CHAPITRE Ht
coiintoNi.
Ville situé dans une agréable position au-dessous du confluent des ileux riieres d'Oise etd'Aisue, sur la grande roule de Paris en Flandre.
Compiègne fut dans l'origine, une maison de chasse ou un de ces nombreux palais du Valois, où les rois des deux premières races faisaient de fréquents vojages. Les anciennes chai tes le désignent sous le titre de Palalium. U n'y a presque point de rois des deux premières race» qui n'y aient publié quelque acte important ou tenu quelque assemblée.
Charlcs-le-Chauve donna à Compiègne le nom de Carloplis; il y établit une abbaye dédiée à Aotre-D<tme. et cent chanoines pour la servir : Il leur donna les corps de saint Cypneo et de snint Corneille, martyrs des premiers temps de 1 Église.
Cc même prince fit bâtir hors de la ville uu château, auquel
l Oiploawta cWlt «le. , éditorials à» irejuigny cl Dalki-il, lomr 1,
page tst.
i i n ht, UiMloirt du duehé dt Valait, tome i. livre i, page, 106.
» On poil ronsullrr su r ffH> rrojanrr aiupide, di<nr du l.on IMMX Irmp*. Vtinenmmm r»,i„,v <\r La Holhi'-lc-Vny^r, .m ème journée. Il ta a ni* au grand nombre d'eieuplct, tt an a omit pluaiaara.
il donna pour dépendance tout ce qui s'étend depuis la porte de Pierrefont Jusque près du confluent de l'AMie et de IQise. Il lit ensuite bâtir un autre château sur le bord de l'Oise, dont les jardins étalent situés dans une pellle Ile. Ce dernier ehàteau subsista jusqu'au temps de saint Louis, époque où ce monarque fonda dans l'Ile un Hotel-Dieu. et donna le château aux religieux de l'ordre de Saint-Dominique.
Le feu ayant consumé l'église bâtie par Cbarles-le-Chnuve, Charles-le-bimple, en Lan 017, ordonna la réédiflcation de cette église et du monastère, sous l'invocation des saints Corneille et Cyprien.
Compiègne, sous la seconde race, était la ville de la France la plus illustrée, surtout depuis que l'eniparenr Charles-le-Chauve y eut fondé l'église de Saint-Corneille ci de Saint-Cyprien. et qu'il y eut fait construire un palais ; il s'y tint plusieurs conciles et plusieurs assemblées politiques. Eu l'an 877, Louis-le-begue y ' fut couronne ; le même roi y mourut et y fut enterré. Le roi Eudes y fut couronné. Louis V, dit le Fainéant, dernier roi de la seconde race, y reçut la sépulture.
Sous la troisième race, les rois négligèrent un peu le séjour de Compiègne; et l'abbaye de Saint-Corneille vit bientôt se fermer les sources d'opulence que les rois dè la seconde lui avaient prodiguées. Elle était trop riche et les moeurs de ses habitants en reçurent plusieurs atteintes.
Louis-le-tiros permit, dit-on, aux chanoines de Saint-Corneille, d'avoir des concubines, et aux autres clercs de se marier, mais à condition qu'ils ne pourraient tenir en même temps une femme et un bénéfice.
Vers l'an 1 300, une partie de la ville de Compiègne relevait du seigneur de Pierrefont. Ce seigneur y percevait des cens, des rentes, et y avait un hôtel seigneurial auprès de la porte qu'on nomme enCbre porte de Pierrefont.
En 1108, le roi Philippe- Auguste abandonna à la commune de Compiègne. tout ce que le prévôt de Pierrefont recevait ori dinatrement dans cette commuue, excepte le péage, la justice et la maison «ut fut à Agathe de Pierrefont, lesquelles choses le roi se réserva et à ses successeurs, pour être gérées et administrées par son prévôt de Pierrefont.
Une ordonnance de Philippe-de- Valois, de 1346, fixe la juridiction 'les forêts do Valois; trois maîtrises y furent établies : I l'une des trois eut son sié^e a Compiègne, quoique la foret de Cuise appartint aux trois juridictions; mais elle prit alors insensiblement le nom île lou'-t de làiuipiegue
Au temps des Bourguignons et des Armagnacs, le duc de Bourgogne, après la réconciliation du roi avec Te duc d'Orléans, se retira eu Flandre. Mais, a> ant trouvé le moyen de nouer une intrigue avec le duc de Cuiennc, alors prisonuier au Louvre *, il augmenta son armée de quelques renforts et envoya de gros détachements, auxquels les villes de Noyoo, de Soissons et de Compiègne ouvrirent leur* portes. Il y mit des garnisons trèsforles. Ces garnisons restèrent en possession de leurs postes depuis la fin du mois de décembre 1413 jusqu'à Pâques de l'année suivante 1414. Pendant tout ce temps le pays fut infesté de partis bourguignons, qui sortaient continuellement de ces trois villes. Les incursions des Bourguignons continuèrent pendant les trois mois de janvier, février et mars, et furent accompagnées de toute espèce d'ex< ès. auxquels les Armagnac» répondaient par des excès plus grauds encore : le sort des paysans était affreux.
Cependant, après l'hiver, les Armagnacs entraînèrent le loi Charles VI devant Compiègne pour eu faire le siegeel en chasser les Bourguignons. Ce siège commença le 31 mars l iiï; dans le mois d'avril suivant, cette ville fut prise par compo
Sit UU.
Le roi Charles VI garda cette place jusqu'en 1417 ; et son lils aîné, le duc de Guienne, y mourut le S avril de cette même j année.
Les Anglais, s'étant réunis aux Bourguignons après avoir tout ravage dans le Valois, se présentèrent devant Coiupièguc. Comme la garnison de cette ville était faible, elle n'osa soutenir un siège; les bourgeois ouvrirent leurs portes et reçurent les troupes des Bourguignons qui s'elabliient dans la ville, d'où ils envoyaient des' détachements de troupes légères dans l'intérieur du Valois. Quelques partis de» leurs poussèrent même ia hajr-
1 »»..-. i.,,v,, »nl, I, roi. US.
HISTOIRE DES ENVIRONS DE PARIS
diesse au point de s'avancer jusqu'aux portes du château de Pierrefont, défendu par N. Bosquiaux, le premier capitaine de .ion temps. Bosquiaux résolut de punir par un coup de main la llémérité des Bourguignons ».
Informé que la garnison de Compiëgne laissait souvent la ville sans défense, afin d'aller faire du butin, Il choisit cinq cents homme* d armes, et alla se poster i leur téte dans une embuscade. D. s émissaires envoyés à la découverte rapportèrent qu'une partie de la garnison était sortie pour foui rater, mais que toutes les portes étaient exactement fermées. Bosquiaux attendit l'occasion.
Un charr tier parut, qui conduisait une voilure de bois dans la ville. La sentinelle avait ordre de le laisser entrer. Bosquiaux
arrêta le conducteur, l'interrogea : il apprit l'heure qu'on lai avait fixée pour arriver ave^- sa voilure. Bosquiaux lu» Ht changer ses babils, qui furent d mnés à un soldat affidé; celui-ci, prit la conduite de la charrette, qui fut suivie par sept adirés, soldats dégui*é$ en paysans. Le nouveau couduetcur avait ordre de tuer le limonier lorsqu'il se trouverait sur le ponl-levis, du côté de la herse, afin qu'à la faveur de l'embarras, Bosquiaux et >n troupe eussent le temps de le joindre.
Les ordres du capitaine Turent ponctuellement exécutés. Le limonier blessé à mort, tomba, la voiture versa, les huit soldats déguisés égorgèrent la sentinelle et donnèrent à leur chef le signal convenu. Ils firent plus : ne jugeant pas nécessaire d'attendre de renfort, ils entrèrent sans obstacle.
Psi ni s l'pincopnl d« Bcauvais.
ï>e concierge du gouverneur, qol était alors absent de la ville, aperçut le premier les ennemis; il connaissait particulièrement l'un des huit soldats pour un zélé royaliste. Celui-ci se jela sur le concierge et le tua d'un coup de hache.
Bosquiaux avait déjà joint les huit soldats, lorsque les officiers de la garnison furent avertis du danger: ils se sauvèrent dans la tour de Saint-Corneille et firent d'abord quelques disposiiions pour se déftndre ; mais, apprenant qu'ils avaient affaire à Bosquiaux en personne, ils se rendirent à discrétion.
Bosquiaux divisa son détachement eu plusieurs corps qu'il envoya dans les différents quartiers de la ville, pour faire la recherche de tous ceux qui tenaient le parti du duc de Bourgogne. On fil I a. leurs maUon*, on saisit leurs biens, et on les emmena prisonniers au château de Pierrefont. Le sieur de Gamache eut le gouvernement de Compiëgne.
Par les intrigues d'Isa beau de Bavière et des Anglais, Compiëgne, comme tout le nord de la France, se trouva au pouvoir de ces derniers. Mais, lorsque la fortune se déclara en faveur de Charles VII, on vint lui annoncera r.répy que la ville n'attendait plus que l'occasion de chasser la garnison anglaise et de rentrer sous son obéissance. Le roi s'avança donc vers la place ;
> lfa»f<r*J*i, col. m, «D. Mit
ta garnison, qui ignorait l'intelligence des bourgeois avec les troupes royales, se disposait à soutenir un siège, lorsque les bourgeois touvèrent le moyen d'ouvrir une de leurs portes. Les soldats mirent bas les armes, et se rendirent prisonniers. Charles VII fit dans Compiègne une entrée solennelle, au milieu des acclamations et de l'expression de la joie publique. Cette reddition fut le signal d'une révolution générale dans tout le pays : toutes les p'aces des Frontières de la Picardie, le lou« de l'Oise, ouvrirent leurs porte* l.
Cependant la fortune fut un instant balancée; et, après l'affaire de Pont-Lévéque, où la perte fut à peu près éjjale de» deux côtés, la PiiC' lie d'Orteans jugea à propos de se retirer r<ani Compiëgne, parce qu'elle voyait les forces des ennemis s accroître et et lies du roi diminuer. Poton de Samtrailles prit i Crépy quelque renfort, et l'alla joindre, parce qu'on avait lieu de craindre que les ennemis entreprissent le sicue de la ville.
Les Anglais et les Bourguignons, ignorant l'arrivée de Sain» Un i Iles, se rassemblèrent dans le dessein de marcher contre la ville et de la surprendre. Ils s'avancent et sont étonnés d aper* cevoir des fortifications nouvelles et sur out un boulevurt revêtu de gazon, qui défendait i'eutree du pont, lis »'arr&eut;
1 Mowtrtltt, vol. Il, pêft «t, SO M SI.
HISTOIRE DLS ENVIRONS DE PARIS
Sis
font deux divisions de leur» troupes et attendent quelques secours. Ils reçurent enfin un renfort de mille archers, commandés par le comte Huntinglon.
La première attaque se porta sur l'ouvrage qui défendait l'entrée du pont ; ils vinrent à bout de ruiner cet ouvrage, mais ne jugèrent pns à propos de passer outre, l.e siège fut changé en un blocus ; et le comte Huntinglon alla dévaster le pays.
Pendant ce temps, on vint annoncer au comte que Saintrallles, profitant de son absence, était sorti dcCompiègneavec un détachement ; qu'il était sur le point d'y faire rentrer un renfort, des vivres et des munitions de guerre ; que le maréchal de Boussac et le comte de Vendôme avaient joint Saintrailles et qu'ils marchaient de concert au secours de la place.
La Pucelle, informée, dans la ville, de Injonction des trois généraux el de l'arrivée des secours , crut qu'une sortie, faite a propos , préparerait les opérations oui devaient suivre l'arrivée du renfort. Elle chulsil donc six cents hommes et fit sa sortie le 24 mai.
Elle tua de sa main un bon nombre d'An<;lais, cl chargea les au très avec beaucoup de vigueur. Elle se replia ensuite et arriva en bon ordre à la porte par ou elle devait rentrer; et, afin défaire défiler tous ses soldats •levant elle, elle resta la dernière, de peur que quelqu'un des combattants ne tombal au pouvoir des ennemis , lorsque h s poiles auraient été 'fermées.
Mais Guillaume il«> Kl ivi, gouverneur de la ville, voyant Its Anglais approcher, fit précipitamment, par
inattention ou a dessein, tomber la herse de la port d'Arc, arrêtée parlaber>c, fut i>n -■• .
Un gentilhomme picard , de l'ancienne Ivnule du duc de {edfort, se saisit de sa personne, et l'emmena prisonnière à Marfjny. Ce gentilhomme la mit d'abord comme a l'encan ; et, pour peu que le gouverneur de Compiègne lui »ùt offert une rançon médiocre, il la lui aurait livrée sur-le-champ, Il la conduisit
I ■ Hou* itou ruminé avee aola In eirroaaUBera, iiu Cailicr, inuir n, "
• livre VI, page 4SI ; cl.il non a paru que la précipitation de Ouilltunir dr
• Flam était ivirri d'une buse ravir qu'il avait ru la faibles** de ronrrtoir ■ contre la Pucelle et reaire le* generaui Sainl**UI<-< et Rrmud <lr» Fontaine*,
• qui agiraient (oui truia de ronrett, sentent tant lui romain rimer leur» . projeta. >
llontanr.rtri- — liu;> I'illoi frères, La^catY» rt Cuntu.
Église SiiinUHildevert à lîmirnny '. Jeanne
enfin et la livra à Jean de Luxembourg, qui la vendit ensuite aux Anglais, moyennant une somme de dix mille livres comptant el de cinq cents livres de pension.
Cependant, à l'approche de Saintrailles, les Anglais levèrent le siège, et se retirèrent à Pont-Lévèque,
Ainsi, Jeanne d'Arc, le personnage le plus remarquable de cette époque , le plus merveilleux de noire histoire, qui contribua si puissamment à maintenir la couronne de France sur la t.'te de Charles VII, fut abandonnée par ce roi el par ses capitaines. Ils ne firent aucune tentative pour la retirer des
mains de ses plus cruels ennemis :
les militaires anglais et les prêtres français laissèrent monter sur le bû.»
cher l'héroïne de la France.
On ne voit pas que la Ligue ait laisse <le t ruées funestes à Compiègne; seulement , en 1580, les habitants
■ leei tte ville, coin n aih|.'-< |).ir Charles d'Humières , leur gouverneur , s'unirent a l'armée du roi, qui fit lever aux ligueurs le ■V - de Senlis.
On se rappelle le fameux camp de Coudun.que Ixmis XIV destinait, en 1698 , à l'instruction de ses enfants.
• Louis, dit Du- « clos1, ne pouvait « pas ignorer corner bien il avait fallu a négocier pour a conclure la paix « et gagner le duc « de Savoie, que
■ l'orgueil de Lou- « vois avait si fort « aliéné. II devait « savoir que tous a les ressenti - « menls ne s'étei- « gnent pas à la « paix, au lieu
■ d'en profiter a pour soulager e les peuples, et a répirer les mala hcursdelaguer- " re, on donna à a Compiègne le « spectacle d'un
l e ofp de Darius; et celte image de la guerre exigea les mêmes • dépenses que la réalité. »
Ce eamp magnifique offrit, outre des évolutions militaires, des scènes de cour, sur lesquelles le malin Saint-Simon s'égaie selon sa manière ; mais l'objet de ses censures est si mince , d'une si faible importance, qu'on n'a pas voulu le citer. Louis XIV fil multiplier les roules de la forêt, l'ai 1730, IxmiIs XV pasa la première pierre du pont de Compiègne.
Autrefois Compiègne avait, comme Senlis, sa compagnie d'arquebu iers; «l celle-ci eut une telle réputation, que Y'élccleur
i JiVmeirai terrai», tome i, page «SI, Mil. de I7»|.
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de Ravier», prisonnier de guerre à Compiégne, et le roi Louis XV, « y flrentofHlier.
Tous les ans, 'a vril'c de la S ■ nt-li an, on allume un feu devant lu Mai on-de- Ville. Les particuliers font aussi <)rs feux devant leurs portes. Cet u»a te se répè'e dans les Jours de réjouissances publiques , et si c'est dan* la belle saison . les habitants soxpcntè leurs portes dans la rue, et se portent des santés d'une table t l'autre : les lieux de la Saint-Jean sont aussi en usage d*us le midi de la France.
* JII Dr«-rlMllo.i
• Compiégne, dit Cambry, n'offre rien d'imposant à In curio- « sllé du voyageur; les mes en sont mal diriges, mal bâties; « cette ville ne prend unraractère de grandcurquedanslesenvi- < rons du chàtean, i>ù drs hommes qui suivaient la cour , où
d«s parti, uhers qui spé ulaient sur la location de leurs maie sons pendant les voyages du roi, avaient élevé quelques beaux « édifices. •
Lea •!) virons de Compiégne sont découverts : les montagnes en sont éloignée*. Les bois et les collines chargées de vignes; les villages et les rivières qui entrecoupent c< tu- belle plaine y forme m d> s paysages charmants; une partie de In ville est bâtie sur une éminence, le reste occupe la pente de cette hauteur; les promenade» y sont agréables et ont de très-belles vues.
Cette ville fut fortifiée de murailles, de demi-lunes et de bastions. On y comptait sept portes: c'est prés de celle du Fi'mix- Pe»l que fut iirise Jeanne d'Arc; cette por e se voit encore, ainsi que les ruines de la tour où fut enfermée cette guerrière. Longtemps, au ■ tssus de cette porte, on lut l'inscription suivante: Cw fuel Jthunnt d" J»« prit ét cttui pattagt
Par (t ne m ■■> t CtobVt 't Xtnéut a i' Angltit,
Qui hruia. Il félon, tilt tant hraet H 'Ogt. Tout etux lé a" Albion n'ont faut It bit* jamait.
Le Pont-Neuf de Compiégne est composé de trois arches surbaissées : celle du milieu est de doute toises d'ouverture : les autres en ont chacune onze. Le pont a près de quarante pieds de largeur, entre 1rs murs des parapets aux quatre coins, ou
Sans arrondis; sur le milieu du parapet, s'élève uuc pyramide e trente pieds de haut surmontée d'une boule de cuivre doré. Compiégne renfermait autrefois une succursale « t trois paroines; la paroisse deSaint- Jacques et la succursale Saint-Anété conservée* et suffisent à la populatiou con-
L'Hôt.l-de. Ville de Compiégne mérite de fixer l'attention: c'est un monument gothique très- remarquable '.
Mais l'édifice qui donne le plus d'éclat a la ville, c'est, sans contre lit, le Château royal.
Ce monument, sous l ouis XV, fut A peu près rebâti sur les dessins de l'architecte Cabri-d. en sorte que tout ce qui restait d'antique dispa'iit alors. Il a toute l'étendue et la magnifient, 'e qui conviennent à une maison royale; les péristyles et la salle des gmdes suit surtout remarquable.-; tous les appartements, au nom m <■ desquels se trouve uue superbe galerie, se communiquent de pl >ln-pied.
La façaue en regard de ta forêt est magnifique ; les jardins ont été comparés, pour lu beauté de leur plan, à ceu» des Tuillcries"; Us ont une bien plus vaste surface.
Ce fut dans le château de Compiégne que Napoléon, au mois de mai 1808, relégua Charles IV, roi d E* pagne, son épouse, leur favori Godoy et leur suite. Après quelques mois de séjour dans ce château, le roi détioué écrivit a Napoléon, se loua du lieu de sa résidence, de ses alentours et des ofli iers qui U? servaient; mais il lui fit observer que son grand Age et ses infirmité» ne lui permettaient pas de passer l'hiver dans un climat auquel il n était pas accoutumé ; il pria I empereur .les Fra- çais de le faire transférer a Marseille: Napoléon l'y fit conduire. Bien-ôt il désira d habi'er Rome: il lui fut permis de s'y nuire.
Le 27 mars i$io, à neuf heures do soir, arriva dm. s le château de Compiégne Marie-Louise , archlduclic-s. d'Autnchc, venue en France pour épouser Napoléon. Ce fut la que les deux futur* époux se virent pour la piemterc fois. Lue politique fmide et calculée présida seule 4 cet hymen.
vres et obscurs; il fut l'un des exemples, tiop rares alors, d'un homme qui ne doit son élévation qu'A sen mérite. Il parvint, par ses seuls talents , a être, successivement, chancelier de l'université de Paris, aumônier du roi Charles VI. évéque, député aux conciles de Pise et de Constance, et enfin cardinal- ULnt du Saint -Siège. Il fut instituteur du fameux Jean Gerson.
Jean Fil'ions de Venette. lécendatre du xitr* siècle, naquit aussi a Compiégne. Il fut carme de la pla-e Maubeit à Paris, et compo»:! un poème de quarnnte mille vers, intitulé Roman dtt Iroit Marie*. Ce poème a été imprimé eu I47S : il cunmene à la création et Unit avec la Vierge, mère de Jésus- Christ : c'est la production la plus bizarre de ce siècle d'ignorance.
Deux frères Grehnn, Arnoul et Simon, naquirent a Compiégne au xv siècle. Le premier fut chanoine du Mans, le second do-teur en théologie et secrétaire «lu roi Charles VIL Ils composèrent ensemble, vers 1450, le myirre de» arttt dtt ap-Uret à pertonnagu , dont il y a deux éditions, où se trouvent des changements, la première de 1537, l'autre de tilt. Ces deux frères, quoique prêtres, composèrent plusieurs autres pièces pour le théâtre, et furent les plus célèbres auteurs coiuiqu- s de leur t mps.
Duffl Piene Coulant, religieux bénédictin de la congrégation de Saint Maur, né a Comp ègne. en IG.Î4. fut l'un d s hommes savants de son temps. Ii est connu dans le monde littérale par de tiès-hons et très-solides »uv>ages; Il a*ait entrep'is une nouvelle collection des decréialcs de» pajKS ; et 11 en avait déjà publié un vo urne in folio, lorsqu'il mourut dans l'abbaye de Saint-Germain -des-Prés à Paiis. en 1693. Marc-Antoine llcrsan, professeur fameux du collège du (essis et du collège royal de France, fut regardé co -me l'un des hommes les plus éloquents de son t- m as, et a -quit t'e-time et la confiance du ministre Louvoi*; mais il t.o na toute son ambition au •oulapvnent et à l'instruction des pauvres enfants de Compiégne, sa patrie, en faveur desquels il tondn une très-belle école avec un maître pour les instruire. Il mourut en 1734.