tous ceux de ses biens qui avaient été ou pris ou confisques.
Cependant le duc de Bourgogne, mécontent de cette réconeiliation. prit ses mesiiccs, ei vint se présenter devant Senlis, en 144$; mais le caplaine de celte ville demeura constamment attache aux In'éréts du mi Sommé de se rendre, il répondit qu'il se il l lirait vaillamment. Les incursions des Bourguignons désolènnt le pays pendant les trois mois de janvier, de février et de mars 1 4 1*4.
Au printemps, le roi rassembla ses troupes a Senlis, on il établit son quartier-général, alin de débarrasser le pays des Bourguignons.
Le roi d'Angleterre, excité par tant de désastres, crut le moment favorable pour y prendic part, et pour faire valoir ses prétentions Le roi de France eu état de démence, une reine plus que galante, et disposée à sacrifier les Intérêts de l'c'iat aux intérêts de ses amants, des courtisans, des ministres perndcs et ineptes, facilitaient le succès du projet des Anglais : la France devint leur proie.
Le duc de Bourgoune fit alliance avec les Anglais. Déjà les bourguignons s étaient empares de quelques places du VaT lois, lorsque l'un des capitaines du duc, Jean de Luxembourg,
C't son chemin vers Senlis, et mit le siège devant cette place, commandant de Senlis voyant qu'il ne pouvait tenir contre les forces des Bourguignons, et craignant par la résistance ■l'exposer la ville au pillage, rt la garnison au fer de l'ennemi, se rendit à des conditions honorables
A la fin de janvier 14 1 8, Charles VI. à la tête d'une forte année, se présenta devant Senlis pour la reprendre: 0 assiégea longtemps cetb place, presque vide d'habitants Les Bourguignons faisaient de fréquentes "sorties qui désolaient le jaimp du roi. Le connétable, qui commandait le siège, jura qu'il prendrait cette ville et la mettrait à feu et à sang. Il lit venir de Paris un gran.l nombre de troupes et de munitions de guerre ; et Senlis se défendit si bien, que le roi et son armée lurent obligés de lever le siège, après avoir fait des pertes immenses eu hommes et en bagages
I» teiis d'armes, qui s'attendaient au pillage de cette ville, exercèrent entre Senlis et l'aris un brigandage effroyable, et détruisirent les hommes et les choses. L'auteur du Journal de Paris sous le règne de Charles VI dit , a l'occasion de ces gens d'armes enrages : « Vrai lut que les anciens des dits gens « d'armes furent plains de si granie cruauté et tyrannie, qu'ils a rôtirent hommes et enfants au feu. quand ils ne pouvoicni « pas payer leur rançon'. »
Cependant les affaires changèrent de face snus Charles VII ; et l'arme* du roi, après avoir remporté de nombreux succès sur les Anglais, arriva dans le Valois el se présenta devant Senlis.
Ci tle v ille était encore au pouvoir des Anglais; le due.de Bcdfort y avait établi son quarlii Miénéral : mais . à l'approche de l'armée royale, il se relira vers Montespiloy.
Les deux armées se trouvèrent bientôt en présence, el restèrent ainsi deux Jonrs et deux nulLs sans que de part ni d'autre on osât risquer une action générale. Il y eut quelques escarlliouclies; mais, dit Monstrelet, • Jeanue-la- Pucelle toujours n avoit divers opinions; une fuis voulant combat ire les ennemis a du roi, et autrefois non. » Tout *e termina pif- un co nbat de deux détachements : I un. dfl latte droite de l'armée anglaise; ftratre, de la gauche de l'armée royale. On ipp la ce combat la journée de Senlis, |>arce que le champ do bataille élait assex \oisin de cette vil e. Le roi Charles VII se retira a Crespy; le duc de Bed'ort a Sentis.
Sur ees entrefaites, la ville de Compièane demanda a se soumettre au mi ; el le duc eraigunnt que Senlis suivit cet exemple, quitta celle Mlle, ou bientôt après, vers la lin d h dû t4J8, le roi lit son entrée.
Sous François 1" furent, a ce qu'on croit', suppnmes les cas royaux, c'est-à-dire . le» privilèges qu'avait le bailli royal de
J m> nml a, Ckmrleê 17, page »« * Cuiirr. Mi.loirc du âuch* 4» Valoit, tome 11, lot» TU, pa(*B«»
HISTOIRK DES HN VIRONS l)K l'VRIS.
Senlis. de connaître de certaines affaires, k l'exclusion du bailli seigneurial du Valois. •
Ceuea*,qui,dansrorifrine,neconsislaient qu>n trois ou quatre, avaient été alors considérablement étendu*. Quelques écrivains réduisent à douze les cas royaux dont la connaissance exclusive avait été attribuée au bailli de Senlis. Mais Bouchet*. considérant qu'ils peuvent être décomposés, en regarde le nom lire comme Illimité Quoi qu'il en soft, le bailli de Senlis perdit «les lors toute espèce de juridiction sur le duché de Valois
La reformation des trois coutumes d> Sentis, de Valois et de Clermont, eut heu en 15SQ. par le consentement et la réunion dis trois états de chacune de ces trois provinces. Les trois coutumes de Valois, de Senlis et de Clermont, n'étaient, à propremi nt parler', avec celle de Paris, qu'un même corps de jurisprudence pour le fond , avee de nombreuses exceptions.
Senlis avait reçu, la nuit de la Saint-Barthéletni , l'ordre d exterminer les Huguenots; mais on flt avertir ceux-ci; et ils se retirèrent.
Dans le temps de la Ligue, les habitants s'honorèrent en refusant de signer le pacte ue cette association.
Vers la fin de l'année 1488, pendant laquelle forent tenus les états de Rlois, le roi Henri III fut averti que les chefs de la Ligue portaient leurs vues sur la ville de Sentis, dont ils méditaient de s'emparer. Il prévint ces chefs en faisant nugmenicr les fortifications de la ville et en renforçant la garnison. Les ligueurs abandonnèrent leur dessein pour un moment, mais .s'emparèrent de toutes les places voisines
L'année suivante, Ils s'emparèrent de Senlis, ville que tes sieurs Thoré de Montmorency et M» ru surprirent, , ourle roi, le 36 avril 1789, ayant des intelligences dans la ville. I-es . ligueurs bientôt vinrent mettre le sié«e devant celte place. Le 17 mai, le duc de Longueville et la Piouc-Givri vinrent nu secours de Senlis, et mirent en dérobe l'armée des lifjmurs, forte de neuf à dix mille hommes. Cette année et ses chefs épouvantés prirent la fuite et se retirèrent à l*aris, abandonnant canons et bagages. Cette fuite précipitée tut, dans cette capitale, un objet de raillerie; on y publia une chanson, dont voici quelques couple i s :
A chacun Maure donne
Des pied» pour le secourir :
Le» pieds Mutent la personaa, Il n'est que de bien courir.
Ce vaillant prince i'AumaU Pour avoir fort bien court).
Quoiqu'il ait perdu sa malle, ICa pas la mort encouru.
Courir vaut on diadème.
Les courrurs sont gens de bien, Trimont et 0o<ijrn|r me ma, Et Congy * le saveoi bien.
Qui bien court est homme habita, El a Dieu pour réconfort ; Mais Chamom et MainecilU Ne courent pas asses fort ».
A leur tour, les ligueurs indignés firent en vert, contre la ville de Senlis, d'horrible» imprécations. Puis ils se rassemblèrent à l'ierrefoods, dans I intention de le surprend ce; mais leur teutative fut inutile : les hommes, les femmes et les enfants combattirent ; les ennemis furent mis en fuite , et les traîtres a la potence : Henri IV faisait alors le sié»e de Paris- La Ligue Ht sept autres tentatives contre Seul* , et toujours sans succès.
Depuis celte époque, l'histoire de Senlis est stérile en événements; mats quelques détails de mesura peuvent trouver
place ici.
Le jeu de l'arbalète fût en grand honneur 6 Senlis, et un chanoine de l'église cathédrale, chevalier de ce jeu, a fait un extrait des registres de cet établissement. Le règlement , ortait :
■ Tu ne parleras, ue diras sur homme ou sur ftmme moi qui « soit deshonnete dessous la ceinture, /rem, en frequen aut
> Ctmmnlair, ,ur U couteau dm t'aiaét, pMW7et S.
1 Troi< chrd li|[o. urt.
1 II» tore 'il lue* en fu;ani. te roi nomeuH Mtineville ifajuWif—; 11 était Im<ii«b*i>i du duc de bhjeoiie et funeui kiiuaiu.
« ledit jeu. et entre deux battes, tu ne nommeras le diable en « aucune manière.
c Celui qui sera roi sera tenu de payer au chevalier, le « premier jour de mal, un jamb n ; et le connétable , une « fraise de veau, au retour que les chevaliers seront allés quêa rir le mai. »
Si l'on commmettatt une plus grande offense, comme « blas- « fémer le nom de Dieu, péter, routter. quereller.» le conné-
eoupables.
Le vainqueur portait « le joyau des dimanches et fêtes so- « lennelles. qui est un chapeau de fleurs et un bouquet ordonné e d'ancienneté.»
Le roi de l'arbalète de Senlis, pendant son année de règne, ne payait aucun Impôt; il tenait ce privilège de Henri III. S'il était roi pendant trois années consécutives, il était déclaré empereur, et ne payait plus aucune des charges de la société des arbalétriers.
• En 1560; au mois d'août, arrivèrent le roi et un arbalée trier de Meaux, nrcompapné d'autres chevaliers, qui ont tiré « six de leur compapiie contre sii de Senlis, pour jouer six * écus d'or et la revanche en quatre jours. » Senlis remporta la victoire; et tous les chevaliers mangèrent, en commun, la somme risquée dons les [taris.
« Dimanche to juillet 1575, a été tiré un prix à Senïs, au jeu de l'arbalète, auquel ont été invités les chevaliers de Paris, « de Meaux, de Crespi, 'le la Ferlé- Milon, de Beativais, de « Compiègne et de Dammartin. Antoine Legave de Senlis, et a roi de l'arbalète de cette ville, fut le vainqueur. Le prix était a de trois cents Itvrv* tournois e
Le jeu de l'arbalète cessait en temps de guerre; et. comme à cette époque, tout prenait un caractère religieux, chaque partie de l'orbaièlc portait le nom d'une partie du corps de Jésus-Christ.
On Ut dans Louvet: « Les familles se chérissent tant à a Senlis, qu'elles ne s'unissent qu'entre elles; cette grande a amitié a rendu les femmes si fécondes, qu'elles ont augmenté c de beaucoup la population de cette ville.
a Dame Gilles Matelet, veuve de Claude Martin, laquelle « décéda l'an 1*7», avoil vu, ou pu voir, procéder de sol ou de « ses sœurs, tant en neveux et arrière-neveux, qu'enfants d'ic ceux, le nombre de MO enfants. »
La ville de Senlis se compose de deux parties : l'enceinte de l'ancienne ville ou la cité, qui est un ouvrage des Romains, et trois faubourgs qui l'entourent.
La cité est de forme à peu près ovale. Sa circonférence a trois nulle cinq cent quarante arpents de cuperOcie1. Elle est entourée de murailles et de bouievarU; ses remparts sont asses élevés en certains endroits, et présentent à l'œil des point» de vue trèsagréables.
Senlis rot autrefois très-fortlfié; et l'on y trouve encore de précieux restes de constructions romaines, qui sont d'une solidité admirable. U y a, d'espace en espace, un Ut de fort grosses briques, sur lequel sont jetée» quantité de pierres brute» liées avec un ciment très-dur. Senlis conserve encore plusieurs t> aces de ses fortifications, surtout de ses porte» et de son château.
La porte d* Meamje était uue véritable f orterres.se. comme l'attestent encore ses ruines. On arrivait, par uu pout vraisemblablement fortifié, à Ut première porte de cette espèce de bastille ; cette porte donnait entrée dans un« petite cour défendue par plusieurs tours; ou plutôt cette première porte et ces tours n'étaient que des moyens de défense de la véritable porte de ville qui se voitenooreiàcette dernière porte étaient le ponl-levis, la herse et tout l'appareil qui caractérisait l'entrée d'une ancienne forteresse. La porte de Meaux est encore voùtie dans une longueur de quarante à cinquante pieds. Sous ce pus>age lugubre est pratiqué un canal destiné a l'écoulement des eau » de la Nonette, qu'on entend, avec une sorte d'inquiétude, mugir dans son étroite prison ; un escalier conduit à ce canal et permet aux habitants d'y venir puiser l'eau.
La porte dite de Ballon offre aussi des restes de fortiflealions.
Celle de Compiègne, construite sur la nouvelle route de Paris.
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HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
à l'occasion du passage de Marie-Louise lorsqu'elle venait 1 prendre possession du lit im|>crial. est du plus mauvais goût ; c'e*t une espèce d'arc de triomphe improvisé; mais l'avenue qui con luM à celte porte est belle et assez large.
Dans l'intérieur de la cité se trouvent les restes de l'ancien château et l'église cathédrale.
Le château est un edilice du temps de saint Louis; plusieurs enfants de France y furent élevés à came de la salubrité de l'air | qu'on y respire; plus tard, il servit au présidlal et au» autres juridictions de la vllte: aujourd'hui ses ruines sont as«cz considérables : on y reconnaît la chapelle, dont les arcades sont a plein cintre, font prés de la chap* lie était une vasic salle, ainsi que l'indiquent des fragment» ce portes et dis lambris qu'on voit encore; cette salle parait avoir été restaurée du temps de Henri II ; car on y distingue '« ehiflre de Diane de Poitiers. De cette salle on en 'rail dnn* une petite chambre qu'on dit avoir été habitée par Louis XIII. Sa construction ne parait pas antérieure a cette époque; et l'inscription, 1G22, qui s'y trouve, vient à I appui de cette conjiclure.
U cathédrale fut, en 130-1. incendiée par le feu du ciel et entièrement détruite ; on ne 1a reconstruisit que sous Louis XII.
la cathédrale est remarquable surtout par sa lié lie élégante, ' qui s'élève à une des extrémités 'lu portail. Celte flèche passe pbw l une des plus hautes de France. Son élévation est de deux cent onze pieds, à compter du sol à la crête du coq ; elle mérite d'être citée après celle de Chartres. Toutefois, vue de loin, cette flèche parait peu élevée, relativement à la tour qui | lui sert de base, parce que le* quatre angles de cette tour sont surmontés de quatre pyramides qui empêchent de distinguer la naissance de la flèche, de sorte que celle-ci ne parait commencer qu'à l'endroit où finissent ces pyramides, bien qu'en effet elle commence trente ou quarante pieds plus bas. Du reste, la tour est fort étroite, et laisse peu d'espace aux quatre cloches que le xele des habitants, pour l'harmonie des clochers, y a fait ré'-emmenl placer ; il' en est résulté divers accidents : deux fois elles se sont brisées depuis 1817.
Le principal portail de la cathédrale de Senlis est à plein cintré, mais lourd de style; les ligures en sont mutilées.
Les portails latéraux sont beaucoup plus riches : ils datent du trmps de François I" ; car la salamandre s'y fait remarquer. Chacun des pignons de ces portails est surmonté de ligures : sur le portail méridional est représentée la Trinité, sous la figure d'un Père éternel assis et tenant la croix sur laquelle est étendu Jesus-Christ ; une colombe remplace sa barbe, et semble désigner le Saint-Esprit, ordinairement représenté sous la 1 figure de cet oiseau. On donne dans le pays, à cette s'atue, le 1 nom de Dieu le pire. Au portail septentrional est aussi une I figure allégorique, nommée Dieu le fit*; «Ile représente un | homme, les mains élevées vers le ciel, dans l'altitude que preliaient les premiers chrétiens pour prier. On voit à Paris, au portail de Sainl-Germain-des-Prés, une figure pareille. Au sur- , plus, ces drux portails sont très-curieux par la variété et l'elé- ] gance des frises, des ogives et des pyramides.
L'intérieur de l'église est peu remarquable ; mais on y voit de charmants détails de sculptue au-dessous des roses de la croisée, et aux clefs pendantes de plusieurs chapelles. Au xv m* • siée c le chœur a été restauré, mais dans un mauvais goût et sans aucune espèce d'harn onie avec le reste de l'édifice
La ville de Senlis, peu riche en constructions publiques, est en général assez bien balie, et ses rues sont assez larges ; sa population s'élève à 4, «fil habitants.
Senlis, avant la Révolution, avait un évéché suffragant de Reims, avec le titre de comte ; outre sa ca'hédrale, deux collégiales, l'une de Saint -Rieul. bâtie par le roi Robert, l'autre de Saiiit-Frambourg; sept paroisses; une abbaye de chanoines réguliers; le prieuré de Saint-Maurice; une commanderie ou I mai- on hospitalière de Saint-Jean de Jérusalem, fondée par i saint Louis, qui enrichit ce prieuré de vingt-quatre cadavres, | qu'on dit être ceux des compagnons de saint Maurice '. Des cordeliers, des capucins, de* enrmes, des religieuses de la présentation et de erlles dites des fillte du Calcaif, y avaient aussi chacun un couvent.
Senlis était encore le siège d'un présidial, d'une chancellerie j
1 Voj'i V.r.fr mini l.niu, r r le rin lr ai if U "me Knrgneillr p, 317 ' rt IIS.
près le hail'iage, d'une maîtrise particulière des eaux et forêts, d'une élection, de la juridiction d'un grenierà sel, d'une subdélégaiion de l'intendance de Paris et d'une capitainerie royale des chaises ; on a dit que Senlis était alors une place de prêtres, de moines et de gens de robe.
Aujourd'hui, cette ville n'a plus qu'une seule ésli^e, l'ancienne cathédrale. l'Ile est le siège d'une sous-préfi-cture do département de l'Oise, d'un tribunal de première instance et d'une justice de paix. Comme dans la iduparl des lieux fertile* en couvents, des manufactures ont, a Senlis. remplacé des cellules. L'activité et ( industrie ont suceedeà I inutilité et a la paresse. Des filatures de colon, des tanneries, des mégisseries, des imprimeries répandent la vie et l'abondance dans cette ville. H s'y tient une foire par année, qui dure neuf jours, et, chaque dernier mardi du mois, un marché particulier pour les vins qu'on amène à Senlis.
Ou trouve près de cette ville des carrières dont la pierre est très estimée ; on y voit aussi des fours a chaux.
ENViao*s nr. SESLIS.
fl l.-La Victoire .1 HhM s h .V
La Victoire est une ancienne abbaye située à une demi-lieue environ au sud-est de Senlis. Le revenu de cette abbaye était plus considérable que celui de l'evéché de Seuils : l'un et l'autre appartenaient à l'évcque depuis t*M.
t'eite abbaye, qui dépendait de Mont-1'Évèque, où se trouvait un château ou maison de campagne des évoques de Senlis, était occupée par des chanoines réguliers de l'ordre de Saint- Augustin ; elle fut fondée, en 12 1 2, par Philippe-Auguste.
Le château, d'une ancienne construction, est entouré de fossés remplis d'eau vive ; il est dans une agréable position, sur une terrasse qui domine un parc fort étendu et traversé par I* petite rivière de Nonetlc.
L'église de la Victoire, avec une grande partie du monastère, ayant été démolie, ne présente que des ruines. Cependant quelques bâtiments sont restés intacts et formeut encore une maison de campagne. Le dévot et fourbe Louis XI a séjourné, souvent dans cette abbaye.
| II Vionlcxplloy
Montespiloy est un lieu peu considérable, situé à deux lieuesenviron à l'est de Senlis.
Des titres des xi' et xii* siècles nomment ce lieu Mon* Spicw latorum; on donnait autrefois le nom de Spicula ou Spicla a des hauteurs fortifié, s où l'on plaçait des redoutes destinées à donner des signaux et a observer la marche des armées: la position de Montespiloy sur une hauteur t-t le château dout oit voit encore les ruines justifient cette étymologle: la tour de Montespiloy dominait sur une grande partie du Valois et du comté de Senlis.
Au commencement du xut' siècle, il y avait un curé à Montespiloy ; car, à la mort d'un de ces curés, les chanoines de la cathédrale de Senlis, qui avaient droit de nomination, abandonnèrent ces liions aux religieux d'Hérivaux, l'un desquels devait venir sur les lieux pour exercer les fonctions du ministère- Ce religieux relevait de l'évoque, quant au spirituel, et, pour h: temporel, il dépendait du chapitre, auquel il payait tousles ans dix sous de cens.
In titre de 126» fait connaître un seigneur de Montespiloy c'était Guillaume de Senlis, que le titre qualifie de chevalier, sire de Montespiloy.
Le château de Montespiloy fut démoli an xiv* siècle; on en construisit un nouveau, de la tour duquel les restes très-pittoresques sont encore debout. Cette tour servait de donjon au château. Le chnt.au de Moulisptloy et celui de Cbave cy ont longtemps été les deux principales forteresses de lu contrée.
Au xv* siècle, on trouve les deux terres de Montespiloy et .le- Chavrroy dans la famille d'Orgemout. Pierre d'Orgemout. i ar acte de uni, donna à Guillaume de Montmorency, son neveu-, les trois seigneuries de Cuaninly, de Chavercy et de Moute»piloy.
Os terres passèrent alors à Anne de Montmorency.
Dans les querelles des ducs d'Orléans et de Rourvogne, Montespiloy resta toujours lidele au roi, malgré les efforts de se- ennemis. Lorsque le mi d'Angleterre Henri V fui reconnu pour héritier présomptif de la couronne de France, il fit avan-
HISTOIRE DK> ENVIRONS l)K PARIS.
rer des troupes daus le Valois: mais le seigneur de Caraaches, fidèle nu pirti du Dauphin, si' ttansporln à Monte-piloy avec la garnison de Complegne, e( prit dus mesures pour couper et charger les Angais : il les surprit; et, quoique bien Inférieur en nombre, il remporta la victoire.
C- pendant cette place fut à la lin enlevée aux Français, mais bientôt après rendue a Charles Vif. Mootespiloy n'avait reçu iu>e garnison ennemie qu'à la dernière extrémité.
D'après les débris qui restent du château de Monlespiloy, ce chat au, environné de larges et profonds fossés dont on voit encore les traces, et flanqué d'énormes tours, dut être trèsfort. On y voit aussi des partions de murailles d'une épaisseur et d'une hauteur remarquables.
On ne peut se défendre d'un sentiment d'effroi en approchant de ce donjon en forme de tour circulaire, dout les deux tiers de la circonférence, depu s sa cime jusqu'à »a base, sont écroulés. Ce qui reste semble m wurr les spectateurs de sa chute. Sa hauteur est de cent pi ds, à compler du sol actuel très-exhaussé -, son diamètre parait avoir été de cinquante-deux pi*ds hors d' œuvre; l'éiahseur du mur est de treize pieds; ' ÏVscalier est pratiqué dans celte épaisseur ; il est interrompu à la moitié de sa hauteur : le reste est tombé. Au-dessus de la por e basse et étroite, bien qu'elle fût à pont-levis, est une petite ebainbre voûtée, de quatre pieds de large, de six de- long et de huit <ie hauteur. Deux ouvertures pratiquées dans celte chambre servirent à laisser tomber la herse et l'assommoir, en cas de rupture des chaînes du pont-levjs. Cette petite chambre ou guérite est éclairée par une meurtrière ; et l'on y descend du grand escalier par un autre bien plus étroit : ce qui forme en cet endroit trois murs dans l'épaisseur du mur principal.
l es mâchicoulis existant donnent une Idée de l'espèce d'élégance de cette construction, beaucoup plus soignée que celle de M.mllheri.
On remarque dans l'intérieur de cette tour des débris, indiquant, au rrx-de-chaussée, une grande salle voûtée à arêtes. Trois étages étaient au-dessus ; et au-dessous était un souterrain dont on voit encore les soupir ux.
Des décombres de cet immense édifice, dont le sommet forme le sol artuel, au-dessus duquel s'élève la tour, ont été retirés plusieurs tombereaux de charbon; on a reconnu des poutres calcinées, des feuilles de plomb de cinq a six pouces, des grill' s de fer, des pierres vitrifiées par l'action du feu : toutes choses qui semblent indiquer un grand incendie, suite probaLle du dernier siège soutenu par ee donjon.
Les partie» énormes qui se sont détachées de cette tour ont comble le fossé. Une masse considérable, tombée depuis plusieurs siècles, s'est tout récemment séparée en trois blocs, dont l'un a enseveli sous ses débris des voitures, des herse*, des rhanois et d'aotrts instruments aratoires.
mime cette vieille forteresse, s* /les restes de l'affreuse féodalité!