‹ Histoire physique, civile et morale des environs de ParisChapitre 52 sur 144 · CHAPITRE D · texte numérisé non relu

CHAPITRE D

POM SAIVTF.-MAXKSCH , VBiBtlUI, BETlillY, PlISRin » r , MIM JEAS.-A1 X-Buls, LA CHOIX-SAIiriHlUlN

| L-Ttal-a^alf «al >»«• •» Stalatr-MaarMT

Celte petite ville située sur l'Oise et sur la route de Flandre, a quatone lieues environ de Paris, est séparée de Senlis par la foret de Halatte-

On fait remonter très-haut l'origine de Pont-Sainte Maxi m e; on présume que c'était un lieu de passatte pour les troupes romaine», lorsqu'elles allaient de Seuils à Reauvais, ou a Amiens. Cartier1 y reconnaît le litanobriga, des Romains; et l'exact et savant d'Anville n'est pas éloigne de cette opinion. Ce nom litanobriga est compose de deux mots celtiques, dont le second Mguilie un pont.

Quant au nom de Sainle-Maxrnee, on raconte qu'une vierge thn tienne . appelée Maxtntia, y reçut le martyre; et l'on montre encore entre Pont ei Senlis le lieu du son supplice, où une chapelle fut .epuis élevée a rote d'une fontain> . Selon les légendes, sainte Maxenve était Irlandaise ; elle se rendit à Pont-en-Beauvaisis, accompagnée de Bardanu*. son serviteur, et de Ra$rlie, sa suivante. Maxcnt, sans doute gouverneur du pays, l'aima sans en être aimé, furieux des refus de la jeune vierge, il lui lit trancher la téte ainsi qu'à ses compagnons de voyage. Cette légende est commune à la plupart de» vierges martyres.

La roi Cbildêrie ayant été tué par un Franc, nommé Bodiloo. Thierry III lui succéda; alors Ëbroiii sortit de sa prison de Luxeu, en l'an 678, rassembla un grand nombre de troupes, dirigea tes armes contre le roi Thierry, passa l'Oise i Sainte- Maxeuce, et massacra tous les préposés à la garde du ,ont. C'est ta première fois que Pooi-Sainte-Maxeuceest mentionné daus l'histoire.

Cliarles-Je-Cbauve ht présent de Pont-Sainte-Maxence à l'abbaye de Saint- Denis.

Eu l'an mu,, le 101 Robert donna, dans ce lieu, une charte contre Erïrède d'Encre, avoue du mnnastrec de Lorbte, qui, au lieu de protéger les biens de ce monastère, les pillait et 0|>priiuait l'abbe et les m mues. Dans cette chui te ce lieu u'est qualiiie que de villa, mot qui signifiait alors hamtau, ferme. !/<•••>•"» dtê champ». In villa cocubulo l'one Sa net a Maxtntia '.

Pendant le lemp> des guerre» suscitées par les Armagnacs, les Anglau et les Bourguignons, temps affreux ou les hommes armes se luisaient un jeu du pillage des villes el du nias-acre de leurs habitants, plusieurs s étaient successivement dégages de lu pic-cnce des enuemis pir de forus i aucuns : c'est ainsi qu'eu IMV les habitants de launpiègite acquirent le cliàl au de CrtU, dont la garnison ang.aise alla sur-le-champ s'emparer de l'oui-Sitiute-Maxeuce, pour eu retirer encore une nouvelle composition- Dans le siècle suivant, en 1434, Ponl-Sainte-Maxence fut pris sur Gui bon de rerrierc. qui en était capitaine.

Les guerres de la Ligue iiuus montrent eucore IHmt-Sainte- Mmeuce eu butte aux fureur» des partis. V ers la lin de l'année lâutt, le roi Heun III, uyaut été averti que les chefs de la

• UitUrirt ém duck* àm I'./o.j. Mac i, \nn i, 47.

• Km wW dit Uulorvnj 4, Frarntt, Luise t, J»l.

Li ue »e proposaient de s'emparer de Senlis, les prévint en faisant augmenter les fortilicaitons de la ville et renforcer la garnison. Les ligueur» abandonnèrent alors Sentis pour tomber sur les places voisines, qu'ils prirent presque toutes sans résistance, parce qu'elles étaient dépourvues de munitions et de vivres : Ponl-Sainte-Maxence fut de ce nombre; les eomman iants de ces places avaient prévenu l'arrivée des ligueurs par une sortie volontaire, emportant leurs bagages avec le peu de vivres qui leur restaient.

Iji petite ville de Ponl-Sainte-Maxence es', dans l'une des plus belles situations du département de l'Oise, près d'une rivière, A l'extrémité d'une plaine et au pied d'une montagne. On y remarque sur lOlse un très-beau pont construit par le célèbre architecte Péronnet. \x pont de Sainte- Maxencc est uns contredit l'un des plus remarquables de cet artiste; il y a fait preuve d'un grand talent. On admire son élégance II offre cette particularité, que les piles sont composées de quatre colonnes accouplées, et laissant entre elles un intervalle ne neuf pied«. Ce pont a remplacé, en 1777, un autre pont que l'on croit avoir été construit par le» Romains. Cet ancien pont, placé un peu plus haut, et dont les vestiges se volent eucore, . était fort étroit et gênuit la nanuation.

Toul près de Pont-Sainte-Maxence sont quelques restes de bâtiments de l'abbaye de Monecl. autrefois riche et puissante.

A deux lieues de cette même ville est Saint-Pierre, autrefois collégiale, maintenant paroisse de la commune île Pont-Point.

g II— Veriterte.

Verberie est un bourg ou une petite ville t ni versée par la grande route de Paris A Compiegne, â quatre lieues au sud de cette dernière, à trois au nord de Crespy et à quatorze lieues vers le nord-est de Paris.

L'origine de Verberie remonte n une époque très-reculée; on la trouve nommée dans les plus anciens documents Vernbria et Ferons; dans des monuments plus modernes, Vtrmtria, W*rembria, 'Vroeriaciim.

Il parait que la ville de Verberie fut originairement située au lieu où s'éleva lepuis Mal Aetis», sur la montagne en-deçà de la chaussée dite de JUruntkaut on plutôt de Bruntaui. « Les « anciens titres, dit Carlier nous apprennent que la surface

• ue ce terrain a longtemps été couverte de ruines.... Les « laboureurs y ont trouvé d'anciennes monnaies de tout mé~ « tal, des vases de fer de figures singulières Ces ruines ont

• fourni de pareils monument» pendant près d'un siècle: Ver- « berte 'étendait sur la montagne depuis cet endroit jusqu'à « Fay, comme l'indiquent tes puits, les aqueduc» et les fon- « ations qu'on trouve sur cette étendue en plein champ. Dans a la vallée, les habitions bordaient la montague depuis Rhuys " jusqu'à Sainttnes. ■

Il y eut anciennement à Verberie un port et trois ponts; l'on a trouvé sur leur emplacement quelques pièces de monnaie d'argent de» rois de la première race.

Charles-Martel, après une campague contre le» Sarrasins, dans le midi de la France, se retira, eu 730, au palais de Verberie, y tomba malade et y mourut deux ans après.

Dans les capitulâmes des deux premières races, où ce lieu est fréquemment mentionné, ou le trouve constamment nommé Vtrmer<a$ ou Vermerium ; il est qualifié de Palalium regium, palais royal. En l'an 763, Pépin y convoqua uncomile, qui, entre autns choses, s'occupa de règlern- nt» »W les mœurs.

En l'an sic», Charlemamic faisait exécuter i es travaux au palais de Verberie, comme l'atteste l'article ix d un de sescapitulalres pur ces mots : de operibu* palacii apud Veimerium.*. On croit qu'il fit entièrement reconstruire ce i niais, et la chapelle dont ou voit es r- si.es, qui portaieutencore, au xit« siècle, ie nom de chapelle d* Chartemagne.

Ce palais, degra<Je par les inclusions successives des Normands, perdit beaucoup de »a magnificence. Cependant sous la troisième rae< , les rois de France, et particulièrement ie rot Robert, y tirent quelque séjour ; Robert y donna, en 1031, uue charte <le fondation religieuse. En iojo, ce même roi donua, de concert avec la reine, le prœdtum du palais de Verbi ne a l'église de Saint-Corneille de Coin ies>ne. Ce pfetdium formait les bâtiments d'exploitation de cette éioque; la reine

1 Butoir» im àucM d* ' alou, imh l, p»ga T. ' CtfUutmri* Bmtuui, cnu« i, page «ta.

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

l'avait acquis de se* deniers, des mains de quelques envahisseurs. Robert, dans eel acte, dit que ce prerdum riait eon'lgu à la résidence royale de Verberie : no$trir r^gah W» Vtimeria contiguum. Il donne de pins à cette pu lise tous les biens dépendant <ir ce preedivm, qal consistaient en quatre moaltns, cinquante-trois hommes qui l'habitaient, quarante-quatre arpents de vigues. quarante arpents de prés, des cens qui sont qualifiés u tsaetiimt léptimti, deux forets, etc. ».

Des lors Vcrberie. passant des mains du roi dans celles des prêtres. pe ni i 'toute son importance.

Ce fut a Verberie. au mois d'août 859. que fut tenu le svnorie «V Soissons, convoqué par Charles-le-Chative. Cet empereur y lit plusieurs reniements. En 850, il y fit célébrer le mnria«e de sa tille Judith avec Edilurif. roi de r*An;leterre méridionale.

« Ce palais tenait à plusieurs dépendances qui formaient « comme autant de châteaux particuliers, dont chacun avait sa « oestiu&tioii Les noms anciens de ces châteaux n'ont pas ■ changé ; ils lès conservent encore dans les titres modernes. « Ces dépendances, qui suât an nombre de quatre, se Dominent « l* la Tour ou Saint-Corneille ; t* Herneuse ; 3° le bois « d'Ajeux ; 4* Pay, qui comprenait Laborde, Francourt et la « Boutai ère. »

Le pa ais de Verberie, situé an nord de Verberie, sur la rivière de I Oise, avait une étendue de deux cent quarante toises. A I occident se trouvait un v aste corps de logis, où se tenaient le* assemblées, les parlements . et, à l'orient, la chapelle de Cbaileiuaghe : ce qui formait deux ailes. Au centre on voyait un grand corps de togis composé de deux étages. « Le» murs, « bans ,i uue pierre de taille choisie, ctaien ornés de ligures à « bas-reliefs, de frontons, de fleurons, de fenêtres ouvertes et « de ieneUvs feintes, avec des ornements bien ménagés et d'un

• grand de>sin proportionné au genre d'architecture qui appro- « cuait du colossal. Deux tours rondes accompagnaient ce pnn- « einal corps de logis Depuis ces deux tours jusqu'à la chac pelle de Chariemagne d'un cèle, et à la salle d'assemblée de « l'autre, ou voyait divers bâtiments un peu moins élevés que

• te grand corps de logis, mieux percé de hautes et forges a fenêtre», semblables aux croisées des église* du xnr* siècle, « inouï» chargées cependant de pilastres et de moulures. On « remorquai! par intervalles de grosses toux» carrées, plus larges « u.u élevées ; elle» faisaient l'effït de nos dômes dans es

• I»»*'» i «• Uré ces notices de quelques restes de l'ancien

« p-lm» et d'uu Ulre du rétine de François l«». »

Cette description de Carlier me semble imaginaire et prouve que cet auteur ne connaissait ni l'architecture du temps de cbarieuiagne, ni celle du xiu* siècle; d'ailleurs il décrit re qu it n a pua vu.

Le* jardin» s'étendaient jusqu'à la rivière de l'Oise : ils communiquaient a la rive opposée par un pont nommé pon( du Palais.

Au coucuant de ce palais était une grosse tour; mais il n'est pa» sur qu'elle datât au règne de Charlema<aie. ("est ci- lieu qui fut uesigne par le nom de Pradiwm. L'officier qui gouvernait le palao, de Verberie y faisait >a résidence ; cet oflicier a succèsatveiueui pn» les titre» de comte, de jnge, d'économe et de châtelain. Les ravage* des Normands causèrent de grands dommages a cette habiuition royale.

Le» autres partie* du palais de Verberie devinrent la proie des principaux uflicier» de ce palais, qui érigèrent en Hefs hérédi une» ue* biens qui leur avait été donnes a vie seulement, eu in.ru» que le ressort de ce palais, autrefois si considérable, su réduisit alors au principal corps de lopis du château. Ensuite, le roi Uooert, voulant donner de l'importance a la forteresse de Belliuy, y iransiera le siège de la juridiction, qui avai' été Jusque-là alla- ne au palais de Verberie Les dépendances d-s deux terrtUMiesde Béttiyxittdt' Verberie furent reunies «ou* le même ressort, uiuis on laissa a Verberie un prevôlet un cintre, espèce de mugi Irai ou de seigneur, t.evintre réunissait Irsfonclions des prevms, des uwéchaux et des exempts de maréchaussée. Cette charge ne consistait originairement que dans la garde des ptisoo» du pal ut; mais elie devint un llef qui ouliuea le titulaire u a lourutr des prisous au châtelain de bVtliizy, a faire a apprétituder au corps, lier et renfermer, sous bonne et sûre « garde, les malfaiteurs et les coupables juridiquement con-

> HtcutU dts Historiens ds trames, têtue i, p*gr OS».

• Carlier. Uutnrt, dm émtèi de Vmtess. Mat t, livre ... pw ITS.

| « damnés. » Le > tntre avait k ses ordre» des sergents cbevau- [ ebeors et des serments k pied ».

Au xtt* siècle, l'ancien palais de Verberie esletaH encore; mais II ne conservait plus rert de son premier état. On divts nt son territoire c trois parties, qu'on nommait les terres de Sain» fines, de Fa y et de l-ong-Mont. Tes trois terre», â Fexception du corps de logis dn château, appartenaient ou aux setencur* de Nantruil, on aux grands Bouteillers, ou nui malsons de Saint- Corneille de Compiéme et de ChâHs.

C'était l'usage alors qu'il y eût un doyen de chrétien té. Dehtnuj chrùtianitatù; : Vune des fonctions de ces dovens était le passer les actes publics comme font aujourd'hui les notaires; mais ils n'étaient point inamovibles ; Ils chsniteaient ordinairement tous 1rs deux ans. Le doyenne de la chrétienté et la double prévôté dn Bethiry et Verberie résidaient tantôt dans l'un de ces deux chefs-lieux, tantôt dans l'autre.

Au commencement dn xiit* siècle on trouvait à Verberie quatre chapelles et deux cures.

La mmistrerie des Mathurins de Verberie est une des premières qui aient été fondées en France. En un» Philippe-Auguste appela » Verberie trois prêtres, tro»s laïques et un procureur on ministre : nombre de prnfè« nécessaire pour l'établissement d'une ministrerie. Il les plaça dans l'hôpital du lieu et fit bâtir pour leur usa:e une église avec un nouveau corps o> logis. « l^es Mathua rins de Verberie, dit Carlier, sont les premiers qui ment usé « 'te la liberté de se servir de chevaux pour monture, et d'en « élever cbex eux. • Ces religieux furent tres-favortses des rois de France.

Verbr-rie eut de bonne heure une charte de commune.

Phiirppe-le-Bei et ses successeurs firent quelque séjour à Verberie et y donnèrent plusieurs chartes. Une charte de 1 309 prouve que le lieu de Verberie se divisait alors en quatre quartiers : la Villr, lr Chdteau, le Bourgrt et le B»wrg.

« La ville comp euaU le haut-court, le long de la monraene, a presque jusqu'à Francourt : il y avait en ■■et endroit une porte « dont on voyait encore tes fondements en 1616 : a noté >e cette « porte était une masure que les titres nomment mmat»*» delà « clef de la perte de la ville

« Le&tntrget, qui commençait à la grosse tour de Saint-Cor - • net! le, et le B»nrg, qui s'étendait sur la droite, contenaient

■ les rues des orfèvres, des Allemands, des Juifs, des Barbeaux,

■ de Volterenard. de Saint Martin, de Blois, la rue Paécuse « (de* marais), la roc du Monastère, la ruelle Grillot, la rue du « Temple et la rue du Bourg*. » Il y avait sur le territoire six moulins, dont trois banaux.

On pourrait croire que la ville de Verberie fol trea-penplée & celte époque, puiSfuc Pierre Coquerel de Verberie, voyant que les trois églises de Saint-Vaste, de Saint-Germain, et celle de Saint-Pierre, qui conservait encore le nom de eaa/wfis de Ckar- Itmagne. ne suffisaient pas aux besoins du culte, Ton lu une chapelle nu liant-Court ; mais, dans ce» fondations, on consultait plutôt les intérêts i artieulies que les besoins des habitants. Les églises étaient alors très-productives. Cette ehauetie du Haut-Court fut achevée en 13-13. C* même Coquerel obtint du roi Philippe-de- Valois ' établissement d'une loire devant la chapelle; et. par un acte du l & mai 1840, le même prince aeeonla un saur-conduit de dix-neuf jours pour toutes les marchandises qui seraient amenées huit jours avant, huit jours après et pendant les trois jours que devait durer la foire ; précaution qui ne mettait pas toujours les marchands à l'abri du brigandage armé des seigneurs.

I.a roaisop des Coquerels était déjà ancienne au xrv* siècle : les premiers Coquerels dont on ait connaissance, ont etc des chevaliers qui prêtaient leur ministère dans la défense des château n et des monastères. Des le xu« siècle, cette famille s était divisée en quatre branches : l'une dans le Pariais, l'autre dans le Beauvuuiis, la troisième dans l'Amienois et la quatrième enfin â Verberie et dans le comté de Senlis.

Dans le même siècle, les Nu variais qui avaient pris Creil et Chavercy, s'étant joiids aux Anglais, brûlèrent ce qui restait des bàlimenU du paluis de Verberie*. Ce désastre est la second •

■ Cri ofltcs rapprils Celui do rot in RikauÀM 1 P»rt», n U iltitpilarile à» bon iom «elle du Pemtin de Saint— Ulon eu KM%et%nt, e- *\e «la - Borne." em Ijespi-rn- Valût*. .: f

> Cailler, UiUaUt du iutkéde Vaiou, loue u, IWre », ftft iAë.

iCneU*. !te*t>. ed «M. « SH. SpUU., Ioom im. pa«a «I».

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cpnque de l'existence de. ce fameux château. L'incendie dura plusieurs jours; les murs, calcinés par l'action du feu, restér "rit pendant dix ans entiers dans un état de ruine '. Le roi Charles V y fit travailler; les murs du grand appartement de Charlemagne fureut baisses de deux étages ; le tout fut couvert de nouveaux toits; et l'intérieur subit les embellissements qui l'urent juttés convenables. Un édifice entre le palais et l'église *i >t construit à neuf, apparemment pour servir de logement aux ot ficlers du roi. Les murs de ce second édifice subsistaient core vers le milieu du wnf siècle.

Au XV siècle, les Bourguignons et les Anglais, réunis, se présentèrent devant Verberie. Ce lieu et le château, ouverts de tou>cs part*, promettaient aux Anglais une conquête fan e : il en fut autrement, lin habitant du lieu, nommé Jean de Dours. avait fortillé le cimetière de la paroisse du château, et s'y était retranché avec un corps de citoyens qu'il avait a'mès et dresses aux opération* militaires. Le comte Hunlingtoti le lit sommer de quitter son poste et de se ren ire avec ses gens; Dours répondit qu'il tiendrait tant qu'il pourrait et qu'il défendrait le domaine du roi Ije comte fil livrer uu assaut; Dours le soutint avec courage, et repoussa les ennemis. Le comte fit venir pompleraent de Saintinrs quelques pié -es d'artillerie : le pos'e, qui avait tenu contre un assaut, n'osa résister au feu du canon. Dours, étonne, offrit de se rendre, mais on n'écouta point ses propositions. Alors, il se relira du cimetière dans la chapelle de Charlemagne avec ses gens. L'artillerie anglaise riait d'un des plus forts calibr* s qu'on cùl encore vus; elle foudroya la partie septentrionale de la chapelle ; et les bourgeois de Verberie, privés de leurs remparts, se rendirent a discrétion. Le général anglais lit pcn ire Jean de Dours : il avart mérité^ûne cou-

I. urs biens, et retenus prisonniers jusqu'à ce qu'ils eussent payé une forte rançon.

Le château fut sans doute grandement endommagé à cette époque ; car un auteurdu xvm* siècle écrivait : • Le mur «les « bâtiments qui cou po eut actuellement le bourg de Verberie a « été formé presque tout entier, sous François I", des débris a du château Ce bourg fut fermé de murs, flanqués de tourelles « par intervalles et percés de cinq portes garnies chacune de <' meurtrières cl de créneaux. La nef et la Unir de l'édise de « Sai ut -Pierre >ont des ouvrages de ce même tem|is. Les ruia nés de l'ancien palais de Charlemagne avaient été abandon- ■ nées A la fabrique de Saint-Pierre et à la communauté des « habitant». •

En ift 15. la reine Marguerite de Valois, femme de Henri I V, rnuagea les domaines deBethizyet de Verberie, dépendant du duché de Valois, au s'eur de Villers; mais, en 1624, le roi Louis XIII ordonna que la somme pour laquelle ces biens avaient été engagés fût restituée au sieur de Villers; celte somme fut fournie par Nicolas de l-ancy, qui devint alors engagiste, et dont la famille a gardé ces bi-ns jusqu'en 1 7 jo.

Pendant les lioubles survenus dans la minorité de Louis XIV, les murs de Verberie furent répares. L'armée du maréchal de Tureiuie, en 1653, vint camper près de ce lieu, et se livra a de grands ravages dans les envirous.

En I6:>8, la pe-te se manifesta a Verberie, et menaça d'y devenir meurtrière : des secours administres a propos en arrêtèrent les progrès.

L'histoire de Verberie ne fournit plus rien d'intéressant , mais il est des détails de mœurs qu- nous ne devons pas omettre ici; ils complète ont le tableau historique de celte ville.

Nous av.» s parle du jeu d'aibaletc de Seul» ; Verberie avait un J< u I peu près semblable : le jeu des inmbntaujc. qu'on nomma plus tard des «m/r»«u* . Ces tombereaux étaient, selon '. express on de l'auteur du livre intitulé Anhquilé de* villet'.

• de petits galants qui se laissiient rouler du haut en bas d'une

• cohine. t.nur amuser les passants. » Ce jeu subsistait au temps le Charles VI.

L'ailr ssc du saulriau consistait â entrelacer sa tète, ses brn< et ses jambes d.< manière que son corps prit la forme d'une boule ; il se précipitait ainsi du haut de la montagne, et se

' Cirllrr, HUMrt 4» iwh* diVutoU, loire N, livre V, p«(e G vil. V-inj. ad a%%. ut».

■swsM<

Si7. Ctmtin.

trouv ait sur ses pieds au bas de crtle même montagne ; quelquesfois le jeu du saulriau se faisait a deux personnes ; alors le* deux sautriaux plaçaient chacun sa té'e entre les ïambes de l'autre, s'entrelaçaient les bras et formaient ainsi la boule.

Plusieurs écrits nous apprennent qu'avant le règne de Henri IV, des troupes de sautriaux se formèrent en divers lieux de In France, à l'imitation de c» ux de Verberie. et que ces dernier» envoyèrent dee élevés jusqu'en Provence. « Ce qui est singulier, a disait Carlicr, c'est que, depuis un temps immémorial, les <r sautriaux de Verberie sont inscrits sur l'état d.es menus plai 1rs o du roi pour une somme qui leures' délivrée chaqu- fois que le « prince descend la montagne de Verberie pour aller a Com- « piëgne »

Sur la Un du rèane de François 1" on vit à Verberie ur,

tendue soreiè-r nommée Jean*» fJarviUtr*. Elle devint | par ses maléfices, ses scelles et la réputation qu elle s'acquit dans le Valois et dans touie la Picardie.

Voici le sommaire de ce que nous apprend le jurisconsulte Bodin, si savant en matière de diablerie.

Jeanne Harviliers était née k Verberie. l'an <5i*. d'une mère consommée dans l'art des maleûces et de la prostitution *. Celle mère, à la persuasion d'un sorcier de sa secte, la voua au diable, le jour même, de sa naissance, avec les formules et les cérémonies requises en pareil cas*.

Jeanne, ayant atteint l'âge de doute ans, fut présentée à un homme vêtu de noir, botté, éperonné et de haute taille, ayant une épée à son côté, et son cheval à la porte : cet homme émit le diable. C'est sous ce titre qu'il se présenta â la jeune fl le : il lui dit que, si elle voulait l'écouter et se livrer à lui. il la rendrait heureuse en lui faisant un sort avantageux, et lui enseignerait plusieurs moyens de foire du bien â ses amis ctbeaucoupde mal à ses «onerais.

Jeanne Harviliers, que sa mere avait préparée à cette scène, accepta les offres du diable, ettémoiuna beaucoup d'envie de profiter à son école. Celui-ci lui dicta des formules qu'elle lépéta. Ce début ouvrit à Jeanne la voie de la prostitution, et fut le eommen ement d'un commerce illicite, qui dura trentehuit ans; l'homme noir arrivait ordinairement a la nuit close, à cheval, vèiu et équipé comme à la piemlère entrevue. Pendant les premières années, il enseigna â sa maîtresse diverses recettes propres A faire périr en peu d'heures les hommes et les animaux. La prétendue magie qu'il employait à ces opérations consistait principalement dans des graisses apprêtées et dans des poudres; il faisait eu outre de temps en temps des présents d'argent.

Cependant, Jeanne fut demandée en mariage; elle consulta son diable sur le parti qu'e.le devait prendre. Celui-ci lut conseilla d'accepter, et prit des mesures pour empêcher que cette alliance ne nuisit a ses plaisirs. Le mariage fut conclu sans que le mari eût aucun soupçon du pacte conclu avec le diaMs.

Jeanne, voulant éprouver la vertu des poudres de son diable, en fil l'essai près de Verberie : elles firent leur effet. Jeanne fut arrêtée ; on instruisit son procès : sa mère fut aussi a- re ée; et, sur des accusations de sorcelleries et d'empoisonnement, e le fut brûlée vive ; la fille fut condamnée au fouet.

Cependant cette condamnation ne corrigea point Jeanne Harviliers | elle quitta le bourg de Verberie, et alla s'établir dans le Laonnais, où elle continua, dit-on, ses maléfices.

EJIe avaa uue fille d'humeur querelleuse ; celle ci chercha un jour dispute à un de ses voisins, peu patient sans doute, qui la frappa. Jeanne Harviliers, étant accourue au brmt, prit le parti de sa fille, et menaça le voisin. Elle recevait tou ours la v istle de son diable ; el e lui demanda un sort pmir tirer de s-iu ennemi une vengeance éclatante. Le diable lui donna une poudre, et lui enseigna la manière de l'employer; il l'assura qu'en plaçant le sort sur le chemin par ou le voisin dent passer, celui-ci contracterait une maladie aiguë, qui, après d grandes douleurs, lui causerait enfin la mort. La sorcie e suivit eu tout les instructions de son diable; elle épia son voisin; et, sachant qu'il devait traver>cr, à une certaine heure du jour, uu chemin lorl étroit, elle y déposa le ton ; mais il arriva qu un autre voisin, avec lequel elle vivait en bonne intelligence, pa>sa le pre-

« Jean BtMlin, D»a

ai* are» P»« ».

Il,

itiii-r; il Tut frappé du coup qu'elle réservait a son ennemi. J. ah ic rianritiert alla trouver le malade, lui lit l'aveu de sou crime . lui offrit ses services , lui demanda pardon, et l'assisia pendant su maladie.

Le dialil revint sur ces entrefaites : Jeanne lui raconta son malin ur et lui demanda une nouvelle poudre qui pût détruire l'effet de la première. Le diable lui reprocha son imprudent aveu, et lui dit que le mal était sans remède. La magicienne accabla ce diable d'invectives, et lui défendit sa maison.

Mais l'avru fait au malade fut découvert; des passants avaient vu placer !•* sort ; le malade mourut et Jeanne en eut tant de frayeur qu'elle alla se racher dans nu - grange. Cette évasion subite acheva de la déceler; elle fut prise et emprisonnée. Elle suhit un interrogatoire : on lui demanda si elle était sorcière; elle répondit que non : mais elle s'avoua coupable de plusieurs m «léfices. Les juyes décidèrent, dans leur sagesse, qu'elle méritait la mort et devait être condamnée au feu | mais à qu 1 litre? ctait-c* comme sorcière ou comme empoisonneuse? Bo lin soutient qu'elle devait être c «damnée comme sorcière ; cependant, quelques-uns des juges pensèrent que le suppliée de la corde était suffisant, parce qu'il y avait dans sa conduite p'us de fol e et de libertinage que de sorcellerie ; mais, cet avis ayant transp ré, le peuple s'assembla en foule autour du tri— Lunal. et menaça les juges de leur enlever la magicienne et de la brûler, s'ils ne la coudnmnaient qu'à la potence, parce que, disait-il, on avait vu des sorciers survivre à ce dernier supplice, par le moy>n de leurs enchantements. Jeanne fut condamnée au feu, et brûlée vive le dernier jour d'avril 1578. I ne multitude innombrable de personnes assista à ce sup lice. Le diable ne fut nullement inquiété : chose horrible à penser.

La sorcellerie était plus en vogue dans le Valois que partout ailleurs. Pro( a«ée par la rvlne Catherine de M&liets et ses Italiens, qui y avaient beaucoup contribué par leurs exemples, « on comptait dans son seul duché de Valois plus de six cents « tant magiciens qu'astrologues, nécromanciens, devins, etc.

Les tabbaticre du Valois furent surtout fameux. C'était ainsi qu'étaient nommés ceux qui fréquentaient les assemblées nocturnes, nppelées le tabbat, dont tes démooolugues ont fait de si amp es et de si »b unies descriptions.

Du côte de In Ferté-Milon, on nommait les sorciers chera*ehewe de ramoM; m Verberie, ekttautkewrt d'eeetmtetUe. Ramnn, vieux mot français , et etentttte, ancien mol picard, signitleiit tous deui un balai. On croyait que, pour être reçu au sabbat, rhaque sorcier devait être muni d'un balai et le tenir entre set jambes; avec cette mouture ib arrivaient miraculeusement au lieu du subbat. Les sabbats de Verberie se tenaient en trois endroits : au Pont la-Reine, sur le grand chemin de Compiègne; au fonJ de Noé Saint-Martin, près du grand chemin de Parts, et au bois d'Ajeuxi.

Aujourd'hui Verberie n'est plus qu'un bourg dépendant du canton de l'ont-Sain'e-Maxence ; mais ce bourg est situé dans une charmante position sur la rive gauche de I Oise qu'on y passe sur un bac, à l'extrémité d'une plaine et au bas d'une montagne ; son cnàieau n'existe plus, maison retrouve l'ancien fief d Animant et la maison dite de Saint- Corneille.

On. porte la population de Verberie a 1,300 habitants.

| m.-ssMrisy

L'ancien Béthizy forme aujourd'hui deux communes conti gué*, situées à une heure et demie à l'est de Verberie, à quinze au nord-est de Paris.

L'origine de Bethizy est fort obscure : son nom vient du latin Btetum, qui signifie un lieu de pâturage.

Le t< rritoire de Béthizy se divisait en trois parties : Bélhlzy- Sainl-Murtm, Bé h ixy-Sainl- Pierre et le château de Béthizy.

Brthizy-Saiul-Martio était situé sur la chaussée de Hrtnhaud ou Biunetiu, l'église de Saint-Martin avait le titre de paroisse des l'an 1 060 ; les plus anciens doyens de chrétienté ont été curés de Saint-Martin.

Béthixy-Saint-Pierre a commence par une ferme du fisc, Prtrdium. accompagnée d'un clos de vignes ; cette ferme resta au pouvoir des rois de France, jusqu'au règne de Charles -le- Simple. qui. l'an 907, la donna au monastère de Momicnval.

Dom Germain et le père Mabi lion placent la fondation du châ-

teau de Bethizy sous le roi Robert, parce que. dit -on. la reine Constance ayant échoué dans sa tentative d<« faire couronner son fils cadet au détriment de l'alné, et craignant le ressentiment de celui-ci, fit fortifier quelque* châteaux et bâtir quelques autres sur des lieux naturellement fortifiés. Un tertre élevé de plus de deux cents pieds et escarpé de toutes parts, dont la cime dominait sur une vallée fertile et sur toutes les montagnes voisines, parut aux officiers de la reine un rmplarem n» propre à élever une forteresse imprenable ; et le château de Bethizy s'éleva.

« On peut, dit Carlier, se former une idée générale du fort « château de Bethizy, en partageant d'abord le tertre en deux « parties ; l'une regarde le septentrion, l'autre le midi. La « partie septentrionale n'offre à la vue qu'une pelouse d deux « cents pieds d'élévation, couronnée d'une tour ovale ; l'autre « part e était couvert.- de bâtiments disposés en amphi héâtre. « Le chemin qui conduisait au château et â la tour commit une « pente très-rolde. Le co ps de logis, composé de plusieurs « étages, était adossé contre le tertre. Une t elle plate-forme « paraissait au-dessus du coin Me des toits, et régnait le Ion a de • la partie du tertre qui renarde le midi : c'est là qu'on bâtit a dans la suite l'église de Saint-Adrien, les logements des rvlic pieux et l'hôtel du châtelain.

• Arrivé â ci lté plate forme, on avait encore & gravir une « nouvelle pente avant de toucher au sommet du tertre qui e t « aplati. La surface de ce sommet représente un ovale autour « duquel on assit une ceinture de fortes murailles. On dressa « au milieu une tourelle en forme de guérite plus haute du « double que les murs du couronnement. Au pied de la t uérite a paraissait l'ouverture du puits, on l'on descendait jusqu'à « I eau par deux escaliers collatéraux. Ces ecalicrs commun.e quaient à des souterrains si aeieox dont plusieurs avaient une « issue dans la campagne, au pied tu tertre. J'ai trouvé moyen « de pénétrer, Il y a quinze an«, dans une de ces sa'les souter- « raines. Le goût d'architecture des voûtes et dgs arcades se « rapporte évidemment au règne de Robert. Il y a tous les ca- « racteres du premier gothique qui, en France, a succédé au « goût romain, après les ravages des Normands*.

« On construisit un four qui avait une l»sue dans la tour et « une autre fssoe dans le château. On plaça â coté du four le « logement du fournier. la chsrge de fourn er de Béthizy fut ■ érigée en fief presque aussitôt après son établissement. On « plaça au-dessus de la prlnctpa'c porte dVn'rëe de la tour une « chapelle qu'on dédia sous l'invocation de Sainte-Oenertève. •

Robert et Constance, pour donner de l'Impirtanee a la forteresse de Béthizy, y transportèrent, comme nous l'avons dit, le slége de la juridiction qui avait jusque-là appartenu au palais de Verberie.

A la mort du roi Robert, Constance voulut exécuter son dessein. Elle avait en son pouvoir les plus fortes places du royaume ; entre autres le château de Béihi/y: ses partisans prirent les armes et furent battus. Le roi Henri leur pardonna; et, voulant leur témoigner combien il comptait sur la sincérité de leur retour, il alla visiter dans leni s ehât. aux plusieurs d'entre eux.

Le châtelain de Béthizy se nommai! alors Richard. Son flcf de châtelain lui donnait, entre autres droits, celui de prélever quatre deniers sur chaque fille de joie, qui passait ou qui séjournait à Béthizy.

Bichard acheva, sous le règne de Henri I", les parties du château que la reine Con-tance avait laissées imparfaites. Il bâtit a ses frais une chapelle, et formn le dessein d'y fun 1er un chapitre. Cette chapelle fut consacrée sous le litre de Saint- - Adrien; et Richard fonda dnnsc-tte chipelle quatre prébendes et une dignité de doym. Il obtint du roi Philippe l*r le pilais ou maison royale de Cuise avec s-s dépendances, et en appliqua les revenus au chapitre de son église.

Le roi Loui*-le-Cros aimait beaucoup le séjour de Béthizy, et en occupait souvent le château, soit à cause de la sûre é du lieu, soit pour le voisinage de la forêt de Cafte, où il poux ait aller chasser. Il donna aux habitants de Bethizy une entière liberté; cette franchise peupla ce bourg d'un grand nombre

< Cartier ne rannaUsait pal aiaet les formel de ftTeailertore 4e différent* pHlUl. pour perler iiiui afflrmatiTement de relui du tomp* dit roi Bobert. Le

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARTS

de familles qui gémissaient sous l'oppression des seigneurs i voisins.

. ta cérémonfe du mariage de Louis VII avec Éléonore de Guienne lut célébrée au château de Béthizy, en 1 187 ; Suger en avait (ait les préparatifs, et le choix de ce château pour nne aussi grande pompe semble prouver qu'il devait être vaste et

Philippe-Auguste fit aussi de fréquents voyages au château de Béthizy; ce fut devant ce château que vint se présenter le comte de Flandre, dans les démêlés qu'il eut avec le roi. Il en forma le siège, mais inutilement.

Outre les églises de Saint-Martin, de Saint- Adrien et de Saint-Pierre, il se trouvait alors plusieurs chapelles sur le territoire -le Bétbtzy.

Philippe-Auguste entretenait dans le château de Béthity des chevaliers et un prévôt : les chevaliers étaient au nombre de six attachés au château ; Ils avaient la préséance Ips uns sur les autres par rang d'ancienneté ; chacun d'eux avait son grade et son emploi.

En l'an 1309, les trots prévôtés de Bethixy, de Verberteet de taon furent réunies ; mais celle de Laon en fut bientôt détachée.

On peut rapporter ici ce que nous avons dit h l'article Yrrbtri», louchant le doyt» de chrétknti de la double prévôté.

tars des guerres qui signalèrent le règne de Charles V, le château- de Béthizy fut assiégé par les Na verrais et les Anglais réunis ; ils te présentèrent devant ta forteresse dans le dessein de la prendre et de la brûler. Ils livrèrent d'abord un assaut des plu* animés ; mais, ayant été repoussés avec perte, ils se retirèrent dans un lieu qu'on nomme encore Cavrt aux Anglait*. Le commandant de la forteresse, proiiiaot de la déroute, (H une sortie, et fondit, sur eux avec tant de vigueur, que ceux- ci ne purent résister. La plupart furent tués dans le eboe : le* autres dispersés régnèrent avec beaucoup de peine le château de Crell.

tas ennemis fureot si affectés de cette déroute, qu'ils résolurent d en tirer une vengeance éclatante en renversant le château de Béthizy. Le commamiant de Oeil fut chargé de l'expédition ; et «'étant mis à la tète d'un corps de troupes plus nombreuses et mieux choisies que lés premières, il fit ses dispositions pour l'attaque de la forteresse.

Le capitalue de la place. Informé de ces préparatifs, ne jugea pas è propos 'l'attendre l'ennemi, parce que les murs du château ' étaient fort endommages. Il détacha donc la p'us grande partie de la garnison, a laquelle il joignit quelques secours d'hommes ensovés dcLrepyet d'ailleurs, et s'avança du côté de Verberie pour empêcher l'ennemi d'approcher du château de Béthizy, le m ul. lieu <ies environs qui ne fût pas tombé au pouvoir des Anglais; on s'attaqua; le combat fut opiniâtre : la victoire resta uux Français. Le bruit confus de la mêlée, le désordre et le tumulte des Anglais dans leur défaite, les cris des mourants tirent, dit-on, damier au lieu du combat le nom de Champ dulltnt, qu'il conserve encore*.

Depuis cette bataille, les affaires des Anglais allèrent toujours de mal en pis.

Au xv« siècle, sous Charles VU, leebâleau de Bethizy fut grandement emlon image parles Bourguignons; il parait même que ce château fut entier- ment ruiné; et, depuis cette époque, le bourg de Bethizy devint .insque désert. Leduc d'Odeans, m loueur du Valois, ne Jugea pas à propos de rétablir la forteresse, parce que ce lieu, éloigné de* grandes routes et de la rivière, n'est propre à aucun commerce.

En 147 3, la place de c hatelaiu e Béthizy était remplie par un ecclésiastique nommé Pierre Boucher.

Catherine du Médicis, duchesse de Valois, lit réparer la tour et le château de Béthizy', alin n assurer aux habitants du lieu un asile dan» les calamités publiques et pendant les guerres de relation qui commençaient à celai er.

Kn septembre 1684, les ofliciers du siège de Bethizy donnèrent l'exemple d un règlement fort sage, qui, depuis, a été ucui ralcm< nt adopté et cou^iderablemeut amélioré. Ils or "iiu> rent que les curés des paroisse* de la chàlelieuie tieudraimi

t r.rrg(aroa, Tatrtê royal, fol. SI.

1 II ciuli" «a franc* aituiuurs flrinUli .

• Uetyaiaa, l'«Mi râpai, 1*1. i»-

registres de tous les baptêmes, mariages et ent rremenls célébrés dans leurs églises. Dans les autres hai'liau'cs du royaume, cet usage fut adopté beaucoup plus tard : ce n'est guère qu'eu 1668 qu'il devint général.

En I60f, la ville de Ct épy ayant été saccagée par les ligueurs, le roi, qui ne pouvait rétablir la ville dans son premier état, transporta au château de Béthizy les juridictions des bailliages prévôté et élection de Crépy.

En 1616, la reiDe Marguerite de Valois, de galante mémoire, vendit ou engagea, en même temps que Verberie, la seigneurie de Béthizy, dépendante de son duché, â un sieur de Vilters.

Kn 1RI8, Louis xm ordonna aux habitants de Béthizy de détruire leur forteresse. Les habitants envoyèrent des députés ao roi pour lui représenter que, leur tour ayant été ruinée sous Otaries IX, ils avaient reçu l'ordre d, la rebâtir d feun frai*,

• qu'après avoir épuisé leurs moyens, Ils a»- nient été obligés « d'emprunter la somme de mille livres, de laquelle il* payaient « l'intérêt; que. comme il serait douloureux pour eux d'être « réduits â la nécessité de raser un monument qui leur avait

• tant coûté è rebâtir, et que d'ailleurs il était notoire que, « dans toutes les rencontres, la garnison et les habitants

• avaient donné va roi toutes les marques possibles de leur « zèle et de leur attachement, ils espéraient de »a bonté qu'on « leur épargnerait un déplaisir d'autant plus sensible qu'on ■ leur ôterait un âslle assuré pour eux, leurs femmes et leurs « enfants, aux premiers événements fâcheux qui* pouvaient s troubler le repos de l'Etat. »

Les habitants reçurent du ministre de nouveaux ordres de procéder â la démolition; Ils demandèrent alors, qu'au moins il leur fût permis de vendre les matériaux de ta tour et des autres fort i Oral Ions poor acquitter la somme de mille livres, dont la communauté des habitants payait la rente ; cette demande fut encore rejetee.

On fît â la tour de larges brèches par intervalles' mais, sous la minorité de Louis XIV, pendant les guerres de la Fronde, la tour qui restait encore debout servait de point de vue et attestait, au temps présent, les défordres et les fureurs du temps passé. On les repara ou plutôt on boucha les brèches par de mauvais murs bâtis en terre.

En 165?, le prince de Condé vint camper près de Béthlry, où ses soldats se livrèrent aux plus horribles excès. « Après le « passage de ses troupes, dit le père Cartier', te pays était « rempli d'objets plus hideux les uns que les autres. A peine a parcourait-on quelque partie de chemin sans rencontrer des < gens mutilés, des membres épars, des femmes coupées par « quartiers, après avoir été violées; des hommes expirant sous « des ruines; d'auires qui conservaient encore un souffle de a vie dans un cor; s déchiré ou ensanglanté; d'autre* enfin a percés de broche- on de pieux aigut>es. J'ai lu dans un écrit « du temps le trait d'un laboureur, qui, ayant refusé è des sola dnts une somme d'argent qu'il n'avait pas, rut attaché par a les pieds â la queue du plu» fougueux de ses chevaux, qu'ils a mirent en plaine, en le chargeant de cou s. Les membres du « laboureur furent disloqués et mis en pièces : on les retrouva « épars et les pi< ds encore attaché* â la queue du cheval- » Et ces choses se faisaient dans ce siècle qu'on nous présente sans cesse comme le grand siècle, sous les yeux d'un prince dont toutes les vutx de la renommée ne pou v aient n*sez répéter le n«m! Ne déguisons rien, jugeons les hommes par leur* action* , ei itt i voyous dan* un tel capitaine qu'un hrlgmd rie plus.

Avant la Révolution, le bourg de Béthizy se divisait en deux parols*es. Saint-ilatiin et Saint-Pitm, qui formaient deuv villages séparés, On y remarquait une ancienne collégiale sou» le titre le Saint Adritn; on voyait dans cette collégiale un nu tel de Sninte-Oneviove, qui y avait été transféré de la tour du château, lorsque cette tour fut démolie; Il restait à peine quelques débris, du - hâieau; mais le tertre était encore couronné d'ene enceinte de murs de forme ovale : on donnait le nom de tour à cette enceinte. La principale maison du lieu était le château de la Oouye

Aujourd'hui Béthity forme deux communes distincte*, Bétfiijf-Saint-Marti* et Béihuy- Saint Pierrt L'est au centre de ee dernier villa» que se retrouve le château de la Douya.

> ttul«>ri 4m *hM 4» Vêlât», toa» tu, livra «m, pat* •».

niSTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

fl IV -rirrrrfoBl.

r:*'iir'j situé à l'extrémité orientale «te la forêt de Compiègnc, i trois lieue* et ''emie environ au sud-est de celle ville.

Cl ourg dont le nom ancien est Pttrafons, r-i fumeux dans l'histoire du Valois, a cause de son château et de la puissance de ses seigneurs ; il n'y passe ni grand chemin ni rivière qui puisse y procurer un commerce extérieur lucratif. L'aspect du lieu 1 1 les ruines de la forteresse : annonc ent asseï quels ont du cire le» 'desseins et les actions de ses premiers maîtres, qui seuls, loin de tout commerce, sans voisinage, retranchés sur des hauteur» et fortifiée dans leurs, châteaux, fuissent la loi a toute I ■ contrée, et réduisaient les seigneurs du voisinage à la nécessité île les crain lie ou de rechercher leur alliance.

On croit que le plus ancien château était bâti sur la montagne; qu'il fut construit des débris d'une maison royale nommée C(r$num. placée a l'endroit où se voit aujourd'hui Ckéne-Uer- Moi.

Ceux qui ont fait construire le premier château de Pierrefont étaient châtelains de cette maison royale : ils le fortifièrent considérablement, parce qu'ils vivaient au temps des courses des Normands. Tous les lieux de» environs appartenaient alors à des possesseurs, qui, trop fa bles pour résister soit aux Normands, soit aux seigneurs armés, mettaient leur» biens sous la siiiM-garde de ceux de Pierrefont, dont les troupes surpassaient en nombre celles des premiers vassaux de la couronne et celles du roi lui même. Cette puissance énorme dura près de deux siècles.

Hu^ues-le-Grand, duc de Prance, en partant pour la Terre - Vuiiie. confia la garde du château de la Ferlé-Milon à des chevaliers du château de Pierrefont. « On pourrait, dit Carlicr, ■< comparer la nombreuse maison des premiers seigneurs de u Pierrefont a cette troupe d'aventuriers laineux, qui, au retour « de la Terre-Sainte, tirent des exploits éclatants ''ans la Sicile a et dans la Pouille, et se signalèrent à la défense des seigneurs ■ qui imploraient leur secours. •

Lu monastère était-il menacé d'une invasion prochaine, on envoyait a Pierrefont demander du secours. Un sei neur parlait-il pour la Terre -Sainte ou pour tout autre voyage , i u voisin venait-il l'attaquer, Il avait recours aux seigneurs de l ierrefont, ou pour conserver sa terre ou pour la défendre. Mais ces sert ires n'étaient pas gratuits : les abbés et les seigneurs qui demandaient ces secours s'obligeaient à reconnaître que leurs terres relevaient <le la justice de Pierrefont, à consentir, au profit du seigi cur de ce château, des redevances proportionnées a la quantité d'hommes qu'il leur avait fournis; de plus, â lui céder une portion de leur terre, don) la vaMU' devait se monter â cinquante ou soixante livres de rente. Ces portions de terre étaient la part des chevaliers île Piernfont. qui les tenaient en lief du seigneur, et qui Taisaient construire un manoir sur les portions de terre qui leur avaient été délivrées.

Il est difficile de déterminer le temps où fut bâti le château le Pienefi iit; c'était, aulunl qu' on peut en juger par les masures qui en restent, un gros • ditice carré, flanqué de tours, et (Hué, sur In hauteur, à l'endroit qu'oreui a plus tard la ferme < u prieuré établi dans ce lieu Une pente fort raide rendait celte orteresse inaccessible de plusieurs côtes Un grand et inaiesui ux donjon, accompagne de deux tours énormes par leur ;rosM ur et par l'épaisseur de leurs murs, en défendait l'accès lu coté de la plaine de Hermine; ues fossés profonds, des relouti's et toutes sortes d'ouvrages avancés couvraient une partie le cette plaine. A l'endroit iiu château le moins exposé aux attaques , étaient deux tours et une chapelle consacrée â saint li - un s. martyr de l'nphli^onie.

Les historiens parlent beaucoup de Nivelon I", seigneur de 'ierrefont au xi* siècle; une charte de 10-17 fait connaître toute étendue de ses biens. Ils possédait, outre la terre de Perre- Diit, uue portion considérable de la forêt de Cuise et de celle e Retz, les si i-ueurics d'Oudiucourl. de Montigny Langrin, îhétetlil, Le Cioloy. Couloisy, Janl/y, Haute-Foutaiue. Taille- : t un. et Morte-Fontaine, Neuf-Fontaine et Salnt-Eticnne , hamp-Baiidon, Chelte», etc.. sans parler des vicomtes, des îuvemcnts et des a voue ri es qu'il avaltde tous les eûtes. Il po>éuuit, eu outre, dan» la plupart de ses terres, des bénéfices, des

1 Autre que Murlonumo. •

cures, des prieurés, des 'limes, et pouvait, dans peu detemps, ce qui le rendait redoutable aux rois eux-mêmes, rassembler, dans ses avoueries, des troupes nombreuses, commandées par des chevaliers exerces dans la profession des armes.

Ce seigneur de Pierrefont était riche . cependant il lui vint des scrupules sur la légitimité de ses richesses ; et il résolut de bâtir, au lieu d'une petite chapelle, une église collégiale au bas de la montagne du château, pour l'utilité des habitants du bourg de Pierrefont, car il y avait aussi un bourg de Pierrefont, peuplé de familles qui étaient venues «'y mettre a l'abri des briicandages qu'exerçaient dans les campagnes la plupart des chevaliers. Au pied du château, ils pouvaient recevoir des secours en cas d'attaque, ou se sauver dans la forteresse par des conduits souterrains.

Nivelon attacha au titre de doyen de son culise celui de son pair de firf tt dt noblrttr*. La pairie du château de Pierrefont était une des plus anciennes qui fussent en France. Le nombre des pairs de Pierrefont s'accrut beaucoup depuis la mort de Nivelon I" jusqu'au temps de Philippe-Auguste. I.e nombre cassait soixante au xiu* siècle*.

Les anciens seigneurs de Pierrefont rendaient la justice de la manière la plus solennelle. Lorsque ces seigneurs siégeaient eu personne, ils paraissaient accompagnés des douxe anciens pairs nobles.

Les juges des mairies et de toutes les paroisses devaient paraître aux assises; on en faisait I appel: si quelqu'un y manquait sans une cause légitime, il était condamné à l'amende.

C'est principalement pendant le xir siècle, que la puissance des seùrneurs de Pierrefont a été portée le plus haut. Nivelon II succéda à son père dans la presque totalité de ses biens. Ce Nivelon Il épousa Havoise de Montmorency, tille d'Hervé et d'Aunes.

Drogon, fils de Nivelon, ne prit point de part aux croisades, comme son père avait fait; il s'occupa presque toute sa vie du soin d'embellir son château et d'en augmenter les dépendances. Il y tenait une cour nombreuse et partageait ses plaisirs entre la table et le divertissement de la chasse. Craint et respecte de ses voisins, a cause des forces qu il pouvait rassembler en peu de temps, il allait de pair avec les plus graud» seigneurs du royaume.

Du reste, Drosxon se montrait peu scrupuleux sur les moyens d'augmenter ses biens. Des terre étaient-elles a sa convenance, quels qu'en fussent les propriétaires, il s'en emparait. I.e pouvoir qu'il exerçait dans sa châtellenie était absolu ; les troupes qu'il entretenait dans ses avoueries alTermtssaient ce pouvoir arbitraire, soit par rapport â la juridiction, soit par iapporl au domaine. Dans ses chartes, Il nomme cette étendue les lieux de sa domination, in muni /<<•<> dnmimationit mutrœ. Ilposse tait une grande partie de la foré' de Kelz et plusieurs cunlous de celle de Cuise. Il entretenait un jugc-siruyer, qui présidait a la polie de s s bois; et ce juge avait sous lui des sergents a se» ordres. Le nombre des péages qu'il peicevail et des impôts qu'il levait exciterait rétoiioement. m nous pouvions tous les cniiinérer ici. Le village du Uourget près de Pans, et uu grand nombre d'avoucries au-delà de Soissous dépendaient du château de Pierrefont.

A Drogon I*" succéda Dragon II,- et a celui-ci Nivelon, qui mourut >ans enfants, laissant la seigneurie â sa soeur Agathe de Pierrefont. a la mort de laquelle I ancienne maison de Pierrefont l'ut entièrement éteinte. Ses biens lurent alors, c'est-à-dire u la lin du xit* siècle, divisés en trois portions : les Chértsy cirent

la premi les tiia'illoti In m ronde , et les descendants

de Jean de Pierrefont, chef d une branche lollaternle, la troisième.

En (182. Philippe, comte de Flandre, possédait le chnte.ni de Pierrefont Pa-- un traité conclu à Seulis, en présence du légal du pape et du roi n'AiiuMerrc. re comte donna ce rh nciu au toi Phiiippe-Auiiiiste. qui le rendit à Nivelon. evéqu de Solssons. qui, en même temps, le transmit à Agathe. epouS' d i Hugues d'Oisy, laquelle avait uu droit héréditaire sur Pieire-

• L'hurri pilon qu'on huit «or aon tnmbtm, ilan» an eoTftn de rrtle ««tilt*, porUII t

Bic jacrt JV'uWo fhmui <IihmImmi dt t'rtvufnntr. «M, /waAcif ittmm toewm. et dejtt ptiart punUtUm raifW Ml tl • 4<Otatam.

• Cartier. Uûtoirt du la/au, lome i, lltr* M, atl* SSS.

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

font. Ainsi, par une cascade féodale, l'év •'•.pic de Smssons luit le château en nef du roi; et Agathe le tint de l'cvcque '.

La m ni son de Chérisy, en f 193, céda aussi au roi Philippe- Auguste sn droits sur Pierrvfont , moyennant un échange. Apres cette acquisition, ce roi chercha à s'approprier les aulies portions de la srienrurie possédées par divers partnuliers, la xicomté surtout. Il avai' résolu de ne laisser subsister aucune trace de l'énorme puissance des anciens seigneur*, dont les forces et le crédit avaient souvent balancé l'autorité de se* prédécesseurs. En IJ77, le roi Philippe-le-Hardi acquit la principale portion de m viromté de Pierrefont.

Dès que le roi Philippe-AuiiuMe fut parvenu à réunir en un même domaine les portions principales de la seigneurie de Pierrefont. il ronfla l'administration de tout ce qui lui appartenait â des baillis et a des prévols qui exerçaient en même temps les fonctions de receveurs et de jut£es.

Les habitants de IWrefont avaient une chatte de commune, que Philippe-Auguste renouvela et confirma d'autant plus volontiers, que les priviéves concèdes aux gens du heu achevaient d'anéantir i'nu'orité des flefÏÏ-s du château. Cette chatte proscrivait Tex« rciee des droit* de servitude, de maln-more et de formariage, à condition cependant que 1. s hommes affranchis ne pourraient contracter aucune alliance avec des serves des lieux voisins, sous peine de retomber dans l'état de servitude.

I « - bourgeois devaient fournir au roi, pour cette immun'té, soixante seigents avec une voiture a quatre chevain. Les fiefs dépendants de la commune payaient an roi chacun une renie proportionnée à leur étendue et aux revenus qu'ils rapportaient. Suivant un compte de 1302, la terre de Pierrefoni donnait au roi. par an, onze cent cinquante livres. Os revenus se perce, vaient sur le pied de la livre et du sou pari>i« : ce qui rendait le produit beaucoup plu» grand que si l'on eut pavé en monnaie tourntii$ ou en monnaie néret. I suffit de savoir que plusieurs chai Us, h cette époque, constituait ni a un monastère ou à une église une renie d'une livre it même de quelques sous.

Philip e-Augustc abandonna aux religieux qui desservaient l'égli»c une grande partie des bâtiments du chat au.

Cette église fut le théât e d'un événement désastreux que. sous l'an 1231 . rapporte ainsi Guillaume le Breion : « Dans le « château, appelé Pieriefonl, pendant que le prêtre célébrait • l'office diwn,. un orage violent éclata; le tonnerre tomba sur ■ l'ég ise, y tua cinq hommes, en bhssa vingt-quatre autres, « du nombre desquels était nt le prêtre célébrant; ils ne purent a guérir de leurs blessures que longtemps après. Le calife de a l'autel fut frappé et mis en pièces; l'Kucharist.e nsta entière « et intacte. •

II restait encore, au commencent du xvr riécle, «ne portion de la vii om'é qui n'avait pas été réunie à la seigneurie du château. Le vicomte de Pierrefont était un des quatre chevaliers qui devaient potier l'evèque de Soissons â sa première entrée solenntll- dans sa ville. En 1334 pu 1385, cet évêque requit le roi Philippe de Valois, qui possédait la plus grande partie de la vicomte de Pierrefont, d'envoyer un chevalier pour le porter. Le roi remplit l'obligation ; mais, dans la suile, cette servitude fut supprimée, comme contraire aux égards et aux respects dus à la majesté du trône.

SECOND CHATIAIT DE PIEBBEPOMT.

Dupuy 1 a écrit que le château de Pierrefont fut rétabli par Louis, duc d'Orléans et de Valois, vers l'an 1300. Ce second édilice, non répare, niais rebâti de fond en comble sur un nouvel emplacem* nt, fut considéré comme un chef-d'œuvre d'architecture et l'une des merveilles du temps. L'ancien château, entièrement abandonné aux moines de Saint-Sulpice et Saint - Mesmes, fut, par eux, converti eu une fi rme.

A l'ori'-nl de cet ancien château, s'élevait une croupe de montagne qui s'avançait dans la vallée, et que la nature semblait avoir destinée à recevoir les fondements d'une forteresse. On arrivait à celte croupe par une langue de terre contigue a la plaine du Chêne-Heroclot : la fut bâti le second château.

Les tours et les murs de ce chAteau étaient fondes sur le roc; les tours avaient ceut lui i pieds de hauteur eu maçonnerie. Cotnme le roc ne couvrait pas toute la surface de la montagne,

* *aiul(ut dr Dirtlo. Im.gtan hlttcr. Hrcuttl été kiHorietu dt fnxutt, lame un. pif, »<t.

• Traité in émlU in roi, vif «If,

on profita des intervalles de terre pour construire de* galeries et dis caves. Le château avail quatc faces qui s'élevaient sur un plan irrégulier; sa surface était de mille six cent quatrevingts tobes carrées '. AMn de donner aux murs plus de force et de consi tance, les architectes avaient uni les principale* pierres des angles par des liens de fer et des crampons scelles avec du plomb roulé.

(j) chapelle du chAteau fut bâtie à l'imitation de celle de Saint-Me mes. dans la tour du milieu du côté du sud-est. Cette tour était entièrement consacrée au service de l'église ; au-dessus était une salle de même grandeur que la chapelle, mais plu* obscure ; elle servait de chapitre et de sacristie aux chanoines. Cette chapelle avait saint Jacques pour patron.

Tous les écrivains qui ont vu ce monument, en ont parlé conc | une merveille. Monstrelet 1 le nomme un rh/itel nmult bel tl pwtMmmtnt éilifit\ et il ajoute qu'il étnit moult fort âé— fentable, bien garni et rempli de toute» rhotri apiutrlrnantes n la nutrr*. Il est appelé, dans les titres, tantôt le fort chutel pnr excellence, tantôt la grande fortertne, It grand, le fort chdteuu. Brrgrron * dit « qu'il a été rendu un des plus beaux forts et dcu fen>able« fondé sur un rocher. »

Lorsqu'il fut question de peindre la galerie des cerfs, à Fontainebleau, l'artiste fil entrer dans sou plan la représentai ion de« plus beaux châteaux forts de France; et celui de Pierreioni figura dans se» peintures. François ne pouvait se lasser d*< n considérer la force et les beautés, lorsque ses parties de ébats*) le conduisaient de ce côté. Ce château fut démantelé en te 1 7 ; mais il en reste encore de belles ruines *.

Au commencement des guerres des Bourguignons et des Orléanistes, Pienefont fut assit gé par les premiers. Il était défendu parle capitain-- Bosqutaux. qui délit et poursuivit vigoureusement les ennemis dans leur fuite. Ce même château soutint bientôt un s coud sieue.

D'après la description qu'en a faite Monstrelet, le château de Pin reîont pouvait oppo-er une vigoureuse résistance aux attaque» d'une armte nombreuse. Ses fortifications le dé endaient natiirtl.cment ; et Bosquimix y avait réuni des provision- sui'ti sautes. Cependant, lorsque- les Bourguignons se présentèrent, BoMiu'aux, poussé par quelque auimosbé. contre le duc d'Orléans, avait déjà pris la résolution de se ren re.

Il est dis ec ivatns qui pensent que la reddition de cette place était concertée avec leducd'Ocléan». Q»mi qu'il en soil. en Moi, la p'acc fut rendue; et le commandant Hosquiaux deta lesrondilions de la capitulation. Il rxigea qu'on lui pavât deux mille écus d'or comptant ; que lui 'Ils siens eussent la liberté d'emporier tous leurs elMs, et qu'ils sortissent avec tous tes honncuis de la guerre. Le tout fut exé-uté. Le comle de Saint Pol y fit son entrée, et fut par le roi nommé opitaine du ehâl de Pierrefont. Après cette reddition, toutes h s places du Valois l subirent le même sort.

Le duc d'Orléans se réconcilia avec le rot. qui lui restitua les I châteaux de Cr> pv.de la Ferté-Milon. de Viviers, de Courtteox. ! d'Ambleny, etc.; mais pour les châteaux de Coucy et de Piemfonl, le comte de Saint-Pol résista aux intentions du roi, et refusa de les rendre.

Le duc obtint du roi des ordres réitérés au comte de rradie la forteresse ; le comte persista dan» son refus ; mais, toujo. r» pressé . il consentit enfin â la reddition du château , pourvu qu'on lui remboursât les dépenses qu il avait faites pour les préparatifs du siège, et pour obtenir l'évacuation de la pince.

On ne put se procurer la somme demandée. Le désordre ef- ! froyable qui régnait dans toutes les parties administrative- . causé par la démence du roi et par les forfaits dis princes et seigneurs, avait réduit la France au plus m semble elal.

Le due d'Orléans obtint du roi dr nouveaux ordres ; cl, comn: I ces ordres ne faisaient aucune impression sur l'esprit du coraf. il emplova auprès de lui les sollicitations du comte de Lancastre, les importunités et même les persécutions de plusieurs courtisans, auxquels Saint-Pol devait des services rendus.

Saiut-Pol, ne pouvant plus résister aux poursuites du du détermina a céder; il résolut en même temps de tirer t es procédé* du prince une vengeance éclatante. Il fit . su us divers

< C*tli<r, Hiltnirt du duché it Valait, Ion» II, llvr» *, p»gt jjt.

* Volume t. Mi 11.

* U T.M, r*,./, M. fS. *

HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS

îît

prétextes, placer en différents endroits les provisions de lsois du e .Aie m, et y fit mettre le feu avant d'évacuer la place; mais il prit tellement se* mesures, qu'on ne put atiribuer l'incendie qu'à un accileut. Le progrès des flammes fut terrible: «Iles consumèrent, en peu d instants, la plus grande partie de» toits, et endommagèrent même quelques tours, dont elles cnlcinerent 1rs murs dans le couronnement. Celle qui renfermait la cltapcllc souffrit ronsi lérablemrnt.

Le duc d'Orléans fit preudre possession du château, et réparer, le mieux qu'il put, le ravage des flammes ; cl, comme la plupart des lieux étaient à double et triple voule, le feu n'avait pjis pénétré dans les appartements. Les auteur» coiitemi>oriiins parlent de l'incendie du cliàteau de Pirnefont comme d'un désasl e pareil à celui qui réduisit en cendres le fameux temple de Diane, l'une des sept merveilles du monde.

Quelques année4* plus tard, les Anglais, i < unis aux Boiirguignons, se présentèrent devant Plerrefont qui capitula encore, parce que la garnison manquait de vivres et de munitions de guerre. Mais ce château rentra bientôt sous l'obéis-ance de Cl ai 'es VII, dont il tint constamment le parti pendant le temps dis troubles.

Ce chnti au fut réparc aux dépens et par les soins du roi Louis XII, qui en remit le gouvernement a un militaire afiidé, Nicolas de Bonnery.

Sous le règne de François I", on rebâtit un grand nombre de matons dons le bourg de PiernTont. La grosse tour de l'église paroissiale fut achevée en t.iS*.

Vers la fin de IÔ88. les ligwurs portèrent leurs vues sur Sentis, mais n'osèrent cependant en former le siéce ; ils tombèrent sur les places voisines, qu'ils cmpoi terent sans tési>tanre, parce qu'on y manquait de munitions et de v ivres. Picrrefonl fut de ce nomme. Le commandant de la place avait prévenu l'arrivée des ligueurs par une sortie volontaire, empoitaut les bagages et le peu de vivres qui lui restait.

Cependant Hcmi IV, parveuu au trône, entreprit , en MM, de réduire à son obéissance les ricux forteresses de la Ferté- Milon et de Pierrefout. Le duc d Épernon parut devant cette dernière.

Pierrefont était alors défendu par un nommé Ricux, fils d'un maréchal-ferrant du lieu. Sans foi. sans loi, sms humaniié, cet homme réunissait toutes les qualités guerrières qui font un grand capitaine. Il avait acquis l'expérience des a mi s nu milieu des dangers. Après avoir passé les premières années de sa vie dans l'obscurité, il avait trouvé le moyen d'obtenir un emploi dans les vivres; il y ramassa quelques sommes-, et, comme il avait ui c inclination décidée pour la guerre, il se fit partisan. Il offrit a la Ligue ses services, qui furent acceptés d'autant plus volontiers que Mieux ne deman lait ni argent ni soldats, mais seulement la permission d'exercer son talent sur les terres et sur les personnes des royalistes, avec tel es troupes qu'il Iqi plairait de choisir. Bientôt'il rassirobla sous ses drapeaux tout ce qui se trouvait de bandits , de scélérats échappés au supplice dans tout le canton; celte troupe se recruta en peu de temps et forma une petite armée.

Itieux était, parmi les ligueurs, un chef assez Important pour figurer dans la satire Menippée , où il est qualifie de sieur de Rirux, sieur de Pierrefont ; on lui fait même prononcer une barangue c Monsieur de Ivitiiv le jeu ne (c'est-à-dire non noble), a comte et gardien de Pierrefout, députe pour la noblesse de a France, babillé d'un petit capota l'espagnole et une haute € fraise, se leva pour parler, et ayant mis deux ou trois fois la ■ main à la gorge, qui lui dtmangtoit (il fut pendu dans la « suite.) Il commença ainsi:

a Messieurs, Je ne sais pourquoi on m'a député ponr porter « la parole en si bonne compagnie , pour toute la noblesse de « notre parti ! Il fa t bien une qu'il y a quelque ebose de divin a en la sainte union, puisque, par son moyen, de commissaire « d'arlillerie assez malotru, je suis devenu gentilhomme et « gouverneur d'une belle forteresse; voire que je me puis égaler « aux plus grands, et suis un jour pour mouler bien haut à rc- « culons ou autrement , etc. »

Ce discours peint Rieux avec tous ses vices; il était voleur, assassin et très- cruel , comme la plupart des seigneurs et des capitaines de cette époque1.

IJMNN Jrrnipp*, Urne i, Mil. if I7H, W

Le due d' Épernon pressait le siège du château avec beaucoup d'activité ; i lusieurs batteries de piécesdu plus gros calibre foudroyaient les remputs; mais, comme elles ne pouvaient tirer que de très-loin, Rieux laissa épuiser ses enneois sans s'en Inquiéter. Le due d'F.pernon. voyant que son arti leric portail à peine à la plate-forme du ci Ateaii, la lit approcher jusque dans le vallon qui sépare la hauteur de la plaine, et la lit jouer d'abord avec succès. Huit ou dix boulets parvinrent jusqu'aux tours, et causèrent quelque dommage.

Rieux se réveilla, démonta en un instant les batteriesdu duc, l'obligea a regagner la plaine. Celui-ci ne se rebuta point : il revint plusieurs fois à la charge . mais sans succès ; honteux enfin de céder, il fil tous les préparatifs d'une d- rnière attaque, qui devait être des plus hardies; mais il ne rapporta de cette dernière tentative qu'un coup de feu au menton qui le mit hors de combat : il leva donc le siège.

Ce nouveau succès porta l'insolence et la férocité de Rieux i leur comble. Il lui arrivait souvent dr quitter le château de PiernTont. et de se porter, avec sa garnison, partout on les ligueurs étaient attaqués. C'est ainsi que, pendant que Henri IV assiégeait Noyon en personne, il parvint à faire entrer <tan> la ville cinq rems maîtres à cheval avec chacun un fantassin en croupe. Ce renfort n'empécha pas la ville de se rendre par composition.

Henri IV, attribuant à la blessure du duc d F.pernon le peu de succès du siège de Pierrefont, détacha de son armée le maréchal deBiron avec un train de gro-se arti lerle, pour lecommencer le siège. La maréchal plaça ses batteries, et commença l'attaque par une canonnade terrible; mais, de huit cents coups de canons qu'il fil tirer, il n'y eut que cinq boulets qui poi tèrent jusqu'aux tours; tous les autres coups furent perdus . et ne firent, suivant un auteur contemporain, que blanchir lu muratilu de la terrasse. Kncuieces batteries avaient à peine fait une décharge, que Rieux les fou rovnil de son artillerie et les démontait. Biron, voyant qu'il n'y avait rien à faire, leva lr siège

Ce nouvel avantage donna à Rieux un grand crédit parmi les ligueurs ; alors il ue garda plus de mesure ; et Henri IV luimême fut exposé à ses coups. Ce roi, au mois de janvier 1*93. étant aile à Compiègne rendre visites la marquise de Bcaufoil, sa maîtresse, Rieux ne se proposa lien moins que de 1 enlever à son retour: mais son d>s>ein fut découvert et n'eut aucun succès Ricux fut pris qutlquc temps après dans une de ses sort c. par la larnison de < ouipieuiic, et condamné a die pendu. Saint-Chamanl lui succéda dans le commandement , pour la Ligue, du château de Pierrefont.

Henri IV prit la résolution de s'emparer de celle forteresse à quelque prix que ce fût. Il donna donc au duc de Nevers le.ommandeiiient d'un corps de troupes destiné à s'emparer de Unis les chemins pur où on pouvait y faire arriver dis vivres; et il envoya, devant le château, François des Ursins, à la tête d'une partie de l'armée qui venait de s'emparer de Laon Saint-Chamant capitula, et reçut une somme d'argent considérable; c'était alors une arme excellente pour réduire une place.

Au temps de la guerre des mécontents, le capitaine de Pierrefont était le marquis de Coeuvres qui embrassa la cause de cette nouvelle ligue. Il ne prit pas lui-même le coiiiroandeineni du château, mais il en renforça la garnison et en conlia la dcl't use nu capitaine Villeneuve. Ce N i lencuve , manquant de provisions , rançonnait le» lieux voisins , levait dis contributions et faisait des. incursions dans les < amp igms; il alla même jusqu'à voler les voitures puhliquis. Les actes de ce temps fout mention i!cs violences qu'il exerçait. Il arrêta plu-icur.» fois les coches de Normandie.de Flandre et de Picardie, et les pilla. H tombait, l'epéc à la main, sur tous les convoi» de vin, de fourraues et de vivres qu'il pouvait découvrir; il en vint même au point de maltraiter ceux qu'il dépouillait, de brûler les chaumières, et Taire prisonnières toutes les personnes qut l< muaient entre »es

mains*. , Des plaintes arrivèrent de toute part à la cour contre les brigandages de Villeneuve. On y décida d assiéger Pierrefont. Une armée de quinze mille hommes, soutenue d une bonne artillerie, fut donnée à Charles de Valois; et ce prince se présenta devant la place.

Apre» avoir examiné les plans d'attaques du duc d Lpernon,

» Atréf. rkromol. i, Wmtlt fcHl.

HISTOTRE 1ÏFS PNVTRtV** DP PARTS.

de Biroo el de Henri IV. il reconnut que le chftlcau Mil imprenable du cote des remparts . et résolut de l'attaquer par In langue de terre qui confinait à la plaine du Chêne- Herbelot.

Le siège commença el fut conduit avec tant d'habileté, qûe. le sixième jour, Villeneuve fut obligé de capituler.

Peu de temps après cette capitulation, le roi Louis XIII ordonna que le château serait démantelé, pnree que, ne pouvant être d'aucun avantage dans le centre d'un État policé il ne pouvait jamais servir que de retraite A des rebelles. (Cependant le château ne fut pas détruit jusque dans ses fondements: on renversa seulement les fortifications qui en défendaient l'entrée, et l'on enleva la toiture afln que l'intérieur des bâtiments fut exposé aux injures de l'air. On entreprit de démolir quelques portions de mura; mais il> présentaient un massif m dur. qu'on prit le parti de les tailler et d'y faire, par intervalles, des ouvertures qui pussent mettre le chAtrau hors de défense. Celle espote de démolition fut achevée «h avril 1*17.

Les ruines de ce fameux édifice conservent encore un air de majesté qui imprime au spectateur une sorte de respect : «Iles forment un des monuments les plus curieux des environs de Paru.

f V.-N*lal-4raD-aai.|M|a

Nous croyons, avec les historiens du Valois, que le petit village de Saint-Jean-au-Bois a succédé à l'ancienne maison royale de Cuise. La suite de cet article rendra celte vérité sensible

Les deux maisons de Cuise et de Nanteull tenaient le premier rane parmi les anciens châteaux du Valois. Qu'on songe qu'une gran le partie de l'Ile-de-France fut occupée par les deux forets de Brie et de Cuise, el que ces forêts composèrent a peu près ces deux domaines dans les premiers temps de la monarchie française.

La maison de Cuise occupait le centre de la lorêt qui en retint son nom. Bergeron prétend que de son temps, ou voyait encore le* mines de l'ancien palais'. Le père M ibillon * nou* apprend que tous les titres qu'il a vus , touchant Saint-Jenn-au- Bois, nomment cette maison DomiuCotia, Domui Regù. Enfin, l>. Germain, dans une savante dissertation, démontre qu'on ne peut rencontrer que 1A l'emplacement du palais de Cuise. Carlicr adopte pleinement ce sentiment.

Cotia ou Cofa désignait , dans la basse latinité , une riche métairie, une maison de campagne, une château environne de bois «r Tout porte A croire, dit Carlier. que son emplacement a « été le premier eulroit de la contrée défriché par les Lrtcs.

• La première maison de Cuise comprenait dan* >on enclos a les trois territoires de Saint-Jean-au-Bois, de Sainte Perrine « et de la Brevière. Le principal corps-dc-logis occupait la prew mlère des trois cours de Saint-Jean-au-Bois. •

Ce lieu «ervait, A ce qu'on croit, de repos de chasse aux rois de la première race. Les monuments de cette époque en |«irlenl peu; et l'on doit croire que les rois occupaient rarement ce château , parce que . en ayant (ait le siège d'une immens- juridiction qui s'étendait sur toutes les parties de la forêt de Cuise, ils avalent sans doute abandonne aux officiers de ce siège une partie de leur logement.

Suivant un vieil usage, tout grand seigneur qui tenait un enfant sur les fonts de baptême ou qui assistait à la dédicace d'une église, levait faire un présent a cette église. Philippe I". en 1060. assista A la consécration de la collégiale de Sa un -Adrien dc-Béihizy, el lui donna la mais n de Cuise avec ses dépendances. Cette donation enleva a la maison de Cui-e ce qui lui restait de son ancie nne splendeur.

Les chnuoines d Bt thixy conservèrent la maison de Cuise pendant cinquante ans ; mais . fatigues des soins qu entraînait l'administration d'un tel lieu, ils acceptèrent l'oflYe d'un échange que leur fit la reine Adélaïde, veuve de Louis le-fi rus et mère de Louis Ml. Gel échange fit perdre A ce manoir son premier nom; on ne l'appela plusque le ruru.r Palau a" A irlaîth. Cependant, quoique celte reine prit plaisir a ce séjour, el.e lui préféra son monastère de religieuses.

Il y avait, près de la maison de Cuise, une communauté de filles fort ancienne et trop nombreuse pour le Uniment qu'elle occupait. Adélaïde lit transférer La couiuiuuauté dans Sun châ-

• Talois rayai, pagr 1S.

leau de Cuise . et lui donna d'abord l'église de ce chaton pour y célébrer l'office divin Informée que le bâtiment de l'église m. n.iç lit ruine, elle le fit relever de fond cri combleavec la lour qui servit de clocher.

A la mort d'Adélaïde, le roi Louis VII prit la communauté de Saint-Jean de Cuise sous sa protection , et lui conféra plusieurs biens. |>es seigneurs de Pierrefont imitèrent l'exempledu roi; et un grand nombre de femmes vinrent de toutes parts A Sain t-J*an-au-Bois demander l'habit religieux , en sorte qu'on fut obligé de fixer le nombr*- des religieuses A quarante.

Ce monastère fut enrichi des reliques de sainte Euphrosine, dont le culte, en ce pays, était en grand honneur.

Euphrosine abandonna furtivement la maison paternelle, déguisa son sexe, et, vêtue en habits d'hommes, se réfugia dans un couvent de moines. Pour cette escapa le, elle aurait mérité un châtiment ; elle fut élevée au rang des bienheureuses ; elle était née « Alexandrie, en 41 S.

On voudrait savoir comment le corps de cette sainte fut apporté de si loin a Saint-Jean-au Boisî Il existe deux versions contradictoires sur cette translation. Suivant l'une. Louis VII. pendant la croisade , obtint ce corps saïul a Alexandrie , et le transféra en France. L'autre porte que ce corps fut porté â Borne, on ne «ait par qui ni comment, et que le pape en lit présent au roi de France.

On n'est pas plus d'accord sur les circonstances qui amenèrent ce corps dans le monastère de Saint-Jcan-au-Bois. Voici ce qu'on raconte de plus vraisemblable.

roi l "M- VII avait destiné la châsse de la sainte A une église qu'il faisait bâtir A Reims : des députes furent envoyés de cette vil'e dans un lieu qui n'est pas nommé; ils reçurent le corps saint, le placèrent sur une voiture, et reprirent la roule de Reims en suivant la chaussée de BrunetMUt, le seul chemin public de la contrée.

Ils arrivèrent pendant la nuit près de Saint-Jean-au-Bois. L'abbesse de ce monastère eut alors, fort A propos, la révélalion <lu passage de cette relique; les cloches du couvent éprouvèrent aussi une forte émotion : car clle> sonnèrent toutes si uli

L abbesse , voulant frustrer le roi de ces reliques et se les approprier, usa de finesse. Elle envoya prier les conducteurs du cofp* saint de venir se reposer dans son couvent; ils y passèrent quelques heures; et, comme ils se disposaient A se rendre A leur ' voiture pour conduire le précieux fardeau au lieu de sa destination, l'abbesse leur Ht tant d'instances pour les engagera passer la nuit au couvent, qu'ils ne purent s'y refuser. Cependant l'abbesse envoya deux novices A la voiture, avec ordre de s'emparer des reliques et de les apporter dans l'église du monastère; ses ordres fuient exécutes. On ne sait pas ce que devinrent les conducteurs; mais la relique resta au couvent; et, quoique escroquée, elle ne laissa pas de faire de> miracles éclatante .qui attirèrent de nombreux pèlerins. Le pèlerinage eut un grand succès jusqu'en mai, époque a laquelle les religieuses lurent transférées a Koyal-I.ieu.

Ainsi, une tille fuit le toit paternel pour aller vivre avec des moines; elle meurt, on en (ait une sainte: son cadavre est volé par une abbesse ; el le peuple va dévotement, chaque année, porter, en f honneur de la sainte, son offrande au monastère.

9 TB -I « « ralt-naliil Uuru

Il y eut anciennement dans ce lieu nne abbaye et un village ; l'abbaye n'existe plus depuis longtemps; le village est en on' debout, sur le gran I chemin qui conduit de Verberie a Complègnc. A utie lieue et demie de l'un et de l'autre.

L'abbaye de la Croix-Sainl-Ouen fut fondée a l'oo-asitMi d'une vision. Un beau jour de printemps, vers midi1, pendant qui le ^oleil dardait ses rayons avec force, le roi Dagobert misait, dans la forêt de Cuise, une de ces chasses solennelles où le prince i-tnit toujours accompagné -les principaux seigneurs de la nation et des officiers de la couronne : saint Ouen, son référendaire et sou favori, était a ses côtés. Le prince aperçut tout a coup dans l'air une croix lumineuse, dont la blancheur égalait l'éclat de la neige; étonné de cette apparition, il en demanda l'explication au saint, qui, après avoir réfléchi quelque temps, dit au roi : C'est up signe de Dieu; il veut qu'on ren ie en ce lieu-IA,

iBcrgeroi. '*tow raya/, pa*r tt.—ÂmUfmtUl du nlU», page S97. — (SauUta carùJtoaa, loaac ix, pj(a *»«,

HISTOIRE DE < ENVIRONS DE PARIS

un culte participer à l'Instrument 'le notre rédemption. U conseilla au roi de faire élever à I endroit même de l'apparition une egli«e »ous le titre de la Sainte-Croix Dagobcrt, sans retard, adopta la proposition. Une basilique y fut fondée, richement dotée, et neuplée d'eerlèsia'tiquev

Ce récit, quoique merveilleux et puisé dans un diplôme du roi lu tt ne mérite nulle ronflanee; car ce diplôme, plein d'anachronisme*, d'omissions imiwirtatites, de formes insolites, est déclaré radicalement faut p ir de graves su. m

Saint Ouen lit défricher l'emplacement: et. par ses soins, on vit. pour ainsi dire, sortir de terre une église et un corps de logis dans un lieu Jusque-là inculte, éloigné de tout commerce et seulement fréquenté par des chasseurs; et. comme le saint homme avait été élevé dans le monastère de Salnt-Médard de Soissons, il soumit à Saint-Medard le nouvel établissement.

L'abbé de Saint- Mi-dard envoya donc sur les lieux un certain nombre de religieux, qui furent installés et mis en possession des biens légués par Dagobcrt.

On assure que a le bruit du faux prodige répandu dans les a contrées voisines, la dignité du fondateur, la réputation et a les vertus de saint Ouen, la vie exemplaire des nouveaux re- « ligieux, attirèrent dans ce lieu un grand concours de peuple, « qui venait de toutes parts rendre ses adorations a l'auteur • de notre rédemption. Cette dévotion s'accrut de plus en plus « par leg secours et les grâces que Dieu répandait sur ceux a qui s'y rendaient pour implorer sa miséricorde. »

Saint Ouen, après sa mort, fut mis au nombre des saints; et les religieux de la Croit commencèrent à le regarder comme protecteur de leur monastère, et l'invoquèrent comme second patron, en sorte que le premier nom de l'abbaye et du village qui se forma peu à peu i l'entour fut chante en celui de la Croix- Saint-Ouen II y eut pendant très-longtemps un pèlerinage pour aller invoquer le saint contre la surdité. On y réclamait son intercession d une manière assex singulière. On taisait descendre dans un caveau les personnes attaquées de surdite ; on leur faisait passer ta tète dans une niche de pierre; et c'est dans cette attitude qu'ils s'entretenaient avec le saint *.

Ou invoquait saint Ouen pour guérir la surdité, parce que son nom avait des rapports avec celui de l'ouïe, c'est ainsi que, pour les hommes en démence, on avait recours à saint Attrtin, dont le nom se rapproche de celui de Vrrtigu, à saint Araire, pour corriger les acariâtres; à saint Eutrope, pour donner la santé aux hydropiquts : à saint Marcou, pour guérir les ccrouclles ou les maux de cou; qu'on s'adressait à saint Aignan, pour la guérison des teigneux: à la r>u.«rii •<. pour être délivré de la toux; a sainte Luce et a sainte Claire, pour être délivre du mal d yeux, pour voir clair, etc*.

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